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Bilinguisme, plurilinguisme précoce : 6 idées fausses


Publié le 26 janvier 2017 par Claire Gezillig

J’ai promis depuis très longtemps de venir écrire des articles sur le bilinguisme / plurilinguisme des enfants. Me voilà (mieux vaut tard…). C’est dur d’aborder ce sujet dans un article construit parce qu’il a tellement à dire… Et aussi tellement qui se dit sur le sujet.

En préambule, je voudrais rappeler que je ne suis pas chercheuse dans ce domaine. Non, j’ai juste fait beaucoup de recherches parce que ce sujet me touche particulièrement :

  • professionnellement – professeur de FLE avec une spécialisation dans le français précoce, j’ai depuis 6 ans aussi des groupes d’enfants qui grandissent francophones et bi- ou plurilingue et j’ai ressenti le besoin de me former mieux à ces notions
  • personnellement : à la maison, nous avons trois langues et notre enfant sera donc confronté au plurilinguisme (même si notre objectif est « seulement » le bilinguisme précoce).

Donc encore une fois, je ne prétends pas tout savoir ou que mes avis soient indiscutables ; j’en discute avec plaisir en commentaires.

Je veux commencer à te parler du bi- et du plurilinguisme aujourd’hui en revenant sur toutes les idées fausses qui peuvent circuler sur le sujet.

Crédits photo : Jay

Idée fausse numéro 1 : le monolinguisme est la norme et le bilinguisme une exception

Ethnocentrisme bonjour.

Il y a 6800 langues dans le monde et 200 pays, les situations de plurilinguisme sont donc très courantes.
On estime que plus de la moitié de la population mondiale vit avec deux langues ou plus. Les opportunités sont multiples : langue de la maison et langue(s) de la rue différentes, langue de l’ethnie et langue de l’administration et de la scolarisation différentes, situation frontalière, famille plurilingue, déménagement…

Je préfère le préciser toute de suite, avec la linguistique moderne (ouais, Jakobson, Chomsky et le cercle de Prague sont mes amis…), je rejette l’idée de définir le vrai bilingue par le fait d’être né avec deux langues ou par celle de maitriser les deux langues « comme une langue maternelle ». Les situations sont beaucoup plus complexes que ça en général. Les langues, ça va, ça vient dans la vie et la maitrise que l’on a d’une langue varie et change suivant beaucoup de paramètres et de contextes. On arrive donc au point suivant…

Idée fausse numéro 2 : Un vrai bilingue maitrise les deux langues au même niveau

Quand on nait, grandit ou évolue dans plusieurs langues, généralement, les langues ne servent pas à la même chose.
Un exemple : un enfant dont les parents français vivent en Angleterre aurait bien plus de vocabulaire de la maison en français mais plus de structures formelles en anglais. Et être bilingue ne veut pas forcément dire biculturel, je connais une personne qui a fait toute leur scolarité en français mais à l’étranger (dans une structure internationale), on ne peut pas vraiment dire que ses aires linguistiques et culturelles se recoupent.

Et puis qu’est-ce que c’est « un niveau natif » ?
J’ai des étudiants non francophones natifs qui ont du vocabulaire et des structures spécifiques que n’ont pas les français monolingues en France (souvent cela à voir avec le milieu social et professionnel).
Ou même je connais des personnes qui sont natifs francophones, qui ont appris l’anglais tard mais qui sont incapables d’avoir une conversation professionnelle dans leur langue maternelle puisqu’ils ne connaissent les structures et le vocabulaire qu’en anglais, leur langue de travail.
J’ai aussi dans mes cours en entreprise, des anciens enfants bilingues qui parlent très très bien le français mais sont incapables de l’écrire correctement…

Être bilingue, c’est donc pouvoir communiquer avec une aisance certaine dans deux langues. Bien sûr, on peut répondre « oui mais c’est une définition trop large et trop imprécise »… Mais il faut plutôt voir ça comme un continuum sur lequel on se place et on doit expliquer ensuite ses compétences. Car de toute façon, vouloir maîtriser deux langues exactement au même niveau, au même moment sur les mêmes plans est difficilement concevable.

Mais, heureusement, les niveaux de langue ne sont pas gravés dans le marbre et avoir un certain niveau d’aisance dans une langue permet de pouvoir facilement et évoluer et apprendre quand le besoin s’en fait sentir (apprendre l’écrit ou la façon spécifique de s’exprimer dans tel contexte par exemple).

Idée fausse numéro 3 : Il suffit d’avoir deux parents parlant deux langues différentes pour devenir bilingue

Beaucoup de parents d’enfants bilingues me disent : « je ne pensais pas que ça prendrait tant d’énergie de lui transmettre ma langue ».
Parce que malheureusement, non, il n’y a pas de gène linguistique qui fait que ton enfant parlera la langue que tu parles.
Et si la langue que tu veux transmettre à ton enfant est minoritaire dans son environnement (exemple – pris au hasard bien sûr – tu es une maman française, mariée à un néerlandais, habitant aux Pays-Bas et dont l’enfant ira à la crèche puis à l’école en néerlandais), ça va demander du temps, de l’énergie et de la rigueur pour que ton enfant parle le français.
(Mais c’est possible hein, je reviens te donner bientôt dans un autre article des pistes pour t’aider…)

Idée fausse numéro 4 : Un enfant qui grandit avec plusieurs langues connait un retard sur son développement

Ah… On l’a beaucoup entendu ça. Un enfant bilingue parlerait plus tard. Les parents des enfants immigrés devraient parler la langue du pays à leurs enfants sinon ils n’auront pas les mêmes chances… STOP.

