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Annoncer la PMA vs annoncer l’adoption


Publié le 22 mai 2018 par Mme Espoir

Avant d’être en PMA, j’avais réfléchi à la manière la plus jolie possible d’annoncer la venue d’un bébé. J’aurais offert un livre de tricots pour bébé à belle-maman (qui est une pro en la matière) avec un petit mot du style « les modèles F et M nous plaisent énormément : serait-il possible de les réaliser rapidement ? » J’aurais acheté des graines de roses et de choux pour ma maman fan de jardinage en lui disant que c’était pour qu’elle vérifie si la légende était vraie sachant que M. Chéridamour et moi avions testé la méthode traditionnelle.

Annoncer la PMA

Ces rêveries en sont restées à ce stade. Très vite, bien plus vite que nous aurions aimé, nous avons dû informer les gens autour de nous que bébé ne viendrait pas facilement. Je ne sais pas comment cela se passe pour d’autres mais je peux te dire que pour nous ça a toujours été très difficile. Nous avons fait le choix de n’en parler qu’aux personnes vraiment proches.

Le premier à être au courant a été le presque frère de M. Chéridamour. Il a lancé un jour en plaisantant qu’il était temps qu’on se décide à faire un bébé. Me voyant me décomposer (nous savions depuis 1 mois seulement que ça allait être difficile) il a aussitôt compris et s’est excusé. Suite à ça, lui et sa femme ont été nos meilleurs soutiens et ont suivi tout le processus. Ils sont les seuls avec qui nous avons fêté ma grossesse naissante avant de découvrir ma GEU.

Ça a ensuite été au tour de mes parents de savoir. Je n’avais pas vraiment l’intention de les avertir (j’avais l’espoir que le premier essai serait le bon) mais quand ma maman délirante de joie m’a annoncé au téléphone qu’elle allait être mamie pour la première fois je me suis effondrée. Je voulais être maman, pas tatie (même si je suis aujourd’hui une tatie comblée et que j’adore mes neveu et nièces !) Pas vraiment idéal mais je crois que ce genre de nouvelle n’a pas de moment « idéal » pour être dite. De même mes beaux-frères ont été mis prévenus par mon homme un jour de Noël où ils m’ont vue mal en point (nous avions eu le négatif d’une IAC jours plus tôt).

Nous l’avons progressivement dit autour de nous. J’ai longtemps hésité car je ne voulais pas me sentir dans la peau de celle-qui-n’arrive-pas-à-avoir-un-enfant. Je n’avais pas forcément envie que le sujet vienne systématiquement sur le tapis quand nous verrions les gens (nous avons eu de la chance car nos amis ont toujours fait preuve de beaucoup de tact). Il y en a qui nous sont proches et à qui nous ne nous sommes jamais confiés sans que je puisse donner une raison surtout que je savais qu’ils étaient avisés par le bouche à oreille (mon frère par exemple).

Une personne avec qui nous n’avons jamais évoqué tout cela est Schtroumpfette. Elle avait à peine 5 ans quand nous avons commencé nos essais. Je trouvais que c’était avant tout un sujet de couple. De plus il faut que tu saches que Schtroumpfette est une petite fille qui fait preuve d’énormément d’empathie. Elle s’inquiète beaucoup pour les autres et va se sentir vraiment malheureuse s’ils ne sont pas bien. Je refusais absolument qu’elle ait à porter notre tristesse car justement c’est la nôtre et elle ne devait pas devenir la sienne.

Annoncer l’adoption

Dès que nous avons décidé d’adopter mon état d’esprit a beaucoup changé. J’avais très envie de partager ça avec les gens autour de nous. Et contrairement à la PMA, je trouvais important d’impliquer les personnes qui nous sont proches pour les préparer à notre projet. Ils auraient leur rôle à jouer et leur faire comprendre à quoi s’attendre concernant l’enfant qui allait arriver était important à mes yeux. Un bébé les gens connaissent et savent ce qu’il en est, un enfant adopté c’est plus flou.

