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Comment Crapouillou a vécu l’arrivée de son petit frère


Publié le 6 mai 2017 par Madame Vélo

Pendant la grossesse

Comme je te l’ai raconté, nous avons dû évoquer très rapidement avec Crapouillou le fait que maman avait un bébé dans son ventre. Sans doute un peu trop tôt. Au début, bien sûr, il ne montrait pas beaucoup d’intérêt pour cette nouvelle information, mais à 14 mois le contraire m’aurait étonné. Ceci dit il a quand même vite compris que maman était fatiguée et qu’il fallait lui laisser du temps pour se reposer, qu’il n’était plus possible de grimper sur maman comme avant, et surtout qu’il était désormais strictement interdit de donner des coups de pieds pendant que maman changeait la couche. Rapidement il s’est mis à soulever mon tee-shirt pour faire un bisou au bébé. Avait-il fait le lien entre un « vrai » bébé (il savait ce qu’était un bébé pour en avoir côtoyé chez la nounou ou chez des amis) et le bébé qui était dans le ventre de maman ? Impossible de savoir. A 5 mois de grossesse je lui ai acheté le livre « Tchoupi, maman attend un bébé » et à chaque lecture il montrait mon ventre et soulevait mes vêtements pour faire un bisou au bébé. Mais bizarrement à chaque fois il zapait contentieusement la dernière page où Tchoupi va à l’hôpital découvrir sa nouvelle petite sœur.

Vers 7 mois de grossesse il a commencé à me parler de « bébé sortir ». Le temps a dû lui paraître bien long ! Pendant la préparation à l’accouchement, la sage-femme avait prévu une séance avec les aînés, pendant laquelle elle proposait aux aînés de faire un dessin et elle leur lisait une histoire racontant la conception d’un bébé, son évolution dans le ventre de la maman, et la naissance. Crapouillou paraissait très occupé à faire des traits sur sa feuille, mais il écoutait mine de rien car à la fin de l’histoire il a dit « bébé, sortir ». La sage-femme lui a aussi proposé d’écouter son cœur avec le doppler, puis le cœur du bébé.  Il m’a ensuite régulièrement reparlé du cœur qui fait boum boum.

Quand j’ai commencé à préparer les affaires pour le bébé (sortir les cartons de vêtements pour les nettoyer, trier l’armoire pour ranger les petites turbulettes, installer le lit de cododo et le transat, etc.) il participait avec entrain, en parlant du bébé.

J’ai quand même été assez impressionnée par ce qu’il avait l’air de comprendre, vu son jeune âge (20 mois à la naissance).

Il m’a même complètement scotchée quand à 8 mois de grossesse il a ressorti une peluche hérisson qu’il n’avait jamais calculée jusque-là, ainsi qu’un petit biberon qui trainait dans sa caisse de jeu, pour jouer à donner le biberon au hérisson, le coucher dans le lit de cododo, revenir quand le hérisson pleure, repartir préparer le biberon, etc.

Crédit photo : photo personnelle. Le hérisson avec le doudou de Crapouillou !

A la naissance

Ainsi, lorsque nous l’avons réveillé en pleine nuit pour lui annoncer qu’on partait à l’hôpital pour que le bébé sorte du ventre de maman il a eu l’air de bien comprendre ce qu’il se passait.

Lorsqu’il est venu le lendemain à la maternité, il a foncé vers moi pour me donner un dessin qu’il avait fait avec sa GrandMamou, il m’a à peine fait un bisou, puis est allé directement vers le lit pour voir le bébé. Il avait l’air content de voir ce petit bébé, il le regardait en souriant et voulait lui faire des bisous. Malheureusement nous avons été obligé de calmer ses ardeurs car il avait une angine blanche. Puis au bout de 5 minutes il s’est lassé et a voulu aller jouer dans le couloir.