Il a été démontré qu’un enfant bilingue simultané (qui a été dès sa naissance – et même avant – exposé aux deux langues) a un développement langagier parallèle à celui d’un monolingue.
La seule différence est au niveau du premier lexique, le stock des mots emmagasinés est le même en nombre en moyenne qu’un enfant monolingue mais comme l’enfant ne différencie pas encore correctement les deux langues, il connait les mots dans une langue ou dans une autre, le nombre de mots connus est réparti sur les deux langues et ça peut donner l’impression d’un retard dans une langue. Mais au final, en moyenne, l’enfant bilingue simultané atteindra le niveau d’un monolingue dans l’une ou les deux langues vers l’âge de quatre à cinq ans avec la même maturité verbale qu’un monolingue.

Pour ce qui est des bilingues précoces mais en consécutif (la deuxième langue est amenée plus tard, par exemple, le cas d’une langue familiale différente de la langue de l’environnement, l’enfant découvre la seconde langue à la crèche ou à l’école à 3 ans), il est normal que l’enfant passe par plusieurs phases avant de communiquer dans sa deuxième langue.
D’abord une période où l’enfant écoute et se tait et peut-être un peu choqué de se retrouver dans une autre langue. Ensuite, une période d’essai où la langue première vient interférer avec la deuxième, c’est à dire que l’enfant va essayer de parler dans sa langue première, ou mélanger des mots des structures entre les deux langues avant de bien séparer puis maîtriser son bilinguisme. Mais cela ne veut pas dire que l’enfant aura du retard dans sa deuxième langue par rapport aux enfants monolingues.
Dans ce cas, le plus important est de valoriser la sociabilisation dans la deuxième langue, de garder un bon bain linguistique. Une langue existe parce qu’elle permet de communiquer, si on offre à l’enfant un environnement riche en communication dans une langue, il la maîtrisera.
Et (c’est mon point de vue mais je le défends bec et ongle), c’est tellement dommage de priver les enfants de langue de ses parents et de ses racines sur l’idée fausse que ça le pénalisera ! Oui, vous pouvez parler une langue différente à la maison que celle de votre environnement sans pénaliser votre enfant (au contraire, en lui donnant la richesse du bilinguisme précoce) à la condition que vous lui offriez la possibilité (de préférence assez jeune, c’est plus simple avant 4 ans) d’avoir par ailleurs un environnement riche dans la seconde langue.

Idée fausse numéro 5 : Il vaut mieux apprendre une langue correctement à notre enfant avant d’en amener une seconde

En lisant ce que j’ai écrit au dessus à propos de la phase où les enfants mélangent les deux langues et avec mon assomption de départ que la définition du bilinguisme ne devrait pas aller avec l’âge, tu te dis qu’il vaut donc peut-être mieux attendre avant d’amener une seconde langue dans l’environnement de ton enfant.

Oui mais commencer le plus tôt possible est un vrai plus ! Plus on est jeune, plus la plasticité cérébrale est grande donc plus c’est facile d’emmagasiner des informations et d’apprendre en faisant sans faire d’efforts conscients.
De plus, la spécification neuronale commence intra-utérin, c’est à dire que le cerveau du fœtus commence à faire des choix dans les zones et les connexions à développer. Un bébé qui vient de naitre réagit déjà différent quand il entend une langue qu’il a entendu à l’intérieur du ventre de sa maman par rapport à une autre langue inconnue.

Donc si tu veux transmettre une langue à ton enfant, tu n’as pas besoin d’attendre, au contraire !
(Cela dit, si tu veux transmettre ta langue à ton enfant déjà né alors que tu n’as pas commencé dès le début, ce n’est pas trop tard non plus pour essayer… On en reparle dans le prochain article !)

Idée fausse numéro 6 : Il existe une seule méthode (dite miraculeuse) pour que notre enfant devienne bilingue / plurilingue

Tu as peut-être vu des articles sur Internet, entendu des conversations, lu des livres qui proclament haut et fort qu’il y a une solution miracle pour rendre ton enfant bilingue.
Malheureusement, ce n’est pas le cas…

En fait, si tu as des enfants, tu as dû te rendre compte que les recettes magiques pour eux, ça n’existe pas ! Ben oui, si on avait vraiment trouvé des solutions miracles pour s’occuper et élever nos enfants, ben, il n’y aurait pas des milliards d’articles sur Internet, de livres en rayonnages et de spécialistes sur la question.

Pour le bilinguisme, c’est pareil que pour les questions du sommeil, de la nourriture, de la propreté… Il y a plein de façons de faire et suivant ton enfant et toi, vos histoires, vos sensibilités, vos valeurs, vos envies, vos possibilités et bien, il s’agit de trouver votre façon de faire pour faire au mieux au moment T. Et il y a toujours, toujours cette merveilleuse phase de réalisation : les théories en lesquelles on croit et qui sont balayées par la pratique et le fait que notre enfant est unique et qu’on a beau être parent, on n’est pas pour autant devenu des surfemmes ou des surhommes.

