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A-t-on besoin d’une loi pour nous interdire la violence envers nos enfants ?


Publié le 7 février 2017 par Freesia

Peut-être que ce titre t’interpelle. Ou peut-être pas. Je me suis posée cette question hier suite à la lecture d’un commentaire sur un réseau social. Dans ce commentaire, il était question de bienveillance et de la loi anti-fessée qui fait frémir la toile : il est interdit d’utiliser la violence physique ou verbal envers un enfant. Enfin me direz-vous ! Peut-être que les mentalités changeront, qu’il y aura moins d’abus, moins d’enfants maltraités, moins d’enfants battus…

Oui mais … Parmi la tonne de commentaire que l’article avait suscité, nombre prônait qu’une fessée, une gifle ou autre n’avait jamais fait de mal ni traumatisé, que les enfants sont rois maintenant et qu’on en fait des mal-élevés, qu’il faut bien éduquer et sévir et que ça fait des siècles que c’est comme ça. Or, moi, dans ma grande naïveté, j’ai toujours cru qu’on avait pas besoin d’user de la violence pour éduquer. Ma mère ne nous a jamais donné la fessée (pour être honnête, j’ai reçu une gifle pendant mon adolescence, on s’en souvient encore, et ma mère s’en veut toujours). Je n’ai pourtant pas l’impression d’être mal-élevée. On m’a expliqué, on m’a mise au coin quelquefois. Et ça a suffit. J’ai toujours mieux compris et obéi quand on m’expliquait calmement que quand on m’aboyait dessus. Alors recevoir une fessée…

Bref. Je ne crois pas que la violence physique ou verbal soit nécessaire. De la patience oui. Parce que oui, un enfant, ça teste, ça use. Ca nous regarde dans les yeux pendant qu’il s’approche de la « bêtise » à faire. Ca nous force à répéter cent fois les mêmes choses. Ca nous épuise. Et je comprends qu’on puisse en avoir marre, qu’on s’énerve, qu’on en puisse plus de « ce gosse qui n’écoute pas ».

Mais je crois sincérement que c’est ça l’éducation. Expliquer. Cent fois. De cent manières différentes si besoin. De sortir de la pièce et de donner la main au papa/à la mami/à la nounou quand, en l’espace de 30 secondes, notre enfant nous a rendu chèvre. De respirer profondemment et de monter au créneau. Et tu sais quoi ? Au bout d’un moment, l’enfant s’arrête et passe à autre chose. Potentiellement pour faire une autre « bêtise » mais il aura compris.

Tu te dis peut-être que c’est bien joli tout ça, que je vis dans un monde bisounours, que la Freesia, elle ne sait pas ce qu’elle dit parce que Cookie n’a même pas un an. Oui, Cookie commence tout juste à nous tester, à comprendre les interdits et à vouloir les enfreindre. Et oui, j’en ai encore pour au moins 15 ans. Mais je ne suis pas si « novice » que ça je crois. Je me suis fait la main (sans mauvais jeu de mots évidemment) sur ma sœur pré-ado dont je me suis occupée pendant plusieurs années. Elle en a fait des bêtises ou était sur le point d’en faire. Elle m’a fait tourner en bourrique, elle m’a humiliée, elle m’a rabaissée, elle m’a affrontée et manqué de respect. Mais j’ai toujours usé de la parole et au final, elle m’a toujours obéi (et aujourd’hui, je crois qu’elle me respecte beaucoup pour ça). D’un autre côté, j’ai gardé une demi-douzaine d’enfants, j’ai enseigné à des ados et à des enfants, j’ai gardé mon neveu et mon beau-frère, j’ai travaillé en collège… Je pense donc sincérement avoir vécu des moments tendus où on m’a poussé à bout dirons-nous, mais je n’ai pas eu recours à la violence, je crois. On n’admettrait de toute manière pas qu’un enseignant ou un étranger quelconque « touche » à notre enfant alors pourquoi nous nous le permettons-nous ?

Crédits photo (creative commons) : Counselling

Alors pour revenir à nos moutons. La loi. Ca y est, on en parle depuis l’été dernier; elle a été officiellement adoptée fin décembre pour être finalement censurée par le conseil constitutionnel fin janvier. On est quand même l’un des rares pays occidentaux à ne pas l’avoir mise en place et on se fait d’ailleurs grondé par l’Europe (enre autres) depuis  plusieurs années pour ça. Elle ferait même partie des textes de lois qui sont lus lors d’un mariage maintenant. Elle proscrit les châtiments corporels (et psychologiques) infligés aux enfants. Parmi les châtiments, le plus fréquent, celui dont on parle le plus est la « simple fessée ». Beaucoup différencient la gifle, la « bonne baffe quand on dépasse les limites » ou « baffe de bon fonctionnement », l’humiliation, la fessée ou la douche d’eau glacée à la maltraitance pure et dure (« ceux qui tabassent leurs enfants »); ils ne se considèrent pas maltraitants puisqu’eux-même ont été élevé ainsi. Certains y voit une intrusion (« j’élève mes enfants comme je veux »), d’autres une loi qui ne sert à rien. Je ne pense pas que cette loi soit inutile. Par contre, je suis outrée qu’on en ait besoin. Il y a des lois contre la violence entre adultes ou envers les animaux mais la violence envers des enfants sous couvert de principes éducatifs est tolérée. Violence (éducative) ordinaire.

On apprend à nos enfants qu’il ne faut pas se battre mais une claque ou une fessée plus tard « pour leur apprendre » ne nous choque pas. Plutôt que d’expliquer pourquoi il ne faut pas traverser la route à ce moment là, qu’il y a des voitures qui peuvent arriver, qu’il faut attendre le petit bonhomme vert et traverser sur le passage piéton, qu’il faut regarder à gauche puis à droite, on donne une gifle à grand coup de « tu m’as fait peur ! Traverse pas ». Pas sure que l’enfant en question ait compris pourquoi il ne fallait pas traverser là, même s’il a certainement compris qu’il avait commis une erreur.

