Vivre en famille : le bonheur, le bazar... et tout le reste !

Allaiter un bébé allergique : vivre avec une éviction alimentaire


Publié le 26 février 2015 par Philyra

Comme je te le présentais dans ma première chronique, j’ai choisi d’allaiter ma fille allergique aux protéines de lait de vache (PLV). Cette allergie est la plus courante chez les nourrissons. Pour cela, il m’a fallu suivre un régime strict, sans la moindre PLV. Au moindre écart, à la moindre erreur, c’était parti pour trois jours d’enfer ! Alors, il a fallu apprendre à être prudente.

Enlever les PLV, facile !

C’est un peu la première réaction que j’ai eu.

Je ne vais pas te dire comment j’ai enlevé/remplacé la crème ou le beurre… pour la simple et bonne raison que ce sont des produits que je ne consommais pas à la base. Eh oui ! Les produits laitiers ne sont pas du tout mes amis pour la vie. La crème ? Merci, mais non. J’ai toujours détesté ça. En voir peut carrément me couper l’appétit (non, je ne suis pas une fille excessive !). Le beurre ? Je suis du sud. Ici, on cuisine à l’huile d’olive.

Pour les pâtisseries ou les gâteaux ? Bah… je trouverais un produit de substitution ou je m’en passerais… En effet, je suis « salée », et pas du tout « sucrée ». C’est déjà un point qui facilite ce genre de régime.

Ensuite, tu te rends compte que ce n’est pas si évident, car les industriels ont décidé de te compliquer les choses…

allaitement pour un enfant allergique aux PLV

Crédits photo (creative commons) : Aurimas Mikalauskas

… ou pas !

Pour de nombreuses raisons que j’ignore (mais qui sont certainement économiques), les industriels prennent un malin plaisir à ajouter des ingrédients inutiles partout (et je ne parle pas que des PLV !).

Par exemple, peux-tu m’expliquer pourquoi il y a de la crème dans des mousses au chocolat ? Personnellement, je mets 1 œuf et 100g de chocolat par personne quand j’en fais. Mais pas de crème. Idem pour la fameuse pâte à tartiner à la noisette : en plus de l’huile de palme, il y a du lait dedans ! Bon, pour résumer, côté sucré, tu peux quasiment tout mettre de côté.

Et c’est un peu pareil pour les plats salés. Sans dire que je suis adepte de plats déjà préparés, il m’arrivait d’en consommer. Conserves, plats surgelés… bon, ce n’est pas plus mal pour la santé de mettre tout ça de côté, c’est vrai. Mais ça dépannait.

Les allergies croisées

Il y a un truc « génial » dans les allergies : ce sont les allergies croisées. En gros, quand tu es allergique au protéines de lait de vache, tu as de forts risques d’être aussi allergique aux laits de chèvre, de brebis, ainsi qu’au soja. Super, non ? Autre exemple : si tu es allergique à la banane, tu as des risques de réagir aussi au kiwi, à l’avocat… et au latex. Logique…

Même si je savais que cela présentait des risques, j’ai décidé de tester le gruyère de chèvre et le parmesan de brebis (le Pecorino), et j’ai croisé fort les doigts. Je les ai croisés aussi bien pour ma fille (en espérant qu’elle ne soit pas aussi allergique à ces aliment) que pour moi. Parce voilà, je suis d’origine italienne et la pasta, c’est sacré ! Me priver de camembert, ce n’est pas facile. Mais ne pas mettre de parmesan sur les pâtes, je crois que c’est pire. Heureusement, ma fille n’a pas eu la moindre réaction.

La vie sociale avec une allergie

Bien sûr, ce n’est pas moi qui suis allergique. Mais, dans ses circonstances, je dois me comporter comme si c’était moi qui étais allergique. Bien sûr, mes proches sont au courant de l’histoire, mais je me vois mal expliquer à un restaurateur que « non, ce n’est pas moi qui suit allergique, c’est ma fille. Mais comme je l’allaite… ». Non, ce n’est juste pas possible. Je fais donc au plus simple : « Je suis allergique au lait de vache. Est-ce qu’il y en a dans votre raclette ? ». Bon, sans rire, j’ai toujours trouvé de quoi manger dans un restaurant. Je dirais que le plus dur a été chez certains proches…