J’étais tellement heureuse que je voulais l’annoncer au monde entier le plus vite possible ! Un peu comme une future maman qui rêve de dire qu’elle est enceinte finalement… Après la première réunion d’information et notre période de doute, mon état d’esprit était plus apaisé et j’ai compris qu’il faudrait prendre le temps pour exprimer correctement notre désir. Surtout ne pas brûler les étapes, réfléchir à la manière dont on allait expliquer la procédure, ce qui nous attendait, nos espoirs, les difficultés et les chances d’y arriver, le rôle de chacun également.

Crédits photo (Creative Commons) : Olichel

Ce qui m’a fait chaud au cœur c’est que mon homme était dans le même état d’esprit à vouloir communiquer la nouvelle. C’est d’ailleurs lui qui a ouvert la voie en le révélant à son presque frère (oui, toujours lui) 3 mois après avoir pris notre décision.

Puis ça a été au tour de Schtroumpfette. Elle avait maintenant 11 ans, était en âge de savoir et nous voulions qu’elle vive cette aventure avec nous. Je n’étais pas là quand M. Chéridamour a pris la décision de lui en parler mais je suis rentrée juste au moment où il venait de le faire. Si j’étais inquiète de sa réaction j’ai été bien rassurée ! Elle était au bord des larmes tant elle était émue et a absolument voulu qu’on fasse un gros câlin tous les trois. Elle nous a avoué avoir deviné que nous essayions sans succès d’avoir un bébé (hum… pas folle la guêpe elle était avec moi lors de l’essayage de ma robe de mariée et m’avait entendu poser une question que je pensais suffisamment sibylline à la vendeuse). Elle était ravie qu’on décide de passer par l’adoption et est heureuse d’avoir bientôt un petit frère ou une petite sœur avec une très nette préférence pour cette seconde hypothèse ! Nous lui avons bien expliqué que ça allait être difficile et que ça n’aboutirait peut-être pas, que cela bien entendu ne changeait pas notre amour pour elle et que si elle avait la moindre question ou inquiétude il ne faudrait pas qu’elle hésite à nous en parler.

Ma meilleure amie a été très vite mise dans la confidence. J’ai beaucoup discuté avec elle du sujet et ça m’a fait énormément de bien de pouvoir verbaliser tout ça avec quelqu’un d’autre que mon homme. Elle a accueilli notre choix avec joie et est à nos côtés pour nous soutenir.

L’annonce à ma belle-famille s’est faite à Noël même si je n’étais pas chaude pour attirer les projecteurs sur nous en cette période. Nous étions tous réunis (beaux-parents, beaux-frères et belle-soeur) ce qui est assez rare et l’occasion ne se représenterait pas avant peut-être plusieurs longs mois (et comme cela faisait déjà 6 mois qu’on attendait pour le dire on n’allait pas encore reculer l’échéance !) Finalement ça a été un très joli moment, ma belle-soeur était particulièrement enthousiaste. Mes beaux-parents sont assez au fait de l’adoption car un neveu à eux avait tenté sans succès d’adopter il y a quelques années, ça facilite les choses.

Je voulais aussi l’apprendre à mes parents dans la foulée mais il n’y a pas eu de moment « calme » durant les fêtes et l’annonce a été repoussée. S’il faut être honnête, je craignais leur réaction : « quelle idée de vous embêter avec ça ! », « pourquoi adopter un enfant étranger ? », « tu es sûre d’avoir vraiment tout essayé pour avoir un bébé ? ». Quelques semaines plus tard le sujet est venu naturellement dans la conversation un dimanche où on mangeait chez eux. Ma maman était surprise mais dans le bon sens, elle était curieuse et contente pour nous. Pour mon papa… c’est une autre histoire. En en reparlant avec M. Chéridamour après coup il a eu le même ressenti que moi : il n’a pas bien pris la chose. Il n’a pas dit un mot et a systématiquement changé de sujet. Peut-être fallait-il qu’il s’habitue à l’idée, peut-être que ça le gênait qu’on adopte un enfant qui serait d’une autre couleur, peut-être qu’il imaginait autre chose pour nous… Seul la suite nous dira la manière dont ça va évoluer.

