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Espérer concevoir un bébé


Publié le 19 juillet 2017 par Claire Gezillig

Après t’avoir raconté comment j’ai arrêté la pilule, c’est le moment de te parler de ce qu’on appelle communément « les essais ».

Je n’aime pas trop ce terme… Est-ce que l’on essaie vraiment de faire un bébé ?
Je n’aime pas trop l’idée de réussir ou rater que l’on peut associer à ce mot. C’est comme les gens qui font la blague pas drôle « alors, ils n’ont toujours pas trouvé le mode d’emploi ? » quand on dit qu’un couple essaie mais donc n’a pas encore réussi.

À notre époque merveilleuse où on peut décider à 99 % de ne pas tomber enceinte, on a tendance à oublier qu’un bébé ce n’est pas forcément « quand je veux / dès que je le veux ».

J’ai côtoyé trop de personnes qui ont souffert de ne pas arriver à concevoir pour ne pas penser dès le début « et si ça ne fonctionne pas ? »

Donc plutôt que de te parler d’essais, je vais te parler d’espoir.
Nous étions donc dans une période d’espoir de concevoir un enfant.

Alors, comment est-ce que ça s’est passé ?

Les premiers mois, je me suis dit qu’on allait voir et que c’était bien que ça vienne naturellement, sans se prendre la tête.

Bon, en vrai, je ne sais pas toi, mais moi, y a toujours eu un moment de faiblesse dans ce raisonnement.
Ce moment où tu te retrouves à taper n’importe quoi sur Google et à déchirer des sujets vieux de 5 ans sur Doctissimo pour savoir si oui ou non, tu as le droit d’avoir de l’espoir dans cette semaine qui précède l’arrivée de tes règles. Et tu apprends que oui. C’est peut-être un symptôme de grossesse. Cependant, ça peut aussi très bien juste être un symptôme d’arrivée des règles…Aaaaah. (Tu savais pourtant que demander à Google n’était pas une bonne idée !)

En plus, personnellement, après plusieurs cycles de faux espoirs, je me suis rendue compte que toute la deuxième partie de mon cycle : j’ai plus faim mais je suis nauséeuse le matin. Mon odorat est aussi plus développé. Et j’ai des sauts d’humeur et des gros moments de déprime la dernière semaine. Youhou.
Moi qui étais contente de ne plus prendre d’hormones de synthèse, j’ai découvert dépitée que mon syndrome pré-menstruel (« putain de SPM » pour les intimes) était une plaie.

J’espérais aussi que ma capacité à écouter mon corps me permettrait de savoir quand j’ovule. Franchement, rien remarqué !
J’ai peut-être plus envie d’aller faire des galipettes sous la couette mais il est fort probable que ça soit parce que je sais que c’est le moment du cycle (je ne peux m’empêcher de calculer un peu).

De manière générale pendant cette période d’attente, j’enviais les femmes « qui savent » (qu’elles ovulent, qu’elles sont enceintes…), moi, la seule chose que je savais… c’est me faire des films !

Les mois passent…

Au fur et à mesure des mois qui passent, je commence forcément à me poser des questions.
Je vis de moins en moins bien cette attente, cet espoir non satisfait.


Crédits photo (creative comon) : geralt

Ça fait onze mois que j’ai arrêté ma pilule et 12 cycles de déception. Ça semble long. Et je commence à ne plus supporter l’état nauséeux et déprimé pré-menstruel.
C’est pourquoi, nous décidons de prendre rendez-vous chez notre médecin traitant pour en parler (ici, les gynécologues ne s’occupent pas de suivi mais seulement de pathologie).

Nous voilà donc chez notre médecin traitant.
Ce rendez-vous n’était vraiment pas fun. J’ai pleuré quasiment du début à la fin… Elle me dit qu’elle ne peut pas grand-chose pour mon p*** de SPM, que mon corps se rebelle de ne pas être fécondé… Elle me parle du fait aussi que je dois me détendre…
Mais comme nous sommes à 12 cycles infructueux, elle propose à l’amoureux de faire un spermogramme et à moi de prendre ma température pour deux cycles.

Tout fonctionne-t-il correctement ?

Le rendez-vous n’était pas fun mais on a l’impression d’avancer et je me dis que l’on a quand même eu de la chance de tomber sur un professionnel de santé qui nous a écoutés…
On va peut-être avoir des réponses à nos questions qui commencent à se faire un peu trop présentes.

Bon, prendre ses températures, cela inclut de se lever tous les jours à la même heure pendant deux cycles. Youhou (encore une fois).  Et comme c’est bientôt les vacances de Noël et que je vais en France, je décide de laisser passer un cycle. Parce que je ne suis pas sûre que prendre ma température tous les matins m’aide à « me détendre ».

