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Être mère


Publié le 23 juillet 2018 par La Comtesse Bleue

Comme je te l’avais dit dans mon deuxième article, avant de rencontrer le comte bleu, je ne voulais pas d’enfant. Alors que je te raconte depuis maintenant plusieurs mois notre longue attente et la précieuse petite vie dont nous sommes désormais responsables.

Je ne voulais pas d’enfant parce que petite, j’étais convaincue que la maternité n’étais pas pour moi, oui tout à fait, à même pas 6 ans. Et puis j’ai grandi mais cette idée ne m’a pas quittée. Je voulais être indépendante, avoir une carrière professionnelle fulgurante, et je n’avais ni envie d’être responsable d’un petit être ni envie d’accoucher. C’est bien connu, l’accouchement n’est pas une partie de plaisir. Et toute mon attention s’est longtemps focalisée là-dessus (tu noteras qu’une fois enceinte de petit miracle, outre les appréhensions normales, je n’avais absolument pas peur de le mettre au monde, ni de la douleur). Je répétais donc à toute ma famille que je ne voulais pas d’enfant ou que si l’envie m’en prenait je me lancerais dans l’adoption. Et c’est drôle mais personne n’a jamais contesté mon choix. Personne n’a jamais essayé de me faire changer d’avis (et tant mieux, ça prouve que j’ai une famille géniale non ?). J’étais donc sûre de moi et je n’y pensais plus au moment où j’ai rencontré mon capitaine. A ce moment-là, j’étais plongée dans mes études et j’avais tout juste 20 ans. Puis j’ai rencontré les 5 frère et sœurs du comte. Puis j’ai imaginé ma vie avec lui. Je me suis vue âgée, à ses côtés. Je me suis demandée ce que nous allions construire et ce que j’aimerais avoir accompli au crépuscule de ma vie. Comme une évidence, je nous ai imaginés avec des enfants. Oui « des », même pas juste un, plusieurs. D’ailleurs très vite nous avons parlé de futur et le comte bleu m’a dit qu’il rêvait d’avoir au moins 3 enfants. Même pas peur ! Une chose avait changé, un point monumentale dans ma réflexion : ce n’étais pas juste des enfants, mais SES enfants.

Crédits photo : Janko Ferlic

Lorsque nous nous sommes mariés, durant notre préparation, nous avons évidemment abordé la question des enfants. Mais c’était encore conceptuel pour moi. Et comme je te l’ai raconté, lorsque nous avons enfin lancé l’aventure, les choses n’ont pas été aussi évidentes que prévu. J’avais passé les deux tiers de ma vie à ne pas vouloir d’enfant et soudain j’ai ressenti une tristesse infinie, indescriptible à l’idée de ne jamais être maman. C’est devenu viscéral, j’avais le sentiment que nous étions incomplets et que sans enfant, nous ne formions pas vraiment une famille. J’avais un besoin animal de transmettre quelque chose, pas seulement d’engendrer physiquement mais de laisser un héritage. Bref, je voulais un enfant et j’ai compris à ce moment-là que nos petits n’étaient pas un dû mais un don.

Et petit miracle s’est installé, alors qu’on m’avait dit que ce n’étais pas possible sans aide médicale, que je me sentais couler et que pour une fois dans ma vie je ne maîtrisais rien. J’ai mesuré immensément le cadeau que la nature ou Dieu me faisait, nous faisait. Je me suis surprise à craindre pour un petit être que je ne connaissais pas, à sourire bêtement à chaque coup de pied, à me priver de mes aliments préférés comme si ma propre vie en dépendait, à culpabiliser sans borne pour le moindre écart même s’il n’était pas de mon fait (coucou la visite professionnelle à côté d’un émetteur d’ondes 4 fois grand comme moi !). Je n’ai pas hésité à rester allonger scrupuleusement pendant 1 mois pour lui permettre de profiter au maximum de la couveuse naturelle que j’étais pour lui. J’ai compté les jours avec la conscience exacerbée que je faisais mon possible mais que la nature déciderait sans moi. J’ai adoré cette période où j’étais le centre de l’attention avec mon gros ventre et pourtant j’en ne pensais qu’à lui, c’était lui le point de mire de mon attention.

Et il est arrivé, une nuit, ou plutôt à l’aube d’un dimanche d’été et j’ai compris que je n’avais jamais su ce que l’amour signifiait. J’aime mes parents, j’aime mon mari, j’aime mes proches. J’ai une grande tendresse pour eux, je suis prête à beaucoup de choses mais s’il me fallait un jour me sacrifier pour eux, mon instinct de survie deviendrait sûrement un sacré obstacle. Alors que ce petit être, à peine posé dans mes bras a déclenché en moi un raz de marée, une sensation inconnue jusqu’à présent. Un amour sans limite, dont je n’avais jamais imaginé l’existence, un monde d’émotion complètement nouveau. Pour lui, je suis prête sans hésiter et sans mentir à donner ma vie.

