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Quand le retour au travail ne se passe pas bien : les expériences de Doupiou, Die Franzoesin et Miss Chat


Publié le 31 octobre 2016 par Camille

Doupiou, Die Franzoesin, Miss Chat, Étoile et Urbanie ont un point commun : ce sont toutes des mamans qui travaillent. Et malheureusement, pour chacune d’entre elles, la reprise du travail après leur congé maternité s’est plutôt mal passée.

Reproches implicites, perte de responsabilités, mise au placard, voire harcèlement moral, elles reviennent sur cette période de leur vie et te donnent des conseils si toi aussi tu es victime de discrimination après ton congé.

Discrimination à la reprise du travail après le congé maternité

Crédits photo (creative commons) : freephotocc

Doupiou

Avant la reprise

Je suis fonctionnaire dans une petite commune d’environ trois mille habitants. Lorsque j’apprends ma grossesse, je suis en poste depuis deux ans. J’annonce la nouvelle six mois après mon mariage (après la première échographie) et ça se passe assez bien. Pas de sauts au plafond, pas de cris de joie et pas de “Félicitations !”, mais je m’y attendais.

Je demande immédiatement un aménagement d’horaires, car j’ai la possibilité de réduire mon temps de travail d’une heure par jour. La hiérarchie (ma maire et ma directrice) me l’accorde, mais l’élu en charge de mon service (qui n’a aucun pouvoir hiérarchique sur moi) commence à poser problème et me demande de prendre cette heure de récupération soit le matin, soit à midi. Je refuse, car c’est surtout en milieu d’après-midi que je tombe de fatigue. Les tensions commencent à s’installer, mais je continue d’aller aux réunions tard le soir pour faire bonne figure.

Par la suite, mon gynéco m’arrête plus d’un mois avant mon congé maternité. Pendant cette période et jusqu’à mon accouchement, je n’ai quasi pas de nouvelles de mon boulot. Puis je décide de prendre quelques semaines de congé parental, et ensuite mes congés payés. Le jour de la reprise, ça fait neuf mois tout pile que je me suis arrêtée.

La reprise

La première semaine se passe plutôt bien, je reprends doucement mes marques. Mais j’ai désormais un impératif : plus possible de faire des heures sup’ le soir, car j’ai ma fille à aller récupérer. Mon élu commence à me faire ressentir son insatisfaction : il n’est disponible que le soir. Je lui rappelle que c’est à lui de s’adapter aux horaires du service et non l’inverse, et les tensions deviennent de plus en plus présentes.

Un soir, en réunion, il pose un gâteau encore dans son emballage sur la table. Personne ne l’ouvre. Ils (car ce sont tous des hommes) ont attendu que la réunion se termine (trois heures plus tard) et que je quitte la salle pour rester et manger ce gâteau. Je m’en suis aperçue en revenant quelques minutes plus tard après avoir oublié ma veste. C’est une petite anecdote très insignifiante, mais elle m’a fait ressentir que je n’étais plus à ma place. Que s’est-il passé ? Est-ce qu’on m’en veut d’être partie en congé maternité ? Même les autres élus avec qui je m’entendais très bien jusque-là semblent me tourner le dos.

Les semaines qui suivent sont de plus en plus difficiles. On me traite comme une enfant, on me fait des réflexions puériles, on me dit que je ne travaille pas assez (rapport au refus des faire des heures sup’, sûrement), on m’humilie et me hurle dessus lors des réunions, en cherchant la moindre faille dans mon travail pour prouver un pseudo manque d’investissement… Et ça, tous les jours ! J’en deviens malade, je fais de grosses crises d’urticaire, je ne dors plus. La hiérarchie est consciente et mécontente de ces agissements, mais ne réagit pas.

J’ai demandé une mutation car ce climat devenait invivable. J’ai pris un nouveau départ, je reprends du plaisir à faire mon travail dans une nouvelle équipe professionnelle, respectueuse et soudée.

