Vivre en famille : le bonheur, le bazar... et tout le reste !

Et si j’accouchais chez moi ?


Publié le 11 octobre 2017 par Claire Gezillig

Aujourd’hui, j’attaque un sujet polémique, l’accouchement à domicile.

Même pas peur. (En vrai, je compte sur la bienveillance qui règne dans cette communauté pour que les critiques soient constructives et respectueuses… On essaie ?)

Je vais donc accoucher cet automne de mon premier enfant, aux Pays-Bas.

Si en France on commence à attendre parler de plus en plus de l’AAD (petit nom d’initiés pour l’accouchement à domicile), ça reste quelque chose de marginal et ça ne concerne qu’environ 1% des naissances ; aux Pays-Bas, c’est juste normal.

Crédits photo : Jason Lander

Non toutes les néerlandaises n’accouchent pas chez elles, elles sont 20% environ à faire ce choix ET à pouvoir le faire. Mais ce n’est pas un choix alternatif, c’est considéré comme normal et ça ne choque personne… Elles seraient d’ailleurs 40 à 50% à l’envisager à la base (mais elles ne peuvent pas toutes le faire, on en reparle…)

Avant de te parler de mon cheminement, je vais donc essayer de te dresser un tableau de la perception de la grossesse et de l’accouchement ici.

(Petite note : je ne suis pas spécialiste de la question, ce que je rapporte, c’est mon expérience et ce que j’ai retenu de mes lectures).

La perception de la grossesse et de l’accouchement aux Pays-Bas

De par mon boulot, je rencontre pas mal de femmes françaises expatriées et elles ont été plusieurs à me demander « vous allez accoucher ici ? », « vous rentrez un peu en France pour le suivi ? ».
Bon, pondérons, une autre maman m’a dit « vous allez voir, c’est vraiment une belle expérience d’accoucher ici, en tout cas pour moi, ça a été vraiment merveilleux ».

Alors, qu’est-ce qui effraie – ou enthousiasme au choix – les mamans françaises dans dans la grossesse et l’accouchement aux Pays-Bas ?

Si on veut caricaturer, je dirais qu’en France, on s’attend toujours à ce que quelque chose se passe mal et on agit en fonction (principe de précaution poussé) alors qu’ici, on part du principe que c’est un processus naturel et que sauf signe(s) inquiétant(s), il n’y a pas de raison de s’en faire (ou d’en faire une maladie).

On fait donc ici une grande différence entre grossesse et accouchement pathologiques et grossesse et accouchement n’ayant pas besoin de recours médical.

Ça peut donc être déstabilisant pour des mamans qui ont déjà eu une grossesse et un accouchement en France de ne pas avoir par exemple, de test de la toxo, de dépistage du diabète, de toucher vaginal, tout cela tant qu’il n’y a pas de signes d’appel. Et alors l’idée que tu peux sortir deux heures après ton accouchement dans une maternité, ça a de quoi faire peur…

Mais remettons les choses dans leur contexte.

Tant qu’il n’y a rien qui pourrait inquiéter, on est donc suivi par un cabinet de sage-femmes composé de 3 ou 4 sage-femmes qu’on rencontre au cours du suivi de grossesse. Et l’accouchement sera avec l’une de ces sages-femmes (celle de garde), même si c’est fait en milieu hospitalier.
En fait, si on choisit d’accoucher en maternité alors qu’il n’y a pas d’indication à la médicalisation, on loue en quelque sorte une salle de naissance, on est accompagnée de sa sage-femme et on ne voit quasiment pas le personnel hospitalier.

À la moindre pathologie, pendant la grossesse ou autour de l’accouchement, on passe en médicalisé, c’est-à-dire qu’on peut avoir affaire à gynécologue et le suivi se fait à l’hôpital.

À savoir aussi, la plupart des femmes accouchent sans péridurale (elles sont 28% à la demander pour le premier enfant, et plus que 9% pour le deuxième). Un accouchement avec péridurale n’est plus considéré comme physiologique mais comme médicalisé et donc est suivi par l’équipe médical de l’hôpital.

Alors, les néerlandaises sont-elles plus résistantes à la douleur que les françaises ?
Je ne pense pas.
On peut bien sûr s’interroger sur l’héritage calviniste qui a peut-être laissé l’idée latente que nous sommes sur terre pour souffrir (ça fait rêver hein ?).
Mais je crois que l’explication est majoritairement autre. L’accompagnement n’est pas le même : ta sage-femme (une de celle qui t’a suivie pendant toute la grossesse) est là tout le temps avec toi, pour t’aider, t’accompagner, elle ne fait que des accouchements physiologiques, elle a donc l’habitude de les gérer et on ne te proposera pas dans tes moments de désespérance la péridurale tant que tu ne la demandes pas (si tu la veux ou au moins avoir la possibilité, il faut donc l’exprimer clairement – la peur des femmes expatriées de ne pas pouvoir l’avoir est fondée sur le passif, jusqu’à il y a quelques années, certaines maternités pouvaient ne pas avoir d’anesthésiste de garde pour les péridurales mais depuis 2008, la loi exige que les établissements répondent à la demande de péridurale dans l’heure qui suit).

À partir de mon expérience de la préparation à l’accouchement – j’ai choisi de faire du yoga prénatal (je t’en reparlerai) – on te prépare à accoucher dans la position que tu souhaites sur le moment et la position gynécologique n’est pas du tout encensé (comme dirait la dame qui nous a fait visiter les salles de naissance à la maternité : « vous voyez en dessous du lit des étriers qu’on peut ajouter mais on n’est pas dans un film américain, ça sert vraiment rarement ! »)

Et parlons du fait d’être renvoyée à la maison quelques heures après la naissance.
D’abord, ce n’est le cas que si tout s’est bien passé et que tous les voyants sont au vert.
Et ensuite, on ne te laisse pas sortir avec ton nouveau-né pour te lâcher dans la nature, tu bénéficies (c’est couvert en grande partie par l’assurance maladie) de la kraamzorg pour une semaine.

