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Et maintenant, elle dit « non » !


Publié le 28 mars 2016 par Mlle Mora

Il est 17h10. Le cœur léger, je vais chercher ma puce à la crèche, me réjouissant d’avance de nos retrouvailles. C’est vrai que c’est toujours super agréable de la voir tout lâcher et courir vers moi en s’exclamant « Maman ! », un des seuls mots qu’elle sait dire du haut de ses 23 mois.

Retour de la crèche : Bébé 1 – Maman 0

Mais ce soir, la demoiselle n’est pas d’humeur. Après m’avoir accueillie avec joie, elle retourne à ses occupations. Hors de question que Maman décide que c’est maintenant qu’on s’en va. Je souris, sereine, et je discute avec la dame de la crèche, afin de savoir comment s’est passée la journée. Tout va bien : bien mangé, bien joué, fait caca… bref, les éléments essentiels de la journée d’un tout-petit.

« Bon, on y va ? » « Naaaaooonn ! » s’exclame la petite fille. Parce que soudainement, avec sa couette, son allure assurée et son regard mutin, je m’aperçois que mon bébé est une petite fille. Et qu’elle a décidé que non, on n’y allait pas. Après lui avoir couru après (honte, quand tu nous tiens), je finis par lui promettre qu’elle aura une biscotte à la maison (comme je sais qu’elle a toujours faim en rentrant de la crèche – oui, je sais, je justifie ce chantage douteux), et là, comme par magie, elle me suit.

Je ne suis pas au bout de mes peines. Il nous faut prendre le bus pour rentrer. Avant, on rentrait à vélo, mais depuis deux mois, la pluie et la nuit ont eu raison de moi : je préfère sécuriser le parcours en prenant le bus. Et prendre le bus avec une petite fille de 23 mois qui vient de passer une journée exaltante à la crèche, j’aime autant te dire que ça relève du combat. Je prépare mes nerfs et mes armes mentales. Le trajet dure quinze minutes, mais j’ai toujours l’impression que nous sommes dans ce bus pendant une heure !!

Au début, ça va, elle monte dans le bus, fait sa timide, m’agrippe pour ne pas tomber. Elle séduit tout le monde avec son air d’ange. Immanquablement, quelqu’un me propose sa place pour que je m’assoie avec la petite princesse. Sage comme une image, elle s’installe sur le siège et me regarde avec joie. Ouf, elle a l’air de bien aimer. Je lui montre le paysage (oui, bon, je lui montre les bâtiments…), et quand il y a un autre enfant dans le bus, ça la tient émerveillée et stupéfaite pendant dix minutes.

Mais parfois, il n’y a rien qui l’intéresse plus que de se mettre debout sur le siège et de sauter, en criant – ou pas, ça dépend de son humeur. Honte, quand tu nous tiens. Les cinq dernières minutes sont alors un combat entre elle et moi pour la maintenir à sa place, alors qu’elle se tortille comme un poisson hors de l’eau pour m’échapper. J’ai beau lui répéter de rester calme, qu’on arrive bientôt, etc., rien n’y fait, elle veut faire la folle dans le bus.

En règle générale, quand notre arrêt arrive, elle redevient la mignonne petite fille que j’ai engendrée, elle me donne la main et nous marchons jusqu’à la maison – ou alors elle réclame à être portée, car le chemin est un peu long pour ses gambettes (pourtant, dans le bus, elle avait de l’énergie !).

Phase d'opposition

Crédits photo (creative commons) : Nathan

Le début de la phase d’opposition

Voilà comment j’ai compris que ma fille entrait dans sa phase d’opposition. Outre le bus, elle commence à nous dire « non » pour tout et n’importe quoi  :

  • « Remets tes chaussettes, le carrelage, c’est froid. » Bam, elle se barre en courant pieds nus.
  • « Arrête de sauter sur le canapé. » Bam, elle prend son élan et saute de plus belle.
  • « Reste debout pour te déshabiller. » La voilà qui s’allonge par terre, comme si elle était un bébé, pour qu’on la déshabille allongée.
  • « On sort du bain ? » « Non. »
  • « Tu vas au dodo ? » « Non. »
  • « Installe-toi dans le siège auto, on y va. » « Non. » (Et elle va se mettre à la place du conducteur…)

Les seules fois où elle dit « oui », c’est pour mettre ses chaussures et son manteau (parce qu’elle adore sortir) et quand on lui propose un truc sympa à manger.

Avec mon mari, on espère juste que ça ne va pas empirer. Mais rien n’est moins sûr.

Quand on est enceinte, on pense à comment on va s’occuper de notre bébé : les biberons ou l’allaitement, la toilette, le sommeil, les jeux… On lit des tas de trucs pour se préparer à l’arrivée du bébé. Mais on oublie (en tout cas, moi, je l’avais zappée !) la phase : « Bébé grandit et ne fait pas forcément tout ce qu’on lui dit ».

Ma puce était un bébé vraiment facile : elle a fait ses nuits à 2 mois, elle mangeait bien, était globalement calme. La voir évoluer, ça nous intrigue, ça nous perturbe, ça nous agace parfois, ça nous émeut. Elle ne parle pas encore, mais on voit doucement sa personnalité se dessiner. Et doucement, on perçoit aussi ce que c’est vraiment que d’être parent.