Die Franzoesin

Avant la reprise

Je travaille comme chef de projet pour la modernisation de l’administration en Allemagne. Concrètement, ça veut dire que je pilote des projets du type « déclaration de revenus en ligne », qui consistent souvent pour les usagers à passer du papier à l’électronique. Avant mon mariage, j’ai eu la chance avec mon équipe de gérer un très gros projet pour plusieurs milliers d’usagers. On en a même parlé dans la presse ! Mais ça, c’était avant…

Dès mon mariage, ma hiérarchie a commencé à évoquer de potentiels essais bébé et j’ai dû me battre pour obtenir de nouveaux projets. Et puis, je suis tombée enceinte, et là, ils ont décidé de recruter un poste en CDI dans mon service, comme pour me remplacer. Pour moi, le signal était clair : à partir du moment où j’étais enceinte, ma hiérarchie considérait que je ne reviendrais jamais « vraiment ». Finalement, les faits leur ont un peu donné raison…

J’ai été arrêtée tôt dans ma grossesse, dès le septième mois, puis j’ai pris un congé parental d’un an (ce qui est très classique en Allemagne).

La reprise

Lorsque je suis revenue, j’ai demandé un temps partiel – ce qu’en Allemagne, l’employeur ne peut pas refuser aux parents d’enfants de moins de 3 ans. Je travaille désormais à 75%, tous les jours de 8h30 à 14h30. Enfin, je travaille… Je n’ai pas toujours beaucoup à faire, et ne traite plus en tout cas que de petits dossiers ou des interventions ponctuelles.

Le paradoxe de ma situation, c’est que je me sens à la fois victime et coupable. Victime car je trouve que ma hiérarchie n’est pas rationnelle, et qu’elle devrait davantage utiliser les trente heures par semaine que je mets à sa disposition – mes compétences, elles, sont bien restées les mêmes, non ? Coupable parce que oui, j’ai été absente un an, que je ne suis pas revenue à temps complet, et qu’en plus, j’envisage désormais un deuxième bébé. Alors parfois, je me demande : si j’étais ma propre chef, est-ce que je ne ferais pas comme eux ?

Je prends donc mon mal en patience et me console en me disant qu’on ne peut pas tout avoir : un poste passionnant et toutes ses après-midis avec bébé, ce serait trop beau… Si notre deuxième enfant arrive bientôt comme je l’espère, je reviendrai sans doute plus motivée et décidée à demander de nouvelles responsabilités. Même si j’aimerais conserver mon temps partiel encore quelques années, j’espère qu’alors, je trouverai une place pour quand même, malgré tout, recommencer à exploiter toutes mes capacités.

Miss Chat

Avant la reprise

À l’époque de ma grossesse et de mon congé maternité, j’étais consultante freelance pour une agence de recrutement. J’aimais ce boulot, son dynamisme effréné, l’ambiance de travail dans une boîte de jeunes (24-32 ans), et je n’ai jamais lésiné sur les heures sup’ tellement je me sentais impliquée !

La boîte avait signé notre contrat de collaboration en sachant que j’étais enceinte. J’avais énormément de flexibilité et je n’ai jamais dû subir de remarques désagréables. Au contraire, je bossais autant que tous les autres « alors que j’étais enceinte », ce qui m’a plutôt attiré de la sympathie et de l’admiration. Mon boss était très tolérant à tous les niveaux, et me répondait souvent : « Tu es freelance, tu fais ce que tu veux ! »

Bref, je suis partie en congé maternité en toute sérénité, sans penser tout à fait que mon organisation n’allait certainement pas être compatible avec une Croquette, et en me disant que je me réjouissais déjà de retrouver cet environnement qui me plaisait tant après mon congé.

Après la reprise

En tant que freelance, je pouvais évidemment décider moi-même de la durée de mon congé (indemnisé des cacahuètes en Belgique…) et je m’étais dit que quinze semaines comme les employées semblaient une bonne durée.

