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Le début des essais bébé : trouver un équilibre


Publié le 30 octobre 2014 par Die Franzoesin

J’ai donc retiré mon anneau vaginal à la fin d’un cycle, comme il fallait, toute excitée de ce qui m’attendait. Aurais-je des cycles réguliers ? Mes règles seraient-elles plus douloureuses ou plus abondantes ? Allais-je me retrouver couverte d’acné ? À cet enthousiasme s’est rapidement mêlée malgré moi, mais je dois bien le reconnaître, une petite pression. Quand allais-je donc tomber enceinte ?

Je n’étais pas partie très optimiste quant à la durée de nos essais. Ulrich et moi étant tous les deux issus de couples infertiles, nous avons toujours su qu’un enfant ne venait pas par la seule force du désir, conscients que la science devait parfois s’en mêler. Ce réalisme faisait partie de nous, il nous a sans doute aidés, mais il pesait aussi. Nous avions peur de subir ce parcours du combattant, sachant toute la souffrance qui peut en découler.

J’avais la chance d’avoir un mari très motivé, là où certaines doivent se montrer convaincantes : Ulrich rêvait déjà depuis longtemps de devenir papa. J’aurais cependant souhaité par moment qu’un de nous deux puisse relâcher la pression et dire « ce n’est pas si grave après tout si on attend un peu, nous sommes si bien à deux ! ». Au contraire, en fin de mois, quand les règles revenaient, je ne devais pas seulement subir ma déception, mais aussi la sienne. Car elles sont revenues, régulièrement contrairement à ce que je craignais, mais elles sont revenues.

Je me suis bien sûr renseignée à outrance sur internet : symptômes d’ovulation et autres n’ont très vite eus plus de secret pour moi. J’ai d’autant plus regretté à cette époque toutes ces années passées sous hormones : j’avais l’impression de ne rien savoir, de ne pas connaître le corps que j’habitais, et de le découvrir pour la toute première fois. Je l’observais donc chaque mois sous toutes les coutures, sans être sûre à chaque fois d’en faire la bonne analyse.

Je redoutais à l’avance de devoir subir les traitements que nos mères avaient endurés. Mon désir d’enfant était si neuf, encore mal assuré, je n’étais pas sûre de les supporter, d’en avoir la motivation nécessaire.

couple marchant au milieu de la rue

Crédits photo (creative commons) : Maggie Winters

J’ai découvert à cette période un effet très pervers du mariage, sans doute accentué par nos âges, que j’avais mal appréhendé. Tout le monde attendait de nous une annonce tout le temps, au travail comme entre amis, je me sentais épiée. Boit-elle encore de l’alcool ? A-t-elle pris du ventre ? Peut-on vraiment lui confier un nouveau projet ?

Parfois, les personnes sans tact se permettaient même des réflexions fort déplacées : « Et ce bébé alors, c’est pour quand ? ». Quand on vient d’une famille qui a connu l’infertilité, on sait que ça ne se fait pas, que ce peut-être une épée dans le ventre, une douleur terrible. Malheureusement, certains semblent l’ignorer. Pour notre chance, au moins, nous n’avons pas eu à le subir de nos parents, compréhensifs et réservés sur le sujet, évidemment.

Mais finalement, ces quelques mois d’attente n’ont pas été si douloureux. Le désir d’Ulrich me prouvait son amour, je le trouvais touchant. J’appréciais de voir la fréquence de nos câlins augmentée, nous en riions ensembles et inventions de nouveaux jeux.

J’étais persuadée que, quoiqu’il arrive – ou plutôt au cas où il n’arrivait rien –, je saurais y faire face. Je refusais de mettre mon corps sous pression, d’aller trop loin dans son étude. J’essayais de profiter malgré tout de chaque instant, sachant qu’ils seraient peut-être les derniers avant un grand changement. Et puis nous avions un autre grand projet : l’organisation de notre voyage de noces.

