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Et si on arrêtait la culpabilisation ?


Publié le 5 juillet 2017 par Onedaymaybe

« Ça va, tu n’as pas trop pleuré en la laissant chez la nounou ? Moi c’était un déchirement ! »… »Tu as hâte de reprendre le travail ?!? Eh bin dis donc elle doit être dure ta fille »… »C’est pas trop difficile de rentrer du boulot alors qu’elle est déjà couchée ? »

Voici un petit florilège de questions et remarques entendues et ré entendues lorsque je parle de ma reprise du travail. Comme je réponds « Non » à chacune de ces questions, on me regarde systématiquement avec des yeux écarquillés comme si je proférais une énormité.

Photo personnelle

De ce fait je me suis posée la question : dois je culpabiliser de ne pas culpabiliser ??!? Suis je une mère anormale ? Est ce que mon absence de culpabilité est le signe que je n’aime pas suffisamment mon enfant ?

Balivernes et sornettes ! J’adore mon enfant, j’adore passer des moments avec elle mais j’ai besoin et envie d’autre chose. Point final.

Ce qui est fou, c’est que ce qui s’est passé pour moi dans la reprise du travail se décline dans TOUS les domaines : tout le monde a un avis sur tout et ne se lasse pas de faire culpabiliser les jeunes parents s’ils ne pensent pas pareil / n’ont pas eu les mêmes réactions / ne ressentent pas la même chose. Et je dois dire que pour ma part, ils ont assez de facilité : c’est mon premier enfant, tout est nouveau, je ne sais pas si je « fais bien »…et il semble que je n’ai pas vraiment les mêmes réactions que la plupart des mères  (ne pas ressentir de bouffée d’amour pour son enfant dès la naissance, être heureuse de retourner au travail, être totalement sereine par rapport à la garde de mon enfant…)…du moins dans la représentation de « La Mère » que peuvent avoir certaines personnes !

Ce qui est fou, c’est que la culpabilisation vient de partout. De la famille, des proches, des collègues, de la société, des médias, même de certains livres de puériculture/pour enfants qui nous renvoient tous une image de mère idéale que, bien évidemment, il est impossible d’atteindre.

Même les personnes qui « sont passées par là » peuvent se rendre très culpabilisants, en renvoyant à leurs expériences, et en jugeant nos comportements à l’aune de leurs propres comportements et décisions éducatives. Même si c’était un autre temps, un autre lieu, un autre enfant.

Dans le cadre de mon travail, j’ai appris à ne jamais juger les gens à l’emporte pièce, à toujours mettre mon cadre de référence en retrait pour me concentrer sur la personne que j’ai en face de moi : sa culture, son éducation, son origine, ses références, son histoire sont autant d’éléments qui font que cette personne agit de telle ou telle façon.

Cependant, il n’est pas facile de se départir du regard des autres, et des clichés véhiculés sur la maternité. J’avoue moi-même avoir sans doute culpabiliser d’autres parents, et sans le vouloir ! J’ai petit à petit banni de mon vocabulaire les « il faut », « Y’a qu’à…faut qu’on… »qui sont moralisateurs, culpabilisants, et qui renvoient à l’idée que la personne en face est incompétente.

Ma solution est donc… eh bien je n’en ai pas vraiment. Apprendre à se faire confiance. Demander plusieurs avis et se faire le sien. Occulter les bien-pensants et les ayatollahs qui veulent à tous prix nous convaincre de l’absolue nécessité du portage/de la poussette/du cododo/de la mise dans sa chambre dès la naissance/de la tétine/de l’absence de tétine/de la nécessité de prendre un congé parental/de la nécessité de reprendre très vite le travail….quoiqu’on décide pour son enfant, il y aura toujours des détracteurs qui nous feront douter.

Pour ma part (et peut être est ce une déformation professionnelle), l’intérêt de l’enfant doit toujours primer. Tant que sa santé, sa moralité, son bien-être, son épanouissement sont garantis, l’enfant est heureux et grandit dans l’amour de ses parents. Donc si ce que tu fais convient à ton enfant, convient au fonctionnement familial, convient au couple et rentre dans les critères de bonne santé et de bientraitance, où est le problème ?

Ça ne nous empêchera pas de nous faire parfois des nœuds au cerveau mais on sera peut-être un peu plus en paix avec nous-mêmes !