Au niveau des amis et de la famille, il y a ceux qui comprennent tout de suite (et qui ne se trompent jamais !), ceux qui font des erreurs (mais j’en ai fait aussi, c’est normal)… Et puis il y a les autres : ceux qui s’en fichent, qui se disent que l’allergie de ma fille est dans ma tête (ou qui se disent autre chose, je ne sais pas bien). Sauf que ce n’est pas eux qui vont avoir un bébé malade pendant trois jours après que j’ai mangé leur verrine « Au fait, je crois que j’ai mis un peu de crème dedans ! ». Heureusement, au fur et à mesure que ma fille a grandi, ils ont vu que ce n’était pas qu’un délire de mère poule, mais que c’était bien réel.

Sinon, il faut favoriser les soirées chez soi. Au moins, on sait ce qu’on mange (mais ça finit par faire cher !)

Finalement…

Je dirais que je n’ai pas mal vécu cette éviction alimentaire.

Le plus dur a été de voir ma fille souffrir à chaque erreur (il y en a eu bien sûr. J’ai mis un peu de temps à comprendre qu’il y avait du lait dans le Nutella par exemple). De me dire que, si ça se peut, elle allait devoir suivre cette éviction toute sa vie.

Moi, ce n’était que pour le temps de l’allaitement. Et, si jamais cela se révélait impossible à vivre, je pouvais aussi la passer au biberon. J’ai choisi l’éviction.

Certaines trouveront mon choix fou/contraignant/courageux, je ne sais pas. Dans tous les cas, je ne demande pas de médaille pour ce que j’ai fait (en tant que mère, on a toutes droit à la même médaille !). Ce n’était ni plus ou moins bien qu’un autre choix. Je souhaite juste partager mon expérience et dire qu’un allaitement est possible dans ces conditions.

Aujourd’hui, ma fille a 4 ans et demi, et elle n’est plus allaitée (elle a été allaitée un certain temps – ou un temps certain, selon – mais cela fera l’objet d’une autre chronique). 85% des enfants allergiques aux PLV sont guéris avant leurs 3 ans, selon notre allergologue. Ici, c’est loupé. Elle est toujours allergique. Mais ça peut encore disparaître…

Et toi, tu as allaité un enfant allergique (aux PLV ou à autre chose) ? Tu as mis du temps à comprendre que cet ingrédient était souvent caché ? Tes proches étaient compréhensifs ? Tu as tenu le coup jusqu’au sevrage, ou tu as décidé de passer au biberon ? Raconte !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

Inscris ton email ci-dessous et reçois idées, conseils et témoignages directement dans ta boîte de réception !

Super ! Va vite confirmer ton inscription dans l'email que je viens de t'envoyer !

Commentaires

7   Commentaires Laisser un commentaire ?

Margot

Mais en l’allaitant longtemps tu as contribué, d’une certaine manière, à la protéger d’autres allergies… ici on en avait 38… à moi toute seule (une partie est partie entre temps) ! Plus les évictions d’aliments qui libèrent des histamines de façon naturelle, que l’allergo m’avait demandé de suivre (ça en rajoute une quarantaine) (finalement j’ai laissé tomber et ça se passe très très bien, il ne faut pas toujours écouter son allergo). Alors je comprends le parcours du combattant.
Et MERCI de dire que c’est possible de vivre avec, avec le sourire et une certaine dose d’ingéniosité! parce que c’est possible. Qu’il faut s’adapter. Et que ça va! 🙂

le 26/02/2015 à 11h56 | Répondre

Philyra

C’est vrai que ma fille aurait peut-être développé d’autres allergies sans ça. Ou pas, c’est impossible à dire !
Par contre, heureusement que je n’en avait pas autant que toi car ça doit être très contraignant, surtout au niveau social.

le 27/02/2015 à 16h54 | Répondre

Louna

Moi je te trouve courageuse, et même si, comme tu dis, toutes les mamans méritent une médaille, la tienne devrait comporter une mention supplémentaire ! 😉

En ce qui me concerne, j’avais déjà trouvé ça extrêmement contraignant mon régime diabète pendant les derniers mois de ma grossesse, et même si je le suivais avec beaucoup d’attention pour le bien-être et la santé de mon bébé, c’était également anxiogène.
Du coup, je ne sais pas si après ça j’aurais eu le courage de surmonter des difficultés alimentaires au moment de l’allaitement….