Qu’est-ce que la kraamzorg ? C’est une femme, entre infirmière, auxiliaire puéricultrice et auxiliaire de vie. Elle va passer une semaine à accompagner maman et bébé chez elle entre 6 et 8 heures par jour.
Elle va faire un certain nombre d’examens nécessaires (il y a en plus la visite de la sage-femme par deux fois si je ne me trompe pas), t’aider à apprendre à t’occuper de ton enfant (lui donner le bain, le changer, et cela avec ton matériel comme on est chez toi), t’accompagner pour l’allaitement si tu souhaites allaiter (elles sont formées pour ça) mais aussi s’occuper de ta maison : faire les lits, faire à manger, faire le ménage, s’occuper de ton ainé si tu en as un… C’est un soutien à domicile et les retours que j’ai eus sur ce système sont quasiment toujours hyper positifs.

Pourquoi envisager d’accoucher chez moi ?

Il a été assez clair rapidement pour moi que je voulais un accouchement le plus physiologique possible.
J’ai beaucoup lu et il y a tout un tas d’arguments pour accoucher naturellement…

Mais celui qui me pousse vers ce choix est avant tout simple et assez égoïste : je souhaite vivre cette aventure-là pleinement.
J’aime l’aventure et les expériences et celle-ci me semble particulièrement intéressante. J’ai envie de ressentir chaque sensation (même douloureuse) du processus de naissance de mon enfant. C’est aussi basique que ça, quelque chose comme de la curiosité. M’inscrire dans la continuité de toutes ces femmes qui ont mis au monde leur enfant naturellement pendant des siècles.
En sachant bien qu’on ne sait jamais comment un accouchement va se dérouler et qu’en cas de danger pour mon bébé ou pour moi, je serai heureuse de vivre à une époque et dans un pays où on peut sauver des vies en cas de complications diverses et variées.
Ne te trompe pas, je pense vraiment que les progrès médicaux ont été une vraie avancée pour les naissances, il n’y a qu’à regarder la baisse du taux de mortalité infantile. En voulant accoucher le plus naturellement possible, je ne refuse pas la médecine,  je décide simplement d’y faire appel qu’en cas de besoin vital.

À partir de là, accoucher aux Pays-Bas est une bénédiction, car où que ce soit (à domicile ou en milieu hospitalier), je sais que ma démarche sera comprise, respectée et accompagnée.

Alors pourquoi vouloir « prendre le risque » d’accoucher à la maison ?

D’abord, je fais totalement confiance au système de ce pays. Le taux de mortalité infantile n’est pas plus élevé qu’en France. Et le système est fait pour évaluer au maximum les risques.
Pour pouvoir accoucher à domicile avec sa sage-femme, il faut qu’il n’y ait été détecté aucun risque. Si un voyant passe à l’orange, avant, pendant ou après l’accouchement, le transfert à l’hôpital est organisé.

De plus, j’aime l’idée de faire « à la néerlandaise », de prendre part à cette tradition de naissance à la maison. Mon mari est né dans la maison que ses parents habitent encore aujourd’hui…

Ensuite, j’ai beaucoup lu sur l’accouchement physiologique et ce qui peut faire que l’on le vit bien. L’environnement peut jouer un grand rôle : pour pouvoir écouter son corps, prendre les positions qui vont aider le travail, il faut pouvoir se sentir en sécurité, sans perturbation pour se mettre dans sa bulle… Un environnement familier est alors d’une grande aide.

Enfin et surtout, la plus grande raison qui me donnait envie d’accoucher à la maison, c’est l’idée de devoir aller à la maternité pour quelques heures (si tout va bien. Au moindre doute, ils gardent maman et bébé ; d’ailleurs en cas de recours à la péridurale, on reste ensuite 12 heures minimum).

Ce qui veut dire :

  • Devoir prendre la voiture en plein travail. Donc devoir gérer les contractions assise, prise dans la ceinture pendant 15 minutes minimum (le temps de chez nous à la maternité).
  • puis après, mettre mon bébé dans un siège-auto si petit alors que j’aurai (sans doute) seulement envie de le garder tout près de moi.

Vraiment, c’est ce détail là qui faisait le plus pencher la balance pour moi, rapidement dans ma grossesse, je me suis dit : « accouchons à la maison, chez moi, dans mon environnement, ça me parait beaucoup plus simple »…

Même si je me suis aussi dit qu’il fallait être capable d’envisager toutes les possibilités car on ne sait jamais comment ça va se dérouler.

Je reviens donc la prochaine fois te parler plus en détails de mon projet de naissance…

Et toi, tu as déjà envisagé d’accoucher chez toi ? Raconte !

Inscris ton email ci-dessous et reçois idées, conseils et témoignages directement dans ta boîte de réception !

Super ! Va vite confirmer ton inscription dans l'email que je viens de t'envoyer !

Commentaires

54   Commentaires Laisser un commentaire ?

Melinda

Je me demande : est-ce bien polémique ? Bon, après je suis convaincue que l’accouchement est d’abord un événement physiologique 🙂 et il ne me viendrais pas à l’idée de t’accuser de mettre en danger ton bébé. Notre système de santé français n’est pas prévu pour favoriser l’accouchement à domicile ou même l’accouchement que j’appelle physiologique, avec un accompagnement tout au long. Alors, il est logique que nous nous adaptions à ce que nous propose ce système et que nous accouchions en majorité dans un établissement de santé sous péridurale. Tu as la chance d’accoucher dans un pays qui le favorise, profites en pour vivre cette belle expérience ! Je souhaitais vivre un accouchement le moins médicalisé possible pour mon 1er (raté !), et je compte bien tout faire pour me donner cette chance la prochaine fois (pas déménager aux Pays-Bas quand même 😉

le 11/10/2017 à 07h24 | Répondre

Melinda

Et la kraamzorg, quelle chance !

le 11/10/2017 à 07h28 | Répondre

Ratounette

Bonjour Claire!
Ma mère a eu 10 enfants (en 20 ans….), elle a accouché à la maternité une seule fois 😉
Je pense que le fait d’être dans son cocon la rassurait vraiment, ainsi que le retour à la maison rapide (sic)
En tous cas je trouve chouette de pouvoir passer d’un accouchement physio à une prise en charge médicalisée, J’ai hâte de connaître ton choix!

le 11/10/2017 à 07h29 | Répondre

Doupiou

D’abord un grand merci pour cet article !
Je suis à l’opposé complet de toi et pourtant j’ai lu ton article avec énormément d’intérêt et de respect.
Je suis un peu fermée d’esprit (french tradition…?) et je considérais les femmes accouchant à domicile comme des marginales en quête d’une nouvelle mode. Je considérais oui… car ton article m’a vraiment ouvert les yeux et les arguments que tu avance tombent sous le sens.
Pourquoi faire un suivi médicalisé quand la situation ne le nécessite pas ?

