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Choisir le pays où adopter


Publié le 27 octobre 2018 par Mme Espoir

Quand il a été clair que nous ne pourrions adopter qu’à l’international, la question a été de savoir vers quels pays nous tourner. Là, mon côté contrôle freak (or-ga-ni-sa-tion est le maître mot !) a pris le dessus. J’ai donc cherché sur Internet et épluché pays après pays, notamment grâce aux sites de l’AFA et de l’EFA. J’ai ensuite réalisé un tableau pour récapituler toutes les données afin d’avoir une situation claire des choses.

Sélectionner les pays

Dans quel pays pouvons-nous adopter ? Dans un premier temps j’ai retenu absolument tous les pays qui nous étaient ouverts et qui avaient signé la Convention de La Haye. Nous avons un moment caressé l’idée d’adopter en individuel mais finalement laissé tomber ce projet pour diverses raisons.

Dans mon tableau j’ai donc précisé :

  • Le nombre d’adoption en 2015, 2016 et 2017 (histoire d’avoir une idée des chances pour que notre projet aboutisse dans chaque pays).
  • Les années de mariage demandées (parce qu’on est des très jeunes mariés).
  • Le temps passé sur place, le coût (parce qu’on a beau avoir un peu d’argent de côté, on ne pourra quand même pas y mettre une fortune et qu’on ne peut s’absenter autant qu’on veut du travail).
  • L’âge des enfants proposés à l’adoption (parce qu’on s’est fixés une limite d’âge).
  • Les OAA (Organismes Autorisés pour l’Adoption) habilités à agir dans le pays (et s’il est présent dans notre département sans ça nous ne pouvons y postuler).
  • Les informations diverses qui peuvent se révéler utiles (s’il faut faire des stages, connaître la langue…)*

* Purée, ça en fait des parenthèses dans cette énumération !!

Choisir le pays où adopter

La maniaque du tableau Excel, c’est moi !!

Et les nominés sont…

Mon tableau paraît simple comme ça mais j’y suis revenue plusieurs fois au fur et à mesure des informations que je récoltais.

C’est très bien les données rationnelles. Mais il y a également d’autres paramètres à prendre en compte qui ne se mesurent pas vraiment et ne rentrent pas dans mon tableau. Il s’agit du ressenti et de nos désirs. Au départ je notais vraiment tous les pays puis petit à petit j’en ai éliminés car il m’était impossible d’imaginer y adopter. Idem pour mon mari. C’est bête mais j’ai le sentiment qu’il faut un minimum apprécier l’endroit d’où viendrait notre enfant. Après tout, nous allons devoir lui en parler et mieux vaut le faire de manière positive sans donner l’impression de se forcer. Quand on en a parlé avec la psychologue lors de l’agrément, elle nous a dit que c’était en effet un élément important.

Choisir le pays où adopter

Crédits photo (Creative Commons) : Alexas_Fotos

Alors, quels pays ressortent ?

  • En Amérique : Chili, Colombie
  • En Europe : Bulgarie
  • En Asie : Vietnam, Thaïlande, Chine, Inde, Mongolie, Sri Lanka

Hum… Comme tu peux le constater, notre cœur balance fortement vers le continent asiatique ! De plus les enfants adoptables dans les pays comme le Vietnam présentent souvent des pathologies que nous nous sentons prêts à prendre en charge (hépatites et fentes labio-palatines notamment).

Et ensuite ?

Une fois ces pays sélectionnés, il faut envoyer sa candidature dans les OAA qui peuvent agir dans ce pays et contacter l’AFA (Agence Française pour l’Adoption). Ce sont véritablement eux qui ont le pouvoir de décider dans quel pays tu pourras adopter. Je sais que certains couples se posent moins de questions que nous et envoient leurs candidatures dans toutes les OAA. C’est tellement difficile d’être retenus par un organisme qu’il faut mettre toutes les chances de son côté.

Cependant je ne tenais pas à perdre du temps : nous savions ce que nous désirions et ce qui nous était possible. Ce n’était pas simplement un caprice de notre part, notre rencontre avec le médecin de la COCA (Consultations d’Orientation et de Conseil en Adoption) nous avait conforté dans nos idées. Nous voulions nous concentrer sur les pays d’Asie quitte à élargir après coup.

Je me rends compte que nous avons très vite effectué cette étape dans notre parcours et avons peut-être mis la charrue avant les bœufs. En effet, un dilemme s’est posé lors de nos entretiens avec l’assistante sociale et la psychologue. Nous avons senti une nette pression pour nous positionner clairement sur les pays qui nous intéressaient. Or il faut savoir que si un ou des pays sont identifiés dans les rapports, cela peut nous fermer des portes ultérieurement. Imagine : tu indiques lors des entretiens que tu veux adopter en Inde. Et 3 mois plus tard, l’Inde ferme ses portes à l’adoption internationale. Ou encore tu fais part de ta volonté d’adopter en Colombie et il se trouve que tu ne rentres pas/plus dans les critères. Difficile après de se tourner vers un autre pays qui se sentira n’être qu’un pis-aller. Des situations comme celles-ci se produisent régulièrement. M. Chéridamour et moi avons donc joué cartes sur table avec les travailleurs sociaux. Nous avons avoué une préférence pour une adoption en Asie mais ne voulant pas nous restreindre nous étions également ouverts à d’autres continents, notamment l’Amérique du Sud. Ces 2 continents ont donc été clairement identifiés dans nos rapports alors qu’il aurait mieux valu rester avec un vague « adoption internationale ». Tant pis, ce qui est fait est fait…

Un pays s’est invité à la dernière minute (lors du dernier entretien avec la psychologue) : la France ! Hé oui, comme je te l’ai dit, nous étions persuadés ne pas rentrer dans les critères pour l’adoption d’un pupille mais les choses ont bougé depuis le début de notre parcours.