Tout ça pour dire, si le sujet du bilinguisme de ton enfant est douloureux chez toi parce que tu n’as pas réussi ce que tu voulais ou ce que tu vois que d’autres ont réussi, ne culpabilise pas ! Il y a plein de paramètres qui rentrent en compte – à commencer par le caractère de ton enfant ; comme certains enfants auront de base une motricité fine plus développée, certains grandiront bilingues plus facilement que d’autres, ce n’est pas forcément juste mais c’est comme ça…

Après, si tu es dans le cas de vouloir transmettre ta langue minoritaire dans ton environnement à ton enfant et tu te sens complètement perdue, je reviens la prochaine fois pour te donner des pistes pour t’aider (pas des recettes magiques mais un petit guide pour t’aider dans lequel tu piocheras ce qui te parlera…).

Alors, est-ce que tu as un enfant qui grandit bilingue ? Ou tu attends un futur bébé bilingue ? Est-ce que tu as des peurs par rapport à la question ? Dis-moi tout !

 

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Commentaires

29   Commentaires Laisser un commentaire ?

Marie Obrigada

Merci pour cet article. 🙂 Je suis confrontée à l’idée fausse numéro 3 : la langue maternelle de mon mari n’est pas le français et je pensais qu’assez naturellement il pourrait transmettre sa langue à nos enfants. C’était oublier que je ne parle pas cette langue, qu’il parle couramment français et que nous vivons en France, nous parlons en français à la maison y compris mon mari (sauf à de rares exceptions). A 2 ans notre fille parle très bien français mais nous constatons qu’elle ne comprends pas la langue de son père (en tout cas elle n’y réagit pas pareil) et ne répète même pas les mots dans cette langue contrairement au français. Désormais, à défaut d’avoir des enfants bilingue, j’espère lui transmettre une sensibilité d’écoute et la connaissance précoce qu’il existe d’autres langues. Et un soutien fort si elle souhaite apprendre la langue de sa famille paternelle pour mieux communiquer avec eux.

le 26/01/2017 à 07h54 | Répondre

Doupiou

Ton article me fait du bien et me réconforte. J’avais beaucoup de ces idées reçues notamment sur le fait que je préfère que ma fille parle correctement le français avant de lui enseigner une autre langue.
Mon mari est parfaitement bilingue mais ne parle jamais sa « langue d’origine » à la maison. D’une part il la perd, et d’autre part il a peur de la transmettre à notre fille.
Quand à moi, je m’essaie à quelques mots en anglais et je suis très fière qu’à 18 mois, elle sache dire « shoes » quand elle veut ses chaussures (OK c’est tout mais fierté quand même).
En parallèle à cela, ma fille apprend aussi la langue des signes

le 26/01/2017 à 08h23 | Répondre

Ars Maëlle (voir son site)

Chouette ! Je l’attendais celui-là, merci Claire !
Alors d’abord mes états d’âmes, puis une question :
J’ai rêvé de la richesse interculturelle pour mes enfants, et puis j’ai épousé un français blanc qui habitait à 5 minutes de mon lycée… du coup c’est râpé pour le métissage et le bilinguisme parental ! Mais je me réjouis d’apprendre que selon ta définition, je peux me croire appartenir à la grande famille des bilingues, donc je ne désespère pas pour mes enfants.
Du coup, ma question : dans un cas comme le nôtre, où nos enfants grandiront avec du français à la maison et autour, y a-t-il des choses à faire pour les sensibiliser aux autres langues, et à partir de quand ? J’ai une ami native francophone qui parle anglais à son fils, je trouve ça bizarre car elle est comme moi – capable de parler très correctement et de comprendre, mais sans les subtilités phonétiques, idiomatiques ou grammaticales qui font le véritable anglais contemporain. Est-ce que c’est une bonne ou une mauvaise idée ? En gros, ma question, c’est : un non natif peut-il transmettre une langue précocement ?
Ayant eu des enseignants de LV francophones de naissance, je sais que c’est ce qui m’est arrivé, mais c’était dans un cadre scolaire, avec un apprentissage théorique plutôt que par imprégnation.
Désolé pour cette formulation longue et embrouillée, j’espère que tu auras compris le fond de ma question, et si c’est compliqué à traiter, peut-être que ça pourra clôturer ta série sur le sujet, avec un titre du genre « Comment amener les langues étrangères pour les pauvres familles monolingues qui n’ont pas eu la ‘chance’ d’avoir à se casser la tête avec le bilinguisme environnemental ou parental ? »
Et au passage, j’en profite pour ajouter un petit souhait pour vous : que tu aies très vite l’occasion de nous parler de ton expérience personnelle (de la part d’une fellow expecting to expect)

le 26/01/2017 à 08h27 | Répondre

Flora

Je n’ai pas vraiment étudié la question mais je me permets de partager mon expérience. J’ai appris le français à 3 ans par des personnes non natives qui l’avaient eux même appris à l’école. je trouve mon niveau assez correcte et je n’ai même pas d’accent. Alors cette croyance qui voudrait que seuls les natifs peuvent transmettre une langue me fait rire 🙂
à mon humble si on connait assez une langue pour pouvoir l’apprendre à quelqu’un c’est toujours mieux que rien.
Après je ne sais pas si devoir parler une langue étrangère avec ses enfants est si facile que ça. Pour le moment je compte apprendre aux miens ma langue maternelle que je n’utilise pas des masses et que je n’arrive pas à apprendre au papa ! ça promet…

le 26/01/2017 à 09h35 | Répondre

Weena (voir son site)