Je disais être complètement à l’opposé de toi : suivi de grossesse par un gynécologue obstétricien, je fais plus d’examens que nécessaires, j’aime beaucoup aller à l’hôpital et mes accouchements se déroulent par césarienne. Clairement le suivi est ultra-médicalisée chez moi et ça me « réconforte » en quelque sorte.

Ma plus grande hantise serait d’accoucher chez moi car dans l’imaginaire on pense de tout de suite à un accouchement en catastrophe. Alors que préparée comme tu le mentionne dans ton article, ça fait tout de suite plus envie… !

Alors merci de m’avoir ouvert l’esprit !

le 11/10/2017 à 08h41 | Répondre

Sarabi

Je trouve ton article vraiment très intéressant et instructif.
Je ne suis pas partisane de l’AAD mais ton article m’a amené matière à réflexion et je trouve ça vraiment top!

Le truc qui me ferait flipper moi perso c’est un souci pendant l’accouchement. Quand je vois comment s’est passé mon accouchement après une grossesse au top, je suis bien contente d’avoir été entre les mains de la gynéco rapidement.

D’ailleurs, dans le cas où il y a un souci pendant le travail à la maison, comment ça se passe pour la suite?

le 11/10/2017 à 08h41 | Répondre

Claire Gezillig

C’est la question que tout le monde se pose (moi y compris).
Alors, à partir du moment où quelque chose peut inquiéter, tu es transférée à l’hôpital, avant, pendant ou après.
Pour le coup, le principe de précaution est mis en avant…
La plupart des transferts cela dit sont faits en voiture, pas dans l’urgence, il est très rare d’avoir à appeler une ambulance… Mais dans tous les cas, si tu habites trop loin de l’hôpital, on t’y fait accoucher directement.

le 11/10/2017 à 14h11 | Répondre

Madame Licorne (voir son site)

Très intéressant comme article. Comme quoi, les normes changent vraiment d’un pays à l’autre! En Suisse, la plupart des accouchements se font à la maternité mais de plus en plus de maisons de naissance voient le jour. C’est ce que nous avons choisi. Je trouve que c’est un bon compromis entre la maison (j’ai un peu de la peine à me projeter d’accoucher chez moi je dois dire…) et l’hôpital. Comme pour ton suivi, nous sommes entourées de 4 sages-femmes dont une de garde sera présente le jour de l’accouchement. C’est vraiment chouette de déjà connaître la personne qui nous accompagnera, ça permet un meilleur lien de confiance et, j’en suis sûre, de favoriser un accouchement physiologique.
Hâte que tu puisses nous raconter ton accouchement à domicile et ce que tu en as retiré 🙂

le 11/10/2017 à 08h48 | Répondre

Maëlys

Super!
J’ai accouché en maison de naissance intra-hospitalière (France), et je retrouve beaucoup d’élément que tu décris : suivi de grossesse par des sages-femmes, accouchement libre, retour à la maison rapide (on doit rester minimum 6h), suivi à domicile du bébé et de la maman…
J’ai vraiment aimé cette approche!

le 11/10/2017 à 08h48 | Répondre

Jahanara

Je te souhaite que tout se passe au mieux et que tu puisses acoucher chez toi comme tu le souhaites ! Mon accouchement que je souhaitais le plus physiologique possible s’est fini avec péridurale, épisio et ventouse… Difficile de savoir comment ça se serait passé à la maison, différemment certainement. En tout cas ce fut long et clairement j’aurais aimé avoir plus de soutien de la part des sage-femmes !! En toutcas tout a l’air bien organisé pour que ça marche aux Pays-Bas, ça donne envie.

le 11/10/2017 à 08h49 | Répondre

Camille

Bravo
Je serais incapable de le faire
Ns sommes toutes différentes
Mais je trouve ça surper et il me tarde de lire la suite et de connaître ton expérience
Merci 🙂

le 11/10/2017 à 09h59 | Répondre

Marie Obrigada

Je ne peux que t’encourager dans cette démarche et j’espère que ta santé et celle du bébé vous permettront de donner naissance à ton bébé chez vous.
J’ai envisagé d’accoucher à domicile pour mon ainée. J’avais trouvé une sage-femme qui pratique les AAD par très loin de chez moi, mais elle était elle-même enceinte pour un terme proche du mien, du coup elle ne pouvait pas nous accompagner et je me suis vite tournée vers la maternité la plus proche, axé accouchement physiologique aussi.
Malgré le choix de la maternité, je m’étais préparé à accoucher « à domicile » par mes lectures, la sophrologie, dans ma tête… et j’ai donc géré tout le travail chez moi.  Nous sommes allés à la maternité (20 minutes de route) quand j’ai eu envie de pousser, 15 minutes après notre arrivée ma fille était née.
J’ai eu quelques complications pour la délivrance donc je ne regrette pas du tout d’être allée à l’hôpital, et je n’aurais pas pu rentrer dans les heures qui suivent.
Pour mon prochain accouchement, j’espère également gérer tout le travail à la maison.

le 11/10/2017 à 10h18 | Répondre

Mlle Mora

J’aime bien savoir comment ça se passe dans les autres pays, et c’est toujours intéressant de voir qu’il n’y a pas que notre façon de faire qui fonctionne.
Je trouve génial l’aide à la maison tout de suite après l’accouchement, parce que finalement en France, je trouve que c’est ce qui manque : une fois rentré à la maison c’est débrouille toi toute seule…
Accoucher à la maison, pourquoi pas en effet ! Ca s’est passé comme ça pendant des milliers d’années et maintenant on a la médecine avec nous pour éviter les complications alors oui, tu as raison de tenter l’aventure, tant que tout se passe bien (tu as raison, je crois bien qu’en France on part vraiment très pessimistes sur tout…)

le 11/10/2017 à 10h19 | Répondre

Madame D

Un peu comme Doupiou je trouvais souvent que c’etait une démarche à la mode. Tu sais accoucher naturellement, manger vegan et sans gluten … bref. La plupart des gens ne savent pas de quoi ils parlent dans ces cas là. Mais ta démarche est réfléchie et comme tu dit, dans ton pays d’adoption c’est la norme. Et ça doit être franchement chouette de pouvoir gérer son accouchement. Moi je suis une trouillarde. J’ai besoin d’avoir tout le matériel médical à proximité pour pallier à toute éventualité. Mais je regrette la surmédicalisation chez nous. En tout cas j’ai hâte de lire la suite de ta démarche !

