Vivre en famille : le bonheur, le bazar... et tout le reste !

Mes conseils pour surmonter un deuil périnatal


Publié le 17 août 2017 par Urbanie

Dans Ma Tribu et ses chroniqueuses prennent quelques jours de vacances… Nous serons de retour le 28 août avec des nouvelles chroniques et de nouveaux témoignages ! En attendant, nous t’avons demandé sur les réseaux sociaux quelles chroniques tu aimerais relire… et nous t’avons donc concocté un best of de tes articles préférés pour ces deux semaines de pause ! Bel été à toi et à très bientôt ! 🙂

Comme tu le sais, j’ai perdu mon enfant lors du sixième mois de grossesse. J’aimerais te donner des clefs pour que tu ailles mieux si tu es également confrontée à un deuil périnatal, malheureusement il n’existe aucune solution miracle. Je peux néanmoins te donner les pensées et cheminements qui m’aident, jour après jour, à avancer.

Ils se résument en un mot : la bienveillance.

Bienveillance envers toi-même

Tu vas passer par tout un spectre d’émotions variées et parfois très contradictoires. De vraies montagnes russes, qui te prendront par surprise, avec beaucoup de violence. Chaque parent endeuillé ne traverse pas forcément les mêmes phases (je m’en rends compte avec mon mari), le deuil est quelque chose de très personnel. Mais que tu éprouves du chagrin, de la colère, du découragement, un profond sentiment d’injustice, de la jalousie… sois-bienveillante envers toi-même.

Pour cela, il est important d’accepter et de ne surtout pas chercher à refouler tes émotions. Tu as du chagrin ? Alors pleure. Tu es en colère ? Alors sois en colère ! Bien entendu, ton chagrin ne disparaîtra pas en quelques jours. Mais pleurer soulage énormément, et petit à petit, à force de laisser ta tristesse s’exprimer, tu pourras mieux vivre avec.

Idem, si tu ne te sens pas capable de côtoyer des femmes enceintes ou des jeunes mamans, ne te force surtout pas. Il est plutôt naturel et compréhensible d’avoir besoin de prendre un peu de temps : tu devais être maman, et tu l’es bien devenue, oui… mais ton enfant n’est plus la. Plutôt que de fréquenter des femmes qui te semblent avoir eu plus de chance que toi, laisse-toi aussi le temps d’en être capable. Le risque ? Te faire beaucoup de mal, aggraver ton chagrin, ou leur sauter à la gorge alors qu’elles ne t’ont rien fait. Si tu sens que, de leur côté, elles ne comprennent pas ton chagrin et ne font pas d’effort non plus (ça arrive, hélas !), rien ne t’oblige à les fréquenter !

Tu peux également aller consulter un psychologue, afin de t’aider dans cette période très délicate : non tu n’es ni « folle » ni « faible ». Tu traverses simplement une épreuve extrêmement difficile, il n’y a donc aucune honte à solliciter de l’aide.

demoiselle sur la balançoire

Crédits photo (creative commons) : Vanessa P.

Bienveillance envers ton conjoint

Lui aussi a perdu un enfant. Or j’ai pu remarquer que les gens (proches comme médecins) s’adressent systématiquement à la mère… mais pas forcément toujours au père. Certes, tu portes en toi l’enfant, tu vas devoir accoucher ou subir une intervention. Mais la douleur du père n’en est pas moins réelle, même si elle n’est pas physique. Et le risque, c’est que ton conjoint se sente obligé de tout porter pour te soulager ou t’épargner… quitte à imploser ensuite.

Vous allez aussi devoir faire chacun votre travail de deuil, à votre rythme, qui ne sera pas toujours le même. Il se réfugie dans le travail ? Ce n’est pas qu’il est moins triste… c’est juste que c’est sa façon à lui de gérer la douleur de la perte.

C’est aussi en vous soutenant mutuellement que vous pourrez traverser cette épreuve à deux, vous soutenir, et en ressortir plus forts.

