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Se remettre en selle physiquement et moralement après ma fausse couche


Publié le 3 juillet 2019 par lin-li-ai

Je ne t’ai parlé pour le moment que de l’aspect médical de ma fausse couche en omettant en grande partie l’aspect psychologique… et c’était voulu. C’est très dur de mettre des mots sur ce que j’ai pu ressentir et vivre les mois qui ont suivis.

Et tout comme un deuil « classique » (dont le deuil périnatal fait partie), je suis passée par plusieurs phases…

Le déni

L’hôpital ne m’a arrêtée qu’une semaine et encore, après négociation car j’avais 2 déplacements à l’étranger la semaine suivante. Ils ont totalement mis de côté l’aspect psychologique d’une fausse couche pour se concentrer sur les « éventuels effets secondaires » du cytotec.

Les premiers jours, je les ai donc passés seule, chez moi. Je vivais comme un zombie – complètement morte de l’intérieur. Je restais en pyjama toute la journée, je mangeais à peine et mes seuls déplacements étaient du lit au canapé et du canapé au lit. J’avais fait une fausse couche relativement tôt (7 semaines – découvert à 9 semaines) mais je m’étais déjà projetée complètement :

  • Je pourrais l’annoncer à la famille complète à Noël
  • Je pourrais le sentir bouger dès le début de l’année
  • Je pourrais faire la révélation du sexe pour l’anniversaire de ma maman
  • J’aurais un bidou de 7 mois pour le mariage de la cousine Berthe (et donc une jolie robe habillée de maternité !)
  • Mon congé maternité sera pile pendant les vacances d’été : on ira se promener au bord de mer

Je n’arrivais pas à croire que tout ça n’arriverait pas. Je ne comprenais même pas pourquoi ça m’arrivait. Je passais des journées entières à lire des articles pour tenter de comprendre, de trouver une explication. Officiellement, ce n’était que « la faute à pas de chance ». Mais je n’acceptais pas. Dans mon esprit, j’étais jeune, je ne fumais pas, je ne buvais pas, pas d’anomalie de l’utérus, pas de maladie particulière type diabète ou hypertension. Ça n’aurait pas du tomber sur moi. Ça n’arrive « que chez les autres ».

La colère

Je n’acceptais pas ce qui s’était pourtant déjà produit. Je restais bloquée dans le passé pendant que tout le monde avançait, pendant  que le monde continuait de tourner alors que le mien venait de s’effondrer.

J’ai en plus eu la malchance de tomber enceinte en même temps qu’une quinzaine de proches ou tribulettes : toutes devaient accoucher dans la même période. J’ai été la seule à ne pas passer le cap de la première échographie. Et j’ai eu beau réunir tout ce qu’il restait d’humain et de « vivant » en moi, je ne pouvais m’empêcher de penser « pourquoi moi ? pourquoi suis-je la seule si les fausses couches sont si fréquentes ? ».

Crédits photo (creative commons) : Jorge Gobbi

Mettre de côté ma colère a été de loin le plus difficile. J’en voulais au monde entier. J’avais beau ne pas savoir les histoires derrière chaque naissance, chaque enfant, j’en voulais aux mamans dans les parcs de connaître ce bonheur. J’en voulais aux filles qui tombent enceinte dès le premier cycle (et pourtant, j’en ai fait partie !). J’en voulais à celles qui allaient connaître une grossesse parfaite. J’en voulais à celles qui se plaignaient des maux de grossesse parce que moi, je rêvais de connaitre les nausées si ça signifie « être enceinte ». J’en voulais à tout le monde.

J’en voulais à mes proches qui demandaient « trop » de nouvelles les jours qui ont suivis puis je leur en voulais de ne plus du tout aborder le sujet. J’en voulais à tout ceux qui me disaient que « la vie est bien faite », que « ce n’était pas un vrai bébé » et toutes les phrases bateaux du même type (Urbanie en parle très bien ici).

Et j’en voulais par dessus tout à ceux qui ne comprenaient pas pourquoi j’étais encore affectée plusieurs mois après. Pour eux, il fallait que je « passe à autre chose – la vie continue ».

La dépression ou comment j’ai sombré totalement

Je n’arrivais pas à passer à autre chose. J’étais bloquée sur cette grossesse qui s’était arrêtée. Je n’arrivais même plus à m’imaginer enceinte de plus de 3 mois. Ça allait encore recommencer. Forcément. D’ailleurs, je passais encore mes journées à lire des articles sur les fausses couches à répétition : c’est rare et ne concerne que 2% des femmes mais j’en faisais forcément partie. Je ne serais plus jamais enceinte, c’était sur.

Les jours passaient et le sujet maternité était devenu un sujet ultra-sensible. Je redoutais chaque nouvelle annonce de grossesse. Je redoutais de lire les étapes que j’aurais du vivre en  même temps que mes proches tombaient enceinte au même moment « je le sens bouger, ça y est ! », « c’est une fille, on a eu la confirmation ! ».

