Vivre en famille : le bonheur, le bazar... et tout le reste !

Nos conseils pour accompagner une proche en PMA : les mots qui peuvent blesser


Publié le 8 avril 2019 par Urbanie

P.M.A. 3 petites lettres pour désigner la Procréation Médicalement Assistée, recouvrant un champs de pratiques et de situations incroyablement larges. De l’insémination artificielle à la Fécondation In vitro, du don de gamètes au diagnostic pré-implantatoire, les parcours se suivent et, bien souvent, ne se ressemblent pas. Il est donc remarquablement compliqué pour un proche de savoir comment accompagner son amie, sa collègue, sa sœur ou sa cousine, lorsque celle-ci met un pieds dans le parcours tortueux et parfois douloureusement incertain que représente ce projet.

Avec les autres chroniqueuses de Dans Ma Tribu et de Mademoiselle Dentelle, qui ont été ou sont encore concernées par le sujet, nous avons donc décidé de t’apporter nos conseils et notre éclairage pour t’aider à mieux comprendre les enjeux et la souffrance de tels parcours, et te guider afin de te donner quelques clefs. Quels sont les mots qui fâchent, les mots qui blessent? Ceux qui réconfortent ou qui soulagent? C’est par ici!

Crédit photo (creative commons): trevoykellyphotography

Petit disclaimer avant de commencer

Si ton amie ou ta cousine passe par une PMA, elle en est déjà à plusieurs années d’essai pour tenter de devenir maman. Je pense que c’est sans doute l’élément le plus important à avoir en tête: on ne fait pas une PMA au bout de 3 mois. Avant même d’entamer le protocole, il y’aura eu des mois, voire des années, de tests désespérément négatifs, de découragement, de nouveaux espoirs, d’attente lancinante à chaque fin de cycle, de rage et de colère à l’arrivée du sang menstruel. Donc ton amie est déjà quelque peu éreintée face à tout cela, et je pense qu’il est important de le garder en tête. Ce qui explique (entre autres choses) que certaines phrases qui pourraient te paraître anodines peuvent en réalité se révéler blessantes.

Bien évidemment, la liste qui suit n’est ni exhaustive, ni universelle, et je précise qu’il ne s’agit en aucun cas de te pointer du doigt si tu as déjà prononcé certains de ces mots (je le sais, j’ai fait pareil avant d’être concernée à mon tour). Il ne s’agit pas d’un guide à suivre à la lettre, simplement de recommandations et de pistes pour t’aider à comprendre ce que peut ressentir ton amie ou ta sœur face à certaines situations.

(Et si tu as déjà gaffé par le passé: promis, on t’aime toujours).

 

Les petites phrases à éviter

 « Je suis sûre que ça va marcher ». J’avoue, celle-ci, j’étais la première à la sortir à mes copines en PMA, je plaide coupable. Cela partait d’un bon sentiment: je voulais leur redonner espoir, et puis, pour être très honnête, je ne savais simplement pas quoi leur dire d’autre.

Pourquoi il vaut mieux l’éviter quand même: ta copine est sans doute inquiète à mort, et peut avoir l’impression qu’avec cette petite phrase, tu éludes la conversation qui pourrait suivre.  Et puis, c’est très triste à dire, mais je pense qu’il faut aussi rester sincères et lucides: parfois les PMA ne « marchent » pas. Et il est tout simplement impossible de prédire l’issue du truc- et ça, ta copine, elle en a déjà bien conscience (même si elle choisit de croire à fond les ballons que la prochaine, c’est la bonne).

 

« Je connais quelqu’un pour qui ça a marché lors de la dernière dernière FIV / alors qu’ils faisaient une pause / alors qu’ils avaient renoncé, etc. »

Pourquoi il vaut mieux l’éviter: alors tout dépend du parcours de ta copine, et peut-être qu’en tout début de PMA, cela peut lui offrir une grande bouffée d’espoir. Mais si elle est déjà dans le process depuis plusieurs longues années, cela peut tout simplement la foutre par terre, en ayant des pensées du type « pourquoi cela marche pour d’autres, et pas pour moi? ». C’est le désespoir de celle qui voit les annonces de grossesse s’accumuler autour d’elle, alors qu’elle n’y arrive tout simplement pas. On finit par se dire que le « happy end » ne veut décidément pas de nous.