Les amis et le reste de la famille l’ont su quand on en sentait l’envie. L’avantage de l’adoption c’est que le processus étant lent nous avions le temps et n’étions pas pressés. Les choses se sont faites petit à petit. Notre espoir est maintenant d’avoir la joie dans quelques mois d’annoncer la plus belle des nouvelles.

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Et toi, es-tu passée par la PMA et en as-tu parlé autour de toi ? Comment as-tu annoncé la venue de ton enfant ? Appréhendais-tu cette étape ?


Tu en as marre de courir les magasins pour les fringues des enfants ? Et ce tous les mois, vu à la vitesse à laquelle ils grandissent ? Et je ne parle pas du petit qui hurle (que ce soit le tien ou celui d’une autre, grrr) parce qu’il ne veut pas essayer ce pull-là… Et si tu recevais directement chez toi de jolis looks (du 1 mois au 14 ans !) à essayer TRAN-QUILLE-MENT. Ça va ? Tu gardes et tu payes. Ça ne va pas ? Tu renvoies gratuitement. Bref, viens vite tester Little Cigogne !

Commentaires

15   Commentaires Laisser un commentaire ?

WorkingMutti (voir son site)

Nous avons parlé de la PMA très simplement à nos amis et familles. Je me suis prise beaucoup de remarques et de questions. Étant donné que nous avions des jumeaux peut être que le sujet a moin été pris au sérieux par notre entourage.

La seule chose que je gardais pour nous était là date des tentatives. Je ne voulais pas à avoir à annoncer un échec.

le 22/05/2018 à 07h18 | Répondre

Mme Espoir

Les remarques sont ce qu’il y a de plus difficile lorsque l’on annonce qu’on va passer par la pma. Ce n’est souvent pas méchant, les gens ne savent pas comment réagir. Et c’est vrai qu’en plus quand on a déjà des enfants c’est considéré comme « moins grave » si ça échoue et souvent les réactions vont dans ce sens…

le 22/05/2018 à 16h23 | Répondre

Virg

Dans un tout autre contexte, mon frère s’est mis en couple avec une femme enceinte. Je passe les détails, ce bébé n’aurait pas de père biologique dans sa vie. Pour ma part, j’ai naturellement pris le parti de mon frère sans me poser de question, donc c’était mon neveu et je n’ai jamais fait de différence avec le premier fils de mon frère (naturel). En revanche, j’ai bien vu différentes réactions lors des présentations, qui ne se sont pas démenties par la suite, en particulier de mes parents. Bien que ne rejettant pas du tout ce bébé devenu enfant, ils ne l’ont jamais considéré comme leur petit-fils. Du coup, je trouve ça très bien de préparer le terrain auprès de la famille, pour que chacun ait le temps d’investir ce nouveau rôle vis-à-vis de l’enfant à venir.
J’espère que ton papa investira son rôle de grand-père. Après, je ne suis pas sûre que seule l’adoption elle-même soit en cause dans sa réaction. Il doit aussi faire le deuil de tes enfants naturels, de voir sa fille enceinte, etc. Encore une fois, c’est du coup une excellente idée d’en avoir parlé avant. Ça va peut-être lui laisser le temps de digérer tout ça pour aborder sereinement l’aventure avec ce bébé.
En tout cas, je vous envoie plein d’ondes positives, ce parcours semble décourageant !

le 22/05/2018 à 09h25 | Répondre

Mme Espoir

Je vois ce que tu veux dire avec ton neveu. Mes parents ont tout de suite accepté Schtroumpfette. Ils s’en occupent, lui offrent des cadeaux pour Noël et son anniversaire, la garde quand on en a besoin, et quand on mange chez eux ils ont tendance à la gâter en lui préparant ce qu’elle aime. Malgré tout, ce n’est pas leur petite-fille et ils ne la considèrent pas comme telle. Sans doute car elle a déjà 4 grands-parents et que ce n’est pas à eux de jouer ce rôle. Cela ne dérange personne, la situation est harmonieuse et convient à tout le monde. Mes beaux-parents sont très heureux de voir comment ils l’ont acceptée.