le 11/10/2017 à 10h38 | Répondre

Croco

Comme Melinda, j’ai envie de dire : la kraamzorg, quelle chance ! Pourquoi n’a-t-on pas la même chose en France ?
Comme toi mettre un bébé de quelques jours (voir quelques heures) dans un siège-auto me répugne, mais je pense que même au Pays-Bas, j’aurais été obligée d’accoucher à l’hôpital. Je regrette surtout que les accouchements physiologiques en milieu hospitalier soit toujours impossibles dans beaucoup d’hôpitaux français, alors que je suis persuadée qu’avec un minimum d’adaptation du matériel et de la formation au personnel, ce serait tout à fait possible. Cela dit, après mon premier accouchement, je ne suis pas sure d’être prête à me passer de la péridurale si je peux l’avoir, même si je garde en tête que j’ai toujours le risque d’être obligée de m’en passer (parce que je suis sous anti-coagulant).

le 11/10/2017 à 10h43 | Répondre

Claire Gezillig

La kraamzorg en plus, ça coute moins cher à la sécurité sociale que des jours à la maternité 😉

le 11/10/2017 à 14h20 | Répondre

Madame Bobette (voir son site)

Je trouve ton article très intéressant et je suis contente de découvrir le fonctionnement des Pays-Bas.
J’aime beaucoup la manière dont ils voient les choses et le déroulement de la grosse et l’accouchement. J’ai été suivie par une sage femme, je n’ai donc pas connu cette impression de surmédicalisation. Par contre, je pense que je préfèrerais accoucher avec ma sage femme à l’hôpital que chez moi. Mais la sortie anticipée c’est vraiment top surtout avec l’accompagnement post accouchement à domicile! Si c’était le cas en France on serait bien nombreuse à la demander!
Je pense aussi que si en France ça ne se développe pas plus que ça l’AAD, c’est surtout une histoire d’assurance excessive pour les sages femmes et donc très peu le pratiquent.

le 11/10/2017 à 12h48 | Répondre

Claire Gezillig

Oui, les sage-femmes ne peuvent pas payer ce qu’on leur demande pour les assurer pour faire l’AAD (ça revient à peu près à leur salaire mensuel) mais pourquoi les assurances demandent-elles autant ?
C’est bien parce qu’il y a une grande méfiance sur la pratique, je pense…
Après, j’ai vraiment l’impression en effet que les mentalités commencent à changer en ce moment pour plus de choix quand à l’accouchement (je ne suis pas de fait pour un accouchement physiologique en général, je suis pour la liberté de choix et contre la diabolisation d’un choix ou d’un autre…)

le 11/10/2017 à 14h36 | Répondre

Mam' Agrume

Ouiii
J’avais posté il y a quelque temps mon récit d’AAD aux Pays-Bas.
Moi je n’avais pris le kraamzorg que 3h/jour parce que je n’avais pas de sécu/mutuelle néerlandaise et donc pas de remboursement du tout puisqu’il n’y a pas d’équivalent en France.
Et je pensais que le Kraamzorg était l’organisme et la kraamverzorgster l’auxiliaire, me serais-je trompée de vocabulaire ? ^^ (je n’ai jamais vraiment appris le néerlandais – mon grand regret).
Au moindre souci, j’étais à 10mn de l’hôpital… Je ne connais pas (du coup) l’hôpital néerlandais (het ziekenhuis !) mais en France en 10 mn on a des chances d’être installé en salle avant le gyn-obs de garde…

le 11/10/2017 à 12h50 | Répondre

Claire Gezillig

Tu as raison « kraamzorg » veut dire soin post-natale en gros et la dame est donc officiellement « kraamverzorgende » mais en général, on en parle comme la kraamzorg, c’est l’impression que j’ai en tout cas. (Je me débrouille en nl, je fais même mon yoga prénatal en nl mais bon, je suis pas non plus experte).
Pour le remboursement de la kraamzorg, je connais des françaises qui ont réussi à l’avoir en le faisant passer pour une « hospitalisation à domicile » et du coup, ça rentrait dans les cases de la sécu.
Et j’avais adoré ton récit, il a fait partie de ceux qui m’ont donné envie d’accoucher à la maison <3

le 11/10/2017 à 14h46 | Répondre

Madame D

Y’a que moi qui trouve que ce mot a tout l’air de sortir de star trek ?? 😂

le 11/10/2017 à 15h08 | Répondre

Claire Gezillig

Et encore, tu sais comment se prononce le g en néerlandais ? (c’est un son guttural façon raclement de gorge 😛 )
Le néerlandais, cette langue si poétique 😉

le 11/10/2017 à 15h14 | Répondre

Madame Pinpon

Coucou !
Je n’ai jamais accouché et je ne suis même pas enceinte, mais je t’avoue que l’idée de le faire à la maison volontairement ne m’avait jamais traversé l’esprit.
Pour l’anecdote, je suis née chez mes parents, l’arrivée était un peu trop rapide (pour ma soeur ainée, c’était dans l’ascenseur des urgences ^^). Dans la précipitation, c’est mon papa qui m’a mise au monde. Et heureusement qu’il avait les nerfs solides et les connaissances (cf mon pseudo ^^) pour le faire, aucun médecin ! Bref, on m’a tellement raconté cet épisode comme un moment de débrouillardise épique, que non, je n’avais pas pensé faire pareil. Mais présenté comme ça, je comprends que tu en aies envie (moi je tiens trop à ma péridurale le jour où j’en aurai besoin lol).
Aujourd’hui quand je raconte ça je passe pour une extraterrestre (les fameux 1% ?), et je suis super attachée à « ma » maison. 😀
Et sinon, la kraamzorg, je vote pour !

le 11/10/2017 à 13h34 | Répondre

Claire Gezillig

L’idée d’accoucher avant que la sage-femme arrive ne m’effraie pas plus que ça (par contre, en vrai, je serais vraiment triste si l’amoureux ne pouvait pas assister à ça).
Après toutes mes lectures etc, je ne me dis plus « c’est la sage-femme qui va m’accoucher » mais « je vais accoucher accompagnée par… »
Après, du coup, bon, je me suis renseignée sur quoi faire si ça arrive et je préfèrerais quand même vachement être accompagnée de quelqu’un dont c’est le métier 😉

le 11/10/2017 à 14h59 | Répondre

Madame Lavande (voir son site)