Parce que oui, je crois qu’une fessée, ça a des répercussions. La plupart des gens s’en souvienne d’ailleurs. Parfois, ils sont capables de dire exactement pourquoi ils l’ont reçu, la plupart du temps parce « qu’il l’avaient sûrement cherché ». Mais « ils n’en sont pas morts » pour autant, clament-ils.

Une fessée, c’est humiliant. Une fessée, ça marque. Une fessée, ça bloque (psychologiquement et physiquement). On ne sait plus comment réagir, on est perdu. Une fessée, ça entraîne aussi des réactions inverses à celles attendues : l’enfant peut se rebiffer et devenir difficile à contrôler, à apaiser. Une fessée, ça entraîne une dévalorisation de soi, une perte de confiance, un manque d’estime. On se rabaisse. On l’a sûrement mérité et fait quelque chose de grave (même sans savoir exactement quoi ni pourquoi). Une fessée, ça stresse le corps et l’esprit. Une fessée, ça forge un état d’esprit même inconscient où la violence est normale. Inconsciemment, on trouve cette violence ordinaire banale et l’enfant aura tendance à la reproduire plus tard.

Pour moi, si par principe d’autorité, on donne la fessée pour éduquer un enfant, l’enfant obéira peut-être mais par crainte. Je suis intimement persuadée que traités « gentiment », avec respect, les enfants se montrent plus ouverts, accessibles et en capacité de comprendre. Ils chercheront à comprendre. Par eux-même.

La devise « ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse » est tout à fait valable dans ce cas-ci. Si l’amoureux me gifle parce que j’ai cassé une assiette, on parlera de violence conjugale. Pourquoi, sous réserve qu’il s’agit de nos enfants, appelle-t-on ça éducation ?

Je sais pertinemment qu’on peut être tellement énervé(e), excédé(e), épuisé(e), que ça part « tout seul », parce qu’on a pas ou plus la patience pour trouver d’autres solutions. Mais je reste persuadée que la fessée sert à ce moment-là d’exutoire. Ça vaut alors peut être le coup de tenter d’autres alternatives qui deviendront peut-être de nouveaux automatismes et un meilleur exemple à donner à nos enfants.

Crédit photo : Photo personnelle

(Malgré les apparences, l’amoureux et Cookie sont en train de jouer… )

Donc oui, je crois qu’on a besoin de cette loi. Le changement fait peur mais avec un peu de bienveillance, de bons exemples et de patience, peut-être qu’on n’en aura plus besoin dans quelques années, qui sait.

 

Et toi ? Est-ce que tu as entendu parler de cette loi ? Qu’en penses-tu ? As-tu déjà utilisé la fessée avec tes enfants ? Est-ce que tes enfants aussi te rendent chèvre ? 

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Commentaires

31   Commentaires Laisser un commentaire ?

Marine

Prête pour le débat ? Je sens que ça va fumer par ici. Je suis de ton avis. C’est moche qu’on envisage pas assez en France d’éduquer sans la fessée …

le 07/02/2017 à 07h56 | Répondre

Onedaymaybe

Ce n’est pas quelque chose de simple en effet. Je pense aussi qu’on peut être « modelé » par l’éducation reçue, dans un sens (je ne ferai jamais ce que j’ai connu) ou dans un autre (j’ai toujours connu ça, pourquoi en changerai-je ?).
Dans mon métier, je dois accompagner des parents en difficulté dans l’éducation. Tous ne frappent pas avec des gestes, mais tous frappent avec des mots, des regards, des attitudes. Pour la plupart, il est difficile de trouver les mots, de trouver le positionnement, parce qu’ils n’ont jamais vu faire ça, ils n’ont pas le vocabulaire, ils ne savent pas comment se faire comprendre.Tous pourtant veulent le meilleur pour leurs enfants et les aiment infiniment…
C’est un long et fastidieux travail que d’aider ces parents à modifier leurs attitudes et leurs positionnements, car les enfants sont aussi désarçonnés quand leurs parents changent et traversent souvent à ce moment là une période où ils testent encore plus, encore plus loin, encore plus fort.
En ce qui concerne la loi…Pour certains la loi n’a pas grand sens. Pour d’autres, elle bloque encore plus. Ce n’est pas parce que c’est interdit que ça n’aura pas lieu (les sévices et certaines violences sont déjà interdits et pourtant…). Effectivement ça reste un manque, un moyen de rappeler les droits et devoirs de chacun mais au delà de ça, je crois qu’il faudrait créer davantage de soutien à la parentalité, cesser de diaboliser les services sociaux qui viennent aider ces familles, créer plus de postes de pedo-psychologues, former à la bientraitance et à la bienveillance dès l’enfance et les adultes qui travaillent auprès d’enfants…
Bref une loi cadrante c’est bien mais c’est complètement insuffisant.

le 07/02/2017 à 08h10 | Répondre

Ars Maëlle (voir son site)

Je suis très contente que tu pointes l’importance de l’aide à la parentalité, en la connaissant de l’intérieur. Je trouve ça terriblement triste qu’on en soit encore à avoir peur de la « DDASS », en ignorant complètement les changements de fonctionnement des organismes et le rôle des services sociaux, qui ne sont pas là pour sévir mais d’abord pour aider.
Je connais une famille où il y a des tapes, des fessées, des menaces, des méchancetés, et même quelques douches froides… et la maman est complètement dépassée, elle a clairement besoin d’aide, mais parler des services sociaux est terriblement connoté. En attendant, ça me brise le coeur à chaque fois que je les vois…
Je n’ai pas d’avis clair sur la loi, efficace ou non, symbole utile ou non ? mais ce point d’améliorer l’accompagnement des parents et le regard porté sur cet accompagnement me semble fondamental.

le 07/02/2017 à 14h10 | Répondre

Weena (voir son site)

