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Après mon avortement, la fausse-couche d’une grossesse désirée


Publié le 25 juin 2015 par Chacha d'avril

Me revoilà, presque un an après mon dernier article qui parlait de mon avortement lorsque j’avais 19 ans.

Il s’en est passé, des choses, depuis !! À la fin de mon article, je t’expliquais que suite à cet avortement, et malgré une envie de fonder une famille avec mon mari parfait (si, je te jure, je suis objective !), je n’arrivais pas à envisager une grossesse.

Je voulais un enfant, mais je ne voulais pas être enceinte. J’ai mis du temps à le vouloir. Et j’y suis arrivée !! En grande partie grâce à ma cousine, sœur de cœur et témoin de mariage. Le vrai tour de magie, c’est qu’elle m’a convaincue sans s’en rendre compte.

Après mon mariage en avril (d’où je tire mon pseudo), nous sommes allés chez elle plusieurs fois en quelques mois pour des petits séjours bien sympas. Ma cousine a six ans de plus que moi, elle est mariée et a deux enfants géniaux.

Passer autant de temps avec eux, jouer avec eux, parler avec ma cousine, tout cela a agi sur moi comme une thérapie. En plus, j’ai pu voir mon mari jouer avec les enfants et même aider la petite dernière à se débarrasser de sa phobie de l’eau, avec patience et en jouant. Le voir si heureux me remplissait de fierté et d’amour.

Au final, après ces quelques jours chez ma cousine, le désir de grossesse a commencé à vraiment pointer le bout de son nez. Je voulais vraiment un enfant : rire, câliner, écouter ce petit être qui serait à la fois le mien et le sien. Je voulais voir mon mari heureux comme je l’avais vu dans la piscine avec ma petite cousine.

Je voulais tellement tout ça que trois mois après, j’étais enceinte ! Comme quoi, un blocage psychologique peut durer des années et se dénouer très rapidement.

Au retour de nos vacances, fin août, je fais un test de grossesse à cause d’un tout petit retard, sous l’insistance de mon homme. Un petit plus apparaît !! Je n’en reviens pas, j’ai du mal à réaliser. Lui est fou de joie et me prend dans ses bras.

Ça tombe bien, j’ai mon rendez vous annuel chez le gynécologue deux jours plus tard !

Le jour du rendez vous, je lui annonce que je suis enceinte. Il me félicite gentiment, m’examine et me donne l’ordonnance pour la prise de sang à effectuer dans les jours qui suivent.

On annonce la grande nouvelle à ma cousine, et on décide de l’annoncer aux parents de l’homme. On a voulu leur annoncer dès les premiers jours, car sa maman se bat contre une méchante bête, qui s’est installée dans son sein depuis quelques mois… Elle le vit très mal, physiquement et moralement. Lui annoncer qu’elle va être grand-mère nous semble la meilleure solution pour lui remonter le moral. Il ne faut donc pas attendre plus longtemps !

Les futurs grands-parents n’en reviennent pas, Beau-Papa reprend même un second apéritif. On passe une super soirée.

Bon, tu as vu le titre de mon article, tu te doutes bien que la félicité n’a pas duré…

Petite étoile

Crédits photo (creative commons) : Jason Rogers

Trois jours plus tard, au réveil, je vais faire pipi et j’aperçois deux petites gouttes de sang au fond de ma culotte… Mon mari n’est pas du tout rassuré, mais j’arrive à le faire partir au travail en lui promettant d’appeler le gynéco dès que son cabinet ouvrira, quelques heures plus tard.

J’appelle et je tombe sur la secrétaire. Je lui explique pourquoi j’appelle. Je pensais qu’elle allait me dire de surveiller le fond de ma culotte pendant quelques jours, mais elle me prend un rendez vous avec le gynéco dans une heure. Je rappelle mon mari pour lui expliquer, il lâche tout son boulot et arrive à la maison en trente minutes.

Moi, dans tout ça, je ne vois pas trop pourquoi le gynéco veut me voir (naïve que je suis !), je me dis que c’est juste l’implantation de l’embryon qui a provoqué ces deux gouttes de sang.

