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Quand l’euphorie de la grossesse a été gâchée par les mots « extra utérine »


Publié le 25 septembre 2014 par Melimelanie

Je ne sais pas si tu as déjà eu ce sentiment, cette sensation d’invincibilité, de joie extraordinaire que l’on peut ressentir quand tout nous sourit dans la vie.

Le 19 août, j’expérimentais cette sensation : j’allais me marier dans 11 jours avec l’homme que j’aime plus que tout, et je venais juste d’apprendre que j’étais enceinte de 2 semaines.

Je me sentais presque coupable de tant de bonheur. Certains couples ont tellement de mal à faire un enfant, et nous, sans même réellement essayer, nous avions réussi. J’avais envie de le hurler à tout le monde et je me voyais déjà l’annoncer à ma famille proche le jour précédent le mariage. Oui, je n’aurais été qu’à 1 mois de grossesse, c’est tôt pour l’annoncer… mais j’ étais tellement heureuse.

Pendant une semaine, j’étais sur mon petit nuage, malgré les nausées (je ne supportais pas le goût du dentifrice, ce qui avait tendance à compliquer ma préparation matinale), les dérangements de mon système digestif, les insomnies (bref je vais arrêter la parce que le glamour me le réclame)… J’étais heureuse quoi.

Je commençais, comme toute bonne future maman névrosée qui se respecte, à regarder tous les sites possibles et imaginables sur la grossesse. A quoi ressemblait le petit alien dans mon ventre. Comment allait se passer la suite…

Une semaine plus tard, je commence à avoir des douleurs lancinantes du côté droit dans le bas du ventre. Face à la majorité des remarques disant que « c’est normal, ce sont des contractions de l’utérus qui grossit », je décide de prendre sur moi et d’essayer de me ménager.

le jeu de la vie

Crédits photo (creative commons) : Dean Mc Coy

Quelques heures plus tard, la douleur ne se calmant pas et devenant de moins en moins supportable (pourtant je te le jure je suis loin d’être une chochotte), je décide de prendre rendez-vous chez le médecin dans la soirée pour lui en parler. Impossible de joindre ma gynécologue, je me retrouve donc dans le cabinet de mon médecin généraliste, qui m’examine pour essayer de comprendre les raisons de ces douleurs.

Elle essaie de me rassurer, mais commence à prononcer ces trois mots douloureux : « grossesse extra-utérine ». Elle me dit qu’il faut que je passe rapidement une échographie, et qu’elle m’appellera le lendemain matin pour me dire a quelle heure elle m’a pris rendez-vous.

A 9h, elle me téléphone donc, pour me dire de me rendre immédiatement au centre de radiologie et d’échographie à côté de chez moi, et de passer juste après à son cabinet avec les résultats. C’est un peu à ce moment-là que mon petit monde de Bisounours rose et sucré s’est effondré.

Je passe entre les mains d’un échographe, pour qui le mot tact ne doit apparemment pas faire partie du dictionnaire. Dans un premier temps, je me fais houspiller parce que ma vessie était vide (effectivement, je n’avais pas eu le temps de boire un litre d’eau en 5 minutes, mea culpa). Il recommence donc l’examen par voie vaginale (en début de grossesse il est difficile de voir quoi que ce soit par voie « externe »).

Et là, la phrase qui fait très mal sort de sa bouche : « Votre utérus est vide, Mademoiselle. ». Après quoi, pendant 10 bonnes minutes, il remet en question le fait que j’étais enceinte (le tact même je te dis !)… J’ai droit à « Mais vous êtes vraiment sûre de ne pas avoir eu vos règles ? » et à « Non mais le laboratoire à pu se tromper dans le dosage de béta HCG. Après tout, l’erreur est humaine. »… Voilà voilà… Puis il essaye finalement de trouver la grossesse dans une de mes trompes. Mais c’est un échec. Bref, pour moi, l’examen a été nul tant d’un point de vue technique qu’humain.

Après ce premier gros choc, je me retrouve chez ma médecin généraliste, qui lit le compte rendu de l’échographie d’un air soucieux. Elle enchaîne en me disant que d’après elle, je suis vraiment enceinte il n’y a pas de doute, et que le risque de grossesse extra utérine est de plus en plus confirmé. Elle me prescrit alors un nouveau test sanguin pour voir si la grossesse est évolutive ou non, Elle me demande de dire à mon futur mari de sortir du travail, car il y a de gros risques que je doive être hospitalisée le jour même.

Moins de 2h plus tard, je suis prise dans l’ouragan. Le résultat de la prise de sang confirme que ma grossesse est évolutive. Je commence à perdre du sang, et je me retrouve allongée sur la table d’examen de ma médecin généraliste, qui m’annonce : « Vous êtes entrain de faire une hémorragie interne. C’est bien que monsieur soit sorti du travail, car c’est une urgence vitale. Vous allez rapidement aller à l’hôpital, aux urgences gynécologique. Je les appelle tout de suite pour les prévenir de votre arrivée. »

Moins d’un quart d’heure, après, j’arrive à l’hôpital. On me laisse à peine le temps de m’enregistrer que je suis déjà dans une salle d’examen, avec l’interne de gynécologie, qui ne tarde pas à prévenir le chirurgien gynécologue de garde. Celui-ci confirme le diagnostic de ma médecin généraliste : j’ai une grossesse extra utérine dans ma trompe droite, la trompe a rompu, et je suis en train de faire une hémorragie interne.

Les médecins m’expliquent que je dois être opérée d’urgence. Ils doivent procéder à une cœlioscopie, et ils devront peut-être me retirer la trompe droite et l’ovaire.