Quand je suis revenue au boulot, j’ai découvert un monde très différent de celui que j’avais quitté… J’ai déjà parlé de certaines raisons qui m’ont poussée à quitter mon job dans Sous Notre Toit. Mon boss était devenu inflexible, autoritaire et punitif (genre si tu arrives avec cinq minutes de retard parce que ta fille a fait un caca atomique de dernière minute, tu es obligée de venir une heure plus tôt le vendredi). L’équipe avait également changé de mentalité : des clans se formaient, il y avait des ragots, des insultes, des histoires de copinage, et même de coucherie…

Mais le pire a été la gestion de mes horaires, qui ont été durcis malgré mes demandes répétées d’allègement. La flexibilité avait disparu, et ma motivation avec. Ne jamais voir ma fille le soir, c’était évidemment impossible. J’étais toujours freelance, mais je ne faisais plus ce que je voulais.

Alors j’ai dit stop. Une ancienne collègue qui avait créé sa propre boîte m’a proposé de devenir recruteuse freelance à mi-temps pour elle et une de ses amies cherchait à engager un responsable ressources humaines employé à mi-temps. J’ai dit oui sans hésiter ! Et chaque jour depuis neuf mois, je me félicite de ce choix. En combinant les deux statuts employée/freelance, je conserve la flexibilité que j’aimais tant, tout en ayant la sécurité et les avantages du salariat.

Mais surtout, ces deux femmes ont la quarantaine, trois enfants chacune et comprennent à chaque minute ce que ça implique d’être (jeune) maman. Pour elles et pour moi, les enfants sont une priorité absolue et je ne peux plus m’imaginer travailler dans un environnement où les gens ne penseraient pas de la même manière.

La semaine prochaine, Étoile et Urbanie te raconteront leurs propres expériences, et Urbanie te donnera des conseils pour te sortir d’une situation similaire…

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Et toi ? Tu t’es sentie discriminée à ta reprise du travail ? Comment as-tu vécu cette période ? Comment as-tu résolu les soucis ? Viens nous raconter !

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Commentaires

18   Commentaires Laisser un commentaire ?

Weena (voir son site)

Même sans reprendre un poste laissé pendant un congé maternité, on nous met des bâtons dans les roues après avoir eu des enfants …
Pour mon premier, j’étais sans emplois sans indemnité et pour mon second au chômage après un CDD.
Maintenant que le deuxième à 3 mois et que je commence doucement à chercher de nouveau du travail, j’ai souvent cette réflexion : « mais vous voulez retravailler avec deux enfants en bas âge? », à traduire restez plutôt chez vous avec vos mômes et laissez le marché de l’emploi à des gens sans contrainte … ‘-_-
(ajoutez à ça un mari médecin et vous obtenez une crédibilité zéro) …

le 31/10/2016 à 07h30 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

Cela ne m’étonne même pas.
Je me rappelle que dans mon ancien travail, mon collègue papa d’une petite fille devait faire avec notre patron tyrannique qui n’acceptait aucune flexibilité que ce soit pour maladie ou pour problème organisationnel.
Je suis contente d’avoir quitter cette boîte avant d’essayer de tomber enceinte. J’ose croire que dans ma boîte actuelle ce sera différent. Mais seul l’avenir me le dira.

le 31/10/2016 à 08h20 | Répondre

Ars Maëlle (voir son site)

