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Allaiter une fois, puis une deuxième fois


Publié le 8 décembre 2017 par Madame Vélo

Je t’ai déjà beaucoup parlé de mon premier allaitement : ici et. Avec ses débuts compliqués, mes interrogations et mon organisation pratico-pratique.

Lorsque j’étais enceinte de Crapouillou je savais que je voulais allaiter. Au moins essayer. Mais en espérant très fort y arriver. Je m’étais dit qu’il faudrait que j’allaite au moins trois mois. Trois mois ont passé et je me suis fixée l’objectif de six mois. En plus en allaitant six mois je rentrais pile poil dans les recommandations de l’OMS. Six mois ont passé, l’allaitement fonctionnait comme sur des roulettes et je n’avais pas envie d’arrêter. Alors j’ai envisagé d’allaiter Crapouillou jusqu’à ce qu’il achève sa première année de vie.

Crédit photo : Sabrina Avrillon. Séance photo allaitement avec P’tit Matelot

Vers ses 7-8 mois, une fois la diversification bien entamée, Crapouillou a commencé à montrer un léger désintérêt pour mon lait. J’ai insisté, pleuré, persévéré car je ne voulais vraiment pas arrêter. La clé de la réussite a été de m’isoler dans une autre pièce pour les tétées : il était décidément trop curieux, et la présence d’une autre personne, même son père, l’empêchait de se concentrer sur la tétée. Heureusement, il n’y avait plus que deux tétées par jour : une le matin et une le soir.

Les deux derniers mois j’ai ressenti des émotions paradoxales. A la fois j’étais contente et fière d’allaiter encore mon bébé, et je tenais à continuer. C’était important pour moi de lui donner le meilleur lait qui soit pour lui, surtout quand j’ai regardé la composition des laits artificiels. Et puis financièrement, c’était loin d’être négligeable. Mais à la fois j’en avais marre d’être «enchaînée » à mon bébé. Je pouvais m’éloigner de lui la journée puisqu’il ne tétait plus. Mais si je devais m’absenter et louper une tétée du matin ou du soir il fallait prévoir de tirer mon lait à l’avance, et tirer mon lait au bon moment pour soulager mes seins et éviter le tarissement.

Le jour de son premier anniversaire, j’ai commencé à élaborer un plan de sevrage étalé sur trois semaines pour que tout se passe en douceur, pour lui comme pour moi. Une semaine après, je commençais le début du sevrage. Et bien il faut croire qu’il était prêt autant que moi à arrêter l’allaitement maternel, puisqu’en trois jours c’était plié !

A partir de six mois d’allaitement j’avais décidé de donner mon lait au lactarium. A cause de ma phobie des aiguilles et du sang je ne donne pas mon sang. Alors je me suis dit que je pouvais au moins donner mon lait. Je tirais une fois par jour pour le lactarium, le soir avant de me coucher. Malgré les contraintes associées (stériliser le matériel, prendre 30 minutes le soir, congeler, s’organiser pendant les déplacements, les vacances, etc.) j’y ai aussi trouvé mon compte, puisque de rajouter une tétée par jour a certainement aidé à conserver ma lactation.

Allaiter P’tit Matelot : une évidence

La question de l’allaitement ne s’est même pas posée lorsque je suis tombée enceinte de P’tit Matelot. Il était évident, pour moi comme pour mon entourage, que je l’allaiterais. Et cette fois, je connaissais mes points faibles !

Je savais donc que mes tétons sont hyper sensibles et de ce fait sujets aux crevasses. J’avais quand même une chance pour que ça se passe mieux que la première fois du fait qu’ils avaient été désensibilisés avec le premier allaitement, et que celui-ci n’était terminé que depuis 8 mois au moment de la naissance.

Mais cette fois, j’avais prévu ce qu’il fallait dans ma valise maternité : de la lanoline, une autre crème à la cire d’abeille, du cellophane, des bouts de sein en silicone.