L’amoureux fait son spermogramme.
Ce qui me donne l’occasion de faire plein de blagues pas drôles. Ma préférée étant de lui demander plusieurs fois s’il veut de l’aide avec l’expression anglaise « do you need a hand? » (Littéralement pour ceux qui auraient fait autre chose pendant leurs cours d’anglais « tu as besoin d’une main ? », façon de demander si on veut de l’aide). Je sais, je suis trop drôle comme fille !
Cela dit, Monsieur fait très bien le travail tout seul et le résultat est « tout va bien, rien à signaler ».
Bon, bon, je me dis qu’on va chercher de l’autre côté et que je prends ce temps d’attente de plus en plus avec philosophie.

Peu de temps après ces résultats et un peu avant Noël, j’apprends que mon associée est enceinte et sur le coup, je le prends très très mal (genre à passer ma journée à pleurer). Ça remue tellement de choses en moi. Et je rends compte qu’à chaque fois que je me dis « je vis mieux cette attente », la vie vient me rappeler que non, c’est difficile.

Cette période est aussi celle où j’ai décidé d’arrêter de cacher nos désirs d’enfant. Et même si j’ai dû renoncer à l’idée du secret à deux et de faire une surprise le jour où, cela m’a fait le plus grand bien, je n’avais plus besoin de cacher à ma famille et mes amis ma souffrance à ce propos.

En puis, il était temps de devenir ami avec mon thermomètre…
Se réveiller tous les jours à la même heure même le weekend et essayer de comprendre le fonctionnement de cette maudite courbe, y a mieux pour « se détendre ».
Surtout que ma courbe ne ressemble absolument pas à ce à quoi elle devrait ressembler. Et pourtant, j’ai demandé à mon ami Google de m’en montrer des courbes…
Ça pourrait bien être une courbe anovulatoire et je ne comprends pas pourquoi j’ai des symptômes toujours aux mêmes moments du cycle (avec des cycles réguliers) si je n’ovule pas… Je me fais plein de nœuds au cerveau, ne supporte plus de me réveiller pour cette histoire de températures et balancerais bien le thermomètre par la fenêtre.

Et puis, les règles finissent par arriver. On passe officiellement les un an d’attente. Et je commence à me renseigner et à m’interroger sur l’ « Aide Médicale à la Procréation ». En me posant beaucoup de questions…

Le deuxième cycle de températures commence. Il a l’air moins anarchique mais je me demande sérieusement quelle est la recette pour « arrêter de se poser des questions », j’ai l’impression de peut-être détecter une ovulation mais ça ne colle pas vraiment avec la courbe…
J’essaie aussi de penser à ce qu’une amie m’a dit sur les courbes « pas toujours fiables » et j’ai hâte de passer à l’étape suivante.

Heureusement, la semaine juste avant mes règles, ma meilleure amie est en visite chez moi aux Pays-Bas, je me dis que ça va me distraire du p*** de SPM et de ma courbe qui descend puis remonte…
Et après, on prend rendez-vous chez le médecin pour discuter de la prochaine étape…

Et toi, tu as attendu longtemps ? Tu as fait des courbes ? Tu t’es posé plein de questions ? Raconte !

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Commentaires

10   Commentaires Laisser un commentaire ?

Doupiou

Comme toi, à chaque cycle, je semble avoir des symptômes de grossesse : grosse fringale ou envie soudaine d’aliments et, comme toi, à chaque fois les règles arrivent !
Je suis très loin des 12 mois d’essais mais je pense qu’on ne peut pas occulter le côté psychologique de cette période. Oui ton cerveau carbure à 10 000, oui tu crois avoir des symptômes, oui tu vas sur Google pour des broutilles !
Pour cette seconde grossesse, comme pour la première, nous avons choisi de le dire immédiatement aux familles. On pensait que ça nous éviterai les questions intrusives. ça a été le cas mais par contre les gens scrutait mes moindres faits et gestes (alcool, ventre, maladie…) et du coup tous les mois j’avais droit à la question : toujours pas ? Du coup maintenant quand on nous demande « c’est pour quand ? », on répond « quand la nature le voudra »

le 19/07/2017 à 08h35 | Répondre

Nathalie

Ce n’est pas une période que j’ai connue, vu que pour nous ça a fonctionné très vite, par contre mon mari n’avait pas bien compris que c’était normal que ça ne fonctionne pas au 1er cycle (surtout après des années de pillule). Finalement, heureusement qu’au 2eme cycle c’était bon sinon je ne sais pas comment il l’aurait supporté.

le 19/07/2017 à 09h50 | Répondre

Charivari

Ah comme je me reconnais dans ton témoignage… On se dit qu’on sait que ça peut prendre du temps…mais bien vite, on perd toute rationalité! Pour ma part, je me suis toujours refusée à faire des courbes de température (je trouvais ça trop peu naturel (dans l’esprit « il ne faut pas y penser », merci!) ou de tests d’ovulation. Mes cycles faisaient n’importe quoi de toute façon…
Mais que cette attente a été douloureuse. A chaque fois qu’on m’annonçait une grossesse, j’avais l’impression de me prendre un mur en pleine face. Quant aux questions de l’entourage, je les trouvais de plus en plus difficiles à supporter… Bref, quoiqu’on en dise, ce n’est pas une période facile… Elle s’est finalement soldée pour moi par une jolie petite nouvelle un an tout pile après l’arrêt de la pilule (ce qui n’est finalement pas si long!)… mais je repense encore avec douleur à cette période d’incertitude et de doutes.

