Vivre en famille : le bonheur, le bazar... et tout le reste !

Ma grossesse sous haute surveillance : le deuxième trimestre


Publié le 23 juin 2015 par Urbanie

Je continue la suite de mon récit, avec le deuxième trimestre.

Je rentre cette fois-ci dans la zone de tous les dangers. « Quoi ? Mais c’est pas le premier trimestre, la période à risques ? »

Attends, je vais t’expliquer.

Je sais, normalement, les femmes considèrent que la vraie zone de risques se situe au premier trimestre, en raison des nombreuses fausse-couches qui surviennent à cette période. Mais, ayant perdu un bébé à la fin du deuxième trimestre, bizarrement, c’est maintenant que les choses se corsent pour moi. Ma grossesse devient soudainement très réelle, et les peurs que j’avais réussi à canaliser au premier trimestre se réveillent.

Je peux d’ailleurs résumer ce trimestre en trois mots : fatigue, ennui, lenteur.

Enceinte et fatiguée

Crédits photo (creative commons) : Altus Geldenhuys

La quatrième mois : la fatigue

Les sites internet dédiés à la maternité-trop-épanouie me promettent que, cette fois-ci, c’est mon moment : le deuxième trimestre est censé être génial, mes nausées doivent être reparties voir ailleurs si je n’y suis pas. On me promet un teint de pêche, une énergie de folie, la gambette légère et le cheveu soyeux.

OU PAS.

Certes, mes nausées commencent à se calmer, même si elles ne partent pas complètement. Le hic, c’est que la Fatigue (oui, avec un « F » majuscule) prend aussitôt le relai.

Alors, je ne sais pas par quel mystère insondable ça peut bien se produire, mais chez moi la fatigue est plus intense au deuxième trimestre. Contrairement à la grande majorité des autres femmes enceintes, si j’en crois l’internet mondial de la maternité heureuse.

Pour ma fille l’année dernière déjà, j’en avais fait les frais. J’ai comme la désagréable impression que mon corps est coulé dans du plomb. Dans mes meilleurs jours, tout me parait compliqué et pénible à faire, même me lever pour aller du lit au canapé. Résultat : je dors entre douze et quinze heures par jour (tu comprends pourquoi j’ai appelé mon blog La Marmotteuse, hein ? Un jolie référence à la fois à « marmot » et à « marmotte »…).

Le truc, c’est qu’entre toutes ces heures de sommeil, il faut aller travailler. Oups… compliqué.

Je rentre ainsi dans une spirale infernale : je vais travailler. Ça m’épuise encore plus. Du coup les nausées (qui s’étaient calmées) reviennent de plus belle. Je dois donc me faire arrêter quelques jours. Puis je reprends le travail… et ainsi de suite.

Moralement, c’est difficile à gérer : j’ai l’impression de passer mon temps à quémander des arrêts chez le médecin, je ne sais jamais quand je vais pouvoir travailler, quand je vais pouvoir me reposer… Et puis, comment rester impliquée au travail quand je suis malade un jour sur deux ?

Les médecins, parlons-en : j’arrive à saturation. Je les vois tout le temps, pas une semaine ne se passe sans que je ne sois chez mon obstétricien ou ma généraliste. Je suis en permanence en train de lutter pour leur expliquer que, malgré mon deuil périnatal, je vais « bien », mais que physiquement c’est une autre paire de manches. Eux et moi, c’est un dialogue de sourds : ils sont persuadés que mon deuil est responsable de mon état physique. Et du coup… ils ne m’arrêtent pas. C’est un cercle vicieux. Vers la fin du quatrième mois cependant, je rends visite à un autre médecin qui lui décide de m’arrêter. OUF.

Nous repassons aussi une échographie de contrôle à la fin de ce mois-ci : pour le moment, tout va bien…

Le cinquième mois : l’ennui

Je me repose, enfin ! Je passe mes journées à roupiller chez moi avec le chat, en matant des films et des séries tv à gogo. Bon, ça a l’air kiffant dit comme ça (et j’avoue que ça l’est les deux premières semaines), mais en vrai, je m’ennuie un peu… Je suis tellement fatiguée (et toujours un peu nauséeuse) que je n’arrive pas à faire grand chose. Me balader, voir des amies, faire du shopping… tout ça, on oublie. Si je m’autorise une sortie, en général, je le « paye » le lendemain (je te passe les détails, hein).