Je pense aussi qu’il faut une loi, pour « éveiller les consciences », mais peut-être aussi proposer des accompagnement … difficile de changer ses habitudes …
J’ai beaucoup lu sur le sujet (filliozat, fabrication & Mazlish, …) et je suis convaincu du bien fondé de l’éducation bienveillante que j’essaie de mettre en place. Mais il m’arrive parfois encore d’avoir des gestes brusques ou de crier dans des moments de grosse fatigue 😥
Mon compagnon n’est pas du tout convaincu … avec une loi, j’arrive à limiter ses recours à la violence éducative ordinaire … 😥
Mon espoir, c’est que mon propre cheminement sur cette voie permet à mes enfants eux d’y arriver encore mieux avec leurs enfants un jour 😊

le 07/02/2017 à 08h21 | Répondre

Mathou

Tellement d’accord avec toi ! Ton article est très bien écrit !
Qui aujourd’hui giflerait son partenaire sans passer pour un fou? Pourtant il y a 100 ans c’était encore monnaie courante (« bat ta femme si tu ne sais pas pourquoi elle le sait » disait-on)
Il est temps que les choses changent pour les enfants: comment peut-on encore tolérer cela? Qui a-t-on le droit de frapper dans notre société a part les enfants donc les plus fragiles?
A ce qui disent qu’ils ne sont pas traumatisés des fessées et autres humiliations reçues petits, tant mieux pour eux mais moi clairement je le suis. Je porte cette violence en moi et qui se transmet de génération en génération. Et comme j’ai décidé de rompre le fil, de ne pas la reproduire et de ne jamais frapper ou humilier mes enfants, elle bout en moi et me fait du mal. Car je pense que la violence que l’on inflige a ses enfants vient cautionner celle qu’on a reçue, une sorte d exutoire pour être en paix avec son passé (« oui papa maman sont de bons parents même s’il m ont tapé-je ne remet pas en question mon enfance c’est trop douloureux ) J’ai l’impression aujourd’hui en disant stop d être deux fois victime de cette violence car j’ai tout le travail de réparation à faire . Jai demandé de l’aide extérieur pour canaliser tout ça. Donc oui cette violence reçue enfant ma fait mal et me fait toujours mal aujourd’hui. Mais oui je suis persuadée de faire ce qui a de mieux pour ma fille en rompant cette chaîne de violence. Non je n’en suis pas morte mais il y a beaucoup de choses dont on ne meurt pas et qui détruisent non ? Un deuil, une agression…et la violence. Quelque soit l’âge où on la reçoit.

le 07/02/2017 à 08h30 | Répondre

Saena

Merci pour cet article que je partage complètement ! Le débat « pour ou contre la fessée » est ridicule, alors que l’enjeu est de savoir quelle société on souhaite construire. Quand on comprend les conséquences de la violence éducative ordinaire, l’impact sur nos comportements, notre santé, on comprend que si on changeait notre regard et notre attitude envers les enfants, on vivrait dans une société très différente… Les dernières découvertes en neurosciences sont très éclairantes et nous permettent de mieux comprendre les comportements des enfants, leurs besoins, leurs émotions (cf Catherine Gueguen, Isabelle Filliozat, Céline Alvarez, Muriel Salmona, Olivier Maurel…)

le 07/02/2017 à 08h43 | Répondre

Doupiou

C’est parti pour le débat !
Je pense que les gens s’élèvent contre la loi car une loi est intrusive dans leur vie et particulièrement dans leur système éducatif.
Pour autant, je suis peut-être pessimiste, mais je ne pense pas que cette loi va changer grand chose. Que faudra-t-il faire lorsqu’on verra un parent mettre une gifle à son enfant parce qu’il fait un caprice dans un supermarché ? Appeler les forces de l’ordre ? Malheureusement, la fessée ou la gifle sont devenues des « méthodes éducatives » (GROS GROS GUILLEMETS) banales…
J’ai moi-même reçu une éducation assez physique dirons nous. Pour mes parents, il fallait faire régner l’ordre et cet ordre dépendait certainement de la crainte (ils pensaient que crainte=respect). Alors, je n’en aime pas moins mes parents pour autant hein ! Mais je me rappelle de certaines fessées particulièrement violentes et je me sens encore humiliée aujourd’hui… Je crois que mes parents regrettent sincèrement. Quand ils me voient élever un peu la voix sur ma fille, ils sont les premiers à réagir et me demandent de me calmer.
Mon mari a été éduqué aussi de la même manière. Et même si c’est quelqu’un de très sanguin, il me demande aussi de respirer et de me détendre quand il me sens épuisée ou énervée. Il a hurlé une seule fois sur notre fille : totalement contre-productif car la petite s’est complètement bloquée. Il s’est tout de suite excusé et ça ne s’est plus jamais reproduit.
Tout ça pour dire que ce n’est pas parce que notre éducation était musclée, qu’on reproduit forcément le schéma avec nos enfants. Notre maturité et notre réflexion fait qu’on sait écarter les choses qui ont été néfastes pour nous et qui le seront donc pour nos enfants.

Je n’ai jamais levé la main sur ma fille et je ne le ferais jamais. (il ne faut jamais dire jamais dit-on) mais là je suis sûre de mon coup. Non nous n’avons pas besoin d’une loi pour nous dire de ne pas humilier, frapper ou rabaisser nos enfants. ça s’appelle du bon sens.

le 07/02/2017 à 08h45 | Répondre

Merry in Brittany (voir son site)