Sans surprise, je suis outrée et dégoûtée par ces expériences. Je vais essayer de faire (court (challenge !), mais ces histoires traduisent tellement de problèmes dans notre société :
– le fait que ce soit les femmes qui trinquent même après la naissance alors que les papas sont tout à fait en mesure d’aller à la crèche chercher le précieux fruit de ses entrailles à lui aussi, sauf que l’habitude veut que ce soit maman, que la société entretient le phénomène en encourageant les femmes et décourageant les hommes, que du coup papa, qui a moins été victime de suspicion « projet bébé » a un meilleur salaire, donc c’est plus difficile pour le couple si c’est lui qui prend un temps partiel
– le fait que ce soit les femmes qui trinquent même AVANT le bébé « tu vas PEUT-ÊTRE faire un deuxième », donc je ne te donne pas de nouveaux projets… du coup on paie les gens pour rien maintenant de peur de payer plus tard pour compenser une période d’absence. Humph !
– sur la partie congé maternité vu comme une plaie : oui, c’est ennuyeux une salariée qui s’absente pendant plusieurs mois, mais c’est la vie, on peut aussi tomber malade et c’est comme ça. Toutes ces sociétés, tous ces patrons, ont BESOIN qu’il y ait des enfants, pour acheter leurs produits, pour payer leurs retraites, pour les soigner lorsqu’ils seront vieux et produire la nourriture qu’ils mangeront dans 30 ans !
– sur l’incapacité à tirer le meilleur de chacun : une personne handicapée ne peut pas travailler exactement comme une personne valide, une personne avec une maladie épuisante ne peut pas travailler aussi longtemps qu’une personne en bonne santé, ça ne veut pas dire que ces personnes sont inutiles et incapables, elles ont plein de chose à apporter si on leur en donne les moyens. Ce n’est pas paternaliste ce que je dis, car je suis moi-même dans la deuxième catégorie de (pas si) inemployables.
Bien sûr, les employeurs ont des objectifs de productivité/rentabilité, mais s’arrêter à ça est terriblement court-termiste et nourri un système qui court à sa perte (souffrance au travail, dumping, baisse de la fécondité…). C’est un sujet éminemment politique en fait : pourquoi on travaille ? qu’est-ce que ça apporte individuellement et collectivement ? Je m’emporte rien que d’y penser, mais selon moi, on ne peut pas tous trouver des chefs et des cheffes empathiques et intelligents, il y a besoin d’une prise de conscience collective pour faire cesser ces discriminations qui finissent par pénaliser tout le monde.
(et bam, le pavé est là quand même, et énervé en plus, désolée)

le 31/10/2016 à 08h49 | Répondre

Ars Maëlle (voir son site)

Au moins un oubli à ma petite liste :
– ces demandes plus ou moins obligatoires de choses qui ne sont pas dans le poste, comme rester le soir ou revenir le week end. OK, si c’est nécessaire, ça arrive de faire des heurs sup’ hors horaires habituels, mais ce qui devrait être un fonctionnement exceptionnel est intégré comme la norme, et on considère donc on reproche à la personne qui ne s’y soumet pas parce qu’elle a autre chose à faire de ne pas en faire assez, alors que c’est celui qui s’y soumet qu’on devrait remercier parce qu’il en fait plus. Une autre dérive d’un marché du travail qui marche sur la tête…

le 31/10/2016 à 08h55 | Répondre

Miss Chat

Amen Ars Maëlle 😀
Désolée que notre article ait réveillé tant de colère chez toi… C’était un peu une piqûre de rappel, en effet, que rien n’est encore acquis en matière d’égalité et (non-)discrimination au travail !
Pour moi, le principal problème sociétal, c’est en effet le fait que les nouvelles générations sont tout simplement indispensables au bon fonctionnement d’une société. Sans bébé, pas de futur. Aussi simple que cela. Et pourtant, de manière complètement absurde, tout le monde ne semble pas le comprendre… Moi, c’est ça qui me choque à chaque fois.

