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Allaitement : mon parcours du combattant


Publié le 23 août 2019 par Bibichu

Tu ne trouveras pas d’argumentation autour des bienfaits ou non de l’allaitement, mais uniquement mon témoignage sur mon expérience personnelle qui a été au départ assez difficile et stressante, mais avec une fin heureuse. Je précise aussi qu’à cette époque je suis à Montréal, au Québec, et que le suivi entourant l’allaitement est très différent ce celui en France.

La tétée de bienvenue

Comme je l’ai attendue et espérée cette tétée de bienvenue! Retour sur la naissance du Lulu. Je viens d’en c**** depuis plusieurs heures. Mais le voilà, enfin, sorti de mon ventre. On me le pose quelques secondes, je lui dit bonjour, je me rends compte qu’il fait la « baboune » (la grimace, le boudin), mais bébé Lulu a l’air d’aller bien. Je ne l’ai pas gardé longtemps car visiblement il fait des bruits bizarres et pleure assez peu. Hop, direction la table d’auscultation pédiatrique avec Papa Hamster et le pédiatre pendant qu’on me recoud.

Une fois les aspirations terminées, les machines et le personnel de l’accouchement partis, une infirmière vient nous aider à faire la première tétée. Et là, ça se corse. Deux problèmes apparaissent: je n’ai littéralement pas de tétons (ils ne sortent pas du tout en plus d’être minuscules); le Lulu refuse d’ouvrir la bouche. C’est mal parti…

On demande à Papa Hamster d’aller chercher des téterelles (ou bout de sein) en silicone, pour aider à faire sortir le téton. Ça fonctionne plutôt bien. Cependant le Lulu refuse toujours d’ouvrir la bouche. De plus, il fait énormément de rots.

Le Lulu a à peine quelques heures lorsqu’on lui fait un lavement d’estomac. Le personnel médical est très septique quand la présence d’air en grande quantité dans son estomac. Moi je suis mortifiée à le voir subir cet examen. Mais bon. Après cela, il commence un peu à montrer de l’intérêt pour le sein. Me voilà parti pour un allaitement avec bout de sein.

Deux semaines difficiles mais qui fonctionnent

36 heures après la naissance du Lulu, nous voici de retour à la maison. Mes beaux-parents sont là, je n’ai rien à faire à part manger, boire, dormir et nourrir le petit (le gros luxe!). Ma montée de lait arrive dès le 2e jour.

Cependant, je ne suis pas épargnée en conseil en tout genre (« ne le berce pas, son lit ne le berce pas », « pas plus de 10 minutes sur chaque sein », « met le dans son lit, arrête de le porter », « mange! », etc.). Ça part d’un bon sentiment, mais ça fatigue. Heureusement, ils ne restent pas longtemps. Mon père vient à son tour nous rendre visite, et là par contre, ça ne sera pas la même chose. Aucune aide, aucun soutien, et pendant une semaine, sans m’en rendre compte, mon allaitement va capoter…

Crédit Photo: Dominique Bergeron

L’hospitalisation

Le Lulu a deux semaines lorsque l’on se rend à la Halte d’Allaitement de mon quartier pour la 4e fois déjà. Les infirmières me connaissent, elles me savent fatiguée. Papa Hamster est avec moi aujourd’hui. On s’inquiète un peu car les selles du Lulu sont devenues très foncées, voir noires. Il ne pleurent pas plus que d’habitude cependant.

C’est la balance qui va parler. En une semaine, -200g. L’infirmière nous ordonne de rentrer, faire une sieste et de partir pour l’Hôpital pour enfants de Montréal. Elle nous rédige une fiche de suivie. Nous nous exécutons.

Nous sommes admis au service pédiatrique de l’hôpital. Nous allons y passer le week-end… Je passerais sur le nombre de fois que le personnel à tenter de poser une perfusion sur le bras de mon tout petit bébé… Les examens sont sans appels: le Lulu est déshydraté, et ses résultats d’hormones de croissance et de thyroïde ne sont pas bons. Bref, je le sous-nourri. LE CHOC.

On me dit que ce n’est pas ma faute, allaiter un enfant est une des choses les plus difficile au monde. Mais là, il faut nourrir le petit, « et vous madame, on va vous aider ». Le Lulu reçoit donc ses premiers biberon de lait artificiel, et moi je commence à tirer mon lait pour relancer la machine, en plus de le mettre au sein régulièrement, avec un objectif en tête, revenir vers l’allaitement maternel exclusif.

Le programme de retour à l’allaitement exclusif

J’ai été très bien coaché. Une fois sorti de l’hôpital, j’ai eu un rendez-vous à la clinique d’allaitement. Nous allions vérifier la position, la prise en bouche du Lulu, le transfert de lait.