C’est un beau témoignage, merci !

le 27/02/2015 à 10h47 | Répondre

Philyra

Le régime diabète n’est déjà pas facile (mention spéciale aussi sur la médaille 😉 ). Heureusement, je ne l’ai pas eu (en échange, j’ai été alitée le 8 ème mois car en menace d’accouchement prématuré)
Sinon, comme je mettais dans la conclusion, ce qui faisait tenir en cas de coups de mou (car il y en a), c’est de se dire que l’on éviction ne va durer que quelques moi alors que, peut-être, que celle que devra faire ma fille durera plus longtemps…

le 27/02/2015 à 16h58 | Répondre

Solange

Mon fils est Aplv aussi et je l’allaite donc éviction totale. Le truc de dingue c’est de voir des protéines de lait dans du saucisson, du vinaigre ou du jambon. Le décryptage des étiquettes est devenu un rituel. Mes courses n’ont jamais été si longue mais voir son enfant serein sans souffrance, ça n’a pas de prix!
Bon par contre, il est aussi allergique aux œufs alors c’est deux fois plus difficile. J’appréhende la diversification. Par exemple, j’ai trouvé des boudoirs sans lait mais avec des oeufs et vice-versa. Bref, un casse-tête supplémentaire!
L’entourage ne comprend pas toujours surtout pourquoi je continue d’allaiter alors que je pourrais donner un lait aux acides aminés (oui il est sensible aussi aux hydrolysants).
Au milieu de tout ça, j’appréhende toutes les futurs étapes sensibles: la garde par la nounou, l’ecole, les anniversaires… Comment vis tu tout ça?

le 15/03/2015 à 22h13 | Répondre

Philyra

En ce qui concerne le jambon et certaines charcuteries, j’avais vu que c’est le lactose qui est présent, mais pas les plv. En tout cas, ma fille n’a jamais réagit à ces produits ! Mais dans tous les cas, tu as raison, les voir sans souffrance vaut bien la lecture de toutes les compositions du monde !
S’il est aussi allergique à l’oeuf, c’est vrai que ça va compliqué encore. En tout cas, les allergies aussi bien aux plv qu’à l’oeuf ont de bonnes chances de disparaître (statistiquement), contrairement à une allergie aux arachides qui, en général, reste :(. Pour la diversification, il faudra que tu sois doublement prudente pour les aliments à risque (poisson, fruits rouges/exotiques), chocolat…)
Pour les étapes sensibles comme l’école ou les anniversaires, tout ce passe bien pour l’instant. J’ai la chance d’être tombé sur des personnes très réceptives et ma fille a toujours des gâteaux au chocolat dans son sac au cas où il y ait un anniv’ à l’école. J’ai une chronique prévue sur ce thème justement (il faut juste que je l’écrive 😉 )

le 16/03/2015 à 20h20 | Répondre

nat

pour commencer jaimerais vous remercier pour ces temoiniage c exactement ce que je vie sourtout le jugment de lentourage moi je veux continuer dallaite mon petit loup en plus detre allergique au plv il y a le soya malgre que je redouble de vigilance je vien de me rendre compte que dans ma pillule micronor il y a du lactos….grrrr la semaine dernier jai essayer un nouveau pain qui peu contenir des trace deux jour plus tard les maux de vente le sang et les selle gluante recommencais tres decevant puisque c selle commencais a etre de normal et les maux de ventre presque disparu.mais voila quapres 5jours ce nai pas redevenu a la normal mais quesce que je peux bien faire de pas correct……et oui pour me rendre conte quil y a du lactos dans cette petite pillule que je prend tout les matin le pharmacien dit que c minim maispris pendand plusieur semaine ca laisse des trace jespere que cela aidera dautre femme car moi je trouve qua par les blogue les medecin ne son pas tres bavar a propos de cette allergie appar que de dire que ca va surment partir avant c 1an bonne chance a toute et au plaisir de vous lire

le 06/02/2017 à 14h36 | Répondre

SI TU SOUHAITES RÉAGIR C'EST PAR ICI !

As-tu lu notre Charte des commentaires avant de publier le tien ?