le 01/11/2016 à 20h26 | Répondre

Marie B

En lisant cet article je me dis que j’ai de la chance. J’étais ingénieur en informatique dans une société de service, je suis tombée enceinte à peu près 3 minutes après avoir signé mon contrat. Je l’ai annoncé très tôt (à 8 semaines) pour que mon employeur puisse s’arranger au mieux. Je n’ai jamais eu de remarques désagréables de ma hiérarchie. J’ai juste eu un client qui m’a sorti « Elles nous embêtent les femmes enceintes » parce qu’il voulait mettre une réunion pendant mon échographie (et je lui ai répondu « Heureusement que votre mère ne pensait pas comme ça », ça l’a calmé). J’ai été arrêtée très tôt (au 6ème mois), et quand je suis revenue tout le monde a été vraiment adorable, en me demandant des photos de ma fille, en s’arrangeant pour trouver la meilleure solution pour que je puisse tirer mon lait puisque j’allaitais, et en m’octroyant une place de parking réservé à la direction pour que je ne perde pas de temps à essayer de me garer alors que j’avais des impératifs d’horaires avec la nounou! Depuis j’ai quitté cette boite (pour me rapporcher de chez moi) et j’ai vraiment l’impression de ma nouvelle entreprise serait assez ouverte puisque tous mes collègues sont parents et ont une flexibilité d’emploi du temps en fonction des besoins des enfants!

le 31/10/2016 à 08h56 | Répondre

Virginie

Lire toutes ces expériences me rend à la fois furieuse, consternée… et soulagée. Finalement, c’est un problème européen et non pas français… maigre consolation. J’avoue que je suis bien contente d’être mon propre patron. En revanche, vu mon efficacité au premier trimestre, j’ai souvent dit à mon mari que, si je le pouvais, je me virerais moi-même 🙂 🙂 🙂
Etant bien consciente des difficultés des deux parties prenantes (employeur vs employé), je comprends à peu près les raisonnements des uns et des autres. En revanche, c’est inadmissible d’agir de cette façon. Si vos employeurs respectifs avaient tout simplement ouvert le dialogue avec vous sur leurs difficultés et les vôtres, une solution aurait été trouvée, satisfaisant tout le monde, au lieu de tourner ça au harcèlement/mépris/mise au placard.
Autre point, je ne sais pas pour la Belgique et l’Allemagne mais, en France et d’après ce que je constate autour de moi, j’ai vraiment l’impression que l’on ne pousse pas les jeunes mamans à reprendre le travail. J’en suis outrée.

le 31/10/2016 à 09h12 | Répondre

Miss Chat

C’est vrai que le dialogue est indispensable mais je pense qu’il s’agit souvent de personnes en face de nous qui n’ont tout simplement pas envie de dialoguer et n’y voient aucun intérêt puisqu’ils ont « raison ». En ce qui me concerne, mon boss et moi avons bien dialogué et essayé de trouver des solutions mais rien ne pouvait convenir vu notre cadre de travail et la façon dont il voulait mener la boîte.
Pour la Belgique, la culture pousse complètement les mères à travailler, sans aucun doute possible. C’est plutôt celles qui décideraient de ne pas bosser qui interpellent. Et je dois dire que cela m’a beaucoup surprise de découvrir que la France, pourtant notre grande soeur 😉 , était bien moins ouverte à cela. Par contre, on est dans l’effet inverse ici : le congé parental par exemple a récemment été réduit à une misère (tu as droit à 4 mois temps plein, dont seulement 3 sont indemnisés). Je ne sais pas ce qui est mieux du coup…

le 01/11/2016 à 20h47 | Répondre

Virginie

le mieux, c’est d’avoir le choix 🙂 🙂 🙂

le 02/11/2016 à 08h17 | Répondre

Mlle Mora

Ce qui me rend triste aussi dans vos témoignages les filles, c’est que même dans la fonction publique, qui est censée montrer l’exemple, on a ce genre de situation. Tant que l’administration ne sera pas exemplaire, ça va être difficile de changer les choses… et vu que la fonction publique est loin d’être exemplaire…