Le retour à la maison

Le retour à la maison a été un peu plus compliqué. Je suis rentrée un vendredi, ce qui permettait de commencer par un week-end, donc avec Monsieur Solex à la maison. Les deux premiers jours, Crapouillou m’a totalement ignoré. S’il avait besoin de quelque chose il allait chercher son père, même si j’étais juste à côté de lui. Il n’a pas du tout aimé me voir allaiter son petit frère. Dès que je mettais P’tit Matelot au sein il se mettait à grogner et il me tirait par la manche en disant « non, jouer ».

Heureusement, il n’a pas été perturbé dans son sommeil. Par contre il réclamait que je le porte, tout le temps. Même pour passer de la voiture à la maison (10 mètres à tout casser), voire même pour aller d’une pièce à une autre. Bah oui, maman porte le bébé, pourquoi pas moi ?! Sauf que je ne pouvais pas trop à cause de mon périnée en miette. Je lui ai expliqué que maman était cassée, qu’il fallait qu’elle attende d’aller voir le docteur pour se réparer. Mais rien à faire, même s’il a bien compris cette histoire de maman cassée, il voulait quand même être porté. Au bout d’une semaine de crises j’ai craqué, tant pis pour mon périnée.

Lorsqu’il allait chez la nounou il pleurait. Je pense qu’il ne comprenait pas pourquoi il devait partir alors que le bébé restait avec maman. Et même si les journées se passaient globalement bien lorsque je les avais tous les deux à la maison, au bout d’un mois je me suis effondrée car une chose m’a sauté aux yeux : Crapouillou était « déprimé ». Le mot est peut-être un peu fort. Il n’empêche que je le trouvais triste. Il ne riait presque plus (enfin, pas autant qu’avant), ne jouait plus (il me réclamait tout le temps de jouer avec lui, mais en fait il me regardait jouer et ne jouait pas lui-même), pleurait souvent, dormait beaucoup, mangeait peu. Et ça m’a rendu très très triste de me rendre compte de cela. Sans compter qu’avec le froid et la pluie on ne sortait pas tous les jours, alors que c’est un enfant qui adore être dehors et qui a besoin de sortir.

Ajouté à cela les maladies d’hiver qui ont continué de l’embêter, et ses prémolaires qui ont décidé de sortir en grandes pompes.

Heureusement les vacances de février sont arrivées, et il est allé passer trois jours chez ses grands-parents paternels. Nous avons enchaîné directement par quelques jours de vacances en famille du côté de St Malo, puisque Monsieur Solex était enfin en congé paternité. Puis quelques jours chez mes parents au bord de la mer. Au total il a passé presque deux semaines dans un environnement différent, avec toujours du monde pour s’occuper de lui et des activités variées à faire. Il a repris du poil de la bête et est redevenu le petit garçon rieur, farceur et plein de vie qu’il a toujours été.

Photo (creative commons) : Sathyatripodi

Et depuis ?

Crapouillou continue d’évoluer tous les jours. Il a parfois des réactions que j’hésite à attribuer entre des crises de « terrible two » ou de la jalousie envers son frère.

Il reste mignon, câlin et protecteur avec son frère. Lorsque P’tit Matelot pleure il vient me voir en disant «Maman, P’tit Matelot pleure ! », sous-entendu « Maman, fais quelque chose » ! Il me demande souvent si P’tit Matelot a faim, ou s’il a mal, ou s’il va dormir. Il veut toujours monter sur une chaise pour voir son frère pendant que je lui change la couche. Il va le voir lorsqu’il est sur son tapis d’éveil et lui raconte des histoires, lui montre des jouets, lui fait des bisous et des câlins.

Crédit photo : photo personnelle. Mes deux loulous heureux de se dire bonjour le matin !

En revanche il a parfois des comportements agressifs envers son petit frère. Il lui pince les joues, lui met les doigts dans les yeux, lui appuie sur le ventre, le tape. Je pense que ce n’est pas dirigé contre son frère, mais contre moi. C’est une manière de me faire réagir car il sait que je ne veux pas qu’il fasse ça. C’est à la fois dans le contexte de l’opposition et à la fois pour que je m’occupe de lui. Parfois je le vois s’approcher de son frère et je me retiens de réagir et de lui dire « Attention à P’tit Matelot » car si je ne dis rien il reste gentil, tandis que si je dis quelque chose il fera forcément quelque chose d’interdit.