Vers la fin du mois commence également un nouveau trouble trop choupinou de la grossesse : les malaises. Voilà, je me mets à tomber dans les pommes un peu partout où je vais, et peu importe si j’ai dormi quinze heures auparavant. Dans la queue du supermarché ? Pouf, par terre. Dans la rue ? Aussi. Rien de grave, juste quelques chutes de tension. Mais ce n’est pas comme si je pouvais compter sur la bienveillance des quidams, qui détournent le regard dés qu’ils me voient approcher d’une queue ou d’une place assise.

J’avoue que ça ne m’incite pas à sortir plus de chez moi… Bon, heureusement que j’adore lire et que j’ai plein de retard dans mes séries préférées. Mais je commence à compter les jours jusqu’à l’accouchement. Je me rends surtout compte que cette grossesse va être L.O.N.G.U.E.

Nous passons enfin la terrible échographie du deuxième trimestre, la trouille au ventre : notre poussinette décide pour l’occasion de nous offrir son plus beau profil (comprendre : elle est à moitié en traviole), donc l’échographiste nous fait revenir trois fois pour réussir à bien mesurer toutes les parties de son corps. J’ai beau avoir le sens de l’humour, sur le moment, je ne le vis pas très bien (cette petite a intérêt à avoir son bac du premier coup, c’est moi qui vous le dis !).

Lorsque la dernière visite se termine par un « Tout va bien », nous poussons enfin un premier soupir de soulagement. Je file aussitôt évacuer mon stress (et mon livret A) dans la première boutique de vêtements pour enfants que je trouve sur mon chemin, sous le regard mi-perdu, mi-atterré de Jean-Mi.

Le sixième mois : la lenteur

C’est officiel : je m’ennuiiiiiiiie ! Ouh que le temps passe lentement… je commence à compter les jours. Littéralement !

Heureusement, je commence enfin les cours de préparation à l’accouchement ! Joie ! Voilà qui va m’occuper !

Sauf que : dans la salle, au milieu des autres femmes enceintes qui vivent à fond leur première grossesse, je ne me sens pas à ma place. Je me retrouve obligée de présenter un petit papier à la sage-femme qui anime les séances pour « informer » de mes antécédents (et éviter toute question indélicate devant les autres parturientes). Et, aussi, de mentir.

Oui, parce que je pourrais dire devant les autres participantes que ce n’est pas ma première grossesse, reconnaître qu’il y a des choses que je connais déjà, ou que j’ai déjà accouché. Mais soyons honnête : personne dans la pièce n’a envie d’entendre ça ! J’ai vécu le pire cauchemar d’une femme enceinte, certes, mais le reste du monde n’a pas à le savoir. Donc je mens. Je réalise aussi que je suis la seule de mon groupe à cumuler une liste de maux de la grossesse aussi longue que le bras. J’ai un peu l’impression en sortant de là d’être la super-poissarde de service, j’ai le moral dans les chaussettes… et après une longue discussion avec mon mari, je décide de ne pas y retourner.

Alors attends, ne flippe pas : je suis bien des cours de préparation à l’accouchement… mais en privé, avec une sage-femme rattachée à la maternité qui nous donne des cours d’haptonomie (je t’en parlerai dans un autre article). En bonus, ça me permet d’impliquer au maximum Jean-Mi, qui pour le coup participe activement à ces sessions. Voilà, ce ne sont pas des cours « classiques », mais je sens que je peux me permettre d’aborder les sujets qui me tracassent… tous les sujets. Y compris ma grossesse précédente.

Pour finir, nous ne dérogeons pas à la règle et passons, à nouveau, une échographie de contrôle… Tout va « bien », mais le Grand Spécialiste qui nous suit nous annonce un bébé taille mini-pouce. Genre, vraiment petit. Le bébé est en effet dans la moyenne très basse des normes de poids. Voici donc le grand retour de ma super pote : l’Angoisse. Au moment où j’écris ces lignes, je ne sais toujours pas ce que la suite nous réserve. Affaire à suivre…

Et toi ? Tu as eu droit au fameux deuxième trimestre idyllique ? Ou tu as aussi connu cette terrible fatigue ? Tu as été arrêtée et tu t’es ennuyée ? Tu connais l’haptonomie ? Viens nous raconter !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

Inscris ton email ci-dessous et reçois idées, conseils et témoignages directement dans ta boîte de réception !

Super ! Va vite confirmer ton inscription dans l'email que je viens de t'envoyer !