Je suis intéressée par la question d’Ars Maëlle et la prolongerais : est-il possible de facilité l’apprentissage d’une langue étrangère (au hasard l’anglais) quand on est soi-même pas plus bilingue que ça, en l’habituant aux sonorités via films, comptines, jeux?

le 26/01/2017 à 13h40 | Répondre

Claire Gezillig (voir son site)

Pour la question : comment sensibiliser son enfant à des langues étrangères, j’avais déjà écrit un article : http://www.dans-ma-tribu.fr/eveiller-son-enfant-aux-langues-etrangeres/

Pour ce qui est de « peut-on transmettre une autre langue que sa langue maternelle à son enfant en lui parlant dans cette langue », la réponse est oui, c’est possible.
Est-ce que c’est une bonne idée ? La réponse est je ne suis ni pour, ni contre, mais je respecte les décisions des parents.

Comme je disais, penser qu’on maitrise une langue parce que c’est sa langue maternelle ou première n’est pas forcément allant de soi donc ce contre-argument n’est pas toujours pertinente et certains non-natifs sont bien plus doués à faire passer une langue que des natifs… (l’exemple de Flora va dans ce sens).
Plus, pour la question de savoir si on a besoin de maitriser une langue proche de la perfection pour que ça vaille le coup de la passer, honnêtement, je n’en sais rien… Je dois dire que la perception de la culture française autour de la question des langues me fatigue : si tu as un accent, que tu fais des « fautes » (je préfère le terme erreurs), tu dois avoir honte (et même les régionalismes français sont moqués et à gommer…), on n’oublie trop souvent qu’une langue est avant tout là pour communiquer et à chercher la « perfection du vrai natif » on en arrive à discriminer car on met en avant une certaine variation de la langue avec un certain accent, certaines structures et un certain lexique, c’est prendre le risque de discriminer rapidement les gens…
Mais pourquoi donc ne suis-je pas clairement « pour » parler une langue à son enfant qui n’est pas notre langue maternelle ? En fait, j’ai une perception des langues très liée à l’affect et je pense qu’elles ne sont pas interchangeables sans changer un peu la communication, la relation (c’est pourquoi nous sommes trilingues au quotidien à la maison alors qu’on pourrait très bien arrêter avec l’anglais) et donc j’ai du mal à imaginer choisir de parler une langue à mon enfant qui n’est pas ma langue maternelle, ça me parait très artificiel… Mais c’est un sentiment personnel.
Et, devant la situation la situation où on n’a une seule langue maternelle à la maison, je trouve qu’éveiller à la diversité des langues est bien plus intéressant que de vouloir forcément passer une langue (souvent l’anglais à tour prix) ; en fait, vu la manière dont la mémoire et la plasticité cérébrale des enfants fonctionnent, ça me parait plus pertinent en rapport efforts versus gains (je pourrais développer mais ce commentaire est déjà assez long lol).

le 29/01/2017 à 13h28 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

Il y a peu de probabilités que je me retrouve dans les situations que tu décris mais je trouve ton article extrêmement intéressant. Notamment parce qu’aujourd’hui encore plus qu’avant j’ai de nombreuses connaissances qui sont dans cette situation de bilinguisme et que j’aime comprendre comment cela se passe.

le 26/01/2017 à 08h43 | Répondre

issabill (voir son site)

Merci pour cet article!
Médecin de PMI au coeur d’une cité, le bilinguisme franco-arabe est pratiquement la norme dans les écoles maternelles dans lesquelles j’interviens. Et j’observe autant de bilinguisme que d’enfants : certains parlent très bien les 2 langues, d’autres en parlent une seule, je vois des enfants parler uniquement le français alors qu’aucun des 2 parents ne le parlent… Et très souvent, lorsqu’une des 2 langues n’est pas parlée, l’enfant la comprend quand même très bien!

le 26/01/2017 à 09h16 | Répondre

Lisa

Super intéressant cet article, hâte de lire la suite. Nous sommes une famille bilingue, la langue maternelle de mon mari n’est pas le français. Mais au quotidien, nous parlons français et nous vivons en France. Lorsqu’on est dans ma belle famille, l’autre langue est utilisée ou lorsque mon mari parle au téléphone avec ses amis ou famille. Il arrive également qu’il regarde des films ou émissions dans sa langue. J’aimerais également apprendre la langue , j’ai pu constaté que lorsque l’on va dans le pays natal de mon mari, j’assimile rapidement de nouveaux vocabulaires et quelques expressions et notre fils utilise quelque mots. Je me posais la question : est qu’on devrait par exemple désigner un objet ou une action dans les deux langues afin que celles ci s’assimilent plus facilement ?

le 26/01/2017 à 09h59 | Répondre

Claire Gezillig (voir son site)

