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Vivre et gérer une grossesse à risque


Publié le 5 septembre 2015 par Étoile

Dans mes précédents articles, je t’ai expliqué que ma grossesse était une grossesse à risque.

Petit guide synthétique pour comprendre un peu mieux qui est concerné, ce que ça implique et comment réagir en cas de stress.

Zen

Crédits photo (creative commons) : Take Back Your Health Conference

Qu’est-ce qu’une grossesse à risque ? Qui est concerné ?

Une grossesse à risque est une grossesse bénéficiant d’une surveillance particulière liée à des antécédents médicaux ou obstétricaux, ou encore à une anomalie apparue en cours de grossesse. Ce type de grossesse augmente le risque d’accouchement prématuré et/ou de problèmes de santé du bébé ou de la maman.

Concernant les antécédents obstétricaux, ça peut être des problèmes avec les grossesses antérieures : césarienne d’urgence, malformation, nombreuses fausses-couches… Il peut s’agir aussi de risques découverts pendant la grossesse, du type pré-éclampsie, saignements, diabète gestationnel. Enfin, pour les pathologies présentes avant la grossesse, ça concerne principalement l’hypertension, le diabète, l’obésité, les maladies rénales ou cardiaques.

À noter : certains médecins considèrent que les futures mamans fragiles psychologiquement, ou vivant dans un contexte difficile, peuvent éventuellement bénéficier d’un suivi pour grossesse à risque (mais dans ce cas, d’un point de vue davantage social que médical).

Moralement : comment gérer ?

Il me paraît essentiel d’être soutenue pleinement par des personnes proches.

Il faut aussi être relativement forte moralement. Une grossesse normale, ça peut déjà être déroutant, stressant… Alors je te laisse imaginer les questions existentielles supplémentaires que l’on peut se poser lorsqu’il s’agit d’une grossesse à risque. Surtout quand c’est la première !

Pour ma part, il a été difficile au début de passer outre mon histoire personnelle, en particulier avec ce qu’il s’est passé pour ma maman. On superpose sur notre grossesse un vécu qui n’est pas le nôtre et on compare… Ce n’est pas le top.

Mais j’imagine qu’apprendre par hasard une difficulté pendant sa grossesse doit aussi être compliqué à accepter moralement. Pour ma part, j’étais préparée à d’éventuelles difficultés avant d’être enceinte. Je ne dis pas que c’est plus facile à vivre, mais on s’y « attend », d’une certaine manière, et on peut anticiper.

Dans tous les cas, je me sens vraiment soutenue par mon mari, mes parents et les équipes médicales. Ça me fait du bien de pouvoir en parler, même quelques minutes, lorsque je me pose des questions.

J’essaye aussi de prendre du recul en continuant de m’occuper au maximum (en fonction de ma forme physique) et de faire des choses que j’aime. Il y a des hauts et des bas, des inquiétudes, des moments de soulagement… Ce sont des sentiments normaux qu’il faut accepter, et qui permettent d’avancer.

Physiquement : un suivi spécifique

J’ai déjà pu aborder l’importance du rendez-vous pré-conceptionnel.

Quand une grossesse est considérée à risque à cause d’une pathologie pré-existante, le mot d’ordre, c’est d’anticiper. Personnellement, je savais déjà, avant les essais, quelle maternité j’allais demander, à quel rythme j’allais être suivie pendant ma grossesse…

Et quand le risque se révèle pendant la grossesse, les médecins font aussitôt le nécessaire : arrêt maladie préventif, contrôles réguliers par échographie, transfert dans une maternité adaptée, etc. D’ailleurs, une grossesse à risque sera plutôt suivie en maternité de niveau 2 ou 3 (en fonction du risque de prématurité, notamment).

Chaque grossesse est très différente. Globalement, je dirais qu’une grossesse à risque, c’est peut-être plus de rendez-vous et un peu plus de stress, car on ne sait finalement pas où l’on va.

Par exemple, j’ai plus d’examens à faire qu’une future maman lambda (plus de prises de sang, notamment), et un suivi hebdomadaire par une sage-femme à domicile depuis mon cinquième mois. J’ai aussi rendez-vous chaque mois avec un spécialiste suivant ma pathologie, en plus du rendez-vous normal avec mon médecin gynécologue. Je te rassure, rien d’insurmontable. On s’habitue à tout !

Des équipes médicales plus attentives et humaines

J’ai l’impression, au regard de mon expérience personnelle (et de celle de plusieurs amies), que les médecins n’hésitent plus aujourd’hui, et arrêtent une « maman à risque » au moindre signe de fébrilité.

Pour ma part, j’ai la chance d’être suivie dans une excellente maternité. Ils sont habitués aux situations particulières, et l’équipe médicale est présente et à l’écoute, ce qui est très rassurant pour une future maman. Ils sont vraiment très pédagogues.

J’ai été suivie à l’hôpital très tôt. J’avoue que je complexais au début, avec mon petit ventre au milieu d’autres femmes très visiblement enceintes, mais clairement, je ne regrette pas mon choix. L’équipe est au courant de tout mon dossier et communique régulièrement avec mon spécialiste. Au moins, il n’y a pas de perte d’information, et c’est rassurant : un gynécologue, même très bon, ne peut pas connaître tous les impacts d’une pathologie spécifique !

De plus, j’ai eu quelques difficultés au second trimestre, et les médecins ont toujours réussi à trouver les bons mots. J’ai ressenti un énorme soutien de la part des infirmières, des sages-femmes et de mon gynécologue, à chaque consultation. Pas de jugement ou de pitié, juste de l’écoute et de la bienveillance. Après, je crois que ça dépend beaucoup des hôpitaux, et aussi du chef de service !