Il me manquait simplement parfois de ne pas pouvoir parler de nos essais librement. J’avais choisi de ne me confier à personne de notre entourage sur ce thème, car je ne voulais pas accentuer la pression que je ressentais. Je redoutais les regards interrogateurs à chaque fin de mois, je n’avais pas envie d’en parler avec celles qui n’avaient pas encore connu cette phase, ou l’avaient déjà depuis fort longtemps dépassée, persuadée qu’elles ne pourraient me comprendre, redoutant leur jugement aussi. Pourtant, j’avais besoin de me confier, et si possible à quelqu’un d’autre qu’à Ulrich.

J’ai finalement choisi de m’inscrire sur un forum. Il y est d’usage de monter de petites équipes de jeunes femmes « en essai ». Ils peuvent paraître pathétiques, je sais. Mais je dois dire que, personnellement, ça m’a beaucoup aidé. C’était bon de délirer avec ces copines virtuelles sur mes dates de règles et d’ovulation, ça m’a soulagée. J’y ai trouvé une espèce de défouloir, sans aucune pression de résultat ou même d’assiduité. J’ai peut-être eu tout simplement de la chance avec celles qui j’y ai croisées, mais elles m’ont vraiment aidée.

Le mois suivant, notre voyage devait avoir lieu et j’en rêvais déjà, organisant chaque détail comme je sais le faire. Au travail, mes responsables avaient finalement décidé de me confier le projet que je convoitais. Il allait m’occuper au moins pendant une bonne année, me faire découvrir de nouveaux aspects de mon entreprise que j’imaginais passionnants. Je répondais aux curieux que, pour le moment, nous avions d’autres projets.

J’avais finalement trouvé mon équilibre après trois mois d’essais.

Et toi ? Tu étais toutes excitée à l’idée de commencer les essais ? Tu avais peur à l’idée que ça puisse ne pas fonctionner ? Comment s’est passée la période où tu as réapprivoisé ton corps ?Tu t’es sentie épiée par ton entourage, guettant toujours l’annonce ? Raconte !

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Commentaires

16   Commentaires Laisser un commentaire ?

Chat-mille (voir son site)

Trois mois pour trouver son équilibre, je trouve ça bien 🙂 Moi aussi j’étais partie avec le pressentiment que j’allais galérer (parents avec aussi des problèmes de fertilité) et on s’est quand même bien pris la tête pendant 8 mois. Faut dire que, pas de bol, j’avais un mari motivé par le bébé mais nettement moins par les élans d’affection planifiés.

Pour les forums, c’est vrai qu’ils sont souvent décriés avec leur vocabulaire bizarre et leur vision originale de l’orthographe. Mais moi y écrire durant ma grossesse, ça m’a aussi bien aidée. On vit dans un monde plus solitaire qu’avant, on s’isole géographiquement, on ne fait plus beaucoup d’enfants, du coup on se retrouve seule pour vivre un bouleversement aussi grand que l’arrivée d’un bébé. Pouvoir partager cette expérience avec des personnes qui vivent la même chose, ça permet de se sentir plus confiante.

le 30/10/2014 à 10h33 | Répondre

Die Franzoesin (voir son site)

« Elans d’affection planifiés », ton expression m’a faite sourire, c’est tout à fait ça !
Quant aux forums c’est vrai que la suite, grossesse et congé maternité en augmente encore parfois le besoin.

le 30/10/2014 à 21h27 | Répondre

Mlle Mora

Pas de honte à avoir pour avoir trouvé du soutien et du réconfort sur les forums. Ca fait du bien de parler à des personnes qui ne nous connaissent pas et qui auront des réactions différentes de l’entourage proche. Si ça t’a aidé, c’est le principal : je pense que ces forums aident beaucoup. Personnellement, j’aime bien y jeter un coup d’oeil quand je me pose une question : la question a forcément déjà été posée !

le 30/10/2014 à 11h47 | Répondre

Die Franzoesin (voir son site)

Oui je fais pareil souvent :).
Quand on en fait vraiment partie on peut compter sur le soutien d’une petite communauté et ça fait du bien aussi !

