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Être belle-mère


Publié le 31 janvier 2019 par Mme Espoir

Quand on est petite, on se rêve (ou pas) en maman, mais l’hypothèse « belle-maman » vient rarement à l’esprit. Et pourtant ça peut te tomber dessus sans que tu t’y attendes.

J’ai toujours su que mon homme était papa. Je suis donc passée de « célibataire sans enfant et n’en voulant pas » à « belle-mère vivant avec l’enfant de son amoureux ». Je n’ai pas vraiment réalisé ce qui m’arrivait. J’ai agi d’instinct, les questionnements et réflexions sur tout ça sont venus bien plus tard.

Les débuts

J’ai tout de suite compris que M. Chéridamour était un très bon père, très proche de sa fille. Pour tout dire, il est fou d’elle, elle est vraiment celle pour qui il ferait n’importe quoi. Ça m’a énormément touchée. Je ne connaissais personne ayant des enfants à l’époque et ce qu’il laissait transparaître de cette relation était un amour absolu.

J’ai appris à faire connaissance avec sa petite et tout de suite les choses se sont très bien passées. Elle avait 2 ans et si elle a été timide les premières minutes, elle m’a aussitôt acceptée. Ce n’est que plus tard que j’ai compris que cela avait été une chance car elle n’était pas du genre à aller facilement vers les inconnus. Mais j’ai eu droit aux câlins, aux bisous et à une complicité qui ne s’est jamais démentie.

Quand elle était petite, je jouais énormément avec elle. C’était fatiguant car j’ai tendance à être aussi « à fond » qu’elle dans les jeux d’imagination mais je n’ai plus l’énergie d’un enfant de 4 ans ! Heureusement qu’elle aimait également les jeux calmes, les dessins et la lecture. J’ai toujours aimé créer avec elle, je pense que ça nous a beaucoup rapproché de préparer « en cachette » des cadeaux pour son papa. Et elle adorait également quand je lui inventais des histoires rien que pour elle.

Une super belle-mère ?

On me dit souvent que je suis une super belle-mère et que Schtroumpfette a de la chance. Vraiment ? Je ne pense pas.

C’est moi qui suis chanceuse. Si notre relation est ce qu’elle est aujourd’hui, c’est bel et bien grâce à elle. C’est elle qui m’a acceptée, qui m’a fait découvrir des facettes de moi que je ne connaissais pas, qui par son côté attachant et son affection m’a permis de me construire en tant que belle-mère. C’est elle qui m’a donné envie d’être maman. Avec une enfant comme elle, il est difficile de ne pas vouloir se dépasser et être une bonne belle-maman.

Aujourd’hui, notre relation est toujours bonne. On discute beaucoup, on se charrie beaucoup également. J’ai tendance quand je veux lui exprimer mes sentiments à lui écrire (je suis assez pudique, c’est difficile pour moi à l’oral). Et elle me répond par le même biais, c’est un mode de fonctionnement qui nous convient bien. Je garde d’ailleurs très précieusement tous ces petits mots.

J’ai souvent l’impression d’être l’empêcheuse de tourner en rond. Son papa est bien plus souple que moi ! Je m’en veux souvent de ne pas être aussi disponible et patiente qu’il le faudrait. Je gronde plus souvent que lui, je suis facilement agacée. Je dis plus facilement non également. Et j’en suis triste, j’ai peur par moments de réagir ainsi parce que ce n’est pas mon enfant. Je me pose souvent la question de savoir si j’agirais de même si elle était ma fille…

Dans mon entourage proche, il n’y a pas de belle-mamans. Je connais certaines personnes qui ont des beaux-fils/belle-filles mais c’est assez rare et je ne peux pas comparer les situations car elles sont toujours très différentes. Je suis assez surprise quand on me fait remarquer que j’agis de manière extraordinaire avec Schtroumpfette. Et loin de me faire plaisir, j’ai tendance à être gênée. Sans doute car je ne fais rien de si hors normes que ça : je l’emmène à l’école, je lui achète des vêtements et des livres, je la coiffe quand elle le demande, on se fait parfois des soirées entre filles quand son papa va rentrer très tard, je joue avec elle quand elle le veut… Rien de plus ou de moins que ce que fait son papa. Et même si j’ai toujours tout fait pour bien garder ma place de belle-maman et ne pas usurper celle de la maman, ces remarques me mettent mal à l’aise et me donnent l’impression d’empiéter sur son territoire. Malgré tout, je sais que j’ai vraiment une relation privilégiée avec Schtroumpfette.

Pour moi, c’est quoi être belle-mère ?