J’ai essayé aussi de lui apprendre à dire qu’il est jaloux. Poser des mots sur ce qu’il ressent. Car oui, bien sûr, il est jaloux parfois. C’est bien normal. Mais je ne veux pas que cette jalousie s’exprime par de la violence.

Conclusion

Je dirais que l’arrivée du petit frère s’est globalement bien passée. Crapouillou a développé son naturel empathique et a appris à partager sa maman. Le premier mois a été difficile, mais sans doute aussi dû à d’autres facteurs comme la saison et le fait que Monsieur Solex n’ai pas pu prendre son congé paternité tout de suite. Bientôt il ne se souviendra même plus qu’il a été seul avant, et avec le temps P’tit Matelot va grandir, commencer à se déplacer, et ils pourront développer une complicité fraternelle.

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Commentaires

15   Commentaires Laisser un commentaire ?

Die Franzoesin (voir son site)

Merci pour ce compte-rendu détaillé !! Ça me permet d’imaginer un peu mieux ce qui nous attend. Et je trouve l’initiative de la sage femme super !

le 06/05/2017 à 09h20 | Répondre

Madame Vélo

Oui c’était intéressant cette séance avec les aînés !

le 09/05/2017 à 13h46 | Répondre

Floconnette

Ha ce n’est jamais facile! Ici ça ne s’est pas du tout passé de la même façon, il avait 21m quand je suis tombée enceinte, 29 quand j’ai accouché. Mon aîné m’a repoussée au début de la grossesse et a été quasi totalement indifférent à ce bébé dans mon ventre. Pourtant j’avais des livres aussi. Quand le petit est né c’était pareil, il l’ignorait royalement. Par contre les crises d’opposition ont redoublé de force, c’était assez terrible. Il était aussi jaloux je pense, on lui avait achet éun livre sur la jalousie. Pareil parfois il embêtait son frère quand il fut un peu plus grand, m’accaparait en permanence, je devais lui redonner à manger à la cuillère etc.
C’était assez houleux mais pas la cata, je m’y attendais en fait. Et je ne culpabilisais pas car il était quand même en forme et je savais qu’il serait heureux à terme d’avoir un frère.
Pour la nounou il n’a rien dit, au contraire, il ne voulait pas que je laisse le petit là bas ! je pense qu’il se l’était attribué comme « son endroit » donc était content d’y aller. Quand le petit a commencé à y aller aussi à 5 mois ça s’est bien passé, je l’avais préparé.
Et maintenant (il a 3 ans passés, le petit a 9 mois), il adore son frère. Il est triste quand je le mets à la sieste du matin car il veut son petit frère. Il va le voir au réveil aussi et il faut voir le sourire du plus jeune! Ils jouent ensemble, le grand fait l’andouille et le petit est en admiration. Il lui lit des livres, ou va le chercher quand je lui lis une histoire pour qu’il entende aussi. Il l’embete encore parfois, mais personne d’autre que lui n’a le droit 😀 il est protecteur quand on est avec d’autres personnes « oh c’est MON petit frère!!! »
Je pense que chaque fratrie réagit différemment, mais je ne connais personne qui regrette d’avoir eu un frère ou une soeur!!

Sinon en livre je te conseille « un amour de petite soeur » d’Astrid Desbordes, qui est extra. Mon fils l’adore (mais que depuis que le bébé est né est plus grand), il me demande de remplacer la soeur par un frère, s’identifie, il adore. Là où je vois que vraiment, il aime son frère, c’est qu’il partage spontanément sa nourriture avec lui 😀 car aimant manger, il veut faire partager ses gourmandises à son frère, c’est trop adorable!
Et la première fois qu’il lui a fait un vrai câlin spontané, j’ai failli me mettre à pleurer…. C’est trop chouette deux enfants 🙂

le 06/05/2017 à 10h05 | Répondre

Madame Vélo

Merci pour ton retour d’expérience ! C’est clair que c’est craquant quand on les voit ensemble 🙂 Bon, ça sera aussi moins fun quand ils se battront pour le même jouet ah ah !

