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Deuil périnatal : la grossesse d’après


Publié le 12 mars 2015 par Urbanie

Comme je te l’ai annoncé dans mon dernier article, je suis enceinte.

Joie ! Paillettes ! Petits poneys qui dansent dans le ciel !

Non, sincèrement, je suis très heureuse de cette grossesse. Heureuse, mais souvent déstabilisée. Parce que, si tu me suis, tu sais que j’ai perdu ma fille l’année dernière, au 6ème mois de grossesse.

Alors voilà : comment me projeter dans une nouvelle grossesse, quand toute forme d’innocence s’est envolée ? Comment me réjouir, me préparer à accueillir cet enfant, quand je sais, plus que n’importe qui d’autre, que tout peut s’arrêter du jour au lendemain ?

vivre une nouvelle grossesse après un deuil périnatal

Crédits photo (creative commons) : Vanessa P.

La tentation de me protéger en refusant de me projeter dans cette grossesse est grande, très grande même. Mais je sais que ce n’est pas une solution. Cet enfant, que nous avons tant désiré, n’y est pour rien dans notre histoire. Il devra naitre avec un poids déjà bien lourd à porter sur ses épaules : une grande sœur décédée sans avoir pu vivre. Aie. Pas exactement le cadre Bisounours que je voulais pour fonder une famille.

Donc hors de question pour moi de le faire payer à ce bébé, même inconsciemment.

Nous avons déjà choisi pour lui deux prénoms (un pour chaque sexe, puisque nous ne savons toujours pas si c’est une fille ou un garçon). Je guette ses premiers mouvements avec attention et impatience. Je recommence à imaginer comment ce sera, quand il sera là.

Bien sur, hors de question pour moi de lui acheter des vêtements avant que l’échographie du deuxième trimestre ne soit passée : j’ai toujours en tête le souvenir cuisant de l’année dernière, où, encore enceinte, j’avais été rendre les habits achetés pour ma fille. Je pense très honnêtement d’ailleurs que nous ne ferons rien de trop concret avant la toute dernière échographie. La chambre attendra ! Ce n’est, de toutes façons, pas l’élément le plus important.

En parlant de cela, j’avoue que les échographies sont un cap très difficile à passer: émotionnellement, cela me renvoie un an en arrière. Je sais que tout peut encore s’arrêter du jour au lendemain. Qu’on peut m’annoncer, à tout moment, que quelque chose sur l’écran de contrôle ne va pas, que le bébé n’est pas tout à fait comme il devrait être.

Je n’ai pas non plus réussi à l’annoncer aux gens, sauf à ceux qui me côtoient au quotidien (donc les collègues, et nos parents) tout simplement parce que ma grossesse est déjà très… visible (deux grossesses en un an, ça laisse des traces !). J’ai perdu le gout de l’annonce, des réjouissances collectives. Peut-être parce que je sais, là encore, que je n’ai pas envie d’annoncer que quelque chose ne va pas, comme la dernière fois.

Donc je vis cette grossesse de façon très étrange : le fait de souffrir d’hyperémèse n’arrange rien, même si je n’ai aucune difficulté à faire la part des choses entre les réactions de mon corps liées à la grossesse, et le bébé en lui-même.

Bien entendu, je suis toujours suivie par un psy ! Je n’ai pas l’arrogance de penser que je peux tout résoudre seule, bien au contraire. J’ai besoin de cette béquille sur laquelle m’appuyer pour être certaine que mon enfant viendra au monde dans les meilleures conditions possibles, compte tenu de notre histoire. De quelqu’un pour me dire si, et quand, je fais fausse route.

Je réalise aussi la « chance » que j’ai eu de retomber enceinte si rapidement : 4 mois après mon retour de couches, malgré des cycles qui faisaient le yoyo. Je suis parfaitement consciente que ce bébé n’est pas non plus une prolongation de ma grossesse précédente, mais bien un autre bébé, différent. Avec sa propre histoire, et son avenir à lui.

Je reviendrai te raconter comment se déroule cette grossesse, au fur et à mesure. Une grossesse qui sera sans aucun doute dépourvue de toute forme de naïveté et d’innocence, mais une grossesse dans laquelle j’espère investir toute la tendresse qu’une future maman peut porter à son bébé.