Le gynéco nous reçoit, me demande de décrire la perte de sang et m’envoie faire une échographie d’urgence au rez-de-chaussée. L’attente pour l’écho est quand même assez longue, on attend plus d’une heure et on ne sait pas quoi se dire pour se rassurer….

Enfin c’est mon tour. L’échographiste cherche l’embryon et me dit qu’il ne voit rien… Il nous explique qu’il y a trois possibilités : soit la grossesse est extra-utérine (mais vu que je ne souffre pas, c’est peu probable), soit l’embryon est encore trop petit pour être visible (mais vu le terme de la grossesse, c’est peu probable), soit…

C’est une fausse-couche. Ça y est, le mot est lâché. C’est le premier à le prononcer depuis ce matin. Je me retrouve face à la réalité et j’ai l’impression de prendre un train en pleine figure.

On retourne en salle d’attente le temps que l’échographie soit imprimée, pour ensuite retourner voir le gynéco. J’ai les larmes aux yeux, mais je garde espoir, peut-être que le gynéco aura un autre avis ? Je suis tellement sous le choc que je ne pense pas un seul instant à mon mari, qui lui aussi a peur.

Le gynéco nous reçoit à nouveau, regarde l’échographie et au bout de quelques secondes qui me semblent interminables, il nous annonce que c’est bien une fausse-couche. Il n’y a pas d’autre explication. Il nous explique que plus de 20% des grossesses finissent en fausse-couche durant le premier mois, que c’est triste mais pas exceptionnel. Je fonds en larmes, pas pour moi, pas pour mon mari, mais pour ma belle-mère. Comment lui annoncer ça sans l’anéantir ?

Nous rentrons chez nous, complètement effondrés. Je n’arrive pas à parler, mon mari m’amène sous une douche brûlante, sous laquelle je reste immobile en pleurant durant de longues minutes.

Tu sais ce qui est le pire, dans tout ça ? Ce jour-là, c’était mon anniversaire, le jour de mes 25 ans. Et j’ai reçu des sms tout au long de la journée me souhaitant d’être heureuse et, cruauté du destin, de passer « une super journée »…

J’ai mis du temps à m’en remettre. Déjà parce que j’ai saigné durant un mois, mais aussi parce qu’une fausse-couche, même si tôt dans la grossesse, reste un véritable traumatisme.

Je ne sais pas combien d’après-midi j’ai passé à pleurer en boule sur le canapé, durant les mois qui ont suivi. Je me rappelle avoir même fait une espèce de crise d’hystérie où je pleurais, criais en disant que mon avortement aurait peut-être aussi débouché sur une fausse-couche, que je n’aurais jamais d’enfant, que je ne ferais que des fausses-couches… Je regrette d’avoir fait subir ça à mon mari, qui a été absolument parfait : c’était mon roc auquel je m’accrochais.

Aujourd’hui, plusieurs mois après, tout va bien : une petite grenouille s’est installée dans mon ventre depuis quatre mois. Mais ça, ça fera l’objet d’un autre article !

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Commentaires

14   Commentaires Laisser un commentaire ?

Die Franzoesin (voir son site)

Ouf ton article finit bien !! En le lisant j’avais les larmes aux yeux… Je comprends très bien le traumatisme que peut être une fausse couche. Mais je suis heureuse de savoir que, finalement, tu seras bientôt maman. Et j’ai hâte de lire la suite !

le 25/06/2015 à 09h33 | Répondre

Chacha d'avril

Merci, mais je ne veux faire pleurer personne moi !! Juste faire comprendre qu’une fausse couche, quelque soit le terme est toujours très difficile à vivre. La suite est déjà écrite et devrait être publiée assez rapidement (mais je ne sais pas quand)

le 25/06/2015 à 11h38 | Répondre

Madame D

Je suis aussi heureuse de la fin de ton article.
C’est bien triste tout ça … Comment a reagis ta belle mere ? Elle va mieux ?
Félicitation pour ta grossesse !