C’est à ce moment-là que Monsieur intervient, pour dire une phrase qui scie toute l’équipe médicale : « On doit se marier samedi normalement. Mais avec l’opération, doit-on tout annuler ? ». Après quelques minutes de réflexion et de regards échangés entre les infirmières, les sages-femmes, les internes et chirurgiens gynécologues, j’ai droit à la première phrase réconfortante de la journée : « Pour le mariage, si elle ne danse pas sur la table, ça devrait le faire, ne vous inquiétez pas ».

L’opération s’enchaîne très vite, puis 2 h après, je retrouve mon futur mari très inquiet dans ma chambre d’hôpital. Toute groggy par l’anesthésie, j’essaye tant bien que mal de suivre les coups de téléphone qu’il passe à nos familles, pour les avertir de ce qu’il s’est passé et les rassurer en disant que je suis hors de danger.

Le chirurgien passe dans la chambre quelques minutes plus tard pour nous annoncer que l’opération s’est très bien passée de leur point de vue. Je n’ai pratiquement pas perdu de sang, et ils ont pu me laisser mon ovaire droit. (Ce qui me permettra de n’avoir aucune conséquence sur ma fertilité future. Apparemment, une seule trompe est capable de récupérer les ovules venant des deux ovaires sans problème, donc il n’y a pas de conséquences à n’avoir plus qu’une seule trompe.) Par conséquent, ils sont d’accord pour me laisser sortir dès le lendemain, afin que je puisse me reposer chez moi et finir la préparation de mon mariage ailleurs qu’à l’hôpital.

Le jeudi à 15h, je sors. L’ouragan est passé, je suis toujours une future mariée, mais plus une future maman. Juste une future mariée avec des pansements sur le ventre, et des montées de larmes dues à la chute d’hormones.

Je finis les préparatifs de mon mariage depuis mon lit, où je donne des ordres à mon merveilleux mari (qui se transforme en sergent instructeur pour faire attention à ma santé : je ne peux me lever que pour faire pipi, et encore…), et à ma super famille et mes amis, qui prennent tout en charge, pour que je puisse me reposer afin d’être d’attaque le jour J.

Alors quel est mon état d’esprit après cette tempête qui a bousculé tout mon monde ? Hé bien, je me dis que j’ai de la chance d’être tombée sur des médecins très compétents qui m’ont sauvés la vie. Que je serais juste extrêmement surveillée lors de mes prochaine grossesses. Que cette grossesse ne devait peut-être pas se faire. Que j’épouse un homme parfait, et que ma famille et mes amis sont géniaux. Oui mon univers a été entièrement chamboulé, mais ce qui compte, c’est que je suis en vie !

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Tu en as marre de courir les magasins pour les fringues des enfants ? Et ce tous les mois, vu à la vitesse à laquelle ils grandissent ? Et je ne parle pas du petit qui hurle (que ce soit le tien ou celui d’une autre, grrr) parce qu’il ne veut pas essayer ce pull-là… Et si tu recevais directement chez toi de jolis looks (du 1 mois au 14 ans !) à essayer TRAN-QUILLE-MENT. Ça va ? Tu gardes et tu payes. Ça ne va pas ? Tu renvoies gratuitement. Bref, viens vite tester Little Cigogne !

Commentaires

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Claudie Pas Rond

Chapeau à ton Médecin généraliste d’avoir su être aussi réactive.
Sans négliger ce qu’à pu être cet événement, ouf tout va bien, et comme tu le dit ta fertilité devrait rester intact.
Je te souhaite une prochaine grossesse plus en douceur et pleine de Bisounours ^^

le 25/09/2014 à 10h23 | Répondre

Melimelanie

Oui je ne remercierai jamais assez ma médecin généraliste. Je pense que je lui dois en partie la vie et de manière pratiquement sûr c’est grâce à sa grande réactivité que j’ai perdue très peu de sang et que j’ai pu me marier le samedi. J’ai eu la chance d’être entourée par du personnel très compétent et grâce à eux j’espère pouvoir avoir rapidement ma grossesse Bisounours dès le début 2015 :-). Je viendrai peut être en parler ici.

le 25/09/2014 à 10h59 | Répondre

Elo Chow

C’est aussi ce que j’allais dire, quelle chance d’avoir eu un généraliste si compétent et réactif. Aux urgences aussi d’ailleurs. Félicitations pour le mariage 🙂 J’espère que physiquement et moralement vous avez pu profiter tout de même ! Et qu’un autre petit bibou viendra vite vous combler de bonheur les jeunes mariés

le 25/09/2014 à 17h41 | Répondre

pauline

J’ai vécu la même chose que toi en novembre « l’utérus est désespérément vide », avec d’abord un traitement par médicament « qui marche à 80% » puis finalement une énorme hémorragie interne « vous avez failli y passer »! Quelle peur et je remercierai jamais assez ma gynéco qui m’a dit de foncer aux urgences. Félicitation pour ta nouvelle grossesse que je lis sur un autre post, moi aussi futur bébé de janvier 2016 😀

le 20/07/2015 à 21h54 | Répondre

Melimelanie

Félicitations à toi aussi pour ta nouvelle grossesse :-)!!

C’est fou ces grossesses extra utérine on peut tomber sur des très bons comme des très mauvais médecins.
Tu peux remercier ta gynéco elle t’a sauvée la vie! C’est assez effrayant quand j’y repense. Je me dis que si on ne tombe pas sur les bons médecins ça peut très mal finir. La GEU est la première cause de décès durant le premier trimestre de la grossesse. Mais quand on tombe enceinte on pense à tout sauf ça!

le 21/07/2015 à 11h09 | Répondre

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