Dans l’apprentissage des langues, on ne doit rien 😉
Si toi, tu veux apprendre, prendre des cours est une bonne idée. Si tu souhaites que ton fils apprenne, un peu, se sensibilise plus à cette seconde langue, il y a des pistes sur mon dernier article : http://www.dans-ma-tribu.fr/eveiller-son-enfant-aux-langues-etrangeres/
Si tu souhaites qu’il parle la langue vraiment, il faut une approche plus profonde et mon prochain article pourra t’aider mais réponse rapide, dire les mots dans les deux langues ne va pas créer une situation de communication, ça peut améliorer sa compréhension passive mais ça n’en fait pas un locuteur.

le 29/01/2017 à 13h34 | Répondre

Merry in Brittany (voir son site)

Merci pour cet article super intéressant, qui tombe à pic !! Je transmets tout de suite à des amis qui attendent leur premier enfant dans les jours à venir. Un papa français, une maman russophone, qui parlent anglais entre eux et vivent aux pays-bas (à Valkenburg exactement), et se demandent comment gérer les quatre langues qui vont être dans la vie de leur pépette.

le 26/01/2017 à 10h05 | Répondre

Nina

Merci pour cet article!! Je me posais la question justement. Je suis prof d’anglais en collège mais ce n’est pas ma langue maternelle; j’ai vécu 2 ans en Irlande mais je n’ai pas un accent impeccable et parler anglais à mon fils de presque 3 ans n’est pas naturel.

Je commence à lui traduire les couleurs et animaux en anglais mais je ne sais pas ce qu’il comprend et retient!! Ma famille s’étonne que je ne lui parle pas plus anglais mais je préfère qu’il maitrise bien le français d’abord.. Quelle est la solution?!!!

le 26/01/2017 à 10h19 | Répondre

Claire Gezillig (voir son site)

Il n’y a pas forcément un problème donc pas besoin de solution. 😉
Si ce n’est pas naturel pour toi, ne le fais pas, c’est la première règle pour moi.
Mais oui, tu peux l’éveiller à l’anglais si ça te tente (et donc, je re-re-re-partage mon dernier article : http://www.dans-ma-tribu.fr/eveiller-son-enfant-aux-langues-etrangeres/ )

le 29/01/2017 à 13h39 | Répondre

Luciole

Moi aussi j’attendais cet article (et du coup le suivant aussi) ! Je suis française et vit en France mais mon mari est mexicain. Nous avons suivi l’exemple de plusieurs de nos couples d’amis franco-mexicains : chacun des parents parle sa langue maternelle aux enfants. Notre fils a bientôt deux ans ; il comprend très bien les deux langues et agit en fonction de ce qu’on lui dit, quelle que soit la langue utilisée. Il dit des mots dans chaque langue, en général il choisit celui qui est le plus facile pour lui. Et il commence à nommer certaines choses dans les deux langues (chaussures = tutu en français et pato (pour zapato en espagnol). Et nous pensons faire la même chose avec Bébé qui n’est pas encore né. Pour nos amis qui ont plus de recul, les enfants en général comprennent très bien les deux langues, et s’expriment dans chaque langue mais selon le contexte. En France, ils vont surtout parler français, même si on leur parle en espagnol. Au Mexique, comme ils n’ont pas le choix, ils parlent espagnol !
Pour apprendre les structures grammaticales, les conjugaisons, etc, comme l’espagnol est enseigné à l’école, nous pensions que ce serait bien qu’ils suivent les cours de LV2 en espagnol, mais j’aimerais bien avoir ton avis sur ce point. Merci !

le 26/01/2017 à 12h16 | Répondre

Claire Gezillig (voir son site)

L’enseignement des langues étrangères aux adolescents étant souvent (malheureusement pour les enfants pas bilingues) centrés sur la grammaire et l’écrit, les cours de LV permettent souvent aux bilingues de bien s’améliorer sur ce point ; cela dit, la perception de l’enfant, la valorisation et l’adaptation par le prof etc car certains enfants s’ennuient et ont l’impression de ne rien apprendre…

le 29/01/2017 à 13h43 | Répondre

Sophie Ogresse (voir son site)

Merci pour cet article. On parle le français et la langue des signes à la maison. Pas toujours facile d’avoir le réflexe d’ailleurs de parler dans les deux langues. Mais heureusement on n’a pas écouté la pédiatre qui était contre la lsf pour bébé

le 26/01/2017 à 12h52 | Répondre

Tamia (voir son site)

Ton article est passionnant !
Il permet de bien positionner les choses et de bien comprendre les mécanismes d’apprentissage…

