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Comment on a décidé que l’on allait faire un bébé…


Publié le 3 juillet 2017 par Claire Gezillig

Dans l’épisode précédent, je te racontais comment une envie insidieuse de devenir mère m’avait prise et comment j’avais un peu mis l’amoureux devant une décision à prendre : s’il n’était pas prêt, à lui d’aller à la pharmacie chercher ma pilule, je la prendrai s’il le veut mais je ne ferai pas l’effort d’aller la chercher.

Source (creative common) : Alexas_photos

L’attente de la décision de l’amoureux

Pour ne pas avoir l’air de le prendre en traite, je lui rappelle régulièrement combien de pilules il me reste. Il ne dit pas grand chose, c’est le gros suspense… Par moment, il a l’air de pencher du côté « allons-y » et d’autre, c’est plutôt, « c’est trop tôt ». Et moi, j’essaie de rester calme et patiente pour ne pas l’influencer – même si je n’arrête pas de lui parler d’enfants juste parce que c’est impossible de ne pas le faire, j’y pense tous les jours, pour de longs moments…

Et un jour…

Mais à quelques jours de ma dernière pilule, il revient du travail pour m’annoncer, complètement chamboulé, que finalement, ses chefs ne sont pas sûrs de pouvoir le garder ! C’est la panique à bord.
L’amoureux a complètement oublié cette histoire d’enfant, il voit seulement qu’il risque de se retrouver à nouveau au chômage et ça lui fait peur.
Moi, obsédée par l’idée de la maternité comme je le suis, je pense tout de suite à ça et ça me fend le cœur. Mais surtout, le petit marché que je lui ai proposé (« tu vas chercher ma nouvelle pilule ou j’arrête ») me paraît tout d’un coup un trop gros poids à porter pour mon amoureux bouleversé. Je décide donc à contrecœur d’aller moi-même chercher une nouvelle boite de pilules. L’amoureux doit parler à ses chefs la semaine suivante, et moi commencer une nouvelle plaquette le vendredi, je me dis qu’au pire, je peux toujours ne pas la reprendre… Mais au moins, plus de pression pour lui.

Pour être tout à fait honnête avec toi, ça a été très dur d’aller à la pharmacie et comme la pharmacienne tardait à venir me ramener ma prescription, j’ai failli me barrer (oui et la laisser en plan…). Mais non, je suis repartie avec mon contraceptif.  Et quand l’amoureux a appris le lundi suivant que c’est sûr qu’on ne le garde pas, c’est moi qui lui ai dit « du coup, tu souhaites que je continue à prendre la pilule ? ». J’ai même dit que c’était sans doute plus sage.

Et puis, j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps en ayant mes règles. J’ai essayé de le cacher à l’amoureux parce qu’il avait déjà beaucoup à porter mais ça a été dur. Je n’avais plus aucun contrôle sur ce que je ressentais, j’avais juste envie de devenir mère.

(Petit aparté : ce n’est pas facile de te raconter tout ça et je me suis posée la question de savoir si je voulais donner cette image de moi… Moi qui aime les projets, les plans et le contrôle sur sa vie. Mais j’ai l’impression qu’aujourd’hui, il est de bon ton de faire croire qu’on ne se prend pas la tête avec les questions de reproduction et de maternité et que donc, ça peut culpabiliser de ressentir ce genre de choses alors qu’il est aussi important de ne pas oublier que l’on ne contrôle pas tout ce que l’on ressent…)

Des mois à fleur de peau

Les mois qui ont suivi ont été un peu compliqués. Surtout en période de règles où tout mon corps semblait se rebeller contre l’idée de ne pas être enceinte. Et je me retrouvais à avoir des crises de larmes.

J’en ai eu des envies dans ma vie. Des envies très fortes : partir à l’étranger, me marier…
Mais cette envie-là est différente. Elle me paraît profondément primaire.
Tu aurais pu faire la liste de tout ce qui fait que ce n’est pas raisonnable de faire un enfant à ce moment, j’aurais dit « ok » mais mon cerveau n’aurait pas traité l’information.
Et c’est du fond de l’estomac ou du cœur que je criais intérieurement « non, mais je veux !!! ».
Et dans ma tête, tourne la phrase « on n’a jamais fait des enfants pour des raisons raisonnables » (si ?)

Mais s’il y a bien une chose que je respecte, c’est la liberté de choix de l’amoureux. Et je ne pouvais pas assumer de lui forcer la main, je voulais que cet enfant, il le désire vraiment (au moment présent parce que sur le principe, il avait envie d’avoir des enfants… un jour), qu’il se sente prêt (enfin suffisamment, est-on jamais prêt à être parent ?).

