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Nos conseils pour accompagner une proche en PMA : les mots qui réconfortent


Publié le 17 avril 2019 par Urbanie

J’ai failli intituler cet article: « Mais qu’est-ce qu’on a bien le droit de dire, alors (bordel de chiottes)? » suite au premier article publié sur les mots qui blessent.

J’avoue: la liste qui précède a dû te sembler interminable, et peut-être parfois un peu rude. Ceci est un article collectif, tu imagines donc le nombre de vécus et d’expériences qui sont venus le nourrir. Et puis, il faut aussi l’admettre: nous écouter peut être super dur pour les proches, tout simplement parce que nous sommes capables dans cette période délicate de vouloir à la fois tout et son contraire.

On ne veut pas être celle à qui on n’ose pas annoncer les grossesses (on se sent mises à l’écart) mais, malgré tout,  cela nous fait mal quand on nous l’annonce. On ne veut pas être réduites à notre situation, on ne veut pas non plus que nos proches fassent comme si de rien n’était.

Bref: on est super reloues ambivalentes, et c’est très important de le comprendre.

Mais j’ai une bonne nouvelle: il existe aussi de réels conseils pour t’aider à trouver la bonne « posture ».

Crédit photo (creative commons): trevoykellyphotography  

 

Être à l’écoute

Tu as dit une maladresse (cela arrive!) et tu sens ta copine qui se renfrogne. Je pense que nous sommes très, très nombreuses à préférer une petite maladresse en lieu et place du silence, à condition d’avoir le droit d’exprimer ce qui nous blesse (sans être accueillie par un « Oh ça va, si on peut plus rien dire »). Comme me le disait une chroniqueuse: « je préfère une personne maladroite à qui je dirai, attention là ça fait mal pour x ou y raisons, et qui se remet en question aux personnes qui tentent par tous les moyens de te fuir (ce n’est pas contagieux!) ». Dont acte!

Rester prudent avec les annonces (grossesse, naissance)

OUI c’est une superbe nouvelle. Mais OUI, ça peut aussi faire très mal. Il n’est pas impossible que ta copine en PMA ressente un gros coup de blues derrière. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut rien annoncer (ta copine risque de se sentir mise à l’écart) (je sais, je sais: ce n’est pas simple…). Je conseille donc de le faire en tête à tête (ou via un coup de fil exprès), ou encore par écrit si tu n’es vraiment pas à l’aise, mais surtout à un moment où la personne pourra être tranquille derrière pour déprimer toute seule sans que tout le monde ne le remarque ou -pire!- ne lui fasse une réflexion. Donc éviter par exemple les annonces publiques à Noël (avec en bonus ultime: l’inénarrable Mamie Gertrude qui se tourne vers toi et lance à la cantonade « Et vous au fait? C’est pour quand? »).

Prendre des nouvelles, très simplement

Une chroniqueuse m’expliquait: « Des fois j’aimerais en parler avec mes sœurs, mes amies, ma mère. Mais je ne m’imagine pas les appeler pour dire franco « bon alors ça ne marche pas on va devoir passer par un centre de PMA, et bla bla bla ». J’aimerais bien qu’elles me tendent une perche pour enfin aborder le sujet… ». Oui, cela peut sembler idiot, mais on ose pas toujours prendre la parole pour parler de tout ça: peur du rejet, du regard de l’autre sur ce parcours « différent » (ne parlons même pas du don de gamètes!), bref: un simple « est-ce que tu veux en parler? » est déjà une immense démonstration de bienveillance.

Accepter que ta copine et son mari ne veuillent plus venir aux fêtes de famille temporairement

Tu sais, celles avec 5 gamins en bas âge qui courent partout, 1 bébé qui gazouille gaiement, et 3 femmes enceintes qui te parlent de Bola et de poussettes. Parce que si certaines d’entre nous parviennent à faire face, pour d’autres, c’est une épreuve vraiment trop difficile. Surtout lorsqu’une FIV vient à peine d’échouer. Et une chroniqueuse de rajouter: « Please, ne pas demander de se justifier… ». Cela ajoute un malaise à une situation déjà compliquée à vivre (parce que tu te doutes que ne pas venir à la prochaine cousinade n’est pas forcément drôle non plus. Ça n’est de la faute de personne, mais cela reste compliqué et douloureux).