le 31/10/2016 à 13h54 | Répondre

Madame Dorée

J’ai vécu une situation similaire. Et je pense que de la part de mes employeurs, cela s’est fait insidieusement. Ils ont engagé peu avant mon départ une jeune fille de 25 ans pour me remplacer et me seconder après mon retour, disponible le soir et motivée car c’était sa première expérience. Petit à petit, c’est elle qui a récupéré les dossiers les plus importants, ceux qui demandaient de l’investissement, des déplacements à l’étranger… Quand je suis revenue, il ne me restait plus que la partie de mon poste qui m’intéressait le moins, je perdais en motivation et je devais en plus gérer l’emploi du temps de mon responsable qui prenait des pauses déjeuner à rallonge et se rappelait à 17h30 qu’il devait faire un point avec moi. Je n’ai pas subi de discrimination ouverte, les choix qui ont été faits sur la répartition des dossiers étaient stratégiques pour eux, je suppose.
Aujourd’hui je suis à mon compte, et personne ne pourra m’empêcher de partir chercher mon fils chez la nounou à 18h, même si je dois ne pas déjeuner le midi et retourner travailler après qu’il soit couché. Et ça me change la vie.

le 31/10/2016 à 14h47 | Répondre

Claire

Pour ma part, j’ai vraiment de la chance, car je n’ai absolument pas souffert ni de mes congés maternités/parental, ni du retour. Je travaille dans la fonction publique hospitalière, dans l’administration.
On a été content pour moi quand j’ai annoncé mes grossesses (sachant que la deuxième fois je suis tombée enceinte 4 mois après mon retour de congé mat / 4mois de congé parental).
Bon j’ai toujours bossé jusqu’au bout malgré des grossesses compliquées, ce qui a quand même simplifié les choses vu que je pouvais m’asseoir sur un remplacement (je suis daf, ce qui n’est pas simple à remplacer pour des durées courtes.. par contre je me suis arrangée à chaque fois pour trouver du renfort pour mon équipe). Mon équipe qui a du compenser en mon absence a bien géré et ne m’a jamais reproché quoi que ce soit, elles étaient juste contente pour moi (des femmes avec des enfants, ça aide). En contrepartie j’ai aussi été dispo pour elles pendant mes congés mat, mais ça ne m’a jamais dérangé et elles n’en n’ont jamais abusé (et puis je passais au bureau avec mon BB, on se faisait des matinées moitié boulot, moitié elles admiraient ma progéniture, c’était plutôt sympa et ca me faisait plaisir d’utiliser un peu mon cerveau).
J’ai rien perdu niveau boulot (en fait j’ai perdu des trucs que je n’aimais pas, genre l’encadrement de certaines équipes pénibles, et comme j’ai plein de boulot par ailleurs, je ne me suis pas disputé pour les reprendre à mes retours). Et les projets intéressants je les ai toujours, ca n’a strictement rien changé. Aujourd’hui je bosse à 80%, de droit aussi dans le public en France, et même si ma chef n’était pas ravie ravie, on me dit plus que j’ai bien fait qu’on ne me fait de reproches. Après c’est vrai que je compense aussi régulièrement en bossant le soir, mais je m’en fous, je vais chercher mon fils à l’école une fois par semaine.
Niveau horaires, estimant que je bosse déjà pas mal, je n’hésite pas à m’asseoir sur des réunions le soir où à me barrer en plein milieu en disant que je dois aller chercher mes enfants. Et finalement ça passe.
Je sais que la DRH de mon hôpital se réjouit toujours quand on lui annonce une grossesse même si, et c’est normal, elle s’inquiète aussi du coût (ben ouais, nous ça nous coûte double avec le remplacement parce que c’est pas la sécu qui paye les indemnités, et nos ressources sont de plus en plus limitées) et qu’elle se demande comment elle va faire tourner certains services car trouver des gens compétents pour les remplacements, ce n’est pas toujours facile.
Bref, si mon boulot me gonfle par plein de côté, j’ai quand même vraiment la chance que mes congés mat/enfants n’y soient strictement pour rien.