Alors, j’ai pris mon mal en patience. J’essayais de lui parler de mon envie sans le culpabiliser ou lui mettre la pression. Ce n’était pas toujours facile, surtout quand les hormones prenaient le dessus (toi aussi, tu deviens à fleur de peau quand tu as tes règles ?) mais j’ai tenté de faire de mon mieux pour ne pas faire peser de pression sur sa décision.

Et finalement…

Et puis un jour donc, en janvier 2016, alors même qu’il est chômage, il m’a dit « je crois que je suis prêt, si tu veux ne pas reprendre ta pilule au prochain cycle, c’est bon pour moi ».

Ce n’était pas forcément le moment d’un point de vue raisonnable mais c’était le moment pour lui, pour nous.

J’ai donc arrêté ma pilule. On a décidé de garder ça secret pour nous deux et de ne pas se prendre la tête. Déjà après 10 ans de pilule, ce serait bien de voir à quoi ressemble mes cycles naturels…

On avait donc le temps pour concevoir, on pouvait le prendre comme ça vient.

Mais est-ce que cette envie au fond de mon estomac allait me laisser y aller relax ? Est-ce que ça allait prendre un mois, six, un an ? Est-ce que je n’allais pas complètement paniquer une fois enceinte ? La suite aux prochains épisodes…

Et toi, y-a-t-il aussi eu une envie très forte ? Un décalage entre ton envie et celle de ton partenaire ? Raconte !

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Commentaires

18   Commentaires Laisser un commentaire ?

Chacha d'avril

Ton passage sur l’envie viscérale est tellement beau et triste à la fois que j’en ai les larmes aux yeux.
Ton amoureux a retrouvé du travail depuis ?

le 03/07/2017 à 08h24 | Répondre

Claire Gezillig

Depuis, il a en effet retrouvé du travail et même, il est passé en contrat fixe… et puis, il adore son boulot, il s’y sent beaucoup mieux que celui d’avant ; tout bénéf’ 🙂

le 03/07/2017 à 08h41 | Répondre

Doupiou

Merci pour cet article ! Par contre ton petit aparté , je suis complètement d’accord avec toi : j’ai BEAUCOUP réfléchi pour la seconde grossesse ( 6 mois avant de décider du retrait du DIU). Donc oui on peut se prendre la tête avant de se lancer dans la « reproduction ».

le 03/07/2017 à 08h53 | Répondre

Claire Gezillig

Pour le coup, moi, j’étais en mode « c’est tout réfléchi » mais la prise de tête était cette envie viscérale, je culpabilisais un peu de le vouloir à ce point (au point d’en pleurer…)

le 05/07/2017 à 08h24 | Répondre

Die Franzoesin (voir son site)

Oh la la c est pas facile tout ce que tu as traversé (j imagine en plus que ce n est pas fini) et je pense que ca aurait beaucoup pesé sur mon couple dans une situation similaire… Est ce que tu as pu te confier à des amies ou des proches au moins ou tu as tout gardé pour toi sur le moment ?

le 03/07/2017 à 09h29 | Répondre

Claire Gezillig

Je ne voulais pas en parler à nos proches car j’avais peur que du coup, ça fasse une pression de plus à l’amoureux… Mais il y avait bien une personne au courant avec qui j’exprimais tout ça (la mère de ta filleule si tu veux tout savoir 😉 ) et c’était bien (pour moi, elle, j’ai des doutes lol) parce que je pouvais vider mon sac « ailleurs » que sur mon mari à qui je ne voulais pas mettre la pression.

le 05/07/2017 à 08h26 | Répondre

Étoile (voir son site)

Ton article m’a touché ! Je comprends ce que tu dis sur l’envie viscérale, et c’est d’autant plus dur quand il faut faire en face des choix raisonnés. J’ai ressenti cela pour Petit Prince, et je n’en pouvais plus d’attendre. En même temps, ce sentiment me rassure et me dit que j’étais vraiment prête aussi ! Et oui, ça fait mal quand tu te sens prête et que ce n’est pas encore possible 🙂 Ravie de lire que ton mari a trouvé mieux ensuite !

le 03/07/2017 à 10h30 | Répondre

Madame D

J’ai eu les larmes aux yeux en te lisant. Je ne sais pas si j’aurais réussi à tenir comme toi !

le 03/07/2017 à 11h00 | Répondre

Stella

Je te comprends quand tu parles de l’attente, tu as bien fait d’en parler. Il faut arrêter de véhiculer des stéréotypes du style « tout est beau, tout est parfait » surtout quand on parle de maternité!
Je comprends ton ressenti, je pense aussi tout le temps à ce bébé qui ne vient pas. Je ne pense qu’a ça même. Je n’ai envie de parler que de bébé ou de trucs de bébé.
Je vois qu’on est beaucoup comme ça!

le 03/07/2017 à 11h09 | Répondre

Madame Bobette (voir son site)