le 26/01/2017 à 13h00 | Répondre

Eléonore

Bonjour Claire,
C’est toujours un plaisir de lire tes articles. J’ai suivi la préparation de ton mariage bilingue et multiculturel comme le mien sur Mademoiselle Dentelle, site qui m’a fait découvrir celui-ci et Sous notre toit. A cause de ma timidité (même sur le web!), je n’ai jamais pris la plume pour réagir à tes articles alors que les sujets que tu abordes me parlent quasi toujours. Le sujet de celui-ci est tel que, cette fois, je saute le pas et je commente;-) Aahh, la grande question du bilinguisme!! Combien d’heures n’ai-je pas débattu sur ce sujet! Je suis belge et j’ai donc grandi dans un pays officiellement bilingue. J’adorais le néerlandais que j’ai finalement délaissé au profit de l’anglais et de l’italien. J’ai étudié la traduction (anglais-italien) et je travaille comme traductrice depuis bientôt 10 ans. Mon mari est italien et, après avoir habité dans un pays franchophone, nous habitons maintenant en Italie. Voilà pour ma présentation;-) Pour revenir à l’article, je partage tous tes points de vue … sauf un: pour moi, un vrai bilingue est une personne dont le niveau dans les deux langues est le même (ou quasi le même). De mon point de vue, les vrais bilingues sont donc assez rares. J’ai l’impression qu’un tas de gens se considèrent bilingues un peu trop rapidement, simplement parce qu’ils connaissent relativement bien une langue étrangère. Beaucoup de personnes me considèrent bilingue français-italien, ce qui me fait toujours sourire. Même si je vis en Italie, que j’entends et lis l’italien à longueur de journée, je ne me considère pas pour autant bilingue. Je trouve par exemple très difficile de raconter une histoire à mes petits neveux italiens, ça ne me vient pas naturellement. Autre chose (que tu n’abordes pas dans l’article mais c’est un sujet abordé dans les commentaires), si nous avons un jour des enfants, je refuserai de leur parler italien, mais leur parlerai français. Un enfant a besoin de bases linguistiques solides et je ne souhaite pas qu’il reproduise mon léger accent ou certains calques. Ce sera inévitable, il m’entendra parler italien de temps à autre, mais il me semble qu’en ce qui concerne les couples bilingues, il est mieux que chacun parle sa langue maternelle à l’enfant. C’est juste mon opinion personnelle et je comprends que d’autres aient un autre point de vue sur la question. Vivement tes prochains articles;-)

le 26/01/2017 à 16h27 | Répondre

Luciole

Oui, je n’avais pas évoqué ce point, mais si nous parlons chacun dans notre langue maternelle, c’est aussi parce que nous faisons beaucoup des erreurs ou des approximations dans la langue de l’autre.

le 26/01/2017 à 17h58 | Répondre

Clara

Je pense que la définition du bilinguisme varie beaucoup selon les personnes. Pour certains (dont toi visiblement), il faut avoir un niveau équivalent à sa langue maternelle dans deux langues. Pour d’autres, il suffit de comprendre les séries TV étrangères pour se dire bilingue.
Perso, je mets la barre au milieu. Pour moi, on est bilingue quand on est aussi à l’aise dans deux langues différentes. Quand on s’exprime aussi facilement, qu’on se moque de la langue dans laquelle on est interpellé et qu’on ne fatigue pas à parler cette langue avec laquelle on n’est pas née.
Ca ne veut pas dire pour autant qu’il ne nous manque pas certains mots de vocabulaire (mais bon je n’ai pas la prétention de penser tout connaître en français) ou qu’on ne fait pas de fautes de grammaire. Mais rien ne nous empêche de transmettre nos idées.

Je pense que pour les enfants qui ne sont pas forcément confrontés à deux cultures, entendre une autre langue, même non parfaite, est toujours un atout. On discerne des sons nouveaux, on remarque des constructions de phrases différentes, voir un alphabet nouveau. Les fautes et l’accent seront facilement corrigées avec le temps par l’école ou la TV/radio/vie à l’étranger.

Je trouve qu’en France on est trop concentré sur l’envie de parler parfaitement/élégamment. et ça nous bloque au final pour apprendre d’autres langues. En anglais ou en espagnol, on se concentre tellement sur l’accent et la grammaire que l’on n’ose plus s’exprimer. Pourtant je trouve qu’il vaut mieux communiquer avec des fautes (qui généralement n’empêchent pas la compréhension de l’interlocuteur) plutôt que de rester muet.

le 26/01/2017 à 19h14 | Répondre

Claire Gezillig (voir son site)

Le truc à définir les bilingues ainsi c’est que l’on ne prend pas en compte la variété des situations. On a une prof à l’école qui n’a que la nationalité néerlandaise ; elle a deux parents néerlandais, est née aux Pays-Bas et ses parents lui ont toujours parlé en néerlandais, c’est donc sa langue maternelle. Mais elle a déménagé en France à 3 ans, a fait toute sa scolarité en France et est bien plus à l’aise en français qu’en néerlandais (d’autant que vite enfant, elle a commencé à répondre en français à ses parents), pourtant, aujourd’hui, elle parle pourtant « couramment » le néerlandais (on peut discuter de couramment aussi)… Et c’est un exemple parmi mille. Car la plupart des enfants qui grandissent avec deux langues ont une langue dominante mais qui peut changer suivant les situations de vie (même moi qui ai appris mes deuxième et troisième langues tard et qui est loin de très bien les maitriser, je peux dire que si je ne fais pas attention, mon français pâtit parfois de mon multilinguisme)
Je comprends, conçois ta définition du bilinguisme mais pour moi, elle est trop restrictive par rapport à la diversité des situations, et si on la prend strictement, il n’y a finalement pas de bilingues.
Et comme Clara, je suis un peu fatiguée du perfectionnisme qui crée le blocage.
Mais personnellement, je suis aussi plutôt pour parler sa langue maternelle à son enfant sans condamner, loin de là, ceux qui font différemment (mais j’ai développé au dessus)

le 29/01/2017 à 13h56 | Répondre

Choupichette (voir son site)

Merci beaucoup pour cette article très bien écrit (je voulais débattre mais en fait je suis d’accord avec tout ce que tu dis), j’ai hâte de lire les suivants !
J’ai peut être mal lu mais du coup question : à partir de quand peut on mettre une langue dans notre « liste » ? Je m’explique
Je suis née au Liban de parents tous 2 libanais mais suis arrivée en France âgée de 8 mois. Je parle donc français et libanais (certains mots m’échappe parfois mais je parle tous les jours avec mes cousines sans soucis)
En plus de ça je suis très à l’aise en anglais (je peux tenir une conversation, regarder un film ou une série sans sous titres…)
Et pour l’Espagnol j’ai un niveau plutôt scolaire c’est à dire que je vais tout comprendre mais pour m’exprimer je vais bcp chercher mes mots (cela dit après 2 jours à Madrid je me faisais facilement comprendre)
Alors du coup je me considère comme bilingue ? trilingue ? quadrilingue ?