Crédits photo (Creative Commons) : nastya_gepp

Être belle-mère, c’est accepter un enfant qui n’est pas le sien. C’est se lever la nuit quand le papa n’entend pas l’enfant s’agiter mais avoir peur qu’elle me repousse car elle ne me reconnait pas. C’est le consoler quand elle est triste. C’est la soigner quand elle est malade.

Être belle-mère, c’est être toujours en retrait et laisser sa place à la maman. C’est accepter de prendre des coups de sa part sans riposter car on sait que c’est souvent la peine et la jalousie qui la font réagir ainsi. C’est avoir conscience qu’on ne sera jamais la maman.

Être belle-mère, c’est rassurer l’enfant sur ses sentiments, sur ses peurs. C’est oublier les siennes pour la protéger. Quand elle a eu 5 ans, Schtroumpfette m’a avoué presque en pleurs qu’elle m’aimait moins que sa maman. Je l’ai consolée et lui ai dit que c’était normal. Qu’elle n’avait pas à être triste de ça et qu’en fait elle n’était même pas obligée de m’aimer. C’est aussi accepter sa jalousie vis à vis de son papa. C’est parfois être jalouse de la relation qu’elle a avec son papa.

Être belle-mère, c’est être consciente que son chéri aura toujours un lien fort et indissoluble avec une autre femme. C’est être parfois avoir des discussions très vives avec M. Chéridamour sur l’attitude à avoir vis-à-vis de la maman. Il m’est arrivée de dire à mon chéri que son attitude envers elle n’était pas correcte, tout comme il m’est arrivé de lui indiquer quand c’était la maman qui dépassait les bornes. Je donne mon avis à M. Chéridamour mais je les laisse gérer leur histoire.

Être belle-mère, c’est gâter Schtroumpfette. C’est prévoir ce qu’on va faire avec elle. C’est préparer des activités qu’elle aime. C’est partager le goût de la lecture, discuter de livres qu’on a lus toutes les deux. C’est lui mettre des mangas entre les mains, sachant qu’elle va plonger dans un univers magique. C’est l’écouter quand je sens qu’elle a besoin de parler ou de se confier.

Être belle-mère, c’est regretter d’être parfois trop dure. C’est se demander si on fait bien les choses. C’est douter de moi, de mes actions. C’est avoir parfois envie que l’enfant ne soit pas là pour pouvoir être tranquille au calme et prendre du temps pour soi. C’est me demander si avec toutes mes failles j’arrive à être une belle-mère à la hauteur, et si je serai une bonne maman.

Être belle-mère, c’est partir en vacances avec l’enfant, lui faire découvrir de nouveaux pays et lieux. C’est l’ouvrir au monde, lui expliquer son fonctionnement. C’est ne pas contredire la maman mais offrir une vision différente pour que Schtroumpfette puisse d’elle-même construire la sienne et faire des choix conscients.

Être belle-mère pour moi c’est aimer l’enfant de l’homme de ma vie presque comme le mien. Et me dire que si je n’ai jamais d’enfant, j’ai quand même la chance extraordinaire d’avoir une belle-fille merveilleuse dans ma vie.

—–

Et toi, es-tu belle-maman ? Comment cela se passe-t-il ? Quels sentiments as-tu pour tes beaux-enfants ?


Guide accouchement


Tu en as marre de courir les magasins pour les fringues des enfants ? Et ce tous les mois, vu à la vitesse à laquelle ils grandissent ? Et je ne parle pas du petit qui hurle (que ce soit le tien ou celui d’une autre, grrr) parce qu’il ne veut pas essayer ce pull-là… Et si tu recevais directement chez toi de jolis looks (du 1 mois au 14 ans !) à essayer TRAN-QUILLE-MENT. Ça va ? Tu gardes et tu payes. Ça ne va pas ? Tu renvoies gratuitement. Bref, viens vite tester Little Cigogne !

Commentaires

24   Commentaires Laisser un commentaire ?

Maye

Je n’ai rien de particulier a dire, mais je voulais que tu sache que j’adore tes articles et que je te remercie de tes partages 🙂

le 31/01/2019 à 07h44 | Répondre

Ornella

Ton article me touche vraiment. Vous êtes un duo de super belle-mère/super belle-fille!

le 31/01/2019 à 08h28 | Répondre

Mme Espoir

On est surtout un duo qui fatigue M. Chéridamour quand on se met à se chipoter l’une l’autre !! On le fait tourner en bourrique le pauvre…

le 31/01/2019 à 21h59 | Répondre

Clémence (voir son site)

On sent très bien tout l’amour que tu as pour Schtroumpfette, c’est très émouvant !