Bienveillance envers les autres

C’est sans doute la partie la plus difficile, tant l’entourage peut parfois être maladroit.

J’ai commencé par m’éloigner des femmes enceintes de mon entourage, aussi bien pour me protéger que pour les préserver. Enceinte, je ne supportais pas ces personnes qui venaient sans cesse me raconter leurs fausse-couches quand j’étais encore dans mon premier trimestre. C’est sans doute très personnel, mais même dans la douleur, je pense que l’on peut choisir son public, et que ce n’est pas aux autres femmes enceintes de porter un poids trop lourd pour elles.

Le fond du problème, c’est que la vie continue alors que pour toi, elle s’est arrêtée. Par exemple, cela va te paraître très trivial, mais je ne comprenais pas comment les gens pouvaient être assis à des terrasses de café, à mener une vie insouciante, quand pour moi plus rien n’avait d’importance. Cela me semblait tout simplement insupportable. J’ai ainsi préféré m’isoler quelques temps, afin d’être prête à accepter l’impensable : que la vie sans mon enfant puisse continuer, même pour moi.

Sans vouloir trouver d’excuses aux petites phrases assassines (que toute mamange se retrouve malheureusement forcée à entendre), il est aussi très difficile pour tes proches parfois de savoir comment réagir à ce qui t’arrive. Certains vont avoir peur de ton malheur et rester silencieux. D’autres vont te dire ce qui te semblera être des banalités à pleurer (le fameux « vous en ferez d’autres »!). Ce n’est pas forcément de la méchanceté, mais plutôt de la maladresse, doublée d’un profond désarroi.

En effet, il n’existe aucune phrase, ni aucun conseil, qui pourront te rendre ton enfant, et la personne en face de toi en a bien conscience. J’ai ainsi personnellement toujours préféré les petites maladresses de mes proches (sachant que dans la situation inverse, j’aurais très certainement fait pareil !), qui ne faisaient que manifester leur soutien tant bien que mal.

Enfin, certains ont simplement du mal à comprendre ce qui t’arrive : que c’est bien un enfant que tu viens de perdre, et que ce n’est pas parce qu’il n’a pas pu vivre que tu guériras plus rapidement qu’une autre. Par exemple, très peu de personnes m’ont présenté leurs condoléances. Je n’en veux pas aux gens pour cela, mais pour éviter les gaffes, je préfère désormais parler de mon enfant en disant son prénom, plutôt que de dire que « j’ai perdu mon bébé ». Dire « mon petit Alexandre » ou « notre petite Amandine » permet déjà de faire comprendre avec tact à ton interlocuteur qu’il s’agit d’un enfant qui pour toi est extrêmement réel.

Et après ?

Pour finir, je te dirais juste de te laisser du temps. Pars en vacances avec ton mari, fais-toi plaisir en allant te faire bichonner chez le coiffeur, monte un projet (j’ai ouvert mon blog pendant cette période très douloureuse, afin d’avoir quelque chose de positif pour me projeter dans l’avenir). Bien sur, cela n’empêchera pas les larmes de monter sans prévenir lorsque tu iras faire tes courses ou que tu verras des amies. Mais tu pourras ainsi faire des petites pauses dans ton chagrin, pauses qui au fur et à mesure deviendront de plus en plus fréquentes. Tu n’oublieras jamais, mais tu pourras enfin vivre en paix malgré ce drame.

Je t’invite aussi à te rendre sur le site de l’association Petite Emilie, qui traite du deuil périnatal et de l’interruption médicale de grossesse. Leur forum te permettra d’échanger avec d’autres « mamanges », qui sont aussi passées par là.

La prochaine fois, je donnerais quelques conseils à l’entourage pour accompagner un parent endeuillé.

Et toi, tu as vécu la perte d’un enfant ? Comment as-tu réussi à surmonter cette épreuve ? As-tu eu besoin de t’isoler toi aussi ? Viens en parler…

Inscris ton email ci-dessous et reçois idées, conseils et témoignages directement dans ta boîte de réception !

