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Travail et désir d’enfant – Partie 2 – En adoption


Publié le 1 août 2019 par Mme Espoir

La question de mener travail et PMA avait été très présente durant nos essais. Il en est de même avec l’adoption.

Côté organisation

La gestion des absences allait encore être problématique avec l’adoption. Nous allions avoir de nombreux rendez-vous :

  • 1 réunion d’information
  • 3 rencontres avec l’assistante sociale + 1 en présence de Schtroumpfette
  • 2 rencontres avec la psychologue + 1 en présence de Schtroumpfette
  • 1 rendez-vous avec un médecin pour un certificat médical
  • 1 rendez-vous avec un médecin de la COCA (Consultation d’Orientation et de Conseil en Adoption) : pas obligatoire mais j’y tenais.
  • 1 absence pour assister à la délibération de notre agrément si nécessaire.
  • Des absences (encore non définies) si nous sommes retenus par une OAA.
  • Des absences pour des stages obligatoires si nous choisissons d’adopter dans un pays qui les demande (la Chine par exemple). Ces stages se font bien entendu à Paris et en semaine.
  • Des stages non obligatoires mais qui peuvent s’avérer très utiles pour mieux être armés face à l’adoption. La plupart se déroulent le week-end mais nous savons que certains sont organisés en semaine.
Crédits photo (creative commons) : marijana1

Pourquoi est-ce que ces absences allaient nous poser plus de problèmes que pour la PMA ? D’une part car M. Chéridamour avait utilisé tous les jours de congé de son compte épargne temps durant la PMA. Il a donc fallu s’organiser et faire appel à la carte « grands-parents qui gardent Schtroumpfette une partie des vacances » car il lui manquait une semaine de congé (ce qui soit dit en passant a ravi Schtroumpfette : une semaine sans papa et belle-maman à être chouchoutée par papy et mamie, le rêve !!) D’autre part, contrairement aux rendez-vous PMA que j’arrivais à caser en tout début de matinée ou en soirée ce qui me/nous permettait de nous absenter « seulement » 1 à 2h, ces rendez-vous nous obligeaient à être absents une demi-journée complète. Rattraper 1h ou 5h ce n’est pas du tout pareil !

Nous avons réussi à caler certains rendez-vous durant nos vacances, mais la plupart ont dû être fait sur notre temps de travail. L’avantage de l’adoption est que nos rendez-vous étaient définis plusieurs semaines (mois !) à l’avance. Et qu’ils sont quand même nettement moins nombreux.

Nous n’en sommes pas encore à l’étape des formations et stages plus intensifs mais je sais que cela sera compliqué de s’absenter plusieurs jours pour se déplacer sur le lieu de stage (dans mon travail, je ne peux quasiment pas poser de journée en dehors des vacances scolaires).

Libérer la parole

Pour l’adoption, j’ai de nouveau tenu ma chef au courant et lui ai expliqué le pourquoi de mes absences. Là encore, cela ne lui a posé aucun souci même si elle a été assez surprise que nous décidions de sauter le pas. J’ai continué à parler avec elle de l’adoption comme je le faisais de la PMA et elle a continué à être aussi discrète qu’avant.

Par contre, j’ai changé d’attitude vis-à-vis de mes collègues. Cela fait maintenant bientôt 10 ans que je suis en poste et on s’entend comme larrons en foire. Si ne pas parler de mon parcours PMA était une évidence, parler de mon parcours adoptif l’a été tout autant. Ne pas avoir à cacher quoi que ce soit a été un soulagement. J’ai pu parler librement de tout ça et cela m’a causé beaucoup de surprises.

Crédits photo (creative commons) : rawpixel

Le fait que je sois passée par la PMA m’a permis d’en apprendre un peu plus sur certains collègues touchés par le sujet : qui avait connu cette épreuve, qui avait choisi de faire un don de gamètes, qui avait fait une fausse couche… On n’a pas idée du nombre de personnes concernées par ces sujets avant d’en parler. Une collègue proche s’est également confiée à moi car elle allait entamer ce difficile parcours. J’ai essayé de la soutenir autant que possible.

Lorsque nous nous sommes lancés dans un parcours d’adoption, je ne connaissais personne autour de moi étant passé par là. J’ai découvert en en parlant dans le cadre professionnel que je côtoyais depuis plusieurs années des personnes qui étaient touchées au premier chef.

  • une collègue que je connaissais depuis 9 ans m’a avoué lorsqu’elle a su que je souhaitais adopter qu’elle avait fortement songé à le faire en célibataire mais n’avait pas eu le courage de se lancer car les travailleurs sociaux l’avaient vraiment découragée.
  • une autre avait tenté les démarches mais sans succès. J’en suis assez surprise sur le moment car à l’époque (il y a 20 ans) c’était relativement simple pour un couple d’adopter. Nous avons beaucoup discuté et sa vision était différente de la mienne, c’était intéressant de les confronter.
  • une autre encore a adopté son fils âgé aujourd’hui de 15 ans m’a avoué que ça avait été très difficile pour elle, que c’est un parcours compliqué avant que l’enfant soit là et tout autant une fois qu’il est là. Elle ne m’a pas caché qu’il y avait des moments très durs mais elle ne regrettait cependant rien et la voir parler de « son tout petit » qu’elle aime profondément m’a énormément émue.
  • j’ai eu la surprise de découvrir qu’une dernière venait tout juste d’avoir un apparentement. Elle est allée chercher son fils au bout du monde il y a 5 mois. Elle est d’ailleurs venue le présenter et je t’avoue que j’ai à la fois le cœur qui a fondu devant ce tout petit adorable et qui s’est serré (toujours cette crainte de ne pas y arriver !)

J’ai la chance d’avoir des collègues avec qui je m’entends bien et qui ne m’ont jamais jugée sur mon parcours. Au contraire, ils sont très positifs et encourageants tout en n’étant pas intrusifs. Je n’ai plus eu aucune remarque sur mes absences !

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Et toi, as-tu eu des surprises au travail quand tu as évoqué la maternité ou ton parcours pour avoir un enfant ? Les choses se sont-elles bien passées ?

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