Espérons que nos choix pourront se révéler être les bons.

—–

Et toi, quels pays t’attirent ? Comment as-tu déterminé vers quel pays te tourner pour l’adoption ?


Tu en as marre de courir les magasins pour les fringues des enfants ? Et ce tous les mois, vu à la vitesse à laquelle ils grandissent ? Et je ne parle pas du petit qui hurle (que ce soit le tien ou celui d’une autre, grrr) parce qu’il ne veut pas essayer ce pull-là… Et si tu recevais directement chez toi de jolis looks (du 1 mois au 14 ans !) à essayer TRAN-QUILLE-MENT. Ça va ? Tu gardes et tu payes. Ça ne va pas ? Tu renvoies gratuitement. Bref, viens vite tester Little Cigogne !

Commentaires

12   Commentaires Laisser un commentaire ?

Mélinda

C’est fou à quel point vous devez vous montrer stratèges, lors de cette étape et des étapes précédentes. Je me sens suspendue à ton histoire, j’espère de tout cœur lire bientôt une chronique sur une issue heureuse.

le 27/10/2018 à 08h50 | Répondre

Mme Espoir

Je ne sais pas si on est stratèges… On réfléchit c’est sûr mais je dirais comme tous les parents quand ils ont des décisions à prendre pour avoir un enfant / concernant leur enfant.

le 27/10/2018 à 19h19 | Répondre

Claire Gezillig

Merci de partager toute la démarche avec nous, je trouve ça courage et hyper instructif 🙂

le 27/10/2018 à 11h08 | Répondre

Mme Espoir

Tant mieux si ça apprend des choses !

le 27/10/2018 à 19h25 | Répondre

Folie douce

Et bien je suis moi-même organisée mais là je dois avouer que je suis impressionnée par ton tableau! Pour les préférences indiquer des continents c’est quand même bien plus large que d’indiquer un seul pays. Je crois en les doigts pour vous en tout cas!

le 27/10/2018 à 11h20 | Répondre

Mme Espoir

J’ai décidé de faire le tableau parce que je me suis très vite rendue compte que ça serait compliqué de garder tout en mémoire. Pour ce qui est du continent, c’est quand même déjà réducteur. Mais de toute façon on est assez d’accprd avec mon mari pour ne pas sortir des continents qu’on s’est fixés.

le 27/10/2018 à 19h50 | Répondre

Mlle Mora

C’est toujours aussi passionnant de te lire et de découvrir tout ce qui se cache derrière le mot adoption…
Je croise tellement les doigts pour vous !!

le 27/10/2018 à 15h02 | Répondre

Mme Espoir

Merci ! C’est vrai qu’on ne se doutait pas avant de se lancer de tout ce qu’on allait devoir réfléchir/découvrir.

le 27/10/2018 à 19h51 | Répondre

Akikebouh

J’ai été amusée (et rassurée ?!) de voir que nous avons fait un tableau similaire. Ayant un enfant biologique et ayant eu une maladie grave (oui même si tu es guérie, cela rentre en jeu dans les critères, on est encore loin du droit à l’oubli), mes annotations sont un peu différentes des tiennes mais cela est très similaire 😉
Par contre, nous n’avons rien de précisé dans notre agrément, pas par stratégie mais parce que nous n’avions pas encore fait une étude approfondie des pays possibles.
En tout cas bon courage pour la suite !

le 27/10/2018 à 20h34 | Répondre

Mme Espoir

Je suis également rassurée de savoir que je ne suis pas la seule ! Les travailleurs sociaux ne vous ont pas posé de questions sur vos préférences géographiques ?

le 29/10/2018 à 08h38 | Répondre

Elise

C’est vraiment passionant! Quel travail derrière ce projet, j’espère vraiment qu’il aboutira! Une question de curiosité: pourquoi avoir éliminé tout le continent africain? Il n’y avait pas de pays qui auraient pu être des candidats? Sinon, rien à voir mais j’ai une petite fille ayant une fente labiale et ça s’opère vraiment très facilement 🙂

le 28/10/2018 à 08h51 | Répondre

Mme Espoir

Il y a plusieurs raisons pour le continent africain :
– la partie Maghreb n’accepte pas l’adoption
– beaucoup de pays nous sont fermés (années de mariage, temps sur place, pas d’OAA correspondant dans notre département, pays se fermant…)
– le médecin de la COCA nous l’a déconseillé car les enfants ont un vécu vraiment difficile et nous ne nous sentons pas de faire face à certaines situations.

Nous avons également éliminé l’Europe qui ne correspond pas du tout à notre projet.

En France nous avons de très bons spécialistes pour la fente labio-palatine. Ça doit faire mal au coeur de voir son enfant avec, mais il parant en effet que ça s’opère très bien.

le 28/10/2018 à 20h28 | Répondre

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