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Annoncer une grossesse rapprochée à ton employeur


Publié le 6 septembre 2016 par MamBat

Il peut arriver que tu « enchaînes » deux grossesses un peu rapidement, et c’est notre cas : comme je te le disais, Biquette et PetitChou auront quinze mois d’écart au mieux (un peu moins si PetitChou naît en avance).

Parmi toutes les annonces à faire, il y a notamment celle à ton employeur, qui t’a vue revenir il y a peu, et qui doit se préparer à ton départ sans doute plus rapide que ce à quoi il s’attendait. Dans ce cas, comment faire ?

Ce qui est dans cette chronique n’est que la conclusion de ma maigre expérience : pour ma part, j’ai appris ma grossesse à peu près dix jours après mon retour au travail, et surtout, après avoir dit à mon employeur qu’il n’y avait rien de prévu avant un petit bout de temps.

Annoncer une deuxième grossesse à son chef

Crédits photo (creative commons) : Miranda Mylne

Premier conseil : annonce ta grossesse quand tu le sens.

Tu n’as aucune obligation légale, si ce n’est celle d’annoncer ta grossesse avant le début du congé maternité légal. Sache simplement que tant que ton employeur n’est pas au courant, tu ne bénéficies pas des réductions légales de temps de travail, ni des aménagements possibles pour te rendre à tes rendez-vous médicaux.

Pour ma part, j’ai choisi de le faire très tôt : je ne voulais duper personne, et je voulais pouvoir organiser mon année professionnelle en toute connaissance de cause, pour éviter de commencer des projets que je savais pertinemment ne pas pouvoir finir. Par ailleurs, je voulais que mes objectifs d’année soient définis en tenant compte de ce paramètre, pour que rien ne me soit reproché par la suite.

Deuxième conseil : fixe tes règles du jeu.

Mon manager a appris ma grossesse avant même nos familles et nos amis, avant les 12 semaines habituelles. Pour autant, je ne voulais pas que toute l’entreprise soit au courant comme ça, d’autant plus qu’il me fallait encore du temps pour intégrer et m’approprier cette grossesse. Je lui ai donc demandé de ne rien dire avant que je ne l’ai décidé, et, coup de chance ou non, il a respecté mon souhait.

Ce n’est pas une obligation, mais si tu veux « juste » te couvrir sans mettre tout le monde au courant avant quelque temps, tu peux simplement envoyer un mail, prouvant l’annonce de ta grossesse à ton employeur, et demandant la discrétion avant un certain temps. Suivant tes relations avec ton manager, il respectera ou non ton choix.

J’ai eu la chance d’avoir un manager humain, qui m’a laissé tout le temps dont j’avais besoin, et je n’ai annoncé ma grossesse au reste de l’entreprise qu’une fois ma première échographie passée.

Troisième conseil : détends-toi et ne culpabilise pas.

Au milieu d’une crise de culpabilité (« Quand même, enchaîner les grossesses, c’est pas cool pour l’entreprise… Est-ce que je prolonge vraiment mon congé ? Je me sens mal de les planter comme ça… », ce genre de choses), une collègue m’a dit à juste titre que si le métier de l’entreprise n’est pas de gérer les absences de ses employées pour cause de congé maternité, ça faisait tout de même partie de ses devoirs.

Tu es enceinte ? Félicitations ! Logiquement, tu ne seras pas là pendant quelques mois, l’entreprise le gérera, et puis voilà. En attendant, prends soin de toi, de ta famille, et ne culpabilise pas : tu n’as de comptes à rendre à personne sur ces choix qui n’engagent que ta famille et toi.

Bien entendu, ces conseils sont plus ou moins valables selon le contexte dans lequel tu travailles et tes collègues. J’ai eu beaucoup de chance d’avoir un manager compréhensif et pas culpabilisant, et d’être dans une entreprise dans laquelle les choses se passent bien. Il y a eu d’autres problèmes, je ne dis pas que ma deuxième grossesse n’impactera pas ma carrière, mais dans l’ensemble, je m’en sors bien.

Dans tous les cas, n’oublie pas que discriminer une femme au travail parce qu’elle est enceinte ou qu’elle a des enfants, c’est illégal, et qu’il existe des recours dans ce cas-là. Et profite de ta grossesse et de ton bébé : ce sont des moments irrattrapables (contrairement à une carrière).

Et toi ? Tu as dû annoncer ta deuxième grossesse très rapidement à ton employeur ? Comment t’y es-tu prise ? Comment a-t-il réagi ? Viens nous raconter !