le 09/05/2017 à 13h48 | Répondre

Lftrouck (voir son site)

Très jolie article! Je dois accoucher de notre deuxième petite puce dans 7 jours et sincèrement, je suis terriblement stressée. Elle montre un grand intérêt pour sa petite sœur en lui faisant des bisous sur le ventre, soulever mon t-shirt… (tout comme Crapouillou) mais je me demande si ça sera toujours pareil après la naissance.
ton article me donne une petite idée, merci beaucoup !

le 06/05/2017 à 16h37 | Répondre

Madame Vélo

Oh tu viendras nous dire quand tu auras accouché ?
Ne t’inquiètes pas, ça va bien se passer ! C’est forcément dur pour eux, il faut s’attendre à des régressions et/ou des crises. Mais ils s’en remettent vite ! Bon courage pour les jours à venir en tout cas 🙂

le 09/05/2017 à 13h51 | Répondre

Claire (voir son site)

J’adore la photo des deux frères, trop mignonne.
Et merci pour ton témoignage 🙂

le 06/05/2017 à 17h00 | Répondre

Lutine Chlorophylle

C’est chouette cette séance impliquant les aînés ! J’espère que Pimprenelle pourra profiter d’une telle approche. 🙂
Merci pour ton récit. 😉

le 06/05/2017 à 18h06 | Répondre

Madame Vélo

Oui c’est une bonne initiative. Je pense que ça a plus ou moins un impact selon l’âge des aînés, mais Crapouillou, malgré son jeune âge, a eu l’air intéressé quand même.

le 09/05/2017 à 13h54 | Répondre

Viviane

Chez moi 14 mois d’écart entre numéro un et deux et une belle photo où j’allaite la cadette tout en donnant la cuillère à l’aîné dans sa chaise haute. Avec 25 ans de recul, que des bons souvenirs même si le temps gomme sans doute les moments les plus durs !

le 06/05/2017 à 20h54 | Répondre

Madame Vélo

Heureusement qu’on garde les bons souvenirs et qu’on oublie les plus durs 🙂

le 09/05/2017 à 13h55 | Répondre

Madame l'Abeille

Ton récit est très intéressant. Je retrouve quasiment les mêmes comportements chez ma fille aînée qui a 21 mois de plus que la seconde. Les petits livres préparant l aîné à l arrivée d un bébé ont été bien utiles pendant ma grossesse.
Par contre elle n’a pas manifesté de tristesse ou de jalousie lors des toutes premières semaines….mais maintenant que la seconde a plus de 2 mois elle manifeste clairement des comportements de jalousie : elle veut que je la porte quand je porte le bébé, elle ne supporte pas que je promène la seconde en poussette (heureusement qu’il y a l écharpe), elle m’a meme dit « Titine gros bébé  » (titine étant sa manière de dire son prénom)!

le 09/05/2017 à 13h58 | Répondre

Madame Vélo

Décidément, encore des points communs 😉
J’ai beaucoup usé de l’écharpe aussi au tout début pour que Crapouillou puisse continuer à aller dans la poussette. Ensuite on a installé un marche-pied derrière la poussette et il a beaucoup apprécié. En plus il peut en descendre facilement dès qu’il veut marcher donc vive la liberté ! Et je continue de l’appeler « mon bébé » même s’il n’est plus vraiment un bébé 😀 tant qu’il ne me demande pas d’arrêter c’est que ça lui plait et qu’il en a besoin !

le 11/05/2017 à 15h16 | Répondre

Mlle Mora

Hihi, ici, ça y est, la grande ne veut plus que je l’appelle « mon bébé », elle me dit « c’est pas moi bébé, c’est ma petite soeur, moi je suis grande ! » C’est chou !
Je me souviens aussi le retour de la maternité quand elle voulait que je la porte tout le temps et que je devais lui refuser à cause du périnée… C’est pas drôle cette période, mais finalement, ça ne dure pas longtemps et plus le temps passe et plus c’est génial de voir leur relation s’étoffer !

le 12/05/2017 à 17h23 | Répondre

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