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Difficulté à faire un enfant : en parler à ses proches ou non ?


Publié le 28 mars 2013 par Two Love

Au moment où nous avons décidé de faire un bébé, nous avions choisi de ne rien dire. Personne ne se doutait que nous voulions avoir un enfant maintenant, on tenait à créer la surprise en l’annoncant. On trouvait aussi que c’était drôle, on se disait souvent : si les gens connaissaient nos projets, ils seraient tellement étonnés !

mère et son bébé bisou

Et puis, au bout de quelques mois où rien n’arrivait, ni un bébé ni même mes règles, on a décidé de continuer à garder le silence. Je ne souhaitais pas que les gens me posent la question : « alors, et ce bébé, il arrive ? ». Ou bien : « vous avez perdu le mode d’emploi ? ».

Oui, parfois, les gens racontent n’importe quoi, ne se rendent pas compte de la portée de leur mots. Je n’avais pas envie de devoir répondre continuellement à ce genre d’interrogation, qui allaient m’agacer au plus haut point, je le savais.

Et puis, tu as toujours une personne qui a une histoire à te raconter, du style : « La fille de la voisine de ma mère n’y arrivait pas non plus. Et puis, ils ont fait des traitements, et au bout de 4 ans, ça a marché. Alors il n’y a pas de raison que ça ne marche pas pour vous ! ». Ce genre de réflexion, je savais aussi que j’y aurais droit. Même si cela part d’une bonne intention, je ne voulais pas l’entendre.

Je savais bien que d’autres personnes que nous avaient des problèmes d’infertilité, qu’il y avait des tonnes de traitements possibles, que beaucoup réussissaient… Mais je n’avais pas envie qu’on me le rabâche sans cesse. Je refusais que notre difficulté à avoir un bébé alimente les discussions du dimanche midi !

Enfin, cela va certainement te paraitre stupide, mais le fait que personne ne soit au courant rendait la chose abstraite. C’était comme si on n’avait pas vraiment de problème, on n’essayait pas vraiment. Je ne sais pas comment l’expliquer, mais j’avais l’impression que, comme aux yeux des gens nous n’étions pas en train d’essayer – sans succès qui plus est -, c’était un peu la réalité.

Je savais que du moment où cela deviendrait public, ça deviendrait beaucoup plus réel. Nous serions rangé dans la case « des couples ayant des difficultés à avoir un bébé », alors que pour le moment, nous étions « un couple en train de préparer notre mariage ». Je préferais de loin cette solution.

Je pensais que garder le silence , le partager uniquement avec mon homme était  la bonne solution. Que cela éviterait les questions qui pourraient nous blesser, nous toucher, la maladresse de certains ou la compassion des autres. Nous n’avions pas besoin de tout ça, ça n’allait pas résoudre le problème!

femme triste

Mais je dois dire que l’envie de bébé commençait à me bouffer l’esprit, j’y pensais souvent, ça me rongeait de l’intérieur. Je crevais de jalousie devant les femmes avec leur ventre rond ou celles qui poussaient une poussette. Parfois, je pleurais seule chez moi, car l’angoisse de ne jamais être à leur place m’envahissait tout entière, me crevait le cœur.

Et à chaque fois que j’apprenais qu’une personne que je connaissais était enceinte, je la félicitais… Mais ça me détruisait au plus profond de mon être. Je faisais ce que je pouvais pour ne rien laisser transparaitre, faire comme si de rien n’était. Et puis, je rentrais chez moi, dévastée, en larmes. Pourquoi elle et pas moi ???

Cette question revenait tout le temps ! Elle est stupide, et surtout irrationnelle, mais dans ces moments-là je n’étais pas capable de raisonner vraiment. J’étais évidemment très heureuse pour toutes ces filles qui allaient vivre un vrai chamboulement, et surtout un vrai bonheur, mais j’étais triste pour nous, tellement triste.

J’avais un sentiment de vide, que mon utérus ne me servait à rien. Je me renfermais sur moi-même, sur mon désarroi, ma peine. J’avais envie d’hurler à chaque fois que des gens se plaignaient parce qu’ils n’avaient pas dormi la nuit à cause de leur petit, j’aurais tué pour être à leur place !

Mon mari se sentait désemparé face à tout ça. Il vivait lui aussi cette échec, mais d’une façon totalement différente. Il a cette grande capacité à toujours être positif, et il ne se laisse pas envahir par de sombres pensées.

Plus le temps passait, et plus il pensait que nous devrions en parler, car il trouvait que cela me bouffait trop, que si je me confiais à quelqu’un, que je lâchais notre secret, je me sentirais plus légère, et que ça me ferai du bien. Je ne me sentais pas encore prête, et surtout, je ne pensais pas que cela soit la solution.

Et puis, mon traitement m’a conduit à l’hopital. Rien de bien grave, mais comment justifier l’hospitalisation auprès de notre famille ? Là, mon mari a coupé court et m’a dit: » ça suffit maintenant, on explique à nos proches ce qui se passe vraiment! »

Mes parents l’avaient plus ou moins compris tout seuls. Mais en ayant vécu la même chose, ils ne souhaitaient pas nous brusquer, ils attendaient juste que nous soyons prêts à en parler. Ils ont réagi de la meilleure des façons en nous disant qu’ils comprenaient exactement ce qu’on vivait, pour l’avoir vécu avant nous. J’ai aimé leur réaction, elle était parfaite, je me suis sentie entourée, épaulée, comprise.