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Commentaires

11   Commentaires Laisser un commentaire ?

Madame Nounours

Tu as de la chance que ton manager a bien pris ta seconde grossesse. C’est vrai que la femme enceinte est bien protégé par la loi mais la discrimination existe tout de même dans pas mal de secteurs d’activités et malheureusement beaucoup de femmes ont une pression de leur hiérarchie voir de collègues et qui les obligent à anticiper une recherche d’un nouvel emploi une fois le congé maternité ou parental terminé. Personellement, j’ai subi une pression de la part de mon manager et de certains collègues hommes durant ma grossesse et qui m’a valu quelques problèmes médicaux à la fin de mon sixième mois et du coup, j’ai préféré anticipé et trouvé un nouvel emploi plutôt que de vivre un enfer à mon retour de congé maternité. Après je sais que c’est pas le cas dans la plupart des sociétés (heureusement d’ailleurs ) et que les grossesses des salariées femmes est assez bien accueillis en général et que ça se passe bien.

le 06/09/2016 à 08h17 | Répondre

Ars Maëlle

Ce que tu dis sur ton choix de partir pour éviter « un enfer » au retour fait écho à la réponse faite par un chasseur de têtes lors d’une formation sur la recherche d’emploi. Je lui ai demandé si je devais mettre dans mon CV que j’étais mariée et sans enfants (à 31 ans, ces infos crient CONGÉ MAT’ à pleins poumons). Il m’a répondu : « vous pouvez le noter, de toute façon une entreprise qui vous discriminerait pour ça n’est pas une entreprise où vous serez bien » (aucune compréhension pour le congé mais aussi pour les aléas de la vie de jeune maman).

C’est triste qu’il existe des milieux ou c’est comme ça, triste que le profil « jeune parent » conduise à discriminer la jeune maman (comme si les papas ne pouvaient pas récupérer les enfants à la crèche et les garder quand ils sont malades).

Je vous invite à lire Masculin Féminin de Françoise Héritier, anthropologue qui donne une interprétation originale des racines du sexisme, mais aussi une lecture très intéressante du fait que les femmes assument quasiment seule la responsabilité (sinon matérielle du moins symbolique) de la reproduction, alors qu’il s’agit d’une question de société dans son ensemble (car ces managers à la con et ces collègues bornés, ils ont bien besoin qu’il y ait des enfants pour – produire ce qu’ils mangeront dans 20 ans, – les soigner et accompagner leur vieillesse, – payer leurs retraites, – et aussi (malheureusement ?) consommer les produits et services qu’ils offrent aujourd’hui) [et éventuellement ils sont contents d’avoir et d’aimer les leurs, donc pourquoi pas nous ?]

1 enfant, 2 enfants, 5 enfants… espacés, rapprochés… très tôt, sur le tard… c’est nos vies, notre avenir, les hommes sont dans le coup aussi, il n’y a pas de raison que le monde du travail nous brime pour ça (tant qu’on fait les choses dans les règles et avec honnêteté comme MamBat, pas en faisant retomber tout le boulot sur les collègues sans prévenir – quand on peut). Plus il y aura de femmes managers, plus les papas seront impliqués, moins on verra de cas comme Mme Nounours. Un peu plus d’égalité par ici peut rebondir en un peu plus d’égalité par là (coup d’oeil vers la Scandinavie ?)

[Désolée pour le pavé, la discrimination me rend folle]

le 06/09/2016 à 09h37 | Répondre

Madame Nounours

Merci Ars Maëlle pour ton commentaire. Je suis entièrement d’accord avec toi sur la réaction de certains managers hommes et c’est clair que tant que les femmes n’occuperont pas plus de postes de manager, la discrimination continuera. C’est comme quand un manager (souvent des hommes )demande en entretien à une candidate si elle compte fondée une famille dans les prochaines années (j’ai eu le cas il y a quelques années ) , c’est interdit ce genre de renseignements mais quelques managers zélés pose cette question. Moi j’ai eu de la chance d’avoir retrouver un emploi très rapidement mais j’imagine que pour d’autres jeunes mamans ça doit être compliqué. Sinon je vais regarder pour lire le livre sur le sexisme dont tu parles ?

le 06/09/2016 à 12h19 | Répondre

Justmarried

J’adore ton article et je me retrouve sur certains points…pour ma part l’annonce a été bien accepté par mon responsable néanmoins cela n’a pas durer car la jalousie des autres ( femmes) de mon entreprise lui ont fait retourner sa veste envers moi ce qui a fait que dans un premier temps j’ai demandé une rupture conventionnelle qu’il a refusé puis j ai du faire un abandon de poste et donc rien touché pendant 4mois c etait dur heureusement on pouvait compter sur le salaire de mon homme pour survivre et aller acheter des vivres pour mon bebe. Cette époque est loin maintenant (2 ans) mais j’en garde un goût amer en tout cas pour ma part je sais que je ferai plus confiance à mes futurs collegues ca c est certain.