le 25/06/2015 à 11h31 | Répondre

Chacha d'avril

Merci !!
Ma belle-mère l’a plutôt bien pris finalement. Aujourd’hui elle va mieux, même si ce n’est toujours pas fini. Mais la perspective de devenir grand mère l’aide beaucoup (elle ne le dis pas mais je pense que la garde robe de bébé est déjà bien fournie grâce à elle!!)

le 25/06/2015 à 11h41 | Répondre

Flora

Je me réjouis beaucoup de la chute de ton histoire aussi, félicitations! Je commençais à avoir peur que ça n’ait fini d’achever ton désir de grossesse. Je sais à quel point vivre une fausse couche peut être traumatisant et je n’imagines même pas ce que ça doit être dans ton cas avec les avec un passé douloureux. vivement la suite 😉

le 25/06/2015 à 13h25 | Répondre

Chacha d'avril

Merci !
Non, heureusement ça n’a pas altéré mon désir de grossesse, ça l’a même renforcé.

le 25/06/2015 à 14h13 | Répondre

Bertille (voir son site)

Pas facile, j' »imagine » car je n’ai jamais vécu de fausse-couche (on a tout de même eu notre lot d’autres galères…)
Mais je vois qu’une heureuse nouvelle est arrivée, félicitations.
Je crois que pour une femme, dès le test de grossesse positif, tout se met en route dans la tête : tout ça fait son petit bonhomme de chemin et on se projette ! Alors oui, je pense qu’une fausse-couche même très tôt, doit être bien difficile à vivre.

le 25/06/2015 à 13h26 | Répondre

Chacha d'avril

Oui, tu as raison. Je n’avais même pas imaginé que je puisse faire une fausse couche, « ça n’arrive qu’aux autres ». Ce « bébé » avait déjà une identité et une existence pour moi.

le 25/06/2015 à 14h15 | Répondre

Sophie

Ton article m’a beaucoup émue et m’a rappelée mes 2 fausses couches, très tôt dans la grossesse mais dure à encaisser quand on commence les essais bebe et qu’on ne pense subir ca. Ici aussi j’ai eu un mari en or qui a su si bien me soutenir. Depuis trois princesses sont venus nous combler !

le 25/06/2015 à 19h17 | Répondre

Chacha d'avril

Merci.
Les hommes sont nos héros dans ces moments là! Je te souhaite beaucoup de bonheur avec ta petite famille.

le 29/06/2015 à 10h29 | Répondre

promenonsnouschezptitloup (voir son site)

ouf, contente de lire la dernière phrase !!!
je comprends ce que tu ressens puisque j’ai vécu aussi une fc et c’est devenu tellement banal pour le corps médical qu’ils n’écoutent pas le désarroi au final du couple qui s’est déjà projeté dans cette maternité…
belle journée

le 26/06/2015 à 11h05 | Répondre

Chacha d'avril

Oui c’est vrai, l’échographe n’a pas du tout été empathique et nous a annoncé ça avec froideur. J’essaie de me dire qu’ils côtoient tellement de tristesse qu’ils se protègent en restant distants et que ce n’est pas méchant vis à vis des patients.

le 29/06/2015 à 10h31 | Répondre

Nessendyl

C’est un témoignage très poignant que tu nous offres. Il m’a beaucoup touché.
Je n’ai pas vécu de fausse couche, je n’ai jamais été enceinte, mais je m’y essaie depuis presque un an maintenant.
Je n’ose imaginer ce qu’on ressent lorsque ça nous arrive, perdre ce petit bout auquel on croyait déjà.

Je te souhaite que ta nouvelle grossesse se passe extrêmement bien et que vous soyez très heureux, ton homme et toi, avec cette petite grenouille! 🙂

le 26/06/2015 à 11h52 | Répondre

Chacha d'avril

Merci beaucoup !
Malheureusement c’est difficile et assez tabou. On parle d’une fausse couche comme d’un simple malaise et non comme un traumatisme.
Je te souhaite de réussir très rapidement dans tes essais bébé !

le 29/06/2015 à 10h33 | Répondre

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