Je pense que la loi n’a pas été prévue pour donner lieu à des sanctions si des infractions sont constatées. Elle est plutôt là justement pour inscrire ce principe dans le marbre, donner un cadre juridique à une pratique « éducative » dont les limites étaient très très floues ! Et elle va contribuer, sinon à sanctionner dans les faits les parents abusifs, à les sensibiliser et les interroger sur ces pratiques… même si certains ne vont pas avoir l’intention de changer, ils sauront au moins que c’est considéré comme illégal. Mais d’autres peut-être y réfléchiront à deux fois ! J’ai comme toi été éduquée à la fessée et à la gifle (dont une dont je me rappellerai toute ma vie et qui était plus proche de la « vraie » violence » que de l’éducation). Mes parents sont pourtant d’excellentes, douces, et progressistes personnes. Ils savent maintenant qu’ils n’auraient jamais choisi ces méthodes si l’éducation bienveillante avait commencé à éclore. Et encore comme toi, je ne lèverai jamais la main sur ma fille. Par contre, même si je compte mettre en pratique l’éducation bienveillante, je ne me leurre pas : je connais mes failles, je sais que dans des moments de faiblesse, de fatigue, j’aurais peut-être des moments où je hausserai le ton, je crierai, je ne ferai pas les bons choix… mais c’est normal de ne pas toujours être une maman parfaite ! Ce qui n’est pas normal, c’est user de la violence (physique ou verbale) pour se faire respecter. Et si aujourd’hui ça relève effectivement du bon sens, ce n’était clairement pas le cas avant. Réjouissons-nous que l’on progresse dans les mentalités sur ce sujet :)))

le 07/02/2017 à 09h28 | Répondre

Maria

C’est un sujet intéressant.
Je ne suis ni pour ni contre. Je pense également qu’il y a trop de façon d’éduquer ou d’être violent dans la vie pour faire des généralités.
Personnellement, j’ai du recevoir cinq à six fessées quand j’étais petite, jamais déculotté et de celles qui ne font mal que pendant quelques minutes. Je ne m’en souviens d’ailleurs plus. Et je ne considère pas mes parents comme violents. Ils ont toujours privilégié la discussion, l’explication et l’amour. Mais quelques fois ils ont trouvé que ca n’avait pas été suffisant et ont sévi plus durement. Est ce qu’ils l’ont regretté? Je ne sais pas. Mais j’aime l’adulte que je suis devenue donc personnellement je ne leur en veux pas.
Pour mes enfants, je veux essayer de leur montrer le même amour et la même patience. Mon but est d’éviter les fessés/tapes sur la main aussi. Mais je pense que si exceptionnellement ca se produit, nous survivrons.
Je suis contre les gifles/claques qui me paraissent autrement plus douloureuse et dangereuse pour la tête d’un enfant. Et les remarques perfides/insultes (t’es un gros tas, t’y arriveras jamais t’es trop bête…) me paraissent être aussi quelque chose à interdire absolument.

Je vis actuellement dans un pays où les châtiments corporels et la violence psychologique sont interdits depuis plus de 30 ans. Le constat n’est pas non plus très positif. Les enfants sont mal élevés, répondent insolemment à leurs parents, n’écoutent pas les consignes et ont des comportements dangereux (du genre traversé un parking ou une rue en courant) sans conséquence de leur parents. Le problème c’est que la loi et la peur de la répression ont été poussé à l’extrême et que maintenant le fait de punir un enfant (au coin, privé de jeu…) ou même des fois de lui interdire quelque chose est considéré comme de la maltraitance. Dire non = brimer un enfant; le disputer = le privé de son libre arbitre.
Il y a des voisins qui appellent la police parce que des parents laissent leur enfant pleurer dans sa chambre pendant quelques minutes, d’autres qui dénoncent des personnes ayant attrapé un enfant par un bras, pour l’empêcher de sauter seul dans la piscine.
La loi a déséquilibré le rapport de force, les parents n’ont plus d’autorité sur leur progéniture.
Et franchement je me demande si ca n’est pas pire que ce que nous vivons en France.

La situation idéale, des parents aimant et sachant donné une bonne éducation sans recours à la fessée, la gifle… ca doit être possible mais je ne pense pas que c’est la loi l’apportera. Je pense que c’est l’éducation, la discussion sur le sujet (merci pour l’article!) et les modèles de certaines familles.
C’est malheureusement un lent processus de changement d’habitude mais le seul auquel je crois vraiment.

Et je crois qu’il vaut mieux commencer par renforcer les effectifs et le budget des services à l’enfance pour protéger tous les enfants qui souffrent actuellement.

le 07/02/2017 à 09h47 | Répondre

Clette

100 % d’accord avec tout ce que tu as dit !!!!

le 07/02/2017 à 12h24 | Répondre

emma_chan

par principe, une loi inutile me fait vomir. Les gens qui battent leur enfants ne vont pas les battre moins parce qu’il y a une loi sur la fessée! Pour info il y avait largement de quoi avec l arsenal existant pour infliger lourde peine a ceux qui détruisent leurs enfants Vous pensez vraiment que ceux là , la question de la fessée va les empêcher de faire des choses qu ils faisaient déjà par ailleurs? . Pour moi, on est ici dans la pure « bien pensance » coûteuse en terme de com, de sénateurs, de député… Tout ce budget investi dans une lois qui ne change pas ou marginalement les comportements c’est autant en moins en création de structure relais ou d’aides pour les enfants victimes de violence.Reste les autres. Perso je ne pense pas que la fessée soit utile sur un enfant de 1 ans et demi dans l’absolue. Mais je n ai pas encore d expérience avec un plus grand et ce serait intéressant d avoir des témoignages.Je ne pense pas qu’une quelquonque violence soit justifiée a partir du moment ou elle provient d’un moment de colere ou d’énervement. Par contre je n ai strictement rien a cirer qu une copine donne une tape raisonnée sur les fesses d’un de ses enfants ou tire une oreille quand vraiment une limite est dépassée. Ca s’insère (dans le cas de mes copines) dans un rapport global à l’enfant qui est sain et constructif. Je suis désolée mais non je n ai constaté aucun trauma chez ces enfants. La « punition » était un épiphénomène dans une relation complexe et bienveillante au global. Juger de la psychés complète d’un enfant sur la base donne une fessée/donne pas de fessée c est en fait insupportable. Ca rejoint ceux qui se permettent de vous cataloguez parce que vous allaitez ou pas, vous prenez dans les bras ou pas etc…. Par ailleurs j ai autour de moi qq exemples d’éducation « sans violence physique » ou tout est reporté sur la parole : « si tu fais ca XXX tu brisera le cœur de maman pour toute la vie et elle sera très très triste ». « Maman ne t aime plus tu es un méchant petit garçon » (Le tout avec une voix aussi calme que bienveillante) Ceci n est pas de la violence au sens physique mais c est sacrement destructeur. Bref la fessée n est a mon avis pas du tout la bonne question

le 07/02/2017 à 09h49 | Répondre

Camomille (voir son site)