 

« Oh la la je trouve que ça commence à faire long. Ce n’est vraiment pas juste. J’ai envie d’être grand-mère / tata / marraine! ».

Pourquoi il vaut mieux l’éviter: tout simplement parce que cela revient à faire passer ta souffrance avant celle du couple en attente, et donc à minimiser la leur. Dis-toi bien que si tu as envie, toi, de devenir tata, ta sœur a encore plus envie de devenir maman.

 

« ….. » (faire comme si de rien  n’était)

Pourquoi il vaut mieux l’éviter: concrètement, cela revient à ne pas du tout en parler, changer de sujet comme si rien n’avait été dit ou – pire!- parler de ses propres problèmes de parents avec ses enfants ou sa grossesse sans jamais demander de nouvelles (nb: ça fonctionne aussi très bien avec le deuil périnatal). Le silence est un poison pour celle qui souffre: cela ruine son estime d’elle-même et lui donne l’impression de ne pas compter pour les autres. Comme si sa souffrance n’avait aucune importance.Et puis, soyons honnêtes: éviter le sujet n’évite pas la réalité du truc qui est en train de se passer. Donc autant essayer de faire face (je te donne quelques conseils un peu plus loin, pas de panique).

Autre écueil: disserter sur le choc qu’a été la découverte de ta grossesse, ou sur ton IVG. Bien évidemment, certaines grossesses ne sont ni attendues, ni désirées, et il est très important de pouvoir se confier dans de pareils moments. Vraiment: je te soutiens à 200% sur ce coup. Ta copine en PMA n’est, en revanche, sans doute pas la mieux placée pour t’écouter. Dans le doute, demande-lui comment elle sent par rapport à ça avant d’aborder le sujet avec elle.

 

« Mais tu vas changer de mari alors ?! »

Pourquoi il vaut mieux l’éviter: parce qu’on ne se marie pas « juste » pour avoir des enfants, parce qu’une relation de couple est riche de tellement d’autres choses. Parce que ta copine est sans doute également morte de trouille à l’idée que son couple n’explose en plein vol, ou que son mari la quitte pour une autre plus fertile si elle soupçonne (à tort ou à raison) que l’infertilité vient de son côté (et parfois, ce genre de croyance peut devenir franchement irrationnel, je sais de quoi je parle!). Et puis bon… parce qu’on ne s’immisce pas comme dans ça dans l’intimité d’un couple, à moins que ta copine n’ait abordé le sujet d’elle-même.

 

« Ça va fonctionner, il n’y a pas de raison que ça ne marche pas » :

Pourquoi il vaut mieux l’éviter: l’envie de rassurer en invoquant le karma (« les bonnes choses arrivent aux bonnes personnes ») est plutôt naturelle, mais en vrai, même les serial killers (ou, pour rester plus prosaïques: même les parents maltraitants) arrivent à se reproduire. Et puis moi, quand on me dit qu’il n’y a « pas de raisons » que cela ne fonctionne pas, j’ai simplement envie de répondre « ben si, justement: une maladie génétique » (je ne le fais pas, en vrai) (COUCOU LE MALAISE). Si tu ne sais pas s’il existe une maladie qui « explique » l’infertilité de ton amie, il vaut mieux éviter de mettre le pied sur un terrain très glissant.

 

« T’as essayé la tisane SuperFertilePlus/ l’herbe de Perlimpim/ de rester les jambes en l’air 5h après chaque rapport? »

Pourquoi il vaut mieux l’éviter: quand on entre dans ce type de parcours, en général, on a déjà plus ou moins « tout » essayé: on a épluché Doctissimo, on a partagé sur des forums, on a téléchargé 15 applications de suivi des cycles, on a même suivi un régime sans gras, ni gluten, ni sucre, ni produit laitier (et on meurt de faim) parce qu’on a lu dans le dernier Marie-Connasse que cela boostait la fertilité. En bref: on est au TAQUET. Mieux vaut s’abstenir de partager des conseils de grand-mère avec des astuces pas toujours très… fiables. Hum.