Crédit photo : photo personnelle

Je savais que mes mamelons ont tendance à être un peu « enfoncés » et qu’ils ne sont pas faciles à attraper pour un tout petit bébé. J’avais donc prévu les bouts de sein en silicone. Je savais aussi qu’il ne faut pas les utiliser à chaque fois, et qu’il faut les enlever au bout de quelques minutes de tétée pour que le bébé ne s’y habitue pas et apprenne à prendre le sein sans le bout de sein.

Cette fois je connaissais les différentes positions pour allaiter, celles qui me plaisaient, celles que je voulais essayer. Je savais mettre mon bébé au sein seule, sans devoir attendre l’aide d’une puéricultrice ou d’une sage-femme.

Cette fois  je savais ce que sont les nuits avec un nourrisson et j’y étais préparée. Je savais la fatigue liée aux nuits hachées, je savais reconnaître les signes de la faim, je savais qu’un bébé ne pleure pas « pour rien ». Nous avons investi dans un lit de cododo : une véritable révélation ! Moi qui n’avais jamais réussi à allaiter Crapouillou allongée, qui me levais au son de ses hurlements et allais m’installer dans un fauteuil, attendais avec douleur et impatience qu’il ait terminé de téter pour le reposer dans son lit, me recouchais fatiguée et parfois énervée et qui mettais souvent jusqu’à une heure pour me rendormir. Cette fois-ci je me réveillais avant que P’tit Matelot ne pleure, au seul son de ses bruits de bouche, je le tirais vers moi, le mettais au sein, m’endormais pendant la tétée, me réveillais quand il avait fini, le remettait dans son berceau sans me lever de mon lit, et me rendormais aussi sec.  Une révélation je te dis !

Cette fois je savais détecter un engorgement dès le début et savais réagir vite pour éviter qu’il ne se transforme en mastite. Ce qui fonctionne bien chez moi : mettre bébé au sein le plus souvent possible, même s’il n’a apparemment pas faim (garder en tête la phrase de ma sage-femme : l’allaitement ça se mène à deux et ça va dans les deux sens), faire sortir le trop-plein de lait grâce à un verre d’eau chaude et une expression manuelle (massage). Je savais aussi que l’engorgement et les douleurs associées ne durent généralement pas plus de 48h s’il est bien traité, et je n’avais alors plus qu’à prendre mon mal en patience au lieu de paniquer.

Et puis surtout, cette fois, je ne me suis pas embarrassée avec des « recommandations »  du style :

  • « le bébé doit téter toutes les trois heures » ;
  • « Il faut le faire téter toutes les deux heures sur les deux seins les trois premiers jours pour stimuler la montée de lait » ;
  • « une tétée doit durer entre 10 min minimum et 45 min maximum » ; etc.

Je ne me suis pas embêtée à noter dans un petit carnet les heures des tétées et leurs durées. P’tit Matelot est un téteur efficace : en dix minutes c’est plié, parfois sept, parfois douze, mais jamais plus ! Par contre il tétait plus souvent, toutes les 2h, 2h30 ou 3h. D’ailleurs, ce n’était jamais hyper réglé, il pouvait parfois s’écouler 2h entre deux tétées et quelques heures plus tard me faire patienter 3h30 ou 4h. Et tu sais quoi ? Je m’en fichais ! J’avais complètement lâché du lest là-dessus.

Enfin, j’ai eu beaucoup moins de remarques et de questions culpabilisantes ou intrusives du genre :

  • Quoi, tu le remets DEJA au sein ?
  • Ah bah dis donc, il pleure à peine que tu lui donne déjà à manger !
  • Tu comptes l’allaiter longtemps ?

J’en passe et des meilleurs… Je suis aussi beaucoup plus armée face à cela et ces remarques ne m’atteignent plus.

J’espère allaiter P’tit Matelot pendant un an, comme pour son frère. Et même si je sais que j’aurais un pincement au cœur au moment d’arrêter, je serais aussi contente de retrouver mon corps, après près de 3 ans et demi de grossesse – allaitement – grossesse – allaitement. Il va d’ailleurs falloir que je l’anticipe aussi, si je ne veux pas me faire surprendre par une paire de seins ridiculement petits et une prise de poids explosive. Tout ça sera sûrement compensé par une moindre fatigue et une influence hormonale plus « classique ». Affaire à suivre !