Pour ce qui est de mon papa, je pense que cela remue beaucoup de choses pour lui. Clairement, il est très attaché aux liens du sang, il aime souvent rappeler des choses que l’on sait sur nos ancêtres (du côté paternel, on remonte aux années 1600, c’est dire !), adore trouver des ressemblance physiques avec mes neveux et nièces… Ce n’est pas ce qu’il aurait voulu pour moi c’est sûr. Mais il s’y fera petit à petit. Nous en avons reparlé avec ma maman, et s’il était présent il n’a rien dit… mais il n’en a pas perdu une miette. De toute façon, il ne nous dira jamais si ça ne lui convient pas, mes parents ont toujours estimé que nos choix nous appartiennent et que c’est à nous de construire notre vie même s’ils auraient aimé autre chose pour nous. Quant à savoir s’il arrivera vraiment à se sentir le grand-père de l’enfant à venir, nous ne le saurons qu’une fois l’enfant avec nous.

le 22/05/2018 à 16h45 | Répondre

la comtesse Bleue (voir son site)

C’est vrai que l’adoption pose beaucoup de question à l’entourage. Peut-être que ton papa se projette et a des sentiments ambivalents par rapport à ce projet ?
L’adoption semble tellement éprouvante que je suis ravie pour vous que votre entourage vous soutienne dans ce parcours ^^

le 22/05/2018 à 11h33 | Répondre

Mme Espoir

Nous avons énormément de chance que nos amis et notre famille soient à nos côtés pour ce parcours.

Pour mon papa, je crois que n’ayant jamais vraiment parlé avec ma maman de la pma et absolument jamais avec lui, il ne se rend pas compte de la douleur qui a été la notre au cours des dernières années. J’ai toujours été très factuelle avec ma maman, lui indiquant juste quand on était en traitement si elle le demandait. Mais je n’ai jamais évoqué la tristesse et les difficultés que ça a engendré pour mon mari et moi. S’ils avaient été plus au courant, peut-être aurait-il réagi différemment et vu le côté positif de ce projet qui est vraiment porteur d’espoir…

le 22/05/2018 à 16h52 | Répondre

Virg

Je pense qu’il y a du vrai dans ce que tu dis de ton papa. Des proches sont en pma, je sais que c’est dur pour eux, je suis désespérée pour eux, je croise les doigts des mains, des pieds. Ils n’ont pas beaucoup de moyens, nous leur gardons donc tout le « matos » bébé en espérant que ça les soulage quelque part et qu’ils ne paniquent pas trop si ça marche et que ce sont des jumeaux 😉 quand j’achète des vêtements à ma fille, je fais systématiquement un tour rayon garçon au cas où ils auraient un garçon … tout ça pour te dire que, quand on « vit » la pma aux côtés de personnes qui nous sont chères, on est vraiment avec eux. Du coup, s’il s’avère qu’ils doivent finalement se tourner vers l’adoption, nous croiserons les doigts des mains et des pieds de la même façon ! 🙂 🙂 🙂 comme je le disais dans mon commentaire plus haut, un bébé prend une place dans une famille, chacun de ses membres, les parents compris, doivent investir un nouveau rôle. Se préparer, c’est bien.

le 23/05/2018 à 19h41 | Répondre

Madame Bobette (voir son site)