Depuis que je suis sa mère je me suis affirmée, j’ose. Pas parce qu’il me donne une force particulière, enfin pas seulement, mais parce que pour lui je suis prête à oublier ma timidité, mes limites, mes craintes. Parce que je veux qu’il soit bien, qu’il soit en sécurité et que je me fiche pas mal de paraître ridicule ou d’être trop entreprenante. On est jamais « trop quelque chose » quand il s’agit de sa chaire.

Depuis que je suis sa mère, je me mesure chaque jour le miracle qu’il est et je ne cesse de me demander comment deux cellules ont pu arriver à ce mini-être humain qui voit, entend, apprends, comprends, évolue à une vitesse folle. Je m’émerveille de voir que ce petit bébé a l’air de comprendre déjà tant de chose et a déjà sa propre personnalité.

Depuis que je suis sa mère, les faits divers qui concernent les enfants me sont insupportables, et je peux pleurer devant un article témoignant du combat de certains parents.

Depuis que je suis sa mère, je regarde différemment la mienne, je la comprends mieux et je l’en aime plus.

Depuis que je suis sa mère, je suis incapable de prendre rationnellement les événements qui le concernent. Je passe mes journées à me demander ce qu’il ressent, s’il est malade je deviens folle, s’il me sourit mon cœur explose. J’en pleurerais parfois de ce trop-plein d’amour auquel je n’étais pas préparée. Une petite boule d’émotion se niche parfois sans prévenir au creux de la gorge rien que de penser à lui. Avec lui je ressens tout à la puissance mille, et je ne sais (presque) plus ce que je faisais de mes journées avant lui (et je ne comprends pas comment je peux avoir couru partout dix fois plus qu’avant et avoir l’impression de n’avoir rien fait le soir !). J’ai encore besoin de me concentrer pour ne pas me laisser happer par lui.

J’espère qu’un jour je me retournerais sur ma vie aux côtés du comte Bleu et que nous n’aurons même plus besoin d’étirer les lèvres pour faire apparaître ces petites rides au coin de nos yeux parce qu’à force de rire et de sourire du bonheur que petit Miracle représente (et qui sait, peut-être aussi ses frères et sœurs !) elles seront gravées définitivement sur nos visages.

Toi aussi tu as eu droit au tsunami d’émotion ? Tu étais déjà émotive avant ou la maternité t’a transformée ?

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Commentaires

17   Commentaires Laisser un commentaire ?

Mme Espoir

La première partie de ton article me parle tellement ! Moi non plus je ne voulais pas d’enfant et l’adoption me semblait naturelle. Mais en rencontrant M. Cheridamour il n’a pas fallu très longtemps pour que j’en veuille de lui. L’annonce de l’infertilité a été très compliquée et en quelques secondes je suis passée de « je ne suis toujours pas sûre de vouloir d’enfant » à ce besoin viscéral de porter la vie. Au moins, avoir vécu presque 30 ans sans m’imaginer maman m’a permis d’envisager assez sereinement une autre voie pour avoir un enfant. Et je ne doute pas qu’une fois dans nos vies je ressentirai pour lui cet amour magnifique dont tu parles !

le 23/07/2018 à 08h46 | Répondre

La Comtesse Bleue (voir son site)

Tu complètes parfaitement le début de l’article et mon ressenti : cette impression un peu étrange qu’un truc qui paraissait tellement peu important et dont on pensait se fichait devient tout à coup un regret alors que ce n’était même pas un rêve explicite !
En tout cas, je ne doute pas qu’on puisse ressentir le même amour pour un enfant adopté (et je te souhaite de tout coeur de pouvoir venir nous le confirmer dans un futur proche !). Ce qui me semble compter c’est la relation qu’on crée, cette impression d’être à la fois responsable d’un petit et capable de transmettre quelque chose qui dépasse le patrimoine génétique.

le 25/07/2018 à 11h19 | Répondre

Charlotte - Enfance Joyeuse (voir son site)

Une magnifique ode à l’amour ton article ! Ton récit est magnifique. Merci d’avoir partagé cela avec nous.

le 23/07/2018 à 10h33 | Répondre

La Comtesse Bleue (voir son site)

Merci pour ton gentil commentaire 🙂 En tout cas, il vient du fond du coeur

le 25/07/2018 à 11h24 | Répondre

Clette

Ton texte m’a beaucoup touché.
J’ai vu passer sur DMT un certain nombre d’articles sur le fait d’être mère, mais ils ne m’ont jamais parlé (car pour moi trop gnagnan ).
Mais le tien me plaît beaucoup !
Merci pour ce joli témoignage !

le 23/07/2018 à 10h45 | Répondre

La Comtesse Bleue (voir son site)

Merci, c’est gentil. C’est aussi ça qui est bien ici, sur DMT, on finit toujours par s’y retrouver grâce à la multitude des points de vue 🙂

le 25/07/2018 à 11h25 | Répondre

marilyne (voir son site)