le 30/10/2014 à 21h29 | Répondre

Croco

On n’a pas encore commencé les essais bébé, et je stresse déjà à l’idée que ça pourrait prendre du temps.
C’est idiot, mais j’aimerais pouvoir tout planifier, même si je sais qu’on ne peut que laisser faire la nature. Je crois qu’il va falloir que je fasse attention à pas trop me mettre de pression !

le 30/10/2014 à 13h28 | Répondre

Die Franzoesin (voir son site)

Oui de nos jours nous sommes habituées à beaucoup contrôler alors tout d’un coup se dire qu’un projet peut prendre entre un mois et un an (pour celles pour qui tout va bien) sans qu’on puisse le décider semble insurmontable…

le 30/10/2014 à 21h30 | Répondre

Anne

Les essais n ont pas commence non plus car nous nous marions l année prochaine mais je stresse déjà de commencer les essais mais comme toi monsieur est prêt et très motive ! J espère qu il saura me faire rester zen et qu il ne sera pas trop déçu…

le 30/10/2014 à 20h24 | Répondre

Die Franzoesin (voir son site)

Nos maris ne se rendent pas compte que parfois leur désir nous met la pression… Essaie de la voir positivement, c’est tellement beau, qu’il veuille à ce point un enfant de toi ! Et il n’y a aucune raison pour que ça ne se fasse pas…

le 30/10/2014 à 21h31 | Répondre

Didinou

Olala cet article me parle beaucoup !!
Chéri et moi avons 27 ans, jusqu’à il y a quelques mois seulement je n’étais pas prête à avoir un enfant (je suis une grande angoissée depuis toujours) et chéri, lui, en avait envie depuis déjà quelque temps.
Nous nous sommes mariés cet été et sommes partis en voyage de noces début octobre et c’est juste avant le départ que j’ai arrêté de prendre la pilule ; déjà parce que sous les cocotiers, ce serait plus pratique de ne pas avoir à penser à la prendre et puis parce que, enfin, moi aussi depuis maintenant presque un an, j’ai envie d’un enfant.
Quand on arrive à 25 ans et plus, on voit les copines autour de soi devenir maman et il y a un moment où on se dit « c’est mon tour maintenant ! ».
L’ennui c’est que maintenant je suis très (trop) pressée et j’ai peur que cela devienne une obsession. J’ai peur que cela prenne des mois avant que je tombe enfin enceinte.
Chéri et moi ne sommes pas, en plus de ça, de gros consommateurs de « câlins », en fait nous sommes déjà très proches, tactiles et fusionnels, du coup toute cette tendresse nous suffit et nous n’avons pas besoin de plus. Ce qui m’angoisse aussi car, soyons réalistes, environ 4 « gros câlins » sous la couette dans le mois, ça ne va pas suffire pour faire un enfant… !

Et comme toi Die je suis à l’affut du moindre signe de mon corps. Pourtant je sais qu’il est tôt, j’ai arrêté la pilule il y a à peine un mois (je l’a prenais depuis 10 ans !). J’aurai dû commencer un nouveau cycle hier ou aujourd’hui, et comme je m’y attendais, pas de règles… ce qui me déçoit car cela veut dire pour moi que je n’ai pas eu d’ovulation… Avant d’être sous pilule je n’avais pas du tout de règles régulières donc comment s’organiser, prévoir… J’ai peur de galérer, de devoir attendre plusieurs mois, de m’impatienter, de devoir réclamer plus de câlins parce qu’il le faut et non parce que j’en ai envie… Maintenant que je me suis décidée, je voudrais tomber enceinte vite.
Et pour ne rien arranger, la gynéco qui me dit qu’à 27 ans les chances de tomber enceinte ne sont déjà plus que de 25% pfff merci ça me rassure tiens !