C’est vrai qu’on ne se rend pas vraiment compte que ce genre d’annonce peut être délicate, pour celui qui l’annonce mais aussi pour l’entourage!
J’espère que vous aurez bientôt une autre jolie nouvelle à leur annoncer et que tout le monde sera heureux pour vous 🙂

le 22/05/2018 à 11h51 | Répondre

Mme Espoir

C’est sûr que l’entourage a de quoi être tourneboulé en apprenant ce genre de nouvelle. Le plus étrange c’est que quand quelqu’un m’annonce qu’il doit passer en pma ça me déstabilise à chaque fois !

le 22/05/2018 à 21h40 | Répondre

Maman Pavlova (voir son site)

Je suis passée par la pma et je n’en avais parlé a personne ou presque et c’etait mieux ainsi …

le 22/05/2018 à 16h15 | Répondre

Mme Espoir

En fait si nous nous sommes décidés à évoquer notre parcours PMA c’est pour éviter les remarques du style « alors, vous vous y mettez quand ? » et autres plaisanteries un peu lourdes sur le sujet. C’est naturel de ne pas vouloir exposer son intimité ainsi. Comme je le disais, nous n’en avons parlé qu’aux personnes vraiment proches et je ne le regrette pas.

le 23/05/2018 à 11h57 | Répondre

Folie douce

J’ai une question (dont la réponse m’intéresse vivement même si j’ai conscience que les attentes diffèrent d’une personne à l’autre): qu’est-ce que tu espérais de ton entourage amical? De ta meilleure amie par exemple avec qui tu en as beaucoup parlé : qu’elle te pose des questions? Qu’elle s’informe de son côté ? Qu’elle te soutienne activement dans vos démarches ? Ou au contraire qu’elle soit juste là si tu as envie d’en parler, sans poser de questions si tu n’en parles pas de toi-même ?

le 22/05/2018 à 23h18 | Répondre

Mme Espoir

Quand nous avons parlé de la PMA, c’était surtout pour ne pas que nos amis ne nous harcèlent/plaisantent pas avec des questions sur quand on aurait enfin un enfant. Ça n’aurait pas été méchant, mais la blessure aurait ressurgi à chaque fois.

Pour ce qui est de l’adoption, je ne sais pas si j’avais des attentes particulières. En tout cas il était impossible pour moi de ne pas le dire comme j’ai pu en avoir envie avec la PMA. Je n’attendais certainement pas qu’elle se renseigne de son côté ni qu’elle ne nous soutienne activement. Mais qu’elle ait une oreille attentive ça oui, et j’avoue que ça me fait beaucoup de bien.

le 23/05/2018 à 13h27 | Répondre

Magie

Coucou
J’ai traversé ces épreuves. Pma pendant 10 ans. Sans succès.
Puis 5 ans d’attente avoir d’avoir ma fille.
Pour la Pma c’est inévitable de l’annoncer parce que tout le monde te demande tout le temps si t’as perdu le mode d’emploi… surtout après plus de 10 de mariage ! Les gens ne sont pas assez fins pour comprendre que t’as peut-être un problème. Donc faut leur faire un dessin..
Quand tu as la chance d’être soutenue c’est bien. Mais les copines qui font des enfants sans problème pourront être aussi empathiques que possible, elles rouvriront toujours ta blessure avec leur faire-part..
Quand on est confrontés à la Pma on est seuls. Et meme Monsieur est désemparé. Une femme qui se bat pour faire un bebe est seule à la fin de la journée. Parce qu’au bout d’un moment tu ne peux pas sans cesse pleurer chez les autres. C’est inimaginable quand tu ne l’as pas vécu. Et puis y’a un côté « je ne suis pas malade.. » la vie continue. Il faut vivre, bosser, faire du sport. Ce double jeu est éreintant mais salvateur.