Et effectivement, de pouvoir mettre des mots sur mes émotions, d’ouvrir la boîte de Pandore a été salvateur pour moi. Je me suis sentie soudain libérée, je n’avais plus à me cacher, à cacher mes émotions. Et puis mes proches comprenaient maintenant certaines de mes réactions, cela devenait limpide pour eux comme pour nous. Le problème était toujours là, bien présent, mais il n’y avait plus de secret.


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Commentaires

13   Commentaires Laisser un commentaire ?

Mlle Ballerine

Merci Mme Two d’avoir partagé ces moments difficiles!

le 28/03/2013 à 11h15 | Répondre

Madame Flocon

Ohlala tu me fais de la peine 🙁
Je comprends ta tristesse, je comprends que tu sois triste lorsqu’un autre couple annonce une grossesse. Même sans être fâchée contre eux, tu es triste pour vous.
J’espère de tout coeur que tout va s’arranger, en parler sur Internet t’aide sans doute aussi!
Nous n’avons pas encore décidé de faire un enfant mais je dois dire que je me demande toujours ce qu’il se passera si ça « ne marche pas ». En parlerai-je? Et les questions « alors c’est pour quand? » on y a déjà droit en fait et j’appréhende un peu la période où nous « essaierons ».

Je te souhaite beaucoup de bonheur à venir et de courage et je croise les doigts pour vous.

le 28/03/2013 à 11h30 | Répondre

Madame Hermine

Madame two, je t’envoie de gros gros calins tellement je comprends!!!!

Ici je ne dis rien. Je ne veux rien dire. Comme toi je suis hyper heureuse pour mes amies quand elles m’annoncent leur grossesse. Comment ne pas être heureuse d’ailleurs. Mais comme toi j’ai mal et je pleure en cachette parce que ça ne sera jamais moi…

Quand les questions se font trop pressentes j’ai tendances a être agressive et a répondre qu’Ermyn est notre bébé. Puéril certes, même si on l’adore ce n’est pas un enfant mais pour le moment ça nous protège un peu…

le 28/03/2013 à 12h30 | Répondre

Anne-Charlotte

Que je me suis retrouvée dans ton article !
Nous , on avait décidé d’en parler aux parents et nos amis très proches. Mais nous avons quand même eu le droit aux « ne t’inquiète pas ça va venir » ou « mais regarde bidule ils ont réussi alors pourquoi pas vous » ou » soit patiente n’y pense pas » . Mais au lieu de me remonter le moral ça ne faisait que m’enfoncer . Ce n’était pas eu qui avait RDV plusieurs fois par mois chez des spécialistes , qui devait subir ces examens en répétition , qui devait faire ce qu’on te disait a la minute près pour pouvoir avoir une chance d’avoir un bébé !
J’ai fini par être évasive sur le sujet . Quand on me demandait , je répondais que cela poursuivait son cour ! Je prenais réconfort autour d’un bon tête a tête avec mon chéri ou quand j’étais seule avec un bon bain et la musique dynamique pour « oublier » (ce qui est un grand mot) .
Je pense que le plus dur c’est d’apprendre les grossesses autour de nous! Qu’il y avait la plupart des bébés qui étaient un accident ! Je mourrais d’envie d’être à leurs places. D’avoirs des nausées , et tout ce qui va avec.
Le plus dur ça à était l’annonce de la grossesse de ma meilleure amie le jour où j’apprenais que pour nous cela serait un peu plus compliqué que les autres couples.
Bref tout ça pour te dire que tes réactions , Tes émotions sont normales !
Je te souhaite du bonheur plein de bonheur pour les futurs mois a venir !

le 28/03/2013 à 13h33 | Répondre

elodie

en parler c’est bien, très bien même. Et tu as eu de la chance d’avoir des gens réceptifs. Mais ce n’est pas toujours le cas comme tu peux le raconter en début d’article. Et c’est pour ça qu’il y a des spécialistes qui savent répondre avec les bons mots a tes angoissent. j’ai bossé avec un thérapeute de couple spécialisé en stérilité et je ne peux que conseiller d’aller en parler à un tiers, c’est souvent salvateur pour le couple, et parfois ça débloque des choses inconsciemment. en tout cas bon courage à toi pour la suite de vos beaux projets.

le 28/03/2013 à 15h30 | Répondre

Madame Two

Merci à vous les filles pour tous ces gentils commentaires!
Je tenais vraiment à raconter tout ça pour en parler tout simplement, l’évacuer, et puis, pour pouvoir partager et peut-être pouvoir aider quelques personnes qui se poseraient des questions par rapport à leurs émotions.Je m’en suis souvent voulu d’être triste en apprenant les grossesses des autres, jusqu’à ce que je me dise que je n’étais qu’un être humain avec ses faiblesses;
Un spécial gros hug pour madame Hermine car je connais bien ta situation!
Je te souhaite Anne-Charlotte un beau bébé d’ici peu!!
Encore merci pour tous vos commentaires!!