Gérer le quotidien et le stress lié à ce type de grossesse

Mener une grossesse à risque, au quotidien, c’est un peu plus compliqué que pour une grossesse normale.

Une vie professionnelle très intense n’est rapidement plus compatible avec ce type de grossesse (horaires conséquents, temps de transport…). Continuer à travailler dans ces conditions, ce serait mettre en danger la vie de la maman et/ou du bébé au bout d’un moment.

Idem dans la vie quotidienne. Il faut savoir dire stop plus rapidement à des tâches potentiellement problématiques, comme porter des charges lourdes, conduire… Même des tâches simples peuvent se révéler compliquées dans le cadre de certaines grossesses.

Une femme avec une grossesse à risque est bel et bien un peu plus fragile que la moyenne. Il est important pour elle d’écouter les médecins, mais aussi de s’écouter. Je ne veux pas dire qu’il faut paniquer à la première contraction ou douleur bizarre… Il faut vraiment trouver un juste milieu. Être vigilante, surveiller… mais pas non plus s’arrêter de vivre et de respirer.

Par exemple, à partir du sixième mois, je me suis rendue compte que conduire était devenu une situation anxiogène, qui faisait monter ma tension lors des rendez-vous à l’hôpital (et pourtant, j’adore conduire, mais à Paris à l’heure de pointe, ça peut être un peu compliqué). Eh bien, j’ai tout simplement arrêté de conduire. Mon mari et ma famille prennent le relais et me conduisent dorénavant aux rendez-vous médicaux.

Concernant les angoisses, le stress, il faut garder la tête sur les épaules. En cas de doute, d’angoisse, tu peux en parler à ton conjoint ou mari. Il ne pourra sans doute pas te dire ce qu’il faut faire, mais il sera là pour te rassurer… Et parfois, tu as simplement besoin de ça ! Une bonne nuit de sommeil, et hop, ça va mieux ! Mais rien ne t’empêche d’appeler la maternité ou d’aller aux urgences si vraiment tu as un gros, gros doute.

Un dernier conseil : évite les forums anxiogènes à souhait. Chaque situation est réellement différente et n’est pas comparable. Ton meilleur conseil, c’est ton médecin ! Et puis, une future maman développe rapidement son instinct maternel et devient capable de percevoir certaines choses…

Voilà mes conseils très personnels, mis en perspective avec ma propre situation…

Et toi, tu as été confrontée à une situation problématique pendant ta grossesse, ou à une pathologie particulière ? Comment as-tu réagi ? Viens en parler !

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Commentaires

2   Commentaires Laisser un commentaire ?

Madame D

Je n’ai pas connu ce que tu décris mais ce sont des bons conseils.

le 08/09/2015 à 13h10 | Répondre

Mahina

Ça fait du bien de lire un article qui me concerne…
En effet on se plaint des « petits maux » de grossesse, et on s’y prépare avant en général (avec 4 sœurs plus âgées j’ai pu voir ce qui risquait de m’attendre), par contre rien ne présageait la grossesse que je vie actuellement…
Je suis à 5 mois de grossesse et c’est ma deuxième hospitalisation… Et ouai! J’ai un Myome (fibrome) qui a décidé de bien grossir ni vu, ni connu pendant les premiers mois, et qui depuis 1 mois 1/2 à décidé de se nécroser…(il n’est plus suffisamment vascularisé et pas opérable pendant la grossesse vu sa position, trop risqué pour le bébé). Et qu’est-ce que c’est douloureux ! Donc après quelques jours de recherches intensives à l’hôpital (est-ce une appendicite? Ou le myome?)
On m’a mis sous Opioïdes assez fort et paracétamol et évidemment après 15j d’hospitalisation coincé à la maison à ne rien pouvoir faire (à cause des effets des médocs et ou des douleurs)… Bref moi qui rêvait d’une grossesse épanouie, à aller nager régulièrement, me balader et évidemment continuer à etre active, et bien c’est loupé! Je ne peux ni conduire (opioïdes trop forts) ni marcher plus de 100m dans les bons jours, ni vraiment cuisiner donc je reste allongé, à surfer sur le net, voir des films et lire quelques livres quand les médocs ne m’endorment pas trop… Dur dur moi qui fut toujours active, le vtt me manque ainsi que juste vivre normalement (faire les courses, boire un café en terrasse)…
Le hic c’est que je limite au Max les médocs pour épargner bébé, du coup et bien j’ai souvent mal…. Française venue en Allemagne (il y a 4 ans pour vivre avec mon mari allemand), je suis plutôt ravie du suivie dont je bénéficie malgré les mauvaises expériences déjà vécues avec le corps médical allemand, la chance que j’ai est d’habité à juste quelques km d’une super clinique spécialisée en médecine prénatal et périnatale, renommé au niveau national, donc comme dit mon gynécologue, je suis suivie par la « crème de la crème » (en français)
Je me dis dans les moments les plus difficiles que au moins mon bébé va bien, se porte à merveille et que c’est juste un mauvais moment à endurer…
Et franchement, étant de nouveau hospitalisé depuis 3 jours, j’entends les autres femmes qui ont soit perdu un de leur jumeaux soit un nourrisson avec des problèmes de santé (sans rentrer dans les détails)… Je vous assure que ça permet de relativiser !
Qu’avec un peu de chance j’arriverais peut être à tenir jusqu’au terme en janvier sinon césarienne fin novembre…
Et bon, après coup je ne pourrai plus dormir autant (bon mon sommeil est perturbé par les douleurs… Mais quand même!)
Donc merci pour cet article, je me sens soudain moins seule!
(Aussi pour les autres articles sur les prénoms Franco-allemand… Hihi)
Ah! Qu’est ce que ça fait du bien!!

le 09/09/2015 à 12h01 | Répondre

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