Ton histoire me touche et je me retrouve tellement dans cette envie viscérale… Pour moi aussi elle était là. Je pensais que arrêter la pilule la ferai passer mais ça a juste été une pause pour quelques mois. Quand les essais commencent à durer, cette envie revient vite et peu nous bouffer de l’intérieur…
Je suis contente de savoir que ton mari a retrouvé du boulot, fixe et qui lui plait. Vous allez pouvoir aborder cette naissance plus sereinement.

le 03/07/2017 à 11h18 | Répondre

Claire Gezillig

ah oui, malheureusement l’arrêt de la pilule ne résout pas le problème directement de l’envie viscérale quand ça tarde… Mais ça c’est le prochain épisode 😉

le 05/07/2017 à 08h27 | Répondre

Marie Obrigada

J’ai souri en lisant ta parenthèse car personnellement j’ai plutôt le sentiment inverse : il est rare et « malvenu » de ne pas prendre en compte tous les paramètres avant de lancer une grossesse (travail, santé, « être prêts », etc.). Nous y sommes allés en mode yolo, on vient de se marier, on veut fonder une famille, allons-y on verra bien ! ^^ et j’ai l’impression que c’est bizarre de ne pas avoir fait de plan de financement pour les 18 ans à venir (alors que mon mari était/est au chômage, que j’étais en CDD/fonctionnaire payée un Smic), ni pris d’acide folique ou autre.
Je pense que j’aurais eu beaucoup de mal à attendre le feu vert de mon mari. Et j’aime encore et toujours beaucoup te lire !

le 03/07/2017 à 12h03 | Répondre

Claire Gezillig

En fait, je pense qu’on pense la même chose, quand je disais « se prendre la tête », c’est pas dans le sens « se poser des questions sur la rationalité du projet », ça en effet tu as raison, beaucoup de gens le font, non, je voulais dire, j’avais l’impression d’être un peu seule à avoir une envie qui me tord le ventre et tous les arguments contraires qu’on aurait pu me donner…

le 06/07/2017 à 08h43 | Répondre

Claire (voir son site)

Ah, cette envie viscérale, je l’ai eu aussi.
Par contre, contrairement à toi, je n’ai jamais eu le feu vert de mon mari.
Il y avait toujours une « bonne raison » . Et puis je n’en pouvais plus d’attendre pour je ne sais pas vraiment quoi. A cette période, j’ai consulté une psychologue. Ce qui m’a vraiment fait beaucoup de bien. Ensuite, j’ai dit à mon mari que j’arrêtais la pilule, donc à lui de prendre les devant pour la contraception s’il voulais toujours attendre.
Bon, il n’a jamais pris les devant. Je crois que c’était trop difficile pour lui de me dire ok, on y va. Il était plus simple pour lui que je prenne la décision. Mais je trouve que c’est vraiment difficile de devoir prendre cette décision pour 2.

le 03/07/2017 à 15h16 | Répondre

Aliénor

Je me retrouve dans cette envie viscérale d’enfant, moi ça a été pour ma deuxième grossesse, enfin avant. Et c’est moi qui ai fait patienter mon mari par contre, avant de la ressentir.. Pas facile dans ce sens là non plus, il allait pas m’empêcher de prendre la pilule ^^

le 03/07/2017 à 19h28 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

J’ai été dans la même situation mais à la place de ton mari.
C’était vraiment une situation difficile à vivre pour moi. Entre l’envie de bebe et la raison, on a choisi la raison. Au final je ne regrette pas mais uniquement parce que les essais ont été très rapides et que j’ai retrouvé un boulot très rapidement également (après deux ans de recherche tout de même, donc j’étais pas hyper rassurée non plus).

le 06/07/2017 à 07h54 | Répondre

Claire Gezillig

Je pense que ce n’est pas évident à vivre des deux côtés… Dans le cas de mon mari, ce n’est pas la raison qui lui faisait dire « je ne suis pas prêt », la preuve, on s’est lancé dans une situation bien précaire (appartement en location à vendre, monsieur au chômage, madame jeune entrepreneuse…).

le 06/07/2017 à 08h47 | Répondre

Louanne (voir son site)

Je comprend totalement ce que tu ressent et d’un côté je me retrouve un peu dans ce que tu écris. En janvier 2016, je me suis retrouvée au chômage après 3 ans à temps plein. On en a parler en long en large et en travers et on est tombé d’accord pour tenter le 2éme dès juin 2016. J’attendais avec impatience de virer ma pilule. Persuadée de tomber enceinte au bout d’un mois comme l’aînée; j’aurai pu avoir un bébé de l’été, et ça aurait fait 2 ans et demi d’écart entre les deux, c’était parfait. Puis mes droits au chômage ont changé, et début décembre il m’a dit qu’on stopper les essais tant que j’aurai pas retrouver du travail. De mon côté l’envie n’est pas passé et c’est devenu obsessionnel.

le 11/07/2017 à 17h03 | Répondre

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