Je trouve ton article vraiment très instructif ! C’est toujours intéressant de savoir comment ça se passe ailleurs. J’espère que tu pourras accoucher à la maison comme tu le souhaites, c’est un très beau projet !
C’est vrai qu’en France la question ne se pose quasiment pas. J’ai pour ma part fini par une césarienne après un travail complet mais une péridurale assez tard. Un accouchement physiologique m’aurait bien tenté pour un second, mais avec un antécédent de césarienne je sais que c’est impossible. Mais si j’accouche au même endroit que pour ma Biscotte, je sais que mon projet de naissance sera respecté au mieux.
Je trouve également le système de kraamzorg vraiment génial ! Pouvoir apprendre les premiers gestes chez soi et avec une professionnelle les premiers jours c’est une aide précieuse je pense.

le 11/10/2017 à 13h38 | Répondre

Miss Chat

Ok je suis fan ! J’aurais trop pu aller accoucher en hôpital aux Pays-Bas pour mon deuxième <3 Tout ce système est pensé pour les futures mères avant tout, sur comment accompagner leur expérience, les aider, c'est juste super !
Je suis à la fois conquise par tout ce qui est mis en place et en même temps, je reste dubitative sur l'AAD en lui-même… Tu nous donnes des chiffres et c'est convaincant, ok pas plus de mortalité et un super encadrement donc pas vraiment de raison de s'inquiéter. Je crois qu'à ce niveau, il faut en effet surmonter notre principe de précaution bien franco-belge 😉
En même temps, d'un point de vue tout à fait personnel, je n'aurais pas apprécié accoucher chez moi car ça impliquait associer mon foyer à une certaine souffrance. Et je ne suis pas sûre que je me serais sentie à l'aise avec cette idée…
Une de mes chefs, néerlandaise, a accouché de 2 de ses filles dans la maison de son enfance mais rétrospectivement, elle me disait qu'elle trouvait que les Pays-Bas prenaient trop de risques avec l'AAD (!)
Bref, food for thought cet article, merci 🙂
(comme Mam' Agrume, pour moi le kraamzorg est le "concept", le type de soin en question, pas la personne qui le fait !)

le 11/10/2017 à 13h47 | Répondre

Amélie C (voir son site)

J’adore toujours autant suivre tes pérégrinations Claire ! Je ne savais pas que le taux de naissance à la maison était aussi haut aux Pays-Bas ! Mes beaux-parents hollandais viennent de repartir, dommage j’aurais bien aimé interroger ma belle-mère sur ce sujet ! Je vais en parler ce soir à mon Hollandais de mari !

Ici en Suisse l’accouchement physiologique est parfaitement encouragé au sein des maternités. La différence est vraiment fragrante par rapport aux récits d’accouchements de mes amies françaises ! La salle où j’ai accouché était grande, lumineuse, avec des petites veilleuses si c’est la nuit… et tout un tas « d’aide », comme des cordes, un tabouret percé pour accoucher assis, des ballons, une salle de bain privative…etc etc… c’était génial.
Je te rejoins tout à fait sur le fait que d’accoucher physiologiquement est uniquement possible si on est bien accompagné. En effet, je n’aurais pas supporté toute cette souffrance sans l’aide précieuse de mon mari,et surtout de la sage-femme de la maternité qui était là quasiment tout le temps. Massages, encouragements, aides pour différentes positions, acupuncture, homeopathie… Je pense que si je n’avais pas pu bénéficié de tout cela j’aurais sérieusement envisagé un accouchement à la maison. Mais là je me sentais comme à la maison en fait 🙂
Comment sont les maternités aux Pays-Bas ?

Quant aux raisons, lorsque j’ai lu ton paragraphe sur vivre l’aventure à fond, je me suis tellement reconnue ! C’est tout à fait ça, j’adore vivre les choses à fond et connaitre mon corps. Je voulais aussi me connecter à mon cerveau reptilien, auquel on a pas souvent accès. Et vraiment c’était FOUUUU !!! C’était une expérience dingue, et je referai la meme pour la prochaine grossesse !

Bonne préparation, c’est tellement important !

le 11/10/2017 à 13h56 | Répondre

Claire Gezillig

Les maternités, je ne sais pas, celle de ma ville, c’est dans l’hôpital mais les chambres sont assez spacieuses, lumineuses, il y a une baignoire dans une (si on veut accoucher dans l’eau), un lit dans un coin, un fauteuil, un mur avec une fresque, un coin pour faire les soins du bébé sans avoir besoin de l’emmener ailleurs et plein de place au milieu où on peut t’apporter ballon, siège d’accouchement…
Je sais qu’il existe aussi des maisons de naissance mais pas par chez moi 😉

le 11/10/2017 à 15h09 | Répondre

Bérénice

Bonjour,

Merci pour cet article très juste et bien écrit. Je vis en France et j’attends également mon premier enfant. Un projet d’AAD est en cours, dans la mesure où tous les voyants restent au vert d’ici là.
J’ai la chance d’évoluer dans un milieu très bienveillant qui respecte majoritairement ce choix même s’il faut parfois se « justifier » en réponse aux peurs que les autres nous renvoient dans leur discours.
Je suis ravie de constater que l’opinion puisse évoluer positivement : nous ne sommes pas des irresponsables et nous sommes suivis de près. Aucun risque n’est pris de manière inconsidéré et quelle sérénité de pouvoir envisager ce moment si personnel à notre image et dans un lieu réconfortant, avec des personnes connues et de confiance.
Selon les SF, en France il est quand même possible d’avoir un suivi de 7 jours avec une visite quotidienne à domicile pour le suivi du bébé et de la maman. Même si j’en conviens, ça semble loin de la kraamzorg que tu décris !