J’avais repris le boulot il y a déjà bien longtemps et pourtant, je continuais de pleurer régulièrement en plein milieu de la journée à la moindre évocation du mot bébé ou grossesse.

Crédits photo (creative commons) : Caroline The hills are alive

A cela, s’est ajouté les échecs à chaque cycle et le diagnostic du syndrome des ovaires polykystiques (j’en ferais un article dédié). Je ne tomberais plus jamais enceinte. C’était irrationnel, c’était extrême mais c’était bien la dépression qui parlait. Je sombrais et personne ne le voyait.

La lumière au bout du tunnel

Et puis un jour, Urbanie m’a justement conseillé d’aller voir une association spécialisée dans le deuil périnatal : Agapa. Je les avais contacté par mail pour leur raconter mon histoire… et une femme adorable m’avait recontacté par téléphone pour me dire que ce serait une bonne chose de passer les voir.

Sauf que je n’avais pas la force et le courage d’y aller. Je ne sortais quasiment plus de chez moi, j’étais recroquevillée avec ma dépression, je ne parlais plus à personne de ce qu’il s’était passé… je ne pouvais pas. C’était au dessus de mes forces. Et puis une proche – au courant de mon histoire – me propose de venir avec moi. On ne se connaissait que très peu mais elle a mis tellement de cœur à me motiver et à m’encourager pour que j’y aille – que j’ai accepté son aide : la première main tendue pour me relever.

J’ai rencontré une dame de l’association et j’ai parlé longuement sans m’arrêter. Je ne saurais pas t’expliquer ce qu’il s’est passé en moi ce jour-là mais j’ai senti que je n’étais pas prête à en parler totalement, à m’ouvrir complètement à quelqu’un que je connaissais à peine. Et puis j’avais trouvé du réconfort auprès de ma nouvelle amie : avec elle, je pouvais être moi-même. Je pouvais être triste à en mourir, en colère, être complètement injuste avec des personnes qui n’avaient rien demandé. Elle était là et elle m’écoutait. Avec elle, j’ai pu parler pendant des heures entières, des journées entières de ce qu’il m’était arrivé, de mon histoire. J’ai parfois du lui raconter 100 fois la même histoire, la même peine et elle est restée à m’écouter et à me soutenir. A me soutenir pour me remonter, à me soutenir durant mes essais.

J’étais toujours aussi malheureuse et enfermée dans ma douleur… mais je n’étais plus seule.

Et toi, comment as-tu vécu la fausse couche ? As-tu pu te faire accompagner par un professionnel de santé ou une association ? Tes proches t’ont-ils entouré durant cette épreuve ? Raconte-moi !

Commentaires

12   Commentaires Laisser un commentaire ?

MarineT

J’ai vécu comme toi une fausse couche lors de ma première grossesse, à 2 mois de grossesse.
Comme toi je suis passée par toutes les phases, le déni, la colère, l’incompréhension, la jalousie aussi. Voir plusieurs de nos proches qui vivaient dans l’insouciance une 1ere grossesse a été un enfer pour nous.. Les petites phrases aussi, des proches et moins proches, sans oublier celles du corps médical (je n’oublierai je crois jamais la discussion avec la gyneco avant mon curetage en urgence « si ce genre de chose n’arrivait pas je n’aurais pas de boulot »…)
Nous nous sommes rattachés aux bienveillants, à ceux surtout qui avaient vécus la même chose que nous. Dont un couple proche, qui avait connu une fausse couche pour une 1ere grossesse et attendaient à nouveau un bébé. C’était un peu notre lueur d’espoir…
Mais la route a été longue. Je ne me disait pas que je ne te tomberait pas enceinte, mais j’avais peur de revivre ça et je ne comprenais pas pourquoi nous. Il a fallu attendre 10 mois avant que ça remarche…avec un terme identique jour pour jour, et des angoisses énormes. Je n’ai pas réussi à me projeter dans cette 2nde grossesse avant d’avoir passé l’échographie des 5 mois
Aujourd’hui, 2 enfants plus tard, je pense que je n’oublierai pas ce bébé qui n’a pas été… Je parle facilement de cette période autour de moi car il est important selon moi que les gens sachent que ça arrive. Le couple de proches qui avait vécu ça avant nous nous en avait parlé et je crois que savoir que d’autres l’avaient vécu étaient très important.