le 31/01/2019 à 09h16 | Répondre

Mme Espoir

Je ne sais pas si c’est émouvant mais c’est vraiment ce que je ressens 🙂

le 31/01/2019 à 22h01 | Répondre

Madame Violette

Mon commentaire extérieur en mode pas belle-mère :
Si c’est extraordinaire ce que tu fais, quand je vois les beaux-parents autour de moi, la norme est « Les beaux-pères sont éloignés de leurs beaux-enfants, ils les acceptent parce qu’ils sont là mais sans plus » et « Les belles-mères sont infectes parce qu’elles ne supportent pas que leur homme ait pu faire un enfant à une autre ». C’est la norme autour de moi, peut être pas en général.
Donc si, je trouve ça beau car tu sais que cette enfant n’a rien demandé dans cette histoire et qu’elle mérite tout autant qu’une autre d’avoir une enfance et une vie heureuse.
Et c’est beau la complicité entre vous ! Tu as su prendre ta place et vous avez crée (car je pense que ce n’est pas que grâce à elle mais aussi grâce à toi) une très belle relation de ce que tu en dis.

Mon commentaire en mode belle-mère d’un enfant de 3 ans :
Comme toi, je ne comprends pas quand on me dit que la manière que j’ai de me comporter avec mon beau-fils est super. Même si ça n’a pas été toujours facile (oui, une nana a fait un enfant à MON homme !), je pars du principe que mon beau-fils mérite tout autant qu’un autre enfant d’être heureux et donc il n’a jamais vu les crises de larmes que sa garde a pu susciter, je me suis toujours comportée avec lui de la même manière que s’il était notre enfant. Je me suis aussi souvent levée la nuit parce qu’il chouinait/pleurait avec la boule au ventre qu’il me rejette, je suis allée le chercher à la crèche ou l’école avec la même boule au ventre, je l’emmène visiter des musées, lui faire faire des activités pour qu’il se sente bien, pense à lui quand il n’est pas avec nous (qu’est ce qu’on va faire ensemble, qu’est ce que je vais lui préparer à manger qu’il aime, etc), etc.
Pour l’anecdote, quand nous nous sommes mariés avec son Papa, ça ne m’a rien fait de spécial. Par contre, en allant coucher mon beau-fils le soir du mariage, je me suis dit que voilà, j’étais vraiment sa belle-mère et ça m’a fait plaisir.
C’est dur de se dire que si demain un malheur devait arriver, je ne serai plus rien pour lui et ne pourrai plus le voir grandir.
Merci pour ton témoignage ! C’est dur à lire parce que j’aurais pu écrire le même (sauf la différence d’âge humhum) et que j’ai encore du mal avec le fait que ce n’est pas mon enfant mais merci !

le 31/01/2019 à 09h39 | Répondre

Mme Espoir

Schtroumpfette a beaucoup de copines avec des parents séparés. Et effectivement, je trouve parfois les beaux-parents (pas que les belle-mères) durs avec elles. Peut-être parce que la rencontre s’est faite « tard » et que l’attachement est plus difficile. Schtroumpfette se rend donc compte que nous avons une jolie relation même si elle n’est pas dénuée de petits heurts.

Le jour où son papa et moi nous sommes mariés était un très beau jour : j’étais très fière de devenir sa belle-maman et elle était émue et heureuse au possible que j’épouse son papa !

Maintenant que Schtroumpfette est grande, j’ai moins cette peur de la séparation si les choses se passent mal car elle est assez grande pour vouloir garder le contact ou pas. J’espère que ce sera la même chose pour toi avec le temps.

le 31/01/2019 à 22h13 | Répondre

Doupiou

Il est vraiment chouette ton article ! Si c’est une chance que vous vous soyez trouvées toutes les deux !

le 31/01/2019 à 10h27 | Répondre

Mme Espoir

C’est une chance que j’ai rencontré son papa et elle par la même occasion… même si cette chipie le taquine en lui disant qu’il a encore le temps de fuir pour qu’ils soient enfin tranquilles tous les deux ensemble !

le 31/01/2019 à 22h17 | Répondre

maelisa

C’est une très belle déclaration d’amour à ta belle fille, cet article. Avec toute ta sincérité, tes doutes et tes certitudes. Je vous souhaite de conserver cette belle relation qui est ma vôtre ☺

le 31/01/2019 à 11h14 | Répondre

Mme Espoir

J’espère également ! J’avoue que je me pose beaucoup de questions avec son adolescence qui arrive à grands pas mais je pense que tous les parents voient la relation évoluer à ce moment-là, et ce n’est pas forcément négatif.

le 31/01/2019 à 22h18 | Répondre

Madame Bobette (voir son site)

C’est un si joli article plein d’amour <3
J'aime tes articles pour tout cet amour qui s'en dégage à chaque fois!
Continuer à être une jolie famille 🙂

le 31/01/2019 à 12h40 | Répondre

Madame Bobette (voir son site)