Je te rejoins complètement et n’aurais pas pu le formuler aussi bien.

le 07/02/2017 à 11h33 | Répondre

Madame Lavande

Tu mets les bons mots sur ce que je pense sans arriver à vraiment bien le formuler.
La fessée j’y suis totalement opposée, pour moi mettre un enfant sur ses genoux et lui taper dessus méthodiquement implique un certain recul sur la situation et l’on n’est plus dans la tape spontanée « qui part toute seule ».
Et autant je peux garantir que je n’aurais jamais recours à la fessée pour mes enfants autant une tape, évidement je ferais tout pour l’éviter, mais c’est possible qu’un jour cela arrive.
Quant aux mots, je pense également qu’ils peuvent faire bien plus de mal à un enfant en pleine construction qu’une tape sous l’effet de la colère.

le 07/02/2017 à 12h45 | Répondre

Popie (voir son site)

La loi ne portait pas que sur la fessée mais aussi sur toutes les violences ordinaires, et notamment ce chantage émotionnel qui est extrêmement violent pour l’enfant. Personnellement je pense qu’il faut une loi comme celle là pour éveiller les consciences sur la question sur le long terme. Évidemment ça ne va pas avoir un effet immédiat mais je pense qu’au contraire c’est de l’argent bien dépensé car il agira sur le futur. On ne parle pas que des gens qui tabassent leurs enfants mais de ne pas faire aux enfants ce qu’on ne ferait pas aux adultes (ils sont plus petits et fragiles pourquoi se permettre de leur donner une fessée ?)

le 07/02/2017 à 19h48 | Répondre

Lisa

Je ne sais pas si une loi pourrait complètement changer les mentalités et faire cesser ces modes éducatifs mais cela permettrait d’affirmer que cela ne se fait pas, que c’est interdit et donc ça permettrait peut-être plus de remise en question, de réflexion sur le sujet. Je pense aussi qu’il faudrait un meilleur accompagnement à la parentalité et pourquoi pas lors de la préparation à l’accouchement ou lors d’adoption avoir un atelier-débat sur les différents modes éducatifs et leurs répercussions et pouvoir être accompagné en cas de difficulté. J’ai la chance d’avoir reçu une éducation non violente, je n’ai jamais reçu de fessée, je n’ai pas vraiment le souvenir de punition. Par contre, d’aller me calmer dans ma chambre oui et de me faire gronder. Le ton employé suffisait à mes parents pour se faire respecter. Je me souviens que l’on était très sage, très calme à l’extérieur, à la maison on chahutait entre nous, on faisait des bêtises, normal, nous sommes 3 enfants rapprochés. Mes parents nous ont inculqués des valeurs et on était « bien élevés » polis, respectueux, sages… J’ai un caractère très calme et je m’énerve rarement, il faut vraiment me pousser à bout et là pour le coup ma réaction peut -être excessive. Je suis convaincue par l’éducation positive et elle correspond plus à ma personnalité, j’essaie donc de l’appliquer au quotidien. J’ai plus de patiente que mon mari qui a tendance à être plus ferme que moi. Notre bébé est encore petit, 16 mois mais il commence à affirmer son caractère et il nous fait sourire en disant « pas » lorsqu’il ne souhaite pas se changer par exemple, ou mettre son manteau. J’essaie de beaucoup expliquer, je suis très douce, je vais plutôt détourner l’attention, par exemple pour ne pas qu’il bouge pendant le change, attirer son attention avec une chanson, ou en lui donnant un jouer en même temps tandis que mon mari va dire on reste allongé quand on change la couche et insister sur ce point, « qu’est qu’on a dit et répéter en le maintenant… » Ce n’est pas évident de trouver le juste milieu, mon mari a tendance à trouver que je suis trop souple, pas assez strict, et moi j’essaie toujours d’inculquer les règles, les choses à mon enfant en étant respectueuse, en essayant de trouver les bons mots, alors c’est vrai que cela demande de la patience et que les résultats se font dans la répétition et sur le long-moyen terme tandis qu’en faisant preuve de fermeté, l’enfant obéit plus rapidement. Et parfois, il y a la fatigue, le quotidien qui fait qu’on a pas cette disponibilité, cette patiente et que l’on craque plus facilement. Il faudrait réussir à changer les automatismes mais ça prend du temps. Ce n’est pas évident de trouver le juste milieu, on apprend notre rôle de parent au fur et à mesure et on fera des erreurs à un moment ou un autre mais c’est vrai que la violence ordinaire sur les enfants et quelque chose qui me peine énormément.

le 07/02/2017 à 10h28 | Répondre

Maria

Sur un point plus particulier, j’ai été choqué par une phrase de ton article: « Elle [Ma petite soeur] m’a fait tourner en bourrique, elle m’a humiliée, elle m’a rabaissée, elle m’a affrontée et manqué de respect. Mais j’ai toujours usé de la parole et au final, elle m’a toujours obéi (et aujourd’hui, je crois qu’elle me respecte beaucoup pour ça). »
Je trouve qu’au final c’est plutôt un exemple que l’éducation uniquement par la parole bienveillante ne marche pas. (Ce qui va à l’opposé de ton article.)
Parce que si un parent n’a le droit d’humilier et de rabaisser son enfant ça marche aussi dans l’autre sens et pour moi c’est une base de l’éducation.