 

« C’est parce que tu n’as pas vraiment envie d’être maman » (variante: « c’est dans ton inconscient »).

Pourquoi il vaut mieux l’éviter: j’aimerais tout simplement répondre « parce que c’est une connerie », mais je vais élaborer un peu. On sait qu’en médecine, il y’a des choses qu’on ne sait pas, justement . On sait que certains couples, même après XXX FIV, ne parviennent pas à devenir parents. On sait surtout qu’il y’a encore quantité de mystères en génétique qui ne s’expliqueront très certainement que dans quelques (dizaines d’) années (je le sais pour en faire partie)(j’aurais préféré gagner au loto, mais je m’égare). C’est comme ça. Nos ancêtres pensaient bien que la foudre et le tonnerre étaient la manifestation des dieux, avant de découvrir l’électricité. Donc oui, il est bien évidemment tentant de se dire que, quelque part, quand on veut vraiment devenir maman, on peut. Mais il faut surtout garder en tête qu’il ne s’agit principalement que d’une croyance, et je suis persuadée que, dans un futur plus ou moins proche, nous saurons expliquer rationnellement certaines situations d’infertilité qui aujourd’hui encore échappent à la science.

 

« La nature est bien faite »

Pourquoi il vaut mieux l’éviter: parce que la nature est une connasse. Next.

 

« Je te comprends, on a beaucoup de mal à faire le 3e enfant »

Pourquoi il vaut mieux l’éviter: ne pas réussir à agrandir la famille est une vraie souffrance, j’en sais quelque chose. Je pense en revanche qu’il est plus judicieux de partager ce genre de pensées avec une personne qui aura également déjà eu des enfants par ailleurs. C’est sans doute très idiot, mais ta copine en PMA qui n’est pas encore devenue maman va surtout penser « parle pour toi, toi au moins tu as la chance d’avoir un enfant ». Parce que oui, être maman, même une fois, est un trésor inestimable. Et non, cela n’empêche bien évidemment pas la souffrance de ne pas parvenir à devenir maman de nouveau. Disons que, sur cette petite phrase, je te conseillerais surtout de choisir ton public.

 

« Tant que tu n’es pas maman, tu ne peux pas comprendre pas le sens de la vie »

Pourquoi il vaut mieux l’éviter: parce que ta copine ne choisit pas de ne pas être maman; elle subit. Donc mieux vaut éviter les petites phrases qui pourraient la « culpabiliser » et lui donner envie d’aller se pendre (c’est une image, mais tu me comprends).

 

La liste qui précède peut te sembler un peu longue, mais il nous est apparu nécessaire de sensibiliser et d’expliquer, le mieux possible, les mots qui font mal. Nous avons aussi parfaitement conscience de la difficulté de comprendre une situation pareille si on ne l’a pas vécu soi-même (votre dévouée chroniqueuse a longtemps été la première à mettre les pieds dans le plat avant d’en passer par là). Mais j’ai une bonne nouvelle: il existe quantité de choses que tu peux faire et dire… et on en reparle très très vite.

 

Et toi, tu as fait l’expérience de petites phrases qui blessent lors de ton parcours en PMA? Tes proches ont été géniaux et ont su comment t’accompagner? Tu préférais ne pas en parler du tout? Raconte!