Continuez, c’est mieux 😉

le 31/01/2019 à 12h40 | Répondre

Mme Espoir

On va continuer le plus longtemps possible merci !

le 31/01/2019 à 22h19 | Répondre

Folie douce

Encore un très joli article, j’ai été surprise et émue que Schtroumpfette soit triste de ne pas t’aimer autant que sa maman. Je n’aurai pas pensé qu’un enfant puisse culpabiliser pour ça alors que ça paraît tellement normal! C’est super qu’elle se soit sentie libre de t’en parler, ça prouve que vous avez une vraie relation de confiance.
Par contre se lever la nuit, soigner l’enfant et ce genre de choses à mes yeux ce n’est pas le rôle d’un beau-parent mais d’un parent. C’est peut-être parceque je n’ai pas vécu ce cas de figure là mais je trouve ça bizarre (c’est subjectif bien sûr).

le 31/01/2019 à 15h00 | Répondre

Mme Espoir

En fait, je trouve également que se lever la nuit était le rôle de son papa mais j’ai le sommeil léger et pas lui. Donc quand elle pleurait, je le réveillais pour qu’il se lève. Sauf qu’il est arrivé qu’il soit malade ou fatigué ou vraiment trop profondément endormi ou encore qu’il considère que ce ne sont que des « petits » pleurs, et que je doive donc prendre le relais. C’est justement pour ça que j’avais peur qu’elle me repousse, parce que ce n’était pas habituel et donc qu’elle ne me reconnaisse pas dans son demi-sommeil.

le 31/01/2019 à 22h25 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

C’est tellement émouvant de te lire sur ce sujet. Vous avez une magnifique relation et j’espere qu’elle restera aussi belle et encore mieux avec le temps.

le 31/01/2019 à 20h02 | Répondre

Mme Espoir

Je vais en tout cas tout faire pour qu’elle continue à être aussi enrichissante pour elle et pour moi.

le 31/01/2019 à 22h26 | Répondre

Marion

Un très bel article. Je suis maman d’un grand garçon d’une premiere relation et maman d’une petite puce de ma 2nde relation. Tu replaces bien les difficultés, les craintes que peuvent rencontrer les beaux parents. Ça n’a pas toujours était facile au quotidien pour mon mari mais aujourd’hui après des crises de larmes, des engueulades mais aussi des fous rire et des moments inoubliables un certain équilibre s’est installé. Cet équilibre est d’autant plus fort que la relation entre les 2 enfants est puissante.
Merci pour ce message d’espoir aux familles recomposées.

le 31/01/2019 à 22h21 | Répondre

Mme Espoir

Ici les crises ont eu lieu avec la maman, jamais avec mon mari ou Schtroumpfette. On a trouvé notre équilibre assez naturellement. Mais je me dis que c’est une chance et que ça se passe plus souvent comme pour ton conjoint, pas mal mais plus difficilement.

le 01/02/2019 à 18h43 | Répondre

Elodie

Je suis également belle-mère de 2 (grandes) filles et je vis les choses comme toi.
Quand j’ai rencontré mon mari, je savais qu’il avait 2 filles d’une précédente relation, qu’elles seraient toujours sa priorité et qu’à tout moment, on pourrait les avoir H24 7/7 à la maison s’il arrivait quelque chose à leur maman. Une fois les bases posées, on choisit d’accepter ou non. Pour moi, je prenais un package: l’homme/papa et ses filles.
Ca s’est bien passé dès le départ, elles étaient un peu âgées que Schtroumpfette mais elles m’ont tout de suite acceptée et je me suis investie dès le départ dans cette relation que je n’avais jamais expérimentée. Maintenant, les filles sont ado mais notre relation n’a pas changée. On s’entend toujours très bien, on est toujours aussi proches je pense que quand les bases sont solides, ça roule.
Il faut que chacun trouve et aie sa place, accepter que notre homme formera toujours un couple parental avec la maman des enfants, mais c’est un magnifique rôle que nous avons là 😉 un enfant n’a jamais trop d’amour.

le 01/02/2019 à 01h31 | Répondre

Mme Espoir

Je pense qu’en effet accepter de suite que notre homme est papa, et qu’il y a une part de sa vie précédente qui sera toujours présente y fait beaucoup. Je suis rassurée quand tu dis que l’adolescence se passe bien et que votre relation est toujours aussi bonne.

le 01/02/2019 à 18h52 | Répondre

Workingmutti (voir son site)

C’est vraiment un beau témoignage, un texte qui pourra j’en suis sure inspirer et guider par mal de jeunes belle-mères qui passeront pas ici.

le 03/02/2019 à 09h23 | Répondre

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