Les 10 mois avant de retomber enceinte ont été horribles. Dans le même temps j’avais des problèmes au travail, mon papa est tombé gravement malade et j’ai essayé de faire bonne figure pour soutenir ma famille mais le jour où je me suis effondrée j’ai du me faire aider…

À tous les couples qui vivent ça : entourez vous et surtout écoutez vous… C’est un deuil, il faut du temps pour relever la tête

le 03/07/2019 à 10h28 | Répondre

lin-li-ai

Ta discussion avec ta gynéco me donne de plus en plus envie d’écrire un article sur les violences obstétricales.. Tout au lond de mes 2 grossesses, j’ai vraiment été confronté à des propos abberants venant du personnel medical !

Tu as eu beaucoup de chance que tes proches ayant vécu la meme chose en ait parlé. Moi la première, j’ai fait le choix de n’en parler qu’à ma famille et aux amis très très proches de ma fausse couche. Je ne sais pas d’ou vient ce tabou sur les FC en général… chez moi c’était plus une sorte de « honte » : tout le monde est capable d’avoir un bébé viable sauf moi donc quelque chose cloche chez moi.
C’était stupide mais bon.. 🙁

Je suis rassurée quelque part de me dire que je ne suis pas la seule à avoir « sombrer ». Les quelques personnes autour de moi qui l’ont vécu….l’ont bien vécu justement « ca arrive, c’est pas grave, ca marchera la prochaine fois ». Et c’était difficile de ne pas réussir à être optimiste :/

En tout cas, un grand merci pour ton témoignage et heureuse de voir que tu as eu 2 enfants par la suite <3

le 03/07/2019 à 14h17 | Répondre

Solène

Je me reconnais tellement dans ton témoignage !

J’ai fais une FC à 12 SA, détectée à 10 SA, ça a été terrible. Il avait fallu 9 mois avant de voir un test positif et en presque 3 mois de grossesse on a le temps de se projeter… Comme toi je devais l’annoncer à Noël, avoir mon congé maternité pendant l’été, et finalement rien de tout ça n’est arrivé.
Ça fait 6 mois et je n’arrive pas à m’en remettre. Je n’ai pas eu d’arrêt du tout lors de ma fausse couche (heureusement c’est arrivé un soir, quand j’étais à la maison), ça m’a épuisée. Mon travail est prenant, je n’ai pas pu prendre non plus de congés depuis, je suis tellement fatiguée…
Moralement ça ne va pas du tout, je pleure aussi souvent en y repensant et voir ma DPA arriver sans qu’une nouvelle grossesse ne soit survenue me serre le cœur.
J’ai eu des pensées très sombres, j’ai l’impression que je ne retomberais jamais enceinte et que si c’est le cas je referais de toute façon une fausse couche. Je suis désespérée, je n’y crois plus et je me dis que sans enfants la vie ne vaut pas le coup d’être vécue.
Comme toi j’ai été diagnostiqué OPK quelques mois après ma fausse couche. Je viens de commencer un traitement pour stimuler mon ovulation. J’ai beaucoup d’effets secondaires, dont des troubles de l’humeur qui accentuent ma déprime, ce qui ne m’aide pas du tout.
Je pense que tant que je n’aurais pas passé le premier trimestre d’une nouvelle grossesse ça n’ira pas mieux.

le 03/07/2019 à 10h29 | Répondre

lin-li-ai

….et je me reconnais dans ton témoignage. J’aurais pu écrire mot pour mot la même chose que toi.
Est-ce que tu souhaites qu’on en parle en privé ? (si tu as une adresse mail ou quelque chose pour que je te contacte)

N’hésite surtout pas parce que je sais que pendant cette periode « d’entre deux », c’est très très difficile de voir la lumière au bout du tunnel 🙁

le 03/07/2019 à 14h20 | Répondre

Solene

Oui c’est exactement ça, tellement difficile de voir la lumière au bout du tunnel 🙁

Je veux bien discuter avec toi en privé, je te laisse mon adresse mail : uncarnetnoir[at]gmail[point]com

le 03/07/2019 à 21h15 | Répondre

Virg

Ouch dur ! En revanche, tu occultes complètement le conjoint. Certes, il ne porte pas l’enfant mais il est aussi touché. Si en plus sa femme s’effondre….

le 03/07/2019 à 11h12 | Répondre

lin-li-ai

C’est une excellente transition :-*
Je voulais justement dédié une prochaine chronique à mon conjoint car dans la gestion de ce deuil, je l’ai complétement occulté.
Pour moi – à l’époque – il n’avait pas pu souffrir car ça n’était pas concret… et c’est en le voyant craquer après plusieurs tests négatifs après ma fausse couche que nous avons eu une longue discussion : il avait énormement souffert de cette fausse couche mais n’avait jamais eu le courage de m’en parler car j’étais incapable de gérer ma peine et donc incapable de gérer la sienne.