Commentaires

21   Commentaires Laisser un commentaire ?

Marlnn

Très bon article! Je rajouterai qu’il ne faut pas oublier non plus le conjoint: la pma c’est avant tout une histoire de coule et tout le monde est concerné.

le 08/04/2019 à 07h16 | Répondre

Urbanie

Oui, très juste! Merci pour ta remarque!

le 08/04/2019 à 13h45 | Répondre

ANDRÉ

Vous n’avez jamais eu la « blague » du copain qui sort à ton mari : bah attends moi je vais te le faire ton gamin, laissez-moi ta femme …
Et oui pas reluisant … et oui nous on y a eu le droit …
No comment …

le 08/04/2019 à 08h24 | Répondre

Urbanie

Mais quelle horreur!!!!!!! Je suis horrifiée…

le 08/04/2019 à 13h45 | Répondre

Madame Pinpon

Et pourtant… Dans la même gamme « et si tu veux des conseils tu me dis hein ! » de la part d’un ami dont la copine est tombée enceinte au bout du second cycle…

le 08/04/2019 à 22h25 | Répondre

Mme Espoir

<3

Je rebondis sur ta phrase "Et si tu as déjà gaffé par le passé: promis, on t’aime toujours". Je plussoie. J'ai ma meilleure amie qui m'a énoncé le fameux "tu y penses trop" (= c'est ton inconscient). Mais elle me connait par coeur, savait que je n'avais pas forcément envie d'avoir d'enfant et surtout que je suis une grande stressée. Je lui ai gentiment expliqué pourquoi c'était n'importe quoi. Par ailleurs, elle a toujours été un tel soutien que sa maladresse ne m'a jamais blessée. Donc la façon dont on dit les choses, même blessantes, et l'attitude de la personne qui l’énonce est très importante aussi.

Je crois que le pire c'est lorsque ces phrases sont dites par les professionnels de la santé… parfois spécialisés en PMA ! J'en ai envoyé bouler un ou deux car leur attitude et leurs mots étaient pour moi inacceptables !!

le 08/04/2019 à 09h12 | Répondre

Urbanie

Oui, j’avoue que je préfère également les phrases prononcées par maladresse, mais avec bienveillance, aux phrases toutes faites prononcées par idées reçues ou pour évacuer le sujet.

le 08/04/2019 à 13h47 | Répondre

Céline

Ah ben direct, la première.. « je suis sûre que ça va marcher ». Le premier truc que j’ai dit à mon amie, quand (étant au courant de ses années de galères), elle m’a annoncé son début en PMA.
La sentir tellement vulnérable m’a donné envie de la booster.
Alors K., si tu passes par ici, pardon de mes mots maladroits. Promis, je ferai plus attention la prochaine fois que nous aborderons le sujet.
<3

le 08/04/2019 à 10h17 | Répondre

Urbanie

Je crois que nous sommes nombreux à dire cette petite phrase, je te rassure! <3

le 08/04/2019 à 13h48 | Répondre

Workingmutti (voir son site)

Je suis passée très brièvement par la PMA, et pourtant j’ai déjà fait une des gaffes décrites (celle sur l’agrandissement de la famille). Mais je suis toujours sur les fesses de voir que certaines personnes ne voient pas où est le problème avec ce genre de remarques !

Lorsque je vois un couple de connaissances mariés depuis quelques années, sans enfants, et qui cherchent à tout prix à éviter toute discussion sur la grossesse, à se rendre à des fêtes avec des familles avec de jeunes enfants, je ne peux m’empêcher de marcher sur des œufs en me disant et si …

Honnêtement, mes compétences sociales n’étant pas au top, je me contente de dire: je ne sais pas quoi dire pour te réconforter même si j’ai très envie de le faire. Je suis là pour parler si tu en éprouves le besoin, ou d’aller sortir pour penser à autre chose. Dis moi ce dont tu as besoin quand tu en as besoin.

C’est pas le plus adroit, mais au moins c’est sincère.

le 08/04/2019 à 11h51 | Répondre

Urbanie

En fait, c’est comme pour le deuil périnatal: je ne pense pas qu’il existe de « bonnes phrases » ou de phrases « types » (on en reparle dans un prochain article, d’ailleurs), mais montrer simplement qu’on est la en cas de besoin, en cas de craquage, en cas de moral au plus bas… c’est la plus précieuse des réactions.

le 08/04/2019 à 13h49 | Répondre

Isabelle

Je trouve que c’est la meilleure des réponses à apporter, au contraire !