Porte le bracelet Ava chaque nuit et obtiens sans effort des informations sur ton cycle, ta fertilité, ta grossesse et ta santé. Alors, pour mettre toutes les chances de ton côté pour avoir un petit bébé, je te propose 10% de réduction sur le bracelet Ava avec le code : DansMaTribuXAva ! Commande-le dès maintenant par ici !

 

Inscris ton email ci-dessous et reçois idées, conseils et témoignages directement dans ta boîte de réception !

Super ! Va vite confirmer ton inscription dans l'email que je viens de t'envoyer !

Commentaires

21   Commentaires Laisser un commentaire ?

Mariounche

Bon courage, pas facile d’être tout le temps malade. Pour mes deux grossesses, j’ai souffert comme toi d’hyperémèse gravidique (j’ai appris le mot grâce à ton article d’ailleurs) pour le premier trimestre et c’est déjà pas facile de faire comprendre à certains que tu es vraiment malade et que non, ce n’est pas juste des petites nausées ! J’ai eu la chance que tout s’arrête apres le premier trimestre et que le deuxième trimestre soit épanouissant pour moi, alors je n’ose imaginer ta situation ! Pas facile d’avoir l’impression de « demander » des arrêts en permanence quand on est vraiment malade. Quand aux dernières nouvelles, je croise les doigts que tout se passe bien pour toi et ton bébé…

le 23/06/2015 à 08h04 | Répondre

Doupiou

Courage pour la suite ! Mais tu n’es pas seule ! J’ai aussi vécu certains symptômes que tu écris dans ton article ! La grosse fatigue (pour moi qui suis très active ça a été très dur!) dès le 4ème mois, les AR chez les médecins et les mois à coup de : 1 semaine boulot, 1 semaine arrêt ! Mon intense fatigue était dû à de l’anémie et mon gynéco a décidé de m’arrêter définitivement à 7 mois. Donc seule toute la journée, avec un mari qui part le matin à 7h et revient le soir à 21h. Par contre je n’ai jamais eu à supplier pour un arrêt, mon généraliste ou mon gynéco me les imposaient presque systématiquement! Mon terme est prévu dans 13 jours tout pile et j’en peux vraiment plus !

le 23/06/2015 à 08h21 | Répondre

Urbanie

Ah oui, il semblerait qu’on ait eu les mêmes difficultés! En effet, s’arrêter du jour au lendemain quand on est très active, ça peut être très difficile à vivre.

le 23/06/2015 à 20h40 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

J’ai hâte de lire ton article sur l’haptonomie, c’est quelque chose qui m’interesse énormément.
J’espère que tout se passera bien pour ta fille et toi.

le 23/06/2015 à 08h48 | Répondre

Urbanie

Je vais le rédiger prochainement, j’attends que mes séances soient finies pour en faire un bilan! 🙂

le 23/06/2015 à 20h47 | Répondre

Camomille (voir son site)

Mon Dieu ! J’espère que tu auras un accouchement de rêve et surtout une petite fille en parfaite santé, sinon c’est vraiment un coup à te dégouter de la maternité !
En tout cas, je croise les doigts pour toi et ta petite

le 23/06/2015 à 09h00 | Répondre

Madame Rose

ouch ! décidément !
on croise les doigts, on croise les doigts, on t’envoie des ondes positives, des trèfles à quatre feuilles, des épis de maïs ou de blé je ne sais plus, un fer à cheval, etc. etc. et on ne panique pas, on reste zen.

le 23/06/2015 à 09h30 | Répondre

Claire (voir son site)

J’ai écrit un article sur ma grossesse qui ressemble un peu au tien mais je crois en moins pire quand même. J’ai eu un super accouchement, tellement bien que j’ai hâte d’y retourner, mais c’est pas prévu au programme pour le moment. J’espère que pour toi, tout se passera très bien. Bon courage pour la dernière ligne droite.

le 23/06/2015 à 12h16 | Répondre

Madame D

Courage pour la suite !
Je ne peux imaginer ce que tu vis. A part l’ennui … ayant été au chomage des le 5ème mois. Comme tu dit : les 2 premieres semaines c’est génial et la suite c’est vraiment vraiment long …
Essaye de rester positive pour ton bébé ! J’imagine que c’est un conseil pourri mais je te l’ai deja dit je suis du genre a dire tout ce qu’il ne faut pas.
En tout cas courage pour la suite et je suis optimiste pour toi !