Ne pas oublier que tu avais une relation avec la personne avant l’infertilité

Même dans cette période un peu trouble,  ta copine a toujours envie d’avoir de tes nouvelles, de parler de tout et de n’importe quoi. Lorsque tu la vois, vous n’êtes pas non plus obligées de ne parler que de ça. Votre relation continue avec (et malgré) cette situation. En fait, c’est aussi et avant tout une question de trouver le juste milieu: ce qui arrive à ta copine est dur, mais sa vie ne se résume pas à cela non plus.

 

Bref, il n’y a pas de solutions miracles. Mais quelqu’un qui n’essaie pas de minimiser, de rassurer à tout prix, de juger, de donner son avis, eh bien ce quelqu’un là il est inestimable!

 

Et toi, tu aurais d’autres conseils à donner aux lectrices? Tu es passée par un long parcours PMA et tu as pu être bien accompagnée par tes proches? Ton amie/ ta sœur/ ta cousine est en train de passer par là, et tu ne sais pas quoi lui dire? Raconte!

Commentaires

11   Commentaires Laisser un commentaire ?

Manon

Bonjour,

Je viens de lire à la suite les deux articles, car j’ai une amie qui vit dans cette situation depuis plus de 10 ans… J’avoue qu’au début, c’est quelque chose dont on ne parlait pas (j’étais alors très jeune, même pas 20 ans, et du coup c’est le genre de sujet qui ne venait tout bonnement pas dans la conversation). Mais j’ai grandis (vieillis), et j’ai commencé à comprendre mieux mes amis, à partager leur douleur quand ils voulaient en parler, à faire comme si de rien quand ils décidaient qu’ils ne voulaient absolument pas en parler. Bref, j’ai essayé au mieux d’entendre leur histoire et d’y répondre, un peu à mon niveau de débutante.

En revanche, je n’ai jamais été aussi mal à l’aise que le jour où, avec mon mari, on leur a téléphoné pour leur annoncer ma grossesse. Pour nous il était évident qu’il fallait les prévenir avant de l’annoncer publiquement, mais je n’avais aucune idée de leur réaction. Sur le moment, j’avais même peur qu’ils raccrochent et ne nous rappellent jamais. Mais non, rien de tout ça, car après tout ce sont aussi des personnes censées, alors ils se sont réjouis pour nous, ils ont continués à nous voir pendant ma grossesse, puis à la naissance. Quand je les ai vu avec ma fille dans les bras, je n’ai pas pu m’empêcher de penser « bon dieu ils feraient vraiment des parents géniaux », mais je me suis bien gardé de leur dire. Ils ont préférés faire « comme si », comme s’ils étaient juste venus voir de jeunes parents, comme s’ils n’avaient pas des années de déceptions derrière eux, et ils se sont réjouis comme les autres, et je ne les remercierait jamais assez pour ça. Et je tiens à eux pour ça, pour beaucoup d’autres choses aussi, mais parce qu’ils acceptent dans notre bande tous les bambins qui arrivent au fur et à mesure, sans jamais nous fuir.

Merci pour cet article en tout cas, qui fait beaucoup réfléchir, et nous fait prendre conscience de tout un tas de choses.

le 17/04/2019 à 07h46 | Répondre

Urbanie

Merci pour ton témoignage. Je comprends qu’aussi jeunes, vous n’ayez pas su comment réagir face à l’infertilité de vos amis. On a rarement conscience à un si jeune âge de ce genre de choses. Ce qui compte au final, c’est qu’après 10 ans vous arriviez à vous parler. Mais j’imagine que votre position ne doit pas être simple non plus. <3

le 17/04/2019 à 16h01 | Répondre

Stéphanie

Pendant nos 13 ans d’attente, comprenant 8 ans de PMA, mon seul et plus précieux soutient a été mon mari.
Je ne sais pas si c’est parce que les autres s’en moquaient ou n’osaient pas (je pense aussi qu’ils ne se rendaient pas compte de la souffrance vécue) …
Je me suis donc tournée vers une psychologue, pas de jugement, une oreille attentive …
Les annonces de grossesse ou de naissance sont quasi toujours tombées au plus mauvais moment, Donc je suis descendue aux enfers seule et en suis remontée avec l’aide de mon homme, de la thérapie et de la volonté à un moment de vivre malgré tout.
Mais comme on dit : vaut mieux être seule que mal accompagnée !!!