le 08/04/2019 à 22h38 | Répondre

Mme Infertile

des année PMA pour moi au compteur…

je rajoute:
« ah mais moi avec les enfants j’ai pas le temps de faire ceci ou cela… »

de la part d’une « amie » qui est tombée enceinte « par accident » (sans commentaire…) selon ses propres termes: « mais êtes -vous vraiment prêts à être parents?! c’est peut être pour cela que ça ne marche pas »…

Pendant des années j’ai pris sur moi car ces phrases étaient dites « maladroitement » mais maintenant j’en ai assez et quand j’ai une réflexion de la sorte je ne trouve plus d’excuse et je réponds ouvertement. Certains ne prennent pas de gants pour sortir des débilités, moi c’est pareil maintenant 🙂 J’ai assez supporté… .

le 08/04/2019 à 15h19 | Répondre

Urbanie

Je comprends! J’essaie toujours de rester bienveillante face aux dérapages, mais je comprends aussi que ce ne soit parfois pas/ plus possible du tout.

le 09/04/2019 à 10h06 | Répondre

Isabelle

Merci pour cet article, très juste !

J’ai encore récemment essuyé des remarques suite à ma fausse couche, qui est survenue après plus d’un an d’essai, des « au moins c’est que ça marche », « vaux mieux maintenant que plus tard », « la nature est bien faite », « ça sera pour la prochaine » blablabla… qui entreraient bien dans ces catégories de phrases toutes faites mais qui minimisent la chose.

Mais le pire que j’ai connu, pour moi, c’est une personne qui est au courant de notre situation et qui : se plaint à moi qu’elle est tombée enceinte trop rapidement après l’arrêt de sa pilule car pas le temps d’apprécier la période des essais (c’est tellement appréciable de pleurer car on a ses règles), me dit ensuite qu’elle est déçue d’attendre une fille/un garçon et qu’elle se fera bien à l’idée car elle n’a pas le choix, puis me dit, en me voyant faire du sport, qu’elle en a marre de la grossesse car elle ne peut plus faire de sport comme moi !! (le tout en s’excusant car elle sait que moi je rêve de tomber enceinte, c’est pas comme si elle avait oublié).

Alors tout ça je peux bien le comprendre, mais par pitié, choisissez votre public !!

Mais ces réflexions restent, heureusement, suffisamment rares pour me choquer encore. J’ai énormément de personnes bienveillantes autour de moi qui « relèvent le niveau ». Et pour toutes celles-ci, un GRAND merci. <3

le 08/04/2019 à 22h37 | Répondre

Urbanie

Je vois très bien ce que tu veux dire… certains ont du mal à choisir leur public, en effet. Je suis contente de savoir que tu es malgré tout entourée de personnes l’écoute! 🙂

le 09/04/2019 à 10h07 | Répondre

Aube

Je lis chaque jour vos articles depuis maintenant nos 1 an d’essai bébé et je me permets de répondre car cela me touche.
1 an d’essai, oui ce n’est rien par rapport à certains qui doivent attendre 5 ans, 10 ans ou une vie d’avoir un enfant.
Mais déjà les remarques commencent à me blesser.
la number 1 étant qu’on est genre « coupable » de ce qui nous arrive parce que :
 » on y pense trop »
« on est pas prêt dans notre tête »
« on se prend trop la tête » etc.
Genre une amie qui me dit, « le secret c’est de pas trop y penser, nous on était tranquille et en 1 mois ça a marché »
heu … oui moi aussi le 1er mois j’étais tranquille
1 an après, un spermo, des prises de sang et une echo pelvienne en plus on verra si tu serai autant tranquille …
Après avant d’en être là, j’ai moi même gaffé et je m’en excuse d’ailleurs 😉

le 09/04/2019 à 10h41 | Répondre

Madame l'Abeille

Merci Urbanie. J’ai une amie qui est passée par là, ça me brisait le coeur d’autant plus qu’elle n’en parlait pas ouvertement et était complètement déprimée. Lorsque j ai été enceinte pour la 2eme fois, j’ai eu du mal à le lui dire et je me suis demandée si ça n’était pas enfoncer le couteau dans la plaie que lui envoyer un faire part de naissance. Qu’en pensez vous, celles qui sont en difficulté pour concevoir?