le 19/07/2017 à 10h20 | Répondre

Madame Bobette (voir son site)

Ton article raisonne particulièrement en moi… On a aussi attendu longtemps… J’en avais fait un article. Heureusement, après 15 mois, le dénouement a été heureux. J’espère qu’il en sera de même pour toi car c’est vraiment long et dure à vivre qu’en on ne pense plus qu’à ça!

le 19/07/2017 à 11h00 | Répondre

Croco

J’ai eu la chance de ne pas vivre de longue attente, mais comme toi, pour bébé 2, les quelques mois entre ma fausse-couche et ma nouvelle grossesse, j’avais des nausées quelques jours avant mes règles (alors que je n’en ai jamais d’habitude, même sans contraception).
On ne m’a dit qu’une fois « de toute façon, c’est quand on n’y pense pas que ça arrive », mais ça m’avait fait doucement rigoler, je ne vois pas bien comment on pourrai ne pas y penser, surtout quand les mois passent et qu’on ne voit pas nos espoirs se concrétiser.

le 19/07/2017 à 12h56 | Répondre

Bibichu

Comme toi, je suis douée pour me faire des films. Nous on se dirige lentement mais surement vers les 6 mois d’attente (déjà! Ça passe tellement vite le temps).

le 19/07/2017 à 17h13 | Répondre

Mme Grenouille

Oh comme je me reconnais dans cet article, cette longue attente emplie d’espoir et de déception. Les cycles d’une durée variable de 28 à 45 jours qui laissent le temps de se faire plein de films, la deuxième partie de cycle chargée de « symptômes » divers : douleurs au ventre, poitrine qui gonfle et qui tiraille, fringales…
Je trouve ça bien que Mr ait été testé dès le début des investigations. Chez nous il a fallu attendre 13 mois pour bilan hormonal et échographie de Mme et 17/18 mois pour spermogramme et hysterosalpingographie (en vue d’une éventuelle stimulation). Finalement le haricot s’est installé après 18 mois !!

Pour ce qui de l’annonce des grossesses dans notre entourage c’était à chaque fois un déchirement entre le fait d’être content pour eux et en même temps le rappel douloureux que chez nous l’attente est longue.

le 23/07/2017 à 08h46 | Répondre

Madame D

Olala que ça si etre dur … je n’ai pas connu cette attente et je ne sais pas si j’aurais tenu.

le 26/07/2017 à 22h31 | Répondre

Mlle Nature

Ah comme je me reconnais complètement!! J’aurais pu écrire la même chose. Etant en pleine période d’espoir (j’aime beaucoup ce terme, je vais l’adopter), j’ai du mal à ne pas me faire de film. Avant je ne prenais pas la pilule j’avais un DIU au cuivre et j’avais des cycles d’horloges suisses. Désormais c’est un peu n’importe quoi. J’espère que l’arrivée des vacances me fera penser à autre chose et me permettra de me détendre. Pas facile de ne pas y penser.

le 03/08/2017 à 09h15 | Répondre

Alvirah

Je te comprends, l’attente est difficile à vivre. J’ai fait des courbes pendant 2 mois, puis j’ai laissé tomber car impossible de les interpréter et ça me saoulait trop. Au bout d’un an d’essai, des cycles de plus en plus longs et anarchiques, un diagnostique OMPK pour moi et un spermo vraiment pas génial pour monsieur, plusieurs tests pipi et prises de sang négatifs, j’étais blasée, découragée, endurcie et je ne psychotais même plus. Je ne sais plus pourquoi j’ai accepté de faire la stimulation simple avec injections proposée par mon gynéco car j’étais persuadée que ce serait un échec de plus, et je comptais arrêter tous les traitements et examens pour me consacrer à d’autres projets. Je n’y croyais tellement pas que j’ai passé le week-end suivant l’ovulation à la plage avec des copines à picoler et fumer un peu trop. J’aurais du aller faire une prise de sang 15 jours après si absence de règles mais j’ai attendu 4 semaines, étant persuadée qu’une fois de plus les reds allaient finir par débarquer et je voulais m’épargner un énième négatif. Toujours est-il que contre toute attente, cela a fonctionné et j’ai aujourd’hui une fille de 2 ans. Prends soin de toi et de ton couple, c’est vraiment important, et n’hésite pas à changer de médecin si tu ne te sens pas écoutée et soutenue. Ne pas y penser, conseil pourri (et encore plus infaisable quand tu es en PMA, dans les moments ou tu te plantes une aiguille dans le bide ou chez le gynéco qui te met la sonde dans le frichti pour voir si tes ovaires daignent produire quelque chose d’autre qu’un énième kyste…) Par contre, essaie de ne pas penser qu’à ça en ayant d’autres projets, en te changeant les idées dès que possible. Un jour après l’autre, on fini par y arriver!

le 07/08/2017 à 15h07 | Répondre

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