le 23/06/2015 à 13h17 | Répondre

Urbanie

Oui, j’en parlais avec une copine, on se disait la même chose: comme pour le chômage, au début tu profites un peu… et puis très vite tu tournes en rond! ^^

le 01/07/2015 à 17h52 | Répondre

cricri2j

J étais moi aussi enceinte d une mini pouce! Et j ai accouché d une puce de 2kg300 quasiment à terme! Aujourd hui encore à presque 10 mois elle est toujours sur le trait de la limite basse de la courbe de poids mais à côté de ca c est un bebe vif, éveillé et en tres bonne santé. Voilà l angoisse est difficile à éviter (je vis l œil sur la balance quand même) mais si cela peut te rassurer… Bon courage pour la suite de ta grossesse!!

le 23/06/2015 à 20h11 | Répondre

Urbanie

Merci pour ton témoignage! Oui, c’est surtout une angoisse pas forcément rationnelle (après tout, elle est dans les courbes), mais je crois que je ne peux pas m’en empêcher…

le 01/07/2015 à 17h53 | Répondre

SwissGirl

Oh ben merde, Urbanie ! Que je n’aime pas lire ça ! Pourvu que le troisième trimestre soit tellement tellement mieux !
J’ai envie de dire « courage » mais je crois que ça n’a rien à voir avec le courage… Alors je suis de tout cœur avec toi. Vivement que ces moments douloureux soient passés et que vous ayez votre pitchounette en pleine santé dans vos bras !
Je te souhaite le meilleur !

le 24/06/2015 à 14h58 | Répondre

Béré

En commençant à lire ton passage sur la préparation à l’accouchement, je me suis immédiatement demandé ce que tu pourrais tiré de positif sur une préparation collective… et je suis très soulagée que tu aies pris la décision de la préparation personnalisé et via l’haptonomie. Même si je n’ai pas accroché à l’hapto, la préparation individuelle ou en très petit groupe pour mon deuxième bébé avec des mamans qui attendaient leurs troisièmes qui n’étaient pas effrayées par l’histoire de mon accouchement à la maison (http://www.dans-ma-tribu.fr/accouchement-eclair-apres-trois-jours-faux-travail/) ont été autant de moments d’écoute et de soulagement ou je pouvais parler à cœur ouvert des moindres petits problèmes ou de mes grosses angoisses. Ma sage-femme avait aussi la possibilité de m’arreter pour 15 jours. Son écoute et ses conseils ont été tellement précieux. D’ailleurs il faudrait que j’arrive à prendre quelques instants pour écrire un article sur la préparation à l’accouchement, tiens…
Et en ce qui concerne la petite taille de bébé…. Franchement, honnêtement, sincèrement, concentre-toi sur la relation naissante avec ton bébé, profite de ce que l’hapto t’apporte pour enrichir chaque jour votre relation. Quand tu te sens glisser sur la mauvaise pente, pose-toi et appelle-la pour un câlin, et profite-juste… car moi aussi mes bébés étaient très petits et limite en-dessous des courbes _ ma fille est née après terme et pesait à peine 2.5 kg et mon fils aussi 2.7kg _ , et d’ailleurs s’il y a une courbe basse, c’est bien qu’elle est encore dans les statistiques ! …. D’ailleurs, tant qu’elle prend, c’est ce qui compte !!

Prends soin de vous deux …

le 26/06/2015 à 12h50 | Répondre

Urbanie

Merci beaucoup Béré!
Quand on a une expérience de la maternité et de l’accouchement un peu « différente », je crois qu’il vaut mieux en effet suivre des cours de préparation à la naissance en petit comité ou en privé… comme tu le dis, on se sent forcément en décalage, on ne veut pas effrayer les autres…

Sur l’hapto, je n’accroche pas à 200% non plus, mais j’essaie tant bien que mal! Ca me permet surtout de voir une sage femme en privé régulièrement. 🙂

le 01/07/2015 à 17h55 | Répondre

mayl

J ai envie de hurler un énorme merci. Moi qui vit un second trimestre loin du c est trop top environnant. J ai envie de dormir à chaque seconde sans qu aucun médecin ne veuille le comprendre. Elle est où l énergie promise ? Et puis mon moral avec ça ne monte jamais plus haut que mes socquettes bien que la grossesse aille bien j ai parfois l impression qu on ne veut pas entendre que moi ça ne va pas. Stress fatigue je ne gère plus et j ai l im pression de passer pour une chieuse ..
alors merci de lire ce genre de chose je me sens moins seule

le 11/08/2016 à 10h17 | Répondre

SI TU SOUHAITES RÉAGIR C'EST PAR ICI !

As-tu lu notre Charte des commentaires avant de publier le tien ?