Je m’en suis beaucoup voulu de l’avoir mis « à part », d’avoir peu échanger sur ce qu’il ressentait… et si ça devait se reproduire, je ferais complétement autrement 🙁

le 03/07/2019 à 14h25 | Répondre

Virg

Ma belle soeur a fait une fausse couche à 5 mois de grossesse (grippe bonjour) et j’avais vraiment été choquée de voir que les gens zappaient complètement mon frère « comment va la maman ? » Alors qu’il était lui aussi profondément choqué

le 03/07/2019 à 15h13 | Répondre

Charlotte aux petits pois (voir son site)

C’est un bel article… Qui me touche beaucoup.
En te lisant, j’ai tellement eu envie de te serrer contre moi et de te soulager de ta peur.
J’ai vécu 3 FC confirmées et 1 FC déduite d’un taux douteux a posteriori.
3 FC très précoces et une à 2 mois de grossesse.
Bref, un chemin long et très douloureux que nous empruntons depuis plus d’un an et demi.
L’attente entre chaque grossesse est affreuse et j’avoue que je me demande parfois comment je pourrais encore « survivre »si une prochaine grossesse se terminait de la sorte.
Et pourtant, on s’accroche à l’espoir et au désir de voir notre famille s’agrandir (notre fille a 3 ans et demi et aucun souci pour l’avoir…). Et on recommence, tous les mois.
C’est vraiment dur, tellement dur.
Parfois, j’ai l’impression que le plus dur c’est que ce sont des deuils et des douleurs qui sont invisibles. Ça me rend folle de constater que je suis mieux accompagnée pour le décès du grand père de mon conjoint (décédé à 86 ans) que pour la perte de ces tous petits. Alors que pour moi, la douleur de l’une n’a rien à voir par rapport à la douleur des autres.
Je me dis souvent que cette histoire m’aura apporté une très grande sensibilité, une capacité à écouter sincèrement et une grande tendresse pour toutes celles et ceux qui souffrent d’un manque d’enfant.
Quant aux autres femmes enceinte, cela reste difficile de faire face tant je me sens ambivalente (petit article à ce sujet ici : https://charlotteauxpetitspois.com/2019/06/20/ambivalente/)
Je suis heureuse que cette triste histoire ait eu un beau dénouement pour vous!
Mais à chacun.e.s qui vivez ce drame intime et si douloureux de la fausse couche, prenez soin de vous. Aimez-vous et soyez fier.e.s. Vous êtes forts. Si forts. Pouvoir vivre la journée d’après, et celle d’après et ainsi de suite, rien que ça. C’est déjà tellement.
Je me réjouis de la suite, Lin-Li-Ai :-), surtout qu’elle est heureuse.

le 03/07/2019 à 15h27 | Répondre

Anna

Ton témoignage résonne tellement en moi… j’ai fait une GEU au mois de février, découverte heureusement assez tôt. J’avais déjà fait une FC il y a quelques années. Et j’ai sombré, sombré devant le corps médical qui ne voulait pas me soigner (« madame ça partira tout seul »). Au bout de 3 semaines j’ai hurlé sur une interne et ai enfin eu une injection de meto. J’ai sombré devant ces proches maladroits voire malveillants à scruter ce que je buvais ou mangeais alors que je portais un embryon mort. J’ai sombré en annonçant la nouvelle à mes plus proches et en ayant à contenir leur peine. J’ai sombré devant cette rage, cette haine, cette jalousie « pourquoi elle? » « c’est injuste » « arrêtez de vous plaindre de vos grossesses »; J’ai sombré la fois où lors d’une 1000ème prise de sang, une future maman extatique lisait toutes les brochures de grossesse, ce jour-là je lui ai souhaité le pire.
Depuis je tente de remonter à la surface, j’ai entamé une psychothérapie et j’essaie de contenir mon désespoir devant tous ces tests négatifs.
Un jour peut-être… Je t’envoie toutes mes bonnes ondes et espère lire de bonnes nuovelles.

le 03/07/2019 à 16h11 | Répondre

Charlotte

Bonjour et merci pour ce commentaire.
J’ai fait une fausse couche à 11 SA il y a trois semaines et je me débat avec tout ce dont tu parles. C’est surtout que j’ai du mal à exprimer ma peine avec mes proches, ils essaient de me consoler. t moi je n’ai pas envie d’entendre que ça marchera la prochaine fois etc …
Je suis juste tellement triste d’avoir perdu ce petit bébé que j’aimais déjà beaucoup et qui me manque. Et j’essaie de prendre le temps qu’il faut pour être triste sans me projeter dans autre chose derrière. Un enfant ne peut pas en remplacer un autre.
J’ai la chance d’avoir déjà mon fils de 3 ans et pas cette peur de ne jamais pouvoir fonder une famille. Et puis il me ramène vers la vie quand la tristesse est trop lourde.
Pour finir: à tous ceux et celles qui vivent cela : courage, vous avez le droit d’être triste et ne laissez personne vous dire le contraire.

le 04/07/2019 à 11h47 | Répondre

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