Bon, sinon je crois en l’éducation bienveillante donc j’espère que ce n’est qu’un problème de formulation ou d’explication. Et puis éduquer son enfant ou donner un coup de main avec ceux des autres c’est bien différent.

le 07/02/2017 à 10h37 | Répondre

Mélinda

Je découvre en ce moment les écrits de Catherine Guegen, qui me font réfléchir à l’éducation que j’ai reçue et celle que nous allons donner à notre petite fille. Je n’adhère pas à l’ensemble de la méthode mais j’ai eu quelques révélations :
– un enfant n’a pas la même maîtrise de son comportement qu’un adulte. Maria, je ne suis pas d’accord avec toi quand tu dis que l’humiliation ne peut pas être à sens unique. La petite soeur de Freesia était peut être trop jeune pour se maitriser. Et ce raisonnement de double sens ne s’applique pas aux coups, les parents qui mettent des fessées ne tolèrent pas que leur enfant essaie de lever la main sur eux.
– Entre deux adultes, il n’est pas admis que l’un se fasse entendre de l’autre en le frappant. Pourquoi est ce normal quand un adulte s’adresse à un enfant ?
– j’ai reçu beaucoup de gifles enfant et adolescente. Adulte, je déborde de violence contenue, j’ai envie de frapper les irrespectueux. Je vous rassure, ça ne reste que des envies ! Je me demande si je n’ai été habituée enfant à ce que ma mère réponde par la violence à mes débordements.
C’est donc pour ça que je suis résolue à éviter à ma fille les manifestations de violence, physique ou verbale.
Et cette loi, aussi intrusive soit-elle, est à mon sens nécessaire pour faire réfléchir et progresser les mentalités.

le 07/02/2017 à 15h59 | Répondre

Maria

Melinda, la sœur en question est une pré-ado. Je pense donc qu’elle est bien consciente de son attitude intolérable.
Il y a une différence entre un petit enfant qui répète et teste des insultes entendues à l’école par exemple et une pré-ado insolente et qui veut t’humilier.
Alors, non je ne cautionne pas ce « résultat éducatif ».
Mais je dis bien que sur le fond, je suis pour une éducation bienveillante et sans coup, je trouve juste l’exemple peu convaincant.

Pour le reste de ton commentaire, nous n’avons pas le même vécu et donc pas les mêmes conclusions.
Je comprends ton opinion et ton envie de ne pas répéter ton éducation qui a été violente.
Moi ce ne fut pas mon cas et j’aimerai beaucoup donner mes enfants l’éducation que j’ai eu et que rétrospectivement j’apprécie beaucoup.

Pour ce qui est de dire, on n’accepte pas qu’un enfant tape ses parents alors pourquoi un parent pourrait le faire, je suis d’accord. C’est juste que les parents ne sont pas toujours parfaits et utilise des fois des solutions rapides et exceptionnelles pour se faire obéir. Oui ce n’est pas l’idéal mais est-ce punissable par la loi, je ne crois pas que ça soit nécessaire.

Qui plus est, ici je vois souvent des parents se faire taper et hurler dessus par des enfants en colère (dès 2 ans!) et les parents se contenter de soupirer et d’attendre la fin de la crise…
Je disais donc que dans éducation bienveillante, il ne faut pas oublier l’importance du mot éducation.

le 07/02/2017 à 23h05 | Répondre

Mélinda

Je comprends ton point de vue. Il est difficile de trouver le juste milieu entre le laisser-faire que tu décris et la tolérance que nous éprouvons en France pour les fessées, qui vient de notre éducation. J’avais comme certitude l’idée qu’une petite fessée ou une tape sur la main ne faisaient pas de mal et pouvaient servir à arrêter un enfant dans son élan. Mais, a l’heure où je vais etre maman, j’en reviens, pour des raisons qui sont évoquées dans l’article et les commentaires. Me voilà a l’heure des principes, il sera bientôt temps de faire place a la pratique !

le 08/02/2017 à 00h12 | Répondre

Annia (voir son site)

Très intéressant, comme sujet!
Je rejoins pas mal d’avis plus haut: je ne suis pas persuadée qu’une loi soit vraiment utile sur la fessée. J’ai souvent l’impression qu’en France, l’Etat se mêle énormément de l’éducation des enfants. Evidemment, il a un rôle à jouer en empêchant les violences faites aux enfants, mais je pense que si l’Etat se met à juger les choix éducatifs des parents, ça risque d’aller trop loin.
J’ai vécu toute mon enfance et adolescence près de l’Allemagne. J’ai toujours ressenti une grosse différence entre mes camarades allemands et français. Effectivement, les enfants allemands ont l’air plus libres, et épanouis, mais ils étaient mal élevés (selon l’idée qu’on se fait de l’éducation en France, en tout cas), insolents avec les professeurs, et de manière générale, ne semblaient pas comprendre que le monde ne tournait pas autour de leur nombril. Je ne lie pas cette différence à une loi sur la fessée, bien sûr, mais plutôt à une généralisation de l’idée qu’il ne faut pas frustrer l’enfant, pas le disputer ni le punir (et de fait, avec mes professeurs allemands, je n’ai jamais eu de punitions) et qui a « dégénéré » en enfant roi. C’est plus ce qui m’inquiète, ce risque que l’Etat puisse juger les moindres choix éducatifs que je fais pour mon fils. Je trouve déjà que l’Etat, en France, déborde parfois de son rôle.
Personnellement, je suis contre la fessée. Je n’en ai jamais eu. En revanche, j’ai eu pas mal de petites tapes sur les mains, qui ne m’ont jamais humiliées, ni brusquées. Et je ne trouve pas que ce soit exagéré. Mes parents considéraient qu’après avoir expliqué plusieurs fois, si l’enfant faisait encore une fois la bêtise consciemment, c’est qu’il n’avait pas compris, ou qu’il faisait exprès de ne pas comprendre. PAsser à l’action signifiait qu’on avait dépassé les limites. Ils ont toujours privilégié le dialogue, parfois même un peu trop, mais la tape sur la main, c’était leur manière ultime de signifier: « là, tu vas trop loin, et puisque tu ne m’écoutes pas, je te signifie avec ce geste que ce n’est pas bien ». Je ne sais pas si je le referais avec mon fils.
Pour le moment, il a un an, la question ne se pose pas tellement, mais la fessée, c’est vraiment la barrière que je n’aimerai pas franchir.