Hello,
moi aussi j’ai ressenti ce tourbillon de sentiments et cet amour si puissant et incomparable que l’on ressent pour son enfant, parfois même avant de le connaitre. J’ai écrit un article à ce sujet également, racontant comment la maternité m’a chamboulée et m’a, entre autre, donnée l’envie de créer ce blog.
C’est vrai que j’aime profondément mes parents et mon mari, je pensais que c’était déjà très fort mais là, c’est un amour infini !

le 23/07/2018 à 12h00 | Répondre

La Comtesse Bleue (voir son site)

Je vais aller voir ton article de ce pas !
J’ai détesté les « tu comprendras quand vous serez parents » avant d’être maman mais je ne peux malheureusement que confirmer, la forme d’amour que je ressens pour petit Miracle m’était totalement inconnu jusqu’à sa naissance (ou du moins jusqu’à son installation sous mon nombril).

le 25/07/2018 à 11h29 | Répondre

Caro - Wondermumbreizh (voir son site)

J’ai fait le yoyo entre le fait de devenir ou non maman. et puis ca s’est imposé a moi. Aujourd’hui je vis une grossesse plus qu’ydillique et même si je sais que ce ne sera pas tous les jours faciles j’ai qu’une hate c’est de le rencontrer pour ressentir ce que tu décris

le 23/07/2018 à 12h09 | Répondre

La Comtesse Bleue (voir son site)

Ne t’inquiète pas, même s’il y a forcément des moments de saturation, c’est une aventure unique. Et puis les hormones chamboulent beaucoup de choses, je te souhaite de ressentir tout ça (à la naissance ou progressivement après, il n’y a pas de règle !)

le 25/07/2018 à 11h32 | Répondre

Mlle Mora

J’adhère totalement… Moi non plus, je ne voulais pas spécifiquement d’enfants… et maintenant je n’imagine pas ma vie sans elles…
Je suis devenue hyper émotive aussi concernant les histoires de parents/ d’enfants…

le 23/07/2018 à 13h27 | Répondre

La Comtesse Bleue (voir son site)

C’est exactement ça. Quand rien ne fonctionnait et que j’apercevais la possibilité que nous ne soyons jamais parents, j’avais de véritables moments d’angoisse… Pour ce qui est des histoires parents/enfants, moi qui ne suis pas du style à pleurer (sauf cas rares et graves), je me retrouve avec au mieux une boule dans la gorge, au pire de vraies larmes juste à cause d’un fait divers… Hier un couple de connaissance a dit adieu à leur bébé de 3 mois, je les connais peu mais ça m’a hanté toute la journée et je crois qu’il me faudra longtemps pour ne plus avoir une pensée pour eux…

le 25/07/2018 à 11h40 | Répondre

WorkingMutti (voir son site)

Clairement la maternité m’a transformée. Je m’impose beaucoup plus lorsqu’il s’agit d’eux ou de moi en tant que maman. Clairement je n’imaginais pas qu’avoir des enfants apportait tant d’amour et de joie au quotidien.

Et je suis profondément triste de ne pas avoir de 4e enfant parce que mon corps a décidé qu’il ne pouvait plus.

Ce que je savais pas c’est que ce changement allait se faire dans la douleur. Qu’être mère pour moi n’a pas été une évidence, que j’ai du apprendre un peu plus les semaines passant.

le 25/07/2018 à 11h13 | Répondre

La Comtesse Bleue (voir son site)

Je suis désolée que ça ait été si dur pour toi. On a toujours une idée de la maman qu’on pense qu’on sera puis il y a la personnalité du bébé qui interfère et notre propre personnalité… Je pensais m’épanouir à être à la maison et le regarder grandir mais je ne suis pas cette maman-là… Je crois qu’on s’ajuste toutes au fil du temps, entre nos rêves, nos principes et la réalité du terrain. Mais du coup, si tu as 3 enfants et que tu en aurais voulu un 4°, j’imagine que tu sais ça mieux que moi et que tu as trouvé un bon équilibre 😉

le 25/07/2018 à 11h44 | Répondre

nadège

Oh comme ton histoire me parle… moi c’est à même pas 15 ans, encore collégienne qu’on m’a dit que je n’aurai pas d’enfant naturellement. Le temps a passé et j’ai construit ma vie, pro surtout. Puis j’ai rencontré Namoureux et on a parlé d’enfants… et miracle 6 mois après p’tit Lu était dans mon ventre! Moi qui ai toujours vécu en me disant que ça ne serait pas pour moi quelle belle surprise! J’ai eu en bonus un 9ème mois et un accouchement de rêve! Et aujourd’hui quand je vois p’tit Lu et ses 4 mois d’aventure, quelle fierté, quel amour… à résumer en ces quelques mots: je suis maman (et que seules les mamans comprennent vraiment tant ils sont simples et compliqués à la fois)

le 31/07/2018 à 08h16 | Répondre

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