J’ai aussi entendu parler d’une « théorie » qui dirait qu’un enfant ayant au minimum 2 langues dès son plus jeune âge, sera facilité dans l’apprentissage de nouvelles langues par la suite. Qu’en penses tu ? En tout cas pour mes frères et moi c’est largement vérifié (même en Italie, langue jamais étudiée, je réussissais à lire, comprendre et utiliser des mots clés)

Pour les parents soucieux je n’ai qu’une chose à vous dire : parlez à vos enfants dans vos langues ! ils sont capable d’apprendre beaucoup, ils ne vont pas mélanger les langues, et cela ne les retardera pas. Pour le peu d’enfants que j’ai vu, les parents qui attendaient qu’ils aient assimilés 1 langue avant d’en introduire une autre n’ont pas réussis. Je pense qu’une fois la capacité à se faire comprendre acquise, les enfants ne feront plus l’effort de s’exprimer naturellement dans une nouvelle langue.
J’ai deux exemples :
-le premier c’est tous les amis libanais de mes parents : soucieux que leurs enfants ne maîtrisent pas la langue de leur pays d’accueil, ils regrettent aujourd’hui que leurs enfants ne parlent pas libanais (je ne peux compter le nombre de personnes surprises de m’entendre parler ^^)
-Le second : le fils de mon cousin qui vit au Liban, il a 8ans et ne parle presque pas libanais. La raison est que ses parents voulaient vmt qu’il maîtrise l’anglais, donc à la maison ils ne parlaient que cette langue en attendant qu’il la maîtrise pour parler libanais. Resultat à la maison il parle anglais, à l’extérieur libanais mais avec bcp de mal.

le 26/01/2017 à 17h39 | Répondre

Claire Gezillig (voir son site)

On n’a pas besoin d’avoir de liste de ce qu’on parle, on se définit suivant ce qui nous semble pertinent et c’est subjectif et tant mieux 🙂

Pour moi, c’est pas oui ou non, je parle cette cette langue ou je ne la parle pas, c’est un continuum, une ligne, qui va de « pas tout du maitrisé » à « excellente maitrise » et on se situe quelque part entre les deux… Et ça peut évoluer 🙂

Mais dans ma définition du bilinguisme / multilinguisme ne prend pas la maitrise comme critère premier mais l’utilisation : est-ce que j’utilise ces langues quotidiennement/régulièrement pour communiquer dans une situation non artificielle ?

Pour le fait que le bilinguisme précoce facilite l’apprentissage des langues plus tard, oui car la crible phonétique n’est pas encore fixé donc se développe plus et les circuits neuronaux se font à un âge où la plasticité cérébrale est plus forte… Donc qu’elle que soit la deuxième langue que vous amenez à votre enfant, ça sera bénéfique pour lui (pour l’apprentissage d’autres langues mais aussi pour son ouverture au monde et à la diversité)

le 29/01/2017 à 14h05 | Répondre

Laura

Merci Claire pour cet article très complet. J’ai appris l’anglais assez tard (à 15 ans) par immersion totale pendant 1 an (je ne parlais que anglais toute la journée tous les jours) et en rentrant en France je n’étais plus aussi à l’aise et français, je me trompais de mot parfois ou je faisais des fautes et surtout (le plus surprenant) j’avais un très fort accent franc comtois, comme mes grand-tantes, alors que je ne parlais pas comme ça avant mon départ !! Ça agaçait beaucoup mes parents. Par la suite j’ai eu l’impression « d’oublier l’anglais » faute de le pratiquer, bien que à chaque fois que j’ai été replongée dans un environnement anglophone plus de 10 jours, je constate que tout me revient assez aisément. Je dirais même que je parle mieux anglais aujourd’hui qu’à la fin de mon séjour d’un an car j’ai acquis un vocabulaire professionnel assez riche. Donc je plussoie ton affirmation « il est rare de parler 2 langues aussi parfaitement l’une que l’autre au même moment ». Mais du coup parler anglais me manque un peu. .. Je pense parfois en anglais et ça me frustre de ne pas pouvoir m’exprimer dans cette langue. Pour compenser je parle anglais à mon chat (comme ça je n’ai pas peuréussi de faire des fautes !!). J’aimerais beaucoup transmettre l’anglais à mes futurs enfants car c’est ma langue « de coeur », j’y suis Très attachée, mais je ne sais pas si j’oserai leur parler anglais au quotidien !!

le 28/01/2017 à 14h54 | Répondre

Claire Gezillig (voir son site)