Super ! Va vite confirmer ton inscription dans l'email que je viens de t'envoyer !


Porte le bracelet Ava chaque nuit pour obtenir sans effort des informations sur ton cycle, ta fertilité, ta grossesse et ta santé. Alors, pour mettre toutes les chances de ton côté cet été pour avoir un petit bébé, je te propose 10% de réduction sur le bracelet Ava avec le code : DansMaTribuXAva ! Commande-le dès maintenant par ici !

 

Inscris ton email ci-dessous et reçois idées, conseils et témoignages directement dans ta boîte de réception !

Super ! Va vite confirmer ton inscription dans l'email que je viens de t'envoyer !

Commentaires

4   Commentaires Laisser un commentaire ?

Claire (voir son site)

Bonjour,
Merci pour ce bel article, dans lequel je reconnais la douceur, le respect, envers nous-même et les autres, qui sont nécessaires pour traverser cette épreuve…
Pour ma part, j’ai perdu ma petite Céleste il y a trois ans, à terme. Le chemin a été long, mais je suis aujourd’hui sereine. La même dans le fond (toujours aussi impatiente, le même sale caractère 😉 ), mais différente aussi : moins peur de la douleur des autres, plus respectueuse des émotions de chacun, moins tournée vers les « il faut ».
Ma petite m’accompagne, à sa manière, ainsi que d’autres parents endeuillés (souvent les mamans).
Je me suis en effet lancée dans l’écoute bénévole des parents et dans la confection de faire-part de deuil ou de bébé espoir.
Chaque rencontre est si dense, pleine de vérité, allant à l’essentiel… Les circonstances sont dramatiques, la perte irréparable, mais la vie, pourtant, est là… Je trouve cela très riche. Riche, je pense, de l’amour que nous portons à nos enfants. Un amour plus fort que la mort.
Bonne journée à toi!

le 21/09/2014 à 10h15 | Répondre

Urbanie

Bonjour Claire,

Merci pour ton témoignage, je suis sincèrement désolée pour ta petite Céleste.

Je suis complètement d’accord avec ce que tu racontes: une épreuve comme celle-ci nous change profondément, et c’est à nous de décider de ce que nous voulons faire de notre douleur. Je suis toujours très admirative de celles et ceux qui ré-investissent leur vie différemment, et qui choisissent de se tourner vers les autres, je trouve cela très digne, et c’est un magnifique hommage aux enfants que nous avons perdus. Choisir la vie, c’est aussi choisir de cheminer avec les autres, et non contre eux.

le 24/09/2014 à 13h30 | Répondre

Barraud

Bonjour et merci.
Je tombe sur votre article formidable alors que je traverse cette epreuve difficile.
Le coeur de notre petite fille s est arrêté un peu avant 34 sa il y a 2 jours 😢.
En plus de gerer notre douleur nous devins également preserver nos enfants tout en ne leur cachant rien puisqu ils ont vu leur maman enceinte.
Merci pour le partage de votre experience.
Je lirai avec interet celui sur l entourage.
Cordialement cyrielle

le 21/08/2017 à 09h30 | Répondre

Cecile

Bonsoir, Je viens de tomber sur cet article et ca ma enormement toucher. Je viens de perdre ma petite Cléo a 23+5sa. Elle etait attendue le 13 janvier, Elle a decider d’arriver le 13 septembre. c’etais mon 2eme bebe. Le 1er a 6 ans et Je ne l’ai pas revu depuis mon depart pour la maternite. ( j’ai peur des retrouvailles 😞) nous faisons les obseques nous meme et Je suis partager entre la hate et le refus de laisser partir son petit corp. 😭 le deuil pourra commencer a ce moment la ( j’espere) merci encore pour cet article et courage a tous les par’anges que nous sommes

le 15/09/2017 à 03h38 | Répondre

SI TU SOUHAITES RÉAGIR C'EST PAR ICI !

As-tu lu notre Charte des commentaires avant de publier le tien ?