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Commentaires

6   Commentaires Laisser un commentaire ?

Aude

Bravo et merci pour cette article !!!!!!!!!!!!
Je suis comme toi, pas une larme et en confiance lorsque ma fille est arrivée chez nounou. Pas de coup de foutre ou de grand élan d’amour à la naissance. Comme en amour j’ai appris à la connaître et à l’aimer. Comme toi toujours des bien pensants (mes chez des très proches) qui se permment de te juger. Gentillement, mais ils te jugent.
Pour ma part je le vis pas mal et j’en joue Meme. Je renchérie en disant que c’est mon mari la vraie maman lorsqu’ils insistent. Mon côté provocateur.
Faisons nous confiance ! C’est nos enfants et comme tu dis chacun est différent avec un fonctionnement différent. Et pour le coup je vais nous flatter je pense qu’on tord le coup au stéréotype et que par conséquence nos filles auront plusieurs modèles en tête si un jour elles sont mamans.
Bonne continuation !

le 05/07/2017 à 07h28 | Répondre

Sonia (voir son site)

Moi non plus je n’ai pas eu de difficultés à laisser mon fils à sa nounou quand j’ai repris le travail; au delà du jugement sur ma non difficultés j’ai eu beaucoup de réaction sur le fait que je reprenne « si » tôt, en gros à la fin de mon congé mat, quoi… Je travaille les samedis et c’est plus maintenant que je pars un pincement en coeur ce jour là en me disant que je ne peux pas en profiter pour faire des activités avec lui(je pose parfois un congé pour voir ses progrès aux bébés nageurs)… Et ces mêmes collègues qui trouvaient que j’avais repris tôt me disent maintenant, « bah oui mais c’est comme ça on en est tous passé par là… » Dans leur tête il n’y a donc qu’une manière de faire la leur et une manière de vivre les choses(je serais curieuse de connaitre leur discours d’avant quand leur enfant avait 3 ans et pas 15 ou 20 comme maintenant… Donc en plus d’être triste de ne pas être avec lui je dois maintenant ne pas m’en plaindre parce que c’est comme ça pour tout le monde)
Bref effectivement il y aura toujours quelqu’un pour avoir un avis sur tout et penser que le sien prévaut…

le 05/07/2017 à 10h48 | Répondre

Madame Bobette (voir son site)

Pas de coup de foudre à la naissance non plus, on a appris à se connaitre (très rapidement).
J’étais ravie de reprendre le boulot et de la confier à la nounou (bien que j’ai quand même eu ma petite larme en la laissant le premier jour…)
Par contre, j’ai la chance de ne pas avoir trop de personnes culpabilisantes autour de moi, ou alors je ne les remarque même pas tellement je m’en fous.
Arrêtons de juger et de culpabiliser. Faisons nous confiance.

le 05/07/2017 à 11h19 | Répondre

Claire (voir son site)

En fait je pense que c’est un soucis de notre société mais je pense que les choses évoluent doucement mais surement.
Et oui, si on fait pas comme tout le monde ou la personne en face de nous, on se sent parfois remis en question parce que si on fait pas comme ça c’est donc que SOIT nous SOIT la personne en face de nous fait mal.
Alors que c’est bien plus compliqué que ça. Chacun fait avec ce qu’il est, son couple, son enfant, sa famille, son environnement.
Et je pense que tant qu’on est en accord avec soi même, il est ou le problème? Parce qu’on ne rentre pas dans les cases?
C’est vrai que c’est un problème de ne pas rentrer dans les cases. Mais quand on creuse vraiment, qui rentre vraiment dans toutes les cases? Personne!
Alors osons être et faire ce que l’on souhaite 🙂

le 05/07/2017 à 17h58 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

Je partage totalement ton avis !
Après ce n’est pas parce que tu dis à tout le monde que tu fais bien ce que tu veux que c’est facile de se sentir jugée ! Mais bon depuis déjà quelques temps, j’essaye de m’entourer de personnes non moralisatrices ! Pour autant, des fois j’ai conscience d’accorder trop d’importance à l’avis et au jugement des autres.
C’est quand même plus simple quand ton entourage ne te culpabilise pas. Après avec la famille c’est parfois compliqué de leur dire que tu t’en fiche de leur avis 😄

le 06/07/2017 à 09h20 | Répondre

Maman bébé (voir son site)

C’est ma première visite sur votre blog maman. Votre article est super! Moi je suis de votre avis, il ne faut pas culpabiliser. Les parents, collègues et amis peuvent conseiller, mais ça reste là. On est toutes des bonnes mamans, c’est à chacune de déterminer ce qui est bon pour son bébé, selon nos talents et déterminations. Aucune mère n’est si idiote de laisser son bébé en danger. Encore merci de votre article. Bonne courage à toutes

le 06/07/2017 à 15h57 | Répondre

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