J’avais désormais une nouvelle routine d’allaitement:

  • 1: mettre au sein, faire des compressions pour bien entendre le transfert de lait.
  • 2: donner un biberon de lait artificiel en complément.
  • 3: tirer mon lait pendant 20 minutes.
  • 4: recommencer.

En même temps, je prends des compléments de Fenugrec et de chardon béni. Je bois 2 litres d’eau par jour. Je mange équilibrée.

Et surtout, je propose le sein sans téterelle en cours de tétée. Parfois ça fonctionne, parfois non. « Madame, c’est un entrainement pour vous deux, vous allez travailler en équipe. Certains jours, vous gagnerez, d’autres non, mais à la fin, vous progresserez, tous les deux ».

Un encadrement bienveillant pour réussir!

Ce programme de relance de ma lactation a duré un mois et demi. Au bout de ce mois et demi, le Lulu a finit par prendre le sein sans téterelle. Et le biberon de lait artificiel a été entièrement remplacé par mon lait tiré. J’avais désormais de bonne réserves, et je produisais assez pour mon bébé.

À la veille du départ pour notre road trip, mon allaitement était enfin bien en place, nous avons pu partir l’esprit tranquille.

Tout cela n’aurait pas été possible sans le soutien du corps médical qui nous accompagnait, sans les multiples rencontres avec d’autres mamans allaitantes, et sans le soutien de Papa Hamster. D’ailleurs, le seul conseil que je peux te donner si tu allaites, ou si tu souhaites allaiter: entoure toi de personnes bienveillantes!

Le Lulu va avoir un an dans quelques jours lorsque j’écris ces lignes. Et je l’allaite encore aujourd’hui!


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Commentaires

7   Commentaires Laisser un commentaire ?

Doupiou

Ton expérience me rend toute chose.
Je suis vraiment heureuse pour toi que ton allaitement se soit mis en place correctement mais je n’ose pas imaginer le stresse que tu as du ressentir pendant l’hospitalisation.
PetitePerle a aussi été hospitalisée 3 jours à cause d’une importante chute de poids, elle a eu droit aux perfusions et poches stériles et j’étais en allaitement mixte à ce moment-là.
Tu as eu beaucoup de courage !

le 23/08/2019 à 10h00 | Répondre

La Renarde (voir son site)

Bravo de t’être accrochée et d’avoir réussi à allaiter.
Pour ma part j’ai aussi galéré dans les premières semaines avec mon aînée (elle se fatiguait vite, j’ai accepté rapidement de la complémenter à la maternité et après ça a été compliqué de revenir là-dessus, elle a aussi mis du temps à téter sans bouts de sein…). Au final grâce aux bons conseils d’une conseillère en allaitement, de ma sage-femme ainsi qu’au soutien de mon conjoint, notre aventure lactée a finalement duré 21 mois !
Je vais bientôt accoucher du petit 2e, j’espère que l’allaitement se mettra en place plus facilement cette fois 😉

le 23/08/2019 à 14h01 | Répondre

SarahCoteOuest

J’ai trouvé l’allaitement vraiment beaucoup plus facile pour le 2éme! Une sage-femme m’a dit que pour les suivants, les mamelons sont déjà « tirés », donc c’est plus facile pour le bébé. Mon 1et avait du mal à téter, j’ai du l’allaiter avec des bouts de sein pendant 1 mois. Avec le 2ème, il a tout de suite su téter comme un chef!

le 25/08/2019 à 15h21 | Répondre

La Renarde (voir son site)

Je croise les doigts ^^

le 27/08/2019 à 11h37 | Répondre

Maman Ours

Bravo d’y avoir réussi malgré ces difficultés ! J’ai l’impression que tu as été bien soutenue et conseillée, c’est génial. D’ailleurs, qu’est-ce que c’est, la Halte d’Allaitement dont tu parles ? Et la clinique d’allaitement ??

le 27/08/2019 à 14h04 | Répondre

Bibichu

Bonjour,
La Halte d’allaitement est une permanence qui a lieu une fois par semaine dans différents quartier de Montréal, où l’on peut peser notre bébé, et poser nos questions aux infirmières présentes.
La clinique d’allaitement est un équivalent de la PMI, mais spécialisé dans l’allaitement. C’est eux qui font le suivi médical.

le 29/08/2019 à 14h13 | Répondre

Maman Ours

Merci ! Je ne connaissais pas. C’est chouette que de telles structures existent !

le 05/09/2019 à 16h13 | Répondre

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