Je suis impatiente de lire les prochains articles.

le 11/10/2017 à 14h28 | Répondre

Cricri2j

Alors moi j ai testé l accouchement à domicile mais par défaut 🙂
Accouchement en 1h30 il y a 2 mois, pas le temps d aller à l hôpital et mon mari a joué les sage femme 🙂
Par contre heureusement les pompiers sont arrivés à temps car elle avait le cordon autour du cou.
Mais j ai adoré, avec le recul mon accouchement. Je n aurai pas pris la décision de le faire (trop peur de la douleur, je voulais une péridurale même si c est mon 3ème accouchement).
Je te souhaite en tout cas qu il soit aussi beau que le mien sachant que tu seras bien accompagnée par ta sage femme.

le 11/10/2017 à 14h29 | Répondre

Flora (voir son site)

J’adhère à 100% à cette façon de penser. Pour la petite histoire, la Belgique vient de décider de dérembourser les tests de toxo mensuels parce que comparé aux statistiques de chez vous ils n’ont pas trouvé de réel intérêt de le faire systématiquement !
J’ai assez tôt opté pour un suivi par sage-femme aussi parce que je préfère connaitre la personne qui va m’accompagner tout le long de l’accouchement que la gynéco qui ne vient que pour dire « poussez Madame » ! La question d’accoucher à la maison s’est posée mais vu que ce n’est pas super courant ici j’ai peur que ça me crée un blocage (ne pas oser crier par exemple de peur de déranger les voisins).
Votre projet me donne à réfléchir et j’attends la suite avec impatience 🙂

le 11/10/2017 à 14h41 | Répondre

Claire Gezillig

L’article suivant arrive la semaine prochaine, pour ce qui est de la naissance, la vraie, ben euh, je ne choisis pas mais ça peut être demain… ou dans 5 semaines 😉

le 11/10/2017 à 15h24 | Répondre

Claire (voir son site)

L’accompagnement aux Pays Bas me fait rêver!
Pour un deuxième accouchement, j’aurais bien aimée accoucher à domicile ou en maison de naissance mais ce n’est pas possible ou j’habite. Aucune sage femme ne fait d’AAD et pas de maison de naissance.
A l’heure ou on ne fait que parler du trou de la sécu et ne trouve pas ça très logique. Je suis pour le choix et je ne comprend pas pourquoi tout est fait pour que les sages femmes ne fasse pas d’AAD, je trouve vraiment ça dommage.
Enfin, j’ai hâte de suivre la suite de tes aventure 🙂

le 11/10/2017 à 14h52 | Répondre

Laurie

Expatriée aux Pays-Bas j’ai choisit d’accoucher à l’hopital pour mon premier enfant. Nous avons fait ce choix car chez nous les escaliers pour sortir sont extrêmement raides donc nous avions un peu peur de devoir y aller en urgence au milieu du travail… J’ai donc attendu le plus possible chez moi avec ma sage femme et après nous y sommes allés. J’ai demandé une péridurale, du coup le gynéco s’est chargé de l’accouchement et ma sage femme est restée à mes côtés. Ils ont dû utiliser la ventouse car il était coincé et ça commençait à être dur pour moi et le bébé. Nous avons eu le droit de sortir 6h après car ventouse (sinon après 2h, même après la péridurale). J’ai adoré le suivi de la grossesse aux Pays-Bas, tout comme leur respect vis à vis de nous pendant l’accouchement. A part peut être le moment où ils m’ont mis sous la douche 1h après l’accouchement, avec encore quelques effets de la péridurale dans les jambes…. Je te souhaite un très bel accouchement!

le 11/10/2017 à 15h18 | Répondre

Madame Vélo

Merci merci merci merci pour ton article !! J’aime beaucoup toutes tes explications, et je regrette énormément qu’en France ça ne soit pas pareil. Et alors le kraamzorg, quelle chance !! ça paraît tellement plus logique, plus humain. Je rêve d’un AAD, mais c’est vrai que les conditions en France pour le faire ne font pas rêver. Je vais peut-être émigrer aux Pays-Bas pour mon 3ème ^^

le 11/10/2017 à 15h36 | Répondre

Madame Louli

Coucou Claire,

Hier soir j’ai regardé une émission sur une chaine de la TNT, sur le métier de sage femme. Lors de cette émission ils ont montré un accouchement à domicile avec la sage femme (et la piscine en plein milieu du salon parce qu’en plus l’accouchement a eu lieu dans l’eau), ils ont aussi montré plusieurs accouchements dans des positions autre que dites gynécologiques (une maman a accouché debout, une autre sur le côté).
J’ai trouvé ça super. Je pense que l’idée murit de plus en plus ici en France. Et de montrer ces images à la télé peut rendre ces événements réalisables.
Alors j’encourage toutes les futures maman, et moi la première, à aller jusqu’au bout de son projet de naissance et à oser même si ce que l’on souhaite peut paraitre peu conventionnel.

le 11/10/2017 à 17h13 | Répondre

Weena (voir son site)

Merci pour cet article très instructif.
Pour mon premier, j’étais rassurée d’être à l’hôpital, dans le doute. Mais après que tout ce soit bien passé, j’aurais pu opter pour une maison de naissance pour mon deuxième, malheureusement, il n’y en a pas autour de chez moi …
Des fois, je rêve que mes prochains accouchement soient tellement rapide et sans encombre que nous n’ayons pas le temps de partir à la maternité 😁. D’autant plus que je pense que j’aurais pu sortir de la maternité 4h après avoir accouché de LutinCoquin tellement je me sentais bien … malheureusement, en France, même avec une demande de sortie anticipée, le minimum est de 24h

le 11/10/2017 à 17h14 | Répondre

Viviane

La naissance aux Pays-Bas est organisée différemment qu’en France. Il y a un atout géographique également, les pays Bas c’est plat et du coup un transfert rapide est presque toujours possible (plus facile que dans le Cantal par exemple !). J’avais cependant lu qu’une part croissante des femmes hollandaises choisissait l’hôpital pour pouvoir bénéficier d’une péridurale.