 

Pour toi aussi ça a été plus facile la deuxième fois ? Ou au contraire, ta première expérience ne t’as pas aidée pour la suite ? Quelles sont les astuces que tu as trouvé pour faciliter ton allaitement ? Ou au contraire, les freins que tu n’as pas pu lever ? Racontes !


Tu en as marre de courir les magasins pour les fringues des enfants ? Et ce tous les mois, vu à la vitesse à laquelle ils grandissent ? Et je ne parle pas du petit qui hurle (que ce soit le tien ou celui d’une autre, grrr) parce qu’il ne veut pas essayer ce pull-là… Et si tu recevais directement chez toi de jolis looks (du 1 mois au 14 ans !) à essayer TRAN-QUILLE-MENT. Ça va ? Tu gardes et tu payes. Ça ne va pas ? Tu renvoies gratuitement. Bref, viens vite tester Little Cigogne !

Commentaires

15   Commentaires Laisser un commentaire ?

Maëlys

Haha les réflexions des gens…. Quoi, tu lui donnes ENCORE a manger? Mais elle a vu y’a 15 minutes!!
Bin oui, mais là, elle demande…
Quoi, tu lui changes ENCORE la couche? Mais tu la changé y’a 30 minutes!!
Bin oui, mais visiblement elle a refait caca….

le 08/12/2017 à 08h46 | Répondre

Madame Vélo

Hi hi j’avoue j’ai jamais pensé à répondre en faisant le parallèle avec la couche pleine ! Je le garde en tête pour une éventuelle prochaine fois 🙂

le 05/01/2018 à 14h16 | Répondre

Claire (voir son site)

Allaiter allongé m’a sauvé la vie ! Nous avons investi dans un lit cododo quand ma fille a eu 3 semaines et je n’ai jamais regretté cet achat (contrairement à d’autres).
Pour le 2ème, je pense effectivement qu’on est plus armé, on va d’avantage à l’essentiel. Je te souhaite d’allaiter aussi longtemps que tu le souhaites 🙂

le 08/12/2017 à 14h29 | Répondre

Madame Vélo

Tu auras bientôt l’occasion de voir comment ça se passe avec un deuxième 😉 Tu allaites toujours ta grande ?
Quant à moi ben… c’est fini ici… il a décidé de faire la grève de la tétée pendant les vacances de Noël et j’ai bien peur que ça ne signe la fin de l’allaitement 🙁

le 05/01/2018 à 14h17 | Répondre

Claire (voir son site)

J’ai eu des petites douleurs pendant le premier trimestre mais ça allais. Mais là, ça me fait vraiment mal, je pense que je n’ai plus de lait, alors j’accepte seulement une tétée par jour. Pour le moment ça va. Donc j’ai induis le sevrage. J’aimerais que la décision finale lui revienne. On verra comment ça se passe par la suite 🙂

le 05/01/2018 à 18h18 | Répondre

Miss Chat

Aaaaaaah mais tellement ! Toutes ces recommandations d’horaires/tétées/méthodes à respecter avec lesquelles on te bourre le crâne quand tu commences l’allaitement… Comme toi, cela m’avait un peu traumatisée pour Croquette, j’avais douté et m’étais mise une pression abominable (« ça ne fait pas 2 heures/elle n’a bu que 20 minutes au-lieu de 40/elle n’a fait qu’un seul sein : qu’est-ce que je dois faire ??? »).
Comme toi, pour le deuxième, j’ai complètement lâché prise sur le sujet et me suis laissée porter par l’instinct et l’observation 😉 Ca a payé, j’ai eu l’allaitement le plus serein du monde.

le 08/12/2017 à 14h46 | Répondre

Madame Vélo

D’un côté on a besoin de tout ce cadre la 1ère fois, car c’est tout nouveau et on manque de confiance en soi. Mais c’est tellement plus simple quand on le fait à l’instinct !