Moi c’est ma belle soeur qui nous a parlé d’adoption. Elle a trouvé des mots magnifiques pour dire qu’un enfant c’est une page blanche et que ce serait à nous d’écrire son histoire. Peu importe si nous l’avons porté ou pas. Il faut de toutes façons passer à autre chose. Prendre une décision intellectuelle un jour. Parce que le deuil biologique n’est jamais vraiment possible.
Quand nous avons décidé d’adopter nous avons effectivement été emportés par une vague d’espoir, quelque chose de concret se dessinait. Et surtout ca finirait forcément par un +++.
Pas comme les fiv qui nous avaient usés.
Je ne me souviens pas d’en avoir fait l’annonce officielle. Je sais que je racontais à ma mère les rdv. Et encore pas tout le temps. Encore une fois quelqu’un qui n’est pas touché par le sujet, si proche de vous soit il, ne ressent pas les choses pareil. Et la verbalisation, l’explication est lourde a force. Et puis c’est intime. L’adoption. Bizarrement encore plus que la Pma. Je ne saurais l’expliquer.
Le plus dur dans l’adoption c’est bien sur la longue attente sans savoir où l’on va. Et pendant ces longues années, il faut continuer à vivre, à bosser, a faire du sport. A donner le change. Mais ta blessure tu te lèves avec tous les jours. Et ca les gens ne pigent pas.
Et puis il y a les naissances autour. Nous avons été obligés de nous protéger. Nous avons raté des étapes, des enfants de nos amis qui grandissaient. Certains amis ont compris. Et sont encore là aujourd’hui. D’autres moins. Mais nous ne pouvions pas nous faire souffrir délibérément. Il faut se protéger. L’adoption ne se vit pas non plus comme une bonne nouvelle. Je me souviens de ca : quand nous l’annoncions, les gens nous félicitaient comme si j’avais annoncé une grossesse! Grosse erreur! Ils ne s’imaginent pas que ca ne fait que commencer ! Du coup quand les années passent les gens sont plus discrets. Ou tristes pour nous. Ce dont j’ai le plus souffert c’est le manque d’empathie de mon propre frère. Qui a eu un bébé pendant qu’on adoptait. Et qui n’a pris aucune précaution pour annoncer sa grossesse devant moi sans m’avoir prévenue avant. Nous avons coupé les ponts. Nous ne connaissons pas son fils. Aujourd’hui que j’ai ma fille il me rend la pareille et ressasse sa rancoeur. Et ne répond pas aux perches que je lance. C’est bien dommage. J’ai l’impression d’avoir à m’excuser d’avoir souffert. Cependant il ne faut quand même pas oublier le parcours que nous avons traversé, qui aurait pu nous détruire et nous séparer mille fois. Alors aujourd’hui je savoure chaque matin, meme si mon bebe me réveille trop tôt! Parce que moi des insomnies, des pleurs ou vomis de bebe j’en ai rêvé !
La Pma c’est dur. L’adoption aussi mais franchement Ca vaut le coup! Et si c’était à refaire je referai tout pareil! Il faut s’accrocher, ne pas se laisser abattre, et garder le cap Avec son chéri ! Se protéger c’est hyper important. On en laisse des gens sur le bord de la route. Mais y’a aussi des gens qui restent pres de vous. Et ceux ci feront les meilleurs tatie/tonton de cœur du monde !
Courage à vous tous 🙂

le 09/07/2018 à 23h34 | Répondre

Mme Espoir

C’est étrange, pour ma part j’ai toujours trouvé que c’était la pma qui était quelque chose d’intime, bien plus que l’adoption.

Pour ce qui est de l’annonce, les gens ne nous félicitaient pas. Ils étaient heureux de voir qu’on était passé à autre chose, qu’on avait un nouveau projet qui nous portait. Nous avons de la chance car nous n’avons pour le moment perdu personne sur le bord de la route. Ça a dû être difficile pour vous mais je vois que tu est aujourd’hui une maman heureuse. Et ce que tu dis ne me surprend pas : les parents adoptifs sont majoritairement très heureux d’avoir choisi cette voie et recommenceraient sans hésitation !

le 11/07/2018 à 11h26 | Répondre

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