le 07/02/2017 à 11h21 | Répondre

Mlle Mora

Je trouve que cette loi permet au moins de se questionner, de lancer le débat et de faire évoluer les mentalités. Parfois la loi est en avance sur les moeurs (la peine de mort en est un bon exemple).
Je souhaite ne pas user de violence sur mes enfants, mais je dois avouer qu’il m’est arrivé une ou deux fois de donner une tape sur les fesses de ma fille devenue incontrôlable. J’ai tout de suite compris que ma réaction était motivée par la fatigue et l’impuissance face à la situation. Quand on lève la main, c’est un aveu de défaite « je ne sais plus quoi faire pour te calmer alors je te tape ».
On ne peut pas dire qu’on ne lèvera jamais la main sur son enfant (je pensais ne jamais le faire, je suis quelqu’un de très calme en plus), mais tous les enfants sont différents et ne réagissent pas de la même façon.
J’ai expliqué à ma fille pourquoi j’avais fini par lui donner une tape, et cela a permis de désamorcer pour la suite.
L’éducation bienveillante pour moi, ce n’est pas non plus tout laisser passer aux enfants, ils doivent aussi apprendre la frustration, car ils seront amenés à vivre en société, c’est ainsi…
L’Etat a un devoir de protéger tous les citoyens, je trouve normal qu’une loi vienne protéger un peu plus les enfants – même si les lois n’empêchent pas les gens de les enfreindre, mais c’est un autre débat !

le 07/02/2017 à 13h24 | Répondre

Chaperon Rouge

Je suis tellement d accord! Ne pas lever la main sur un enfant ca ne veut pas dire « tout laisser faire »… Mes parents répondaient souvent a l argument « mais ma copine elle a ca ELLE » que la frustration fait grandir. Et cest vrai. Dans la vie tout ne tombe pas tout cuit et cest pas parce qu’on a très envie de quelque chose qu’on l aura. Ados, on était indignés que le copain qui n avait rien mangé a table avait le droit de s’enfiler 3 danettes en dessert pendant des vacances communes. Jai fini par l engueuler en lui disant que c’était pas normal « ben j’ai faim » « ben fallait manger » « ouais mais j’ai que envie de dessert » « ON N A PAS TOUT CE QUON VEUT DANS LA VIE! LA FRUSTRATION FAIT GRANDIR! » mes parents étaient sur le cul lol. On avait 10 ans et je n’étais pas brimée du tout mais mes parents ont très peu cédé a nos caprices. Ils étaient futés remarquez: 3 enfants quand on fait les courses, cest compliqué. Du coup papa restait avec nous au rayon BD, on bouquinait, et maman revenait le caddie plein a craqué. Ni vu ni connu! Bref je pense qu’il y a plein de façons dd contourner les problèmes sans pour autant tout laisser faire ou arriver a la violence. ici, quand la Lueur est en crise et qu elle s auto entraine dans les sanglots ou l excitation, je la prend dans mes bras, je la serre contre moi comme pour la contenir, et je lui chuchote plein de choses a l oreille, que je l aime, qu elle a le droit de pleurer/davoir peur/detre en colère, qu’on est la pour elle etc. Elle finit toujours par s endormir ou se calmer, un bisous un sourire et cest plié! Mais on n’est pas encore dans le vrai « non » alors on verra bien…

le 09/02/2017 à 08h21 | Répondre

Étoile (voir son site)

Très bonne idée d’article ! Je pense que nous avons chacun un « déterminisme social » au niveau de l’éducation et donc des points de vue différents. C’est malheureux à dire mais dans les générations de nos parents, la fessée « c’était normal ». Pour ma part, j’ai mal vécu l’éducation « dure » de mes parents. J’aurai voulu qu’ils soient bienveillants et qu’ils comprennent qu’une claque ou dévaloriser, ce n’est pas toujours une solution. Et puis, au delà de la fessée dans cette loi, il y a aussi les paroles, les soins… Pour moi, dénigrer son enfant ou ne pas répondre à ses besoins, c’est tout aussi inadmissible qu’une fessée. Je dirai même que parfois il faut mieux « avoir un loupé » avec une claque, mais ensuite expliqué (oui, on peut s’excuser auprès de son enfant), que des manquements plus profonds et globaux. Bref, difficile de bien formuler ma pensée, car cela me touche personnellement. J’adore mes parents, mais j’ai détesté mon éducation. Avec Petit Prince, j’ai envie de prouver et d’ailleurs Freesia le dit très bien dans l’article que l’on peut éduquer un enfant sans forme de violence, physique et verbale tout en instaurant un bon cadre. La douceur et la bienveillance ne sont pas incompatibles avec des règles, du respect… En plus le gros point positif d’après moi, c’est aussi plus de la sérénité dans la famille 🙂 Cela évite une relation construite dans la crainte pour l’enfant; et dans la crispation pour les parents.

le 07/02/2017 à 14h31 | Répondre

Folie douce

Contrairement à ce qui est dit dans plusieurs commentaires je pense qu’une loi est très utile voire indispensable. Il ne faut pas oublier qu’il n’y a pas si longtemps les châtiments corporels étaient d’usage à l’école! C’est en changeant les lois qu’on change les mentalités même si bien sûr ce n’est pas à effet immédiat. Pourquoi la violence serait-elle proscrite partout sauf justement dans le cas d’un parent avec son enfant? Les enfants sont les plus fragiles et le rôle d’un parent est de protéger ! Alors évidemment personne ne peut être sûr que jamais il ne lui arrivera de laisser échapper une claque à un moment de grosse colère. Mais ce n’est pas pareil de considérer un geste violent comme une erreur qui peut arriver dans un moment de colère ou comme un geste  » éducatif » normal.