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Commentaires

16   Commentaires Laisser un commentaire ?

Jahanara

Merci pour ce bel article !
Je suis dans une moindre mesure dans le même cas. Après ma fausse couche, je pense être de nouveau enceinte. Mais le moindre changement inhabituel me fait peur. Et je sais que je serai tiraillée entre mon bonheur d’etre enceinte et le côté rationnel qui me dira d’attendre de voir comment ça évolue… Les échographies vont être stressantes aussi 🙁
C’est bien que tu sois suivie par un psy. Je te trouve très courageuse en tout cas d’avoir retenté l’aventure aussi vite ! J’espère que nous aurons bientôt de bonnes nouvelles de la suite de ta grossesse !

le 12/03/2015 à 08h22 | Répondre

Urbanie

Merci Jahanara!
Je crois que, quand on a été traumatisée, il est inévitable d’avoir un peu peur lors d’une grossesse suivante. L’essentiel, c’est que la peur ne prenne pas le pas sur l’envie et la joie d’être enceinte.

le 12/03/2015 à 21h14 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

Je te trouve très lucide et solide ! Je ne peux qu’imaginer tes angoisses, et comme Jahanara, je pense qu’être suivie par un psy est une bonne chose.
J’espère de tout coeur que tu pourras profiter de cette grossesse sereinement.

le 12/03/2015 à 08h50 | Répondre

virginie

Je t’envoie plein plein d’ondes positives et une bulle de douceur.

le 12/03/2015 à 08h51 | Répondre

Madame Nounours

Je pense que c’est normal que tu appréhende un peu cette nouvelle grossesse après ce qui t’es arrivée l’an dernier. Tes nausées se sont calmées?. C’est bien que tu es un suivi d’un psy, je pense que ça va t’aider à aborder cette nouvelle grossesse sereinement. Je t’envoie plein de bonnes ondes et te souhaite de vivre une bonne grossesse.

le 12/03/2015 à 09h41 | Répondre

Urbanie

Oui, les nausées se sont calmées, même s’il y’a encore des jours « sans! Maintenant c’est la fatigue qui a pris le relai! 🙂

le 12/03/2015 à 21h15 | Répondre

Mlle Moizelle

plein de pensées positives de ma part aussi, pour toi, pour le bébé, et pour le papa… Que ressent-il lui? Courage et mille milliards de bonnes choses à vous 3.

le 12/03/2015 à 13h22 | Répondre

Urbanie

Merci <3

Le papa est forcément angoissé aussi, mais il est comme moi, il y va pas à pas.

le 12/03/2015 à 21h16 | Répondre

MélyMélo

Merci pour ce témoignage… après 2 fausses couches précoces, je suis à nouveau enceinte. Les 2 premières fois je me réjouissais d’être tombé enceinte au 1er cycle d’essai… oui mais moi j’aimerais que ça continue ! Pour l’instant je n’arrive ni à me réjouir ni à me projeter… On verra à la première échographie. Tendres pensées

le 12/03/2015 à 14h09 | Répondre

Urbanie

Après 2 fausses couches, il est plus que normal d’avoir peur de te projeter. Lorsque tu auras réussi à dépasser le stade de tes fc, tu pourras déjà te projeter un peu plus. Mais il est très normal de rester prudente par peur de souffrir. Un pas après l’autre! <3

le 12/03/2015 à 21h17 | Répondre

vanity of our lives (voir son site)

Bravo pour cet article !! Je trouve que tu es très courageuse.
Plein de bonnes choses pour vivre cette grossesse sereinement

le 12/03/2015 à 20h24 | Répondre

Louna

Encore une fois, je ne peux qu’être épatée par ton courage, par votre courage, à ton mari et à toi.
Ton discours me semble tellement sincère et solide. J’ai l’impression que mettre par écrit tes sentiments te permet de te préparer au mieux à accueillir cet enfant tant voulu. Tu as l’air tellement consciente et tellement forte: je suis impressionnée.
Merci pour ce magnifique témoignage d’amour maternel.
Je te souhaite le meilleur pour la suite.

le 13/03/2015 à 12h47 | Répondre

Tannabelle (voir son site)

Je ne peux que te souhaiter une grossesse la plus sereine possible et un atterrissage plus en douceur que le mien à l’arrivée de mon troisième, 17 mois après la naissance de son frère et la naissance sans vie de sa sœur. Je pensais que la grossesse serait le moment le plus difficile à passer avec ce nouveau bébé mais c’est finalement depuis son arrivée parmi nous que je vis les plus grands tourments…

le 19/03/2015 à 10h05 | Répondre

Alma

Bonjour Urbanie,
Je suis dans le même que toi, sauf que j’ai perdu ma fille après la naissance. Elle est née et a été déclarée en bonne santé par les médecins, ce n’est que un jour et demi après la naissance qu’elle a commencé à respirer avec difficulté et que nous avons eu la grande surprise d’apprendre qu’elle avait un problème cardiaque gravissime non- détecté pendant les échographies du suivi de grossesse. Elle a vécu 4 jours. Je suis à nouveau enceinte, de 4 mois maintenant et cette grossesse est très difficile, très tabou dans mon entourage. Je ne peux pas me raccrocher à aucun cap pour me sentir mieux, sinon celui de me dire que je sauterai de joie si j’arrive à sortir de la maternité avec un bébé vivant dans les bras…

le 04/10/2015 à 15h06 | Répondre

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