le 06/09/2016 à 14h04 | Répondre

Madame Nounours

Je suis outrée de lire ton témoignage Justmarried avec ton ancienne société. C’est dingue quand même de voir ce que la jalousie (ou la bêtise) peut faire. Je trouve grave que tu as dû faire un abandon de poste pour devoir t’en aller. Je ne sais pas quelle était ta situation à l’époque où tu as eu ces soucis mais tu n’as pas cherché un poste en parallèle ?. Tant mieux que tu as pu rebondir dans ta carrière professionnelle. Perso, j’ai préféré anticipé en cherchant pendant mon congé maternité un autre poste mais bon, je constate que le monde du travail est parfois impitoyable avec les femmes enceintes.

le 07/09/2016 à 16h02 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

Dans la même situation, je suis certaine que la culpabilité aurait été mon principal problème, même si je sais que dans mon entreprise les gens sont compréhensifs.
C’est bien que cela se soit bien passé pour toi.

le 06/09/2016 à 16h07 | Répondre

Pivoiline

Je suis un peu dans la même situation, 23 mois d’écart prévu entre ma fille et numéro 2, du coup j’étais tout de meme assez inquiète à l’idée d’annoncer la nouvelle !
Finalement tout le monde était ravi, c’est sur par moment c’est compliqué d’accorder ma grossesse et le travail, mais ça fait parti du « jeu », les entreprises ont l’habitude de ce genre d’évènements !

le 06/09/2016 à 21h03 | Répondre

Viviane

Pour un employeur, le bon moment pour avoir une salariée enceinte serait la retraite 😀
Mais comme à la retraite on est généralement ménopausée, il faut apprendre à faire avec (parole de mère de famille, salariée puis employeur !)

le 06/09/2016 à 23h53 | Répondre

Justmarried

Madame Nounours en fait j’ai cherché tout le temps où j etais enceinte meme la et sans jamais perdre espoir car quand on a un bébé on se lève chaque matin dans le but de reussir pr lui…aujourd’hui on a pu inscrire notre biquette en crèche et elle commence fin septembre je ferai d’autres démarches physiquement car cela sera plus facile pour moi. Parfois les gens sont méchants j ai eu la mauvaise chance de tomber sur ses gens la sans compréhension et en qui j’avais confiance à l’époque mais aujourd’hui si cette amertume ne passe pas ce n’est pas parce que j’ai perdu mon emploi c est parce que mon bebe a ressenti toute ma frustration pendant ma grossesse à cause de ma situation j’ai fait une dépression peut etre les hormones ont eu aussi leur rôle mais c’est pour cela que je leur en voudrai toujoumais.En attendant de trouver un nouveau job je continue dans mes projets ( bb2) et accepte les choses comme elles viennent sans trop de prendre la tête. Voila pour la petite histoire et un immense merci pour m’avoir lu 🙂

le 07/09/2016 à 19h59 | Répondre

Laura

Bonjour MamBat, c’est bien que ton chef ait eu une réaction aimable, mais en même temps c’est juste « normal »… Je veux dire : ça devrait être la règle ! Ce qui me fait lever les yeux au ciel, ce sont les chefs qui se permettent des réflexions, genre on va leur demander leur avis avant de faire un enfant. .. Ils croient quoi ? Qu’on va avorter pour les arranger ? OK, Ce n’est pas pratique d’avoir une salariée en congé mat’, mais en même temps, désolée, aujourd’hui Amazon ne livre pas les bébés et les mères porteuses ne sont pas autorisées, alors si on veut que notre société ait un avenir, faut bien que quelqu’un les fasse ces bébés. … C’est pas nouveau ! Une bonne entreprise est une entreprise qui sait gérer sereinement ce type d’absence. Surtout que maintenant, les hommes aussi se mettent à réclamer des congés de diverses sortes pour s’occuper de leurs enfants.

le 12/09/2016 à 15h43 | Répondre

Emmanuelle Merteuil

Je suis toujours sidérée quand certains clients me disent que le congé mat c’est pas pratique à gérer pour l’entreprise… ayant été RH terrain pendant longtemps, franchement le congé mat c’est une des absences les plus faciles à gérer ! ça se prévoit (si ça se passe bien avec la salariée, on arrive à être prévenus assez tôt et, sauf urgence médicale, elle prépare correctement son départ. D’où l’intérêt de traiter les gens correctement et d’instaurer un climat de confiance…), ça dure assez longtemps pour pouvoir prendre qqun en remplacement, et (si tout va bien) c’est plutôt des circonstances heureuses. Mon ancienne directrice nous a toujours dit (il n’y avait que des femmes dans le service) : « c’est pas un problème que vous fassiez des enfants, on peut parfaitement gérer ça, prévenez moi juste le plus tôt possible » 😉 Et ça s’est toujours bien passé.

le 15/05/2018 à 13h36 | Répondre

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