le 11/10/2017 à 19h59 | Répondre

Claire Gezillig

En effet, ce n’est possible que si on habite pas trop loin d’une maternité 😉
Et oui, en effet, si on souhaite la péridurale, on choisit l’hôpital mais les chiffres que j’ai mis dans l’article sont les chiffres du ministère, il y a tout de même beaucoup d’accouchements à la maternité qui se font sans péridurale

le 12/10/2017 à 11h33 | Répondre

Viviane

Pour aller plus loin, un extrait d’un article paru dans le Journal de Gynécologie Obstétrique et Biologie de la Reproduction (nov 2008). Il y a un biais évident, c’est qu’il est écrit par un obstétricien français et que clairement la manière néerlandaise d’aborder la naissance n’est pas celle qui est apprise en France. Mais c’est intéressant sur les pressions qui peuvent, dans l’autre sens, être exercer sur les femmes pour un accouchement à domicile parce que cela coûte moins cher à la collectivité.
« Il y a une très forte incitation à accoucher à domicile aux Pays-Bas. Cette incitation est sociale et économique. Socialement, l’accouchement à l’hôpital est souvent vécu comme un échec. Culturellement, on accouche à la maison avec sa sage-femme ou son médecin généraliste. Accoucher à l’hôpital n’est pas vécu comme la recherche d’une sécurité mais comme une incapacité à accoucher à la maison. Puis, la raison économique, cachée et discrète complète le tableau. Le système de couverture sociale est basé sur des assurances privées si vos moyens le permettent. Les assurés souscrivent des contrats où chaque clause est négociée et celle de la prise en charge de la grossesse est une clause importante. En effet, il coûte beaucoup moins cher d’accoucher à la maison. Rappelons que la prise en charge des accouchements à bas risque ne comprenait aucune échographie de dépistage, pour des raisons en partie économique1 . En contrepartie, les assurances privées payent l’aide ménagère après l’accouchement, ce dont nous rêvons tous en France pour nos accouchées. »
Source : http://www.em-consulte.com/en/article/186918

le 12/10/2017 à 11h47 | Répondre

Liz

Deux enfants, deux supers accouchements (en France à Paris) les deux avec MA sage-femme, la même pour les deux accouchements (et tous les suivants =P). Le premier je voulais à la maison mais mon mari avait peur, donc ce fut en plateau technique : le même principe que tu décris dans ton article càd on « loue » une salle de la clinique mais on vient avec sa sage-femme. Le deuxième à la maison. Dans les deux cas 100% physiologique, accompagnement discret mais au top, pas de protocoles, interventions inexistantes ou réduites au minimum si tout se passe bien, liberté totale et respect de ma pudeur… Le prochain? A la maison sans hésitation avec ma sf à moi! Donc si! en France aussi c’est possible mais malheureusement pas partout =( Les gens confondent souvent les ADD (qui sont les accouchements prévus à domicile avec une sage-femme), les ANA (accouchement prévu à domicile sans sage-femme) et les accouchements inopinés (non prévus à domicile à la base mais qui finissent chez soi, dans la rue, dans la voiture…) tout ça est compris dans les 1% d’accouchement hors hôpital en France. Pour moi, je ne concevais même pas d’aller accoucher à l’hôpital, chacun son choix, le bon endroit pour accoucher c’est celui que la maman choisit ;p.

le 11/10/2017 à 20h07 | Répondre

Madame l'Abeille

J’adore et je partage totalement ta vision hollandaise de la maternité et de l’accouchement!
Je trouve très important d’être bien préparée et d’avoir lu pas mal de choses pour aller au bout de l’expérience d’un accouchement physiologique (sans pour autant à domicile puisque le système français n’est pas conçu favorablement pour)!
Si tu ne les as pas encore lus, je te conseille:
– Accouchement, la méthode de Gasquet
– Le bébé est un mammifère, de Michel Odent.
J’ai eu un 1er accouchement physiologique dans une maternité « pro physio », après avoir fait la majorité du travail à la maison. J’ai accouché de mon second enfant en voiture toute seule à 4 pattes sur la banquette arrière alors que mon mari conduisait, je suis arrivée à la maternité mon bébé sous le bras (parce que ça a été très rapide mais j’avais une grande confiance en mon corps et je n’ai pas eu de questions à me poser).
J’ai hâte de lire la suite et te souhaite un bel accouchement.

le 11/10/2017 à 22h15 | Répondre

Marine Rocton

Super conseil de lecture concernant Odent. Je m’apprête (dans 15 jours) à mettre au monde mon deuxième enfant en maison de naissance, Je crois que je garderais toujours un petit remord de n’avoir pas sauté le pas de l’AAD. Mais nous sommes à 35 min du premier hôpital, je trouve que c’est un peu loin. Connais-tu le blog d’Happynaiss ? Elle a accouché récemment chez elle, elle en parle très bien. Belle rencontre à vous !!

le 12/10/2017 à 02h13 | Répondre

Claire Gezillig

J’adore le blog d’Happynaiss et j’ai lu Odent il y a très longtemps (mais l’amour scientifié pas le bébé est un mammifère)…

le 12/10/2017 à 11h37 | Répondre

Nathalie

Ce sont à peu près les mêmes raisons qui m’ont poussée vers « sans péridurale » et avec les mêmes raisons en tête sur le fait qu’au cas où c’était possible 🙂

le 12/10/2017 à 07h41 | Répondre

Claire Gezillig

Merci à toutes de vos retours bienveillants et constructifs… Je dois dire que c’est une belle surprise pour moi <3

le 12/10/2017 à 11h39 | Répondre

Viviane

🙂
En même temps, c’est toi ^^
Peut être parce que tu pars d’une démarche réfléchie, sur tes (vos) souhaits, les possibilités pratiques, l’organisation du système de soin local, avec le bon sens pratique qui te caractérise.

J’ai pu lire (ailleurs) des témoignages de futures maman dans la toute puissance maternelle : « c’est mon corps, c’est mon enfant, je prends toutes les décisions » (en jetant par dessus ma tête les préoccupations en terme de sécurité). Ce fantasme de toute puissance d’une mère sur son enfant me parait bien inquiétant tant je suis persuadée que les enfants n’appartiennent pas à leurs parents, et que toute prise de décision concernant la maman doit bien entendu prendre en compte l’intérêt de l’enfant.

En tout cas je souhaite que ça se passe à la maison car c’est le témoignage d’un accouchement se passant bien !

le 12/10/2017 à 11h56 | Répondre

Sarajade

Je te souhaite de tout cœur d’avoir l’accouchement dont tu rêves…Pour ma part, je comptais arriver à la maternité le plus tard possible (elle n’est qu’à 10 minutes en comptant les feux rouges), et j’espérais secrètement que ça se passe carrément à la maison. Résultat, je n’ai jamais accouché : j’ai été opérée un matin et ils ont sorti mon bébé…

Je ne vois toujours pas aujourd’hui ce que je pourrais dire à la moi d’alors pour me préparer à ce que j’allais vivre, je ne peux donc que te souhaiter vraiment que les choses se passent comme tu l’imagines!