le 28/03/2013 à 18h12 | Répondre

Anne-Charlotte

J’ai eu mon bebe a moi il y a 9 mois 🙂
Ne perd jamais espoir ! Bientôt tu auras un petit haricot qui va cohabiter avec toi 🙂

le 28/03/2013 à 22h42 | Répondre

Le fromage c la vie

Je suis de tout cœur avec vous et avec ceux pour qui le projet d’enfants est difficile. … Grâce a mon travail j’ai compris tôt qu’avoir un enfant ou juste en vouloir n’était pas une évidence en soi. Je suis contente que tu aies trouvé du soutien auprès de tes proches au milieu des ordinaires et de leurs phrases/préjuges tous fais.

le 28/03/2013 à 21h13 | Répondre

Fred valetti

Comme beaucoup d’entre vous avec mon ami nous avons également entendu toutes ces phrases bateau « ca va arriver » « je ne voie pas pas pourquoi vous »…. nous avons fait de nombreux examens médicaux et nous avons tester plein de choses. Ce qui nous à aider dans notre cas c’est la psychologie. Nous n’y avons pas du tout penser c’est en trainant désespérément sur internet que j’ai trouver un article sur la psychologie et l’infertilité. Après plusieurs séances chez la psy nous avions enfin réussi j’étais enceinte. Nous avons mis 5 ans à avoir notre petit bébé. Je suis de tout coeur avec toutes les femmes et les couples qui connaissent des difficultés seules les personnes qui ont connu cette détresse peuvent comprendre.
Si des personnes de Lyon sont intéressées nous sommes aller voir la psy Frédérique Sultan, nous avions prie RDV sur son site internet (http://www.centre-psy.net/)
Bon courage à toutes !

le 23/04/2014 à 13h49 | Répondre

clairounette

Bonjour à toutes.
Rien que lire ton récit m déclenche les larmes. On se sent moins seule en lisant. Ma cousine a accouché ce matin d’un petit garçon. Je suis tellement heureuse pour elle mais depuis ce matin je pleure je pleure. Cela fait 18 mois que nous essayons et tous les mois est une grande déception que ça n’ait pas marché. Toute annonce de grossesse me met dans un sentiment ambivalent avec une réjouissance pour les gens mais une grande tristesse que ca ne m’arrive pas. J’ai l’impression qu’au bout de quelques mois d’echec, J’ai commencé à me dire que avoir un enfant ce n’était pas pour moi, que la vie ne me le permettrais pas.
Je ne sais pas pourquoi. J’espère me tromper. En tous cas, je vous souhaite à toutes, qui lisez ce message, d’avoir ce cadeau de la vie.

le 01/02/2015 à 14h27 | Répondre

Mademoiselle Espoir

C’est tellement dur de passer par là, au delà des traitements, c’est le regard des gens et ce sentiment de ne jamais connaitre la maternité qui m’angoisse plus. Combien de fois j’ai voulu hurler en attendant mes collègues se plaindre de leurs enfants. Je me souviens d’une fois où je n’ai pas pu contenir ma colère. Nous étions à la veille de Mardi Gras et ma collègue (qui se plains continuellement) était entrain de nous dire : « Fait ch** ! Demain c’est Mardi Gras, il faut que j’aille acheter le costume de mon fils, et que je me lève plutôt demain pour l’habiller ! Franchement ça me gave ! » Je tuerais pour pouvoir partager cela avec mon enfant, c’était une énième plainte et pas forcément bien placée puisque à mes yeux il s’agit tout de même d’un beau moment à partager et non d’une gêne comme peuvent l’être les nuits blanches, la maladie des enfants ou autres. Ce fut la première fois où je me suis énervée. Evidemment, je suis passée pour une mégère qui ne « SAIT PAS PUIQU’ELLE N’A PAS D’ENFANT !!! »

le 10/02/2015 à 10h09 | Répondre

Julie-Anne

Bonjour,
Petite découverte pour les femmes en mal de bébé. Voici le site de pré-inscription pour celles qui seraient intéressées. Apparemment c’est Gratis mais très sélect !!!

le 16/08/2015 à 15h32 | Répondre

Hélène

Bonjour à tous!
Ça fait du bien de lire des choses que l’on pourrait écrire soi même! Les mêmes épreuves. J’espère que depuis le temps où ont été posté ces post et commentaires des résultats positifs sont arrivés! Je crois que les pires ce sont effectivement ces phrases de personnes qui se plaignent de leurs enfants (je cite un collègue: « on a fait des enfants pour faire comme tout le monde ») ou ceux qui vous disent que ça arrivera (ah bon ils sont devin?). L’ambivalence aussi pour vos amies enceintes pour qui vous vous réjouissez mais que vous détestez en même temps! Nous ça fait 4 ans et on a commencé les examens il n’y a que quelques mois; pourquoi tant de temps? La peur peut être que cela devienne en effet réel. Bonne chance à toutes et tous!

le 24/10/2016 à 18h41 | Répondre

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