le 07/02/2017 à 14h34 | Répondre

Maria

Il y a déjà une loi qui interdit les violences physiques et morales sur les enfants avec des sanctions prévues.
Cet article de loi là reformulait ce qui était déjà écrit et ne prévoyait aucune sanction.

le 07/02/2017 à 23h14 | Répondre

Folie douce

Oui il y a déjà une loi mais avec une tolérance bien trop grande vis à vis des violences dites « éducatives », c’est bien que ça change. D’ailleurs il suffit de voir les réactions sur internet (pas sur ce site) : beaucoup montent sur leurs grands chevaux en disant qu’ils ont le droit de taper leurs enfants ! Comme si en devenant parent on devenait propriétaire d’un objet sur lequel on a le droit de se défouler !!!! Moi ça me choque! Pour le fait qu’il n’y ait pas de sanctions je pense que cette loi a plutôt pour but de faire réfléchir et de faire évoluer les mentalités que de réprimer bêtement. Alors certes ça va être plus long mais pour une fois qu’une loi française vise le long terme ça me paraît positif.

le 09/02/2017 à 11h29 | Répondre

Maria

Je comprends ton point de vue mais personnellement je préférerai plus de moyen pour lutter contre la maltraitance qui existe actuellement, pour aider les parents désemparés plutôt que cet article de loi qui ne prévoit ni d’aide éducative, ni réelle prévention, ni sanction.

le 09/02/2017 à 16h08 | Répondre

Folie douce

Ah oui ça je suis bien d’accord avec toi, il faudrait plus du moyens et que cette loi dit accompagnée d’un renforcement de l’aide à la parentalité. J’espère que ça sera mis en place.

le 09/02/2017 à 16h51 |

Miss Chat

Je suis d’avis qu’une loi comme celle-là, sans mesure derrière pour la prévention, l’aide aux parents, l’accompagnement et sans sanction etc. est inutile. Ceux qui battent leurs enfants ne changeront pas leurs habitudes ; ceux qui donnent les fameuses fessées « éducatives » réfléchiront peut-être à leurs actes mais en changeront-ils ? Je pense qu’on peut espérer que certains le feront.
Je suis très partagée sur le sujet car je viens d’une famille où on faisait les choses de manière « musclée », pour reprendre l’expression de Doupiou. Mon père donnait une fessée ou une gifle dès qu’on n’obéissait pas au doigt et à l’oeil et ce, peu importe la gravité du « méfait ». Ma mère était carrément une adepte des tapes sur tout le corps, de la ceinture et de la douche froide. Je n’arrive pas à décrire cela comme de la maltraitance alors que si je le lisais dans un journal, je n’hésiterais pas une seconde. C’est peut-être dû au fait que je ne me sente pas traumatisée par ces agissements : je suis bien élevée et, même si la relation avec mes parents est loin d’être parfaite, je ne crois pas que les violences physiques en soient la cause.
Par contre, je les ai trouvées inutiles ces fessées et autres. Ce n’est pas grâce à cela que je suis bien élevée, pas du tout.
Et pour moi, le fond du problème, il est là : il y a d’autres manières d’élever un enfant que de recourir à la fessée systématique. On peut discuter autant qu’on veut du traumatisme que ça représente, de toute façon ça dépendra d’une personne à l’autre. Mais le rôle de ces violences dans l’éducation est selon moi nul. Je ne dis pas qu’il ne faut pas sévir, hausser le ton, user de punitions appropriées et à la hauteur du délit ( :p ) mais frapper ne servira à rien.
Et tu as à 100% raison de dire qu’il faut se projeter comme avec un adulte : tu ne fesserais pas ton conjoint donc pas de raison de le faire avec ton enfant. C’est un être humain à part entière.

le 07/02/2017 à 17h04 | Répondre

Myade

Je pense que cette loi est utile.
Souvent, dans les débats sur le sujet, on observe que les enfants élevés sans claque ni fessée veulent élever les leurs ainsi, comme une évidence.
Et parmi ceux qui ont reçu claque ou fessée, beaucoup disent « je n’en suis pas mort, j’élèverai aussi mes enfants comme ça », et d’autres remettent cette éducation en question.
J’ai longtemps été dans la catégorie « je n’en suis pas morte » (effectivement, mes parents m’ont occasionnellement donné une claque ou fessée, je ne les blâme pas pour ça, ils pensaient bien faire), mais à force de lire des débats, je me suis rangé aux arguments des « sans claque ni fessée », et j’élèverai mes enfants ainsi.
Il y a tout de même un certain nombre d’études sérieuses qui montrent que frapper un enfant est, toujours, une mauvaise chose pour son développement.
Faire une loi permettra de faire réfléchir des parents ou futurs parents. Et mettra une limite, claire, au seul en droit où elle peut être : zéro violence. L’enfant ne doit pas être le seul individu qu’il est autorisé de frapper ! Une claque n’est jamais « méritée ».

le 07/02/2017 à 22h06 | Répondre

Piso

Merci Freesia pour cet article. Tu viens de me faire passer de la catégorie j’ai eue des fessées, je n’en suis pas morte, ça m’a donné des limites et je le referais certainement à mes enfants à je vais tout faire pour ne jamais punir mes enfants de la sorte. Après je me rends compte que, maintenant que mon fils est venu au monde, je m’éloigne beaucoup de l’éducation que j’ai eue avec mes parents, pas assez bienveillante à mon goût. Comme dit dans certains commentaires, je pense que, plus que la loi, ce sont plutôt les débats et l’accompagnement des parents qui permettrons de faire évoluer les choses vers un monde sans violence. Du coup encore merci pour ton article. C’est dommage que tu ne soit pas venu nous donner ton avis sur nos commentaires.

le 15/03/2017 à 16h53 | Répondre

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