Enfin voilà désolé mon commentaire est très long, j’avais envie de me confier.
SI tu peux d’ailleurs m’indiquer quel est le forum où tu partageais tout ça, ça serait sympa car je pense que je vais en avoir besoin !!

le 30/10/2014 à 22h11 | Répondre

Mam' Agrume

Un petit commentaire qui se veut rassurant : j’ai arrêté plusieurs fois la pilule (pour des raisons de célibat) et parfois mes règles ont mis 3 mois à revenir (ce qui m’a bien fait flipper d’ailleurs ^^), je suis quand même tombée enceinte très rapidement, comme quoi !
Et pour ce qui est des « gros consommateurs de câlins », M. Agrume et moi on n’en est pas non plus ! (Enfin lui un peu plus mais bon, sans que ce soit vital !) et qui sait, l’arrêt de la pilule peut aussi booster ta libido !
Reste zen, ne te projette pas dans les difficultés avant qu’elles ne soient là !

le 31/10/2014 à 15h35 | Répondre

emma

et fais réviser ta gynéco pendant que tu y ai
la date qui pose question – hors problème familial spécifique comme madame agrume c est 35 pas 25 ! bonjour la pression inutile

le 31/10/2014 à 18h40 | Répondre

Mam' Agrume

Tu penses à quelqu’un d’autre ? Parce que je n’ai pas de problème moi ! (Enfin, une légère hyperfertilité peut-être mais peut-on parler de problème dans mon cas je ne pense pas… Il y a des vraies hyperfertilités dans ma famille, du genre qui ont pu engager le pronostic vital ! avec l’aide d’erreurs médicales et de mauvaise foi hospitalière mais quand même bien sérieux !)

Quant à 25 et 35 tu parles de quoi ? Car si la date des 35 est considérée par beaucoup comme un seuil « critique », la fertilité commence effectivement à baisser à 25 ans.

le 01/11/2014 à 21h04 | Répondre

Virginie

Je pense qu’Emma répondait au commentaire de Didinou, petite incompréhension ^^

Je vous souhaite bon courage les filles, je n’y suis pas encore mais ça arrive bientôt. Mon problème est tout autre : un mari non motivé !

le 03/11/2014 à 08h21 | Répondre

Die Franzoesin (voir son site)

C’était un peu mon objectif, briser le silence sur cette période pas toujours facile à vivre… Pour ma part j’étais sur le site enceinte.com mais il en existe beaucoup d’autres comme Doctissimo, Magic Maman ou Infos bébé. Régulièrement de nouvelles équipes d’essayeuses se mettent en place. Quand une équipe atteint une taille critique le post est fermé et bientôt s’en ouvre un nouveau… Ca m’a pris plusieurs semaines pour choisir mon équipe et franchir le cap !
Bon courage en tout cas, et n’hésite pas si tu as encore besoin de te confier ou des questions plus perso à m’envoyer un message privé (die.franzoesin@gmail.com).

le 01/11/2014 à 18h15 | Répondre

Didinou

Merci bcp Die !

le 04/11/2014 à 10h20 | Répondre

Galireva

Merci pour ce super article et tous les commentaires. Cela me fait un bien fou de lire à travers d’autres voix, ce que je vis au quotidien.

Cela fait à peine un mois que j’ai arrêtée ma contraception. A 27 ans c’est le moment professionnellement, personnellement que ce soit pour mon compagnon ou pour moi. Après 10 ans de contraception, je ne sais pas du tout comment fonctionne mon corps au naturel et pendant mon adolescence chaque période de règle était une torture ou inexistante.

Résultat je suis paumée, mon corps se remet en route ou j’ai un bébé en route ? c’est n’importe quoi tout se mélange dans ma petite tête pleine d’hormone en liberté. Un doux rêve de bébé et pourtant je suis paralysé à l’idée de faire un test. Il va falloir se réveiller.

J’enchaîne les projets avant même d’arriver ce bébé en devenir m’oblige à ne rien planifier comme avant. J’ai hâte de trouver mes marques et un équilibre

Merci à toutes

le 10/01/2017 à 12h11 | Répondre

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