Par ailleurs j’évitais de lui parler de mes enfants mais c était difficile parce que mon quotidien était rythmé par eux. Un jour je lui ai donc dit de m’excuser si je parlais parfois de mes enfants, que j’espérais vraiment qu’ ils arriveraient à en avoir un … et je me suis mise à pleurer c’est sorti tout seul (j étais hyper triste pour eux + fatigue aidant )… c’est elle qui a du me consoler, la honte …en tout cas ça a permis d’amorcer une discussion qui n’allait pas venir spontanément d’elle.

le 09/04/2019 à 22h14 | Répondre

Mme Infertile

Madame l’Abeille: cela dépend… moi avant je me sentait exclue si je ne recevais pas de faire part, maintenant à mon stade je n’en veux plus et il finit directement à la poubelle…
une idée serait de te renseigner auprès d’une personne proche pour savoir l’état d’esprit du moment…

le 16/04/2019 à 16h57 | Répondre

Maggie

Bonsoir!
Tout ceci est très vrai!
15 ans de pma pour nous..j’en ai entendu des belles..
a mon mari les collègues disaient « t’as perdu la recette? »
Au bout de tant d’années tu peux te dire que les gens ont peut être un souci non?
Le coup du « arrête d’y penser ça va venir »
Ah mais c’est donc ca !!! Merci ! J’y avais pas pensé ! Après 5 fiv ratées il suffisait de pas y penser. Ben voyons.
Les gens ne se rendent pas compte du rouleau compresseur qui nous passe dessus.
Le mieux c’est la franchise. Moi ça me faisait du bien d’en parler. Surtout à la fin. Les copines doivent faire preuve d’empathie. Sinon fuyez! Si la nana t’annonce sa 3eme grossesse arrivée trop vite oh la la on a à peine attendu 2h et hop ça a marché, à coup de cotillons et faire part , dis lui stop.
Les anecdotes sur les kids, les photos etc doivent être racontées / envoyées avec parcimonie. La clef c’est d’être à l’écoute. Quand ça va pas, il faut savoir se mettre entre parenthèses. Tu sais pas si ta copine vient pas de perdre son plus bel embryon, tu sais pas qu’elle a pleuré toute la nuit parce qu’elle est gonflée, épuisée, frustrée. Donc allez y doucement et communiquez ! C’est en disant les choses que vous accompagnerez au mieux vos amies en détresse. J’ai souffert du manque d’écoute de la part de ma famille mais mes amies étaient géniales. Elles ont souffert que je n’ait pas pu partager certains moments avec leurs petits. Mais cette souffrance était bien en deçà de la mienne je pense. Il faut pouvoir entendre « ne me parle pas de ton bébé , pour toi c’est la 8eme merveille du monde, pour moi c’est une souffrance ». Les copines enceintes pour qui tout va bien , celles qui font vraiment preuve d’empathie, ont bcp de mérite. Je remercie encore ici les miennes.

le 09/04/2019 à 23h25 | Répondre

Marie

« C’est par ce que tu y penses trop » : moi je répondais que si on pouvais contrôler sa fertilité par la pensée, ça se saurait ! Plus besoins de contraceptifs !

Et j’ai déjà eu : « moi le deuxième cycle j’ai fait un test d’ovulation pour avoir un rapport au bon moment et ça a marché, tu devrais faire pareil ». Ouais, depuis 2 ans tu crois vraiment que j’ai pas eu l’idée de essayer de trouver ma date d’ovulation ?

J’ai maintenant un petit loulou de bientôt 1 an, mais quand on est passée par là, on reste dans cette « équipe » la..
Grrr, ça m’énerve rien que d’y penser !

le 10/04/2019 à 15h13 | Répondre

SI TU SOUHAITES RÉAGIR C'EST PAR ICI !

As-tu lu notre Charte des commentaires avant de publier le tien ?