le 05/01/2018 à 14h19 | Répondre

Sandrine

Le lâché-prise que tu décris entre ton premier et ton deuxième allaitement je l’ai eu au 1 mois de mon fils (BB1) après un gros coup de pieds au cul de mon mari! Comme vous, je stressais au moindre truc qui ne rentrait pas pile poil dans les cases alors que tout ce passait bien! Mon mari m’a fait prendre conscience que j’étais capable de voir si ça n’allait vraiment et m’a insisté à avoir confiance en notre fils et tout s’est très bien passé ^^ Mon allaitement s’est terminé le lendemain du premier anniversaire de mon bonhomme, sevrage souhaité de son côté pas vraiment du mien et en 3j c’etait plié! Je suis heureuse d’avoir vécu cette aventure pour mon premier de façon aussi sereine une fois les difficultés du premier mois passé et souhaite à toutes les mamans d’avoir un allaitement aussi chouette 😀 si BB2 il y a la question ne se posera même pas, on repartira dans cette grande et belle aventure qu’est l’allaitement!

le 08/12/2017 à 17h48 | Répondre

Madame Vélo

Bravo à ton mari d’avoir su t’accompagner dans ton allaitement ! Quand les hommes pensent qu’ils sont mis de côté quand la maman allaite c’est faux, et la preuve avec ton histoire 🙂

le 05/01/2018 à 14h20 | Répondre

Maud R.

Mon 1er allaitement n’a pas été simple à mettre en place même si, comparé à d’autres, je n’ai pas eu à me plaindre de grosses douleurs. Enceinte de mon 2e bébé j’ai hâte de pouvoir recommencer l’allaitement! 🙂 (stoppé contrainte et forcée à 6 mois pour cause de reprise du travail).
Je pense aussi moins me prendre la tête même si j’ai eu beaucoup de conseils sur la fréquence des tétées, la durée et surtout de faire les 2 seins à chaque fois. Moi aussi je vais me faire prêter un lit de cododo et ai bien l’intention que les tétées de nuit se fassent allongée. Je l’ai très peu fait pour ma 1ere mais heureusement elle a dormi des nuits entières à 2 mois. Mais je m’interroge : à celles qui font ça, est ce que vous faites les 2 seins à chaque tétée de nuit ou vous faites à l’instinct?

le 08/12/2017 à 18h24 | Répondre

elodie

Bonjour Maud,
Ici bébé a 4 mois, je n’allaite qu’en position allongée la nuit depuis la naissance. Au début il prenait les 2 seins (durant quelques semaines je dirai) et depuis, il ne tète qu’une seule fois la nuit, un seul sein, et il se rendort au sein, je le recouche jusqu’au matin 😉

le 09/12/2017 à 00h52 | Répondre

Madame Vélo

Je n’ai toujours allaité qu’un seul sein (sauf éventuellement à la maternité le temps de la montée de lait). Et du coup pour la nuit je ne donnais q’un seul sein à chaque fois, il se rendormait direct de toute façon. Je te souhaite un bel allaitement avec bébé 2 🙂

le 05/01/2018 à 14h23 | Répondre

Melinda

Félicitations pour tes deux beaux allaitements 🙂
J’aurais bien aimé pouvoir allaiter couchée en me réveillant le moins possible comme tu le décris avec petit matelot, mais j’avais toujours besoin de garder la mienne contre moi en position verticale après la tétée (rot, éviter les régurgitations et aussi pour qu’elle ne se réveille pas des que je la pose…). Ça me semblait impossible ! Je réessayerais la prochaine fois 🙂

le 10/12/2017 à 09h03 | Répondre

Madame Vélo

Je ne jamais trop compris comment c’était possible, mais la journée Petit Matelot régurgitait énormément et je devais le garder en position verticale, et la nuit il s’endormait direct au sein et ne régurgitait pas, bien qu’il tétait allongé ! A tester, donc 😉

le 05/01/2018 à 14h27 | Répondre

Madame Vélo

Je prend enfin le temps de vous répondre ! Désolée pour le retard…

le 05/01/2018 à 14h15 | Répondre

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