Beaucoup de bonheur pour ta fin de grossesse

le 12/10/2017 à 14h39 | Répondre

olivia (voir son site)

Ton article est super intéressant. Je voudrais accoucher chez moi. Je ne me suis pas encore décidée car c’est un choix que l’on fera à deux et que j’ai encore très peur de la douleur.
J’ai lu il y a deux jours le récit d’un accouchement à la maison de Jeannette Ogden, et je l’ai trouvé merveilleux : https://shutthekaleup.com/

le 12/10/2017 à 19h17 | Répondre

Mamdame Choupette

<3 Vive les Pays Bas! 🙂
C'est tellement ancré chez nous (Belgique, mais France aussi!?) que la femme qui accouche a les pieds dans des étriers avec un gynéco entre les jambes :-/

Pour avoir fait tout le travail à la maison, je ne peux que t'encourager à vivre ce moment pleinement chez toi, libre de tes mouvements, …. <3

(Je suis quand même effarée de la différence qu'il y a dans les demandes de péridurale! Ca fait de plus en plus partie du package avec l'épisio dans les maternités …)

le 12/10/2017 à 21h29 | Répondre

Miss Chat

(en réalité, non, les épisios et la péridurale sont justement en train de diminuer dans nos pays grâce à la prise de conscience et la plus grande responsabilisation des futures mamans ! Mais on est d’accord, on est encore loin des Pays-Bas 😉 )

le 13/10/2017 à 16h17 | Répondre

Hélène

Bonjour peut être que les chiffres diminuent et tant mieux. Mais je pense que dans la tête de plein de femmes, pour l’accouchement ou même le suivi grossesse, les médecins décident de tout alors qu’on peut tres bien suivant le suivi que l’on veut, avoir accès à du tres ou peu médicalisé. Certaines femmes pensent que l’on accouche que comme dans baby boom ou comme dans les films… apres, dans certaines mater, les protocoles et le peu de sage femme presentes pour le nombre de patientes accentuent les taux de peri episio. Pour ma part, j’ai cherché et fait pas mal de kilomètres pour bénéficier d’un suivi global avec accouchement en plateau technique. Il faudrait que les femmes soient toutes au courant qu’on a le droit de faire des choix sans pour autant nuire à la santé du futur bébé. Comme l’auteure de l’article le dit, en France on part du principe que LA pathologie peut arriver tout le temps, alors que dans d’autres pays, on part du principe que la physiologie est là sauf preuve du contraire. Et ce manque d’informations continue une fois le bébé là avec ce vaste sujet qu’est l’allaitement sauf que cette fois ci, beaucoup de professionnels de santé ne sont pas formés. Dommage. Mais c’est un autre sujet. Tres bel article. Je vous souhaite un merveilleux accouchement.

le 15/10/2017 à 14h46 | Répondre

Yvanna

Quel super article! Et c’est encore plus chouette de voir que nos voisins néerlandais sont au top sur l’accompagnement physiologique de l’accouchement! Ok commence à évoluer un peu en France (surtout avec les maisons de naissance), mais cela reste encore trop marginale à mon goût.
Je pense que la grande différence est comme tu le dis la manière de prend e en compte la grossesse et de préparer à la douleur. Si l’on est bien accompagné dans ce sens aucun souci.
J’ai eu la chance d’avoir une sage femme géniale qui nous a accompagnée pendant toute la grossesse et qui était la tout le temps de la naissance de notre fils, nous avons pu être acteur de cette naissance (pas de peridurale, monitor mobile toutes les 2h, pas de perfusion, j’ai pu bouger tout le long et accompagner les douleurs pendant que mr me massait). Je ne remercierait jamais assez notre sage femme d’avoir créé une unité physiologique au sein de la maternité!
Je dis d’ailleurs que c’était autant notre naissance que la sienne.

le 13/10/2017 à 09h39 | Répondre

Virginie Loÿ (voir son site)

Bonjour Claire;
Débat intéressant…. quand on prend le temps de remettre certains éléments en contexte.
Les Pays-Bas sont un pays mouchoir de poche où presque tout le monde est à proximité d’une maternité. Cette disponibilité des infrastructures est très importante. C’est loin d’être le cas de la France.
L’accouchement à domicile représente en France 2 pour mille (d’après Dr Emmanuelle Piet, dans le MOOC contre les violences faites aux femmes). Un taux qui passe à 7% dans les cas de violences conjugales: en France un accouchement à domicile est plus souvent un signe de problème gravissime qu’un choix personnel. Il est donc très difficile de comparer.

Par contre la surmédicalisation de la grossesse en France est consternante. J’ai eu un enfant en France, grossesse hyper médicalisée bien que sans aucun problème, complication inattendue en cours d’accouchement en maternité, naissance d’un bébé à 4 points Apgar (Urgences = passé à 9 ou 10 grâce à la rapidité de l’intervention). L’autre en Finlande où je vis, très relaxe, avec un suivi sage-femme. (Je sais par expérience d’amies que la bascule sur le médical est extrêmement rapide et efficace en cas de problème).
Je n’aime pas trop penser à ce qui se serait passé pour mon premier enfant si j’avais été chez moi.
Mais je respecte les choix individuels, ma cousine a eu 3 de ces 4 enfants chez elle.. mais elle est sage-femme et son mari gynéco… ça aide peut-être…
Sans forcément étendre la naissance à domicile sans les structures adéquates, la France pourrait revenir à plus de naturel dans sa conception de la grossesse: ce n’est pas une maladie, après tout!

le 16/10/2017 à 08h36 | Répondre

Stella

Oh je trouve ça super ce système! Ce serait vraiment bien que ce soit comme ça ici (en Belgique) même si je préfèrerai un suivi avec mon gynécologue (mais bon c’est un choix perso et surtout je suis habitué à le soir souvent pour essayer de le faire ce bébé) On quelques structures qui permettent un accouchement physiologique, des salles nature et cie mais c’est une aile de la maternité. ce serait vraiment bien que ça se développe.
Merci de nous faire partager tout ça!

le 17/10/2017 à 22h41 | Répondre

SI TU SOUHAITES RÉAGIR C'EST PAR ICI !

As-tu lu notre Charte des commentaires avant de publier le tien ?