le 17/04/2019 à 08h18 | Répondre

Urbanie

Parfois oui, malheureusement. 🙂

J’ai aussi un accompagnement « professionnel », pour les jours « sans », si cela peut te rassurer. Cela fait beaucoup de bien d’avoir un regard neutre et bienveillant face à ce type de difficultés. Plein de courage à vous pour la suite. <3

le 17/04/2019 à 16h02 | Répondre

Workingmutti (voir son site)

Pour moi ce sont clairement les annonces de grossesse qui sont les plus dures. J’ai envie de le cacher le plus longtemps possible à mes amis en parcours PMA, mais je sais que c’est de la fuite …

Par contre je comprends tout à fait le fait de ne pas vouloir aller aux fêtes avec des enfants partout. Je ne comprends pas les gens qui disent que « ça devrait leur faire plaisir de voir des enfants vu qu’ils n’en ont pas encore …. »

le 17/04/2019 à 09h07 | Répondre

Urbanie

Je comprends que ce soit aussi compliqué à annoncer quand on est « de l’autre côté ». <3

le 17/04/2019 à 14h06 | Répondre

La Comtesse Bleue (voir son site)

Je pense que ces deux articles sont également de très bons conseils pour les couples qui galèrent à avoir des enfants même sans parcours PMA. Merci mille fois donc pour ces deux synthèses. J’ai des proches (très proches) qui ne comprennent ni la notion de tact dans l’annonce des grossesses (« oui, tu as le droit de mal le vivre mais tais-toi et réjouis-toi ») ni ma difficulté à aller au fêtes de famille… En plus d’être à l’écoute, ce que j’adorerais venant d’eux c’est une conversation où ils seraient capables de reconnaître que oui, ils sont peut-être maladroits mais qu’ils ne savent juste pas quoi dire/faire. Au lieu de ça, j’ai juste l’impression qu’ils pensent que c’est à nous de faire des efforts pour ne pas ternir leur joie (en plus de totalement minimiser un truc qu’ils n’ont jamais expérimenté)… bref ce week end j’ai une fête de famille…

le 17/04/2019 à 10h04 | Répondre

Urbanie

Ahlala, je suis bien d’accord avec toi (et la fin de ton commentaire m’a fait rire). Mais j’ai l’impression que c’est toujours quand on « sort des clous » qu’on doit faire gaffe aux autres. Alors que les difficultés à concevoir ne sont pourtant pas si rares que ça (1 couple sur 6 me semble t-il?).
Plein de courage pour ta fête de famille. <3

le 17/04/2019 à 14h08 | Répondre

Madame Pinpon

Oui, je crois que c’est 1 sur 6. Du moins, selon mon gynécologue, 1 couple sur 6 ne parvient pas à démarrer une grossesse au bout d’un an d’essai, et parmi eux 1 sur 2 n’y arrive pas au bout de 2 ans et aurait la possibilité de passer par la PMA.
Comtesse bleue, bon courage pour la fête de famille, c’est dommage d’avoir à mettre une carapace et un masque sourire pour cacher son ressenti… J’ai de la chance qu’avec ma famille je n’ai pas ce souci, ils sont adorables, ont du tact et ne fuient pas la conversation. C’est plus au niveau de certains amis que ça pêche un peu, mais c’est aussi plus facile de refuser les soirées ! 😉

le 18/04/2019 à 11h12 | Répondre

Madame Pinpon

Ah l’annonce devant une 40aine de personnes… Et deux regards de pitié tournés vers toi 10 secondes après en disant « on voulait t’en parler avant mais on n’osait pas » et ces « ça va tu le prends bien ? » répétés alors que j’essayais justement de penser à autre chose pour ne pas craquer.
Ce jour là, 40 personnes m’ont vue pleurer et connaissent maintenant nos projets.

le 17/04/2019 à 11h04 | Répondre

Urbanie

Je suis désolée de lire ça. 🙁 Les gens préfèrent parfois la fuite à la confrontation, mais ça crée plus de dégâts encore. Plein de courage à toi. <3

le 17/04/2019 à 14h10 | Répondre

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