le 31/10/2016 à 17h10 | Répondre

pitch

c’est vraiment déprimant de savoir qu’en 2016 il existe encore des boites ou services réagissant de la sorte… Ici, la politique de la boite de mon mari est complètement différente, mais presque à l’extrème. Les mères sont choyées à leur retour et elle sont libre de prendre des temps partiels à leur bon vouloir, les chefs ne refusent rien. Ce qui devient au final problématique pour les hommes et femmes qui n’ont pas d’enfants car c’est eux qui se retrouvent ‘punis’ car les mères deviennent prioritaires pour les vacances par exemple, ou bien ils se retrouvent avec plus de travail car ils doivent compenser les temps partiels des collègues. Du coup mon mari ne peut jamais poser de vendredi ou de lundi car c’est deja ‘réservé’ par une mère de son service. Je trouve ca dommage car la politique de base de l’entreprise était très honorable, mais au final ce n’est plus équilibré dans l’autre sens et forcément maintenant cela crée des tensions dans l’équipe alors que ces femmes ne sont pas responsables, elle ne font que prendre ce qui leur est autorisé… bref ce n’est jamais simple.

le 31/10/2016 à 17h46 | Répondre

Die Franzoesin (voir son site)

Merci les filles pour vos témoignages en commentaire. Je vois que pour certaines les choses se sont mieux passées, tant mieux !
Ars Maëlle je suis d’accord avec toi notamment sur le côté « contre-productif » de la chose.
Je tiens à préciser de mon côté que, peu de temps après la rédaction de cet article (et peut-être même que cela m’a aidée en ce sens !) j’ai pris mon courage à deux mains pour faire part à mon chef de mon ressenti. Cela a été une vraie libération ! C’était au début de l’été et depuis le changement est radical et je me sens à nouveau « à ma place » dans mon équipe. Finalement cela a pris un peu de temps mais un an après mon retour je peux enfin dire que temps partiel et vie professionnelle épanouie sont compatibles. Voilà il y a donc un happy end à mon histoire 😉 .

le 31/10/2016 à 21h36 | Répondre

Madame Nounours

Je constate que le monde du travail n’est pas forcément prêt pour concilier vie de famille et travail. Je l’avait déjà dit dans un autre article qui parlait de maternité et boulot mais j’ai eu également quelques problèmes avec mon ancien employeur lors de ma grossesse et qui l’a pas très bien pris lors de l’annonce. J’ai eu la chance de pouvoir trouvé un nouvel emploi juste avant la fin de mon congé maternité et ne pas retourné dans l’enfer de mon ancienne société mais si ça n’avait pas été le cas je pense qu’aujourd’hui je serai au chômage car ils auraient tout fait pour me virer. Bref, pour dire que c’est vraiment débile de la part des managers de réagir de la sorte car comme il a été dit dans un précédent message, ce sont nos enfants qui paieront la future retraite de ces managers et ils seront bien contents. Heureusement qu’il existe aussi des entreprises ou managers qui sont très compréhensifs à ce niveau là.

le 31/10/2016 à 22h16 | Répondre

Marie Obrigada

Comme je m’y retrouve ;(
J’ai appris 3 semaines après la naissance de ma fille que le maire ne souhaitait plus travailler avec moi et que j’allais donc perdre mon concours. Officiellement pas à cause de la grossesse, ni de ma demande de temps partiel mais j’imagine que ça a joué quand même. J’ai retrouvé un autre poste, avec beaucoup moins de responsabilités et j’espère – avec un peu d’inquiétude quand même – que pour l’arrivée d’un 2e bébé cela se passera bien.

le 02/11/2016 à 07h50 | Répondre

Doupiou

Merci de vos retours dans les commentaires. Pour nuancer un peu, depuis que je suis dans une nouvelle commune, j’ai des responsables très humains et respectueux. Qui n’ont pas hésité à me proposer un aménagement d’horaire le lendemain où mon ass mat m’a planté.

le 02/11/2016 à 10h02 | Répondre

Madame Nounours

Tant mieux pour toi que tu as pu retrouver un poste dans une autre commune avec une équipe qui est humaine (heureusement qu’il existe encore des employeurs humains!).

le 03/11/2016 à 13h20 | Répondre

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