Merci à toutes de vos retours, j’ai répondu rapidement aux questions des commentaires (j’espère que mes réponses sont claires et sans trop de coquilles).
L’accueil fait à cet article me motive pour finir d’écrire la suite 🙂

le 29/01/2017 à 14h07 | Répondre

Miss Chat

Bon j’ai mis le temps à venir répondre mais soit…
Tu es en train de me faire changer d’avis sur ce qu’on met derrière le terme bilingue alala 😉 Comme je te disais, je comprends les différents points de vue sur la question et je pense que « ta » définition est celle qui a le plus de sens à l’heure actuelle, au vu du monde de plus en plus global dans lequel on vit.
Mon souci vient notamment du fait que, si j’applique cette définition à mon cas, je suis trilingue (voire quadrilingue)… or je ne me SENS pas trilingue. Je sais que je parle vraiment très bien anglais, que je maîtrise bien l’espagnol qui est la langue de mon père… mais je ne suis pas native de ces langues, je les maîtrise moins bien qu’un Britannique ou qu’un Espagnol. Du coup, je me sens illégitime à me définir comme bi/trilingue. Un bilingue aura une compréhension et une utilisation de toutes les subtilités de la langue que je n’ai pas (encore ?)
Ce qui ne veut pas dire qu’une langue maternelle est parfaitement maîtrisée, je suis entièrement d’accord ! Mon père en est le parfait exemple : l’espagnol est sa langue maternelle mais, comme il a immigré en Belgique à l’âge de 5 ans, le français est devenu sa véritable première langue. Son niveau d’espagnol, bien que courant, n’est pas très bon (il fait des erreurs de style ou de grammaire et ne connaît pas tous les mots). Ca reste sa langue maternelle…
Du coup, je reste sur mon idée que la langue maternelle est celle avec laquelle tu grandis (dans le cas de mon père et le mien à un moindre niveau, français-espagnol), peu importe son niveau de maîtrise. Par contre, pour une langue étrangère apprise « après », alors je pense être prête à reconnaître qu’on peut considérer du bi/tri/etc.-linguisme à partir du moment où la maîtrise est suffisamment bonne pour ne pas que la communication soit entravée. C’est difficile de définir précisément donc où on met cette limite mais cela reflète probablement plus la situation de beaucoup de gens.
Ca dépend peut-être du contexte aussi. Ici en Belgique, j’ai remarqué qu’on était beaucoup plus sévère qu’en France concernant le niveau de langues, je suppose parce qu’on est habitué à avoir des polyglottes ? J’ai travaillé avec la France l’année passée et je tombais régulièrement sur des personnes se disant « bilingue » ou « parlant très bien » une autre langue : avec nos standards belges, ils dépassaient rarement le 5/10…
Sur ce beau pavé, je te laisse méditer Claire et je retourne ajouter trilingue à mon CV 😉

le 02/02/2017 à 12h21 | Répondre

Claire Gezillig (voir son site)

wahooo, je suis trop fière de presque te faire changer d’avis ;p
Plus sérieusement, en vrai, comme je te l’ai déjà dit, je pense que ta définition est aussi vraie mais trop restrictive pour les réalités auxquelles je fais face c’est pour ça que je préfère la mienne.
Après, en ce qui concerne le label personnel, on n’en a pas vraiment besoin… Ou plutôt, on choisit ce qui nous parle, ce qui semble juste suivant sa sensibilité.
Pour moi, c’est la même histoire que quand on me demande « tu parles néerlandais ? », je peux répondre oui (car en effet, je parle dans cette langue quotidiennement) mais je peux aussi dire « qu’est-ce que tu entends par parler ? » parce que mon niveau n’est pas parfait et pas suffisant au regard de ma frustration…
Sur mon CV, j’ai mis les niveaux du CECR et si on me demande si je suis bilingue, trilingue etc, je réponds en général : je parle au quotidien les 3 langues même si je fais encore des fautes en anglais et que mon néerlandais est bien meilleur en passif qu’en actif.
Bref, à toi de te définir comme tu veux 😉

le 05/02/2017 à 15h49 | Répondre

Marine

Bonjour, je viens juste de lire cet article, mais c’est peut être trop tard pour reagir..? Je vis en angleterre depuis 20 ans. je suis mariée a un anglais et nous avons 2 enfants de 5 et 8 ans. Pour une raison ou une autre, leur français n’est pas au top.. je pense qu’ils comprennent beaucoup mais me repondent presque tjrs en anglais. Est ce trop tard pour peut être parler français plus a la maison? Ou est ce que j’ai louper le coche pour assurer qu’ils soient bilingues? Ca a été difficile de maintenir le français vu que mon mari ne le parle pas vraiment et tout mon entourage est anglais… Merci d’avance pour vos conseils. X

le 08/08/2017 à 21h41 | Répondre

Laura

Bonjour ! J’ai adoré cet article. Et je suis de plus en plus convaincue de cette aventure du bilinguisme chez nous : maman Espagnole, professeur de français qui décide de parler aux enfants qu’en français depuis leur naissance… 6 ans plus tard et avec pas mal d’obstacles sur la route, je vois/j’entends parler mon fils en français avec sa sœur et en espagnol avec son papa. Et oui, je fonds d’amour.
L’été prochain on cherchera une famille intéressée à une échange. L’immersion linguistique s’y impose.

le 02/09/2018 à 17h59 | Répondre

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