Il y a tous ces moments d’amour où elle vient nous câliner, ces moments marrants où on joue avec elle, et il y a aussi ces moments où il nous faut lui donner des limites. Ce n’est pas facile, parce qu’on n’a jamais envie de gronder son enfant. Mais on sait qu’il le faut aussi, pour son bien à elle. Pour qu’elle puisse évoluer en société sans être en difficulté. C’est tout de même dur de se dire que les limites que nous lui imposons (ou pas) maintenant auront des répercussions sur sa vie future.

J’ai personnellement été trop bridée petite : trop d’interdits, trop de politesse à respecter. Ça a fait de moi quelqu’un qui a toujours peur du regard des autres et qui n’ose pas faire certaines choses. Je me soigne, mais je ne veux pas transmettre ça à ma fille. Je voudrais qu’elle se sente à l’aise, qu’elle ait confiance en elle.

Il me faut donc sans cesse jongler entre mon envie de la cadrer et de la rendre plus « sage » et celle de lui permettre de s’épanouir en osant faire ce qui lui plaît. Elle n’a que 23 mois, mais je sens que certaines choses se jouent maintenant. Je découvre chaque jour une nouvelle facette de mon rôle de maman. C’est passionnant, mais c’est aussi beaucoup de pression, finalement.

Et toi ? Comment est arrivée la phase d’opposition dans ta vie ? Comment l’as-tu accueillie ? As-tu des conseils pour qu’elle se passe mieux ? Viens nous dire !

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Commentaires

15   Commentaires Laisser un commentaire ?

Ars Maëlle

Bonjour et merci pour ton article
Juste un petit lien http://www.oveo.org/si-jaurais-su-je-serais-ne-en-suede/ vers un film sur l’éducation en Suède (en particulier sur le refus des châtiments corporels mais pas que), qui m’a fait comprendre que laisser un petit enfant être lui même (un peu agité, opposant parfois, souvent bruyant) n’en faisait pas un adulte dysfonctionnel : apparemment les Suédois ne s’offusquent pas d’un enfant qui bouge dans le bus ou crie à la caisse du supermarché, et je ne crois pas qu’ils aient la réputation d’être des gens irrespectueux à l’âge adulte… individuellement et collectivement, ça fait réfléchir

le 28/03/2016 à 09h07 | Répondre

Cacy

Je n’ai pas vu le film mais j’habite en Suède. Et je sais déjà que le jour où j’aurais des enfants, je n’appliquerai pas la méthode d’éducation suédoise car les enfants ici sont vraiment mal élevés. Et non, on les vois rarement faire des colères dans les lieux publiques car les adultes leur cèdent sur tout pour ne pas les frustrer ou détruire leur imagination. Tu ne veux pas manger autre chose que des pommes de terre, c’est ton choix. Tu veux courir partout, jouer au foot dans la bibliothèque, pas de problème. Tu veux que je t’achète un nouveau jouet, bien sûr.
Mais le problème c’est qu’ils appliquent la même technique sur des questions de sécurité plus importantes pour moi. Mettre une jupe en plein hiver, ok; courir sur le parking du supermarché, pas de problème les automobilistes seront prudents; mettre les doigts dans les prises ou jouer avec le four allumé, pas de problème, normalement il y a des sécurités enfants !

Les enfants sont incapables de sortir en société (d’ailleurs on ne les voit jamais au restaurant et rarement dans des musées qui ne sont pas entièrement dédiés aux enfants), ils ne savent pas attendre, écouter ou être polis. Et je trouve que ca ressemble beaucoup à un désengagement parental. Eduquer c’est plus fatigant que laisser faire.

Mais c’est vrai qu’à partir de l’adolescence, pour une raison que j’ignore, ca s’arrange bien. Et à partir de 12-14 ans, les suédois sont capables d’interagir en société et leur crise d’adolescence semble moins forte. Peut-être parce qu’ils ont déjá tout testé avant.

Il faut se méfier des soit disant modèles parfaits. Il n’y a pas de méthode parfaite pour éduquer un enfant.

le 28/03/2016 à 16h27 | Répondre

Mlle Mora

C’est bien là toute la complexité de l’éducation de nos enfants. Arriver à les laisser être eux-mêmes tout en leur apportant le cadre nécessaire à la vie en société. Sans aller jusqu’à la façon de faire suédoise, ce serait déjà bien qu’en France on ne se sente pas agressé du regard quand notre enfant n’est pas parfaitement sage comme une image ! 🙂

le 28/03/2016 à 17h36 | Répondre

Miss Pop

Je reconnais tout à fait mon petit garçon de 22 mois dans ton article!! Il dit non pour quasiment tout, et hurle à se jeter par terre quand vraiment il est trop frustré. C’est épuisant car ces épisodes de colères peuvent arriver + de 3 fois par jour…
Et c’est tellement difficile de rester calme et de ne pas s’énerver soi même… Mais bon, il parait que c’est une étape normale de son évolution. On le met souvent au coin (dans notre chambre, porte fermée) quand il nous agace trop. ça marche assez bien, il ressort calmé. Allez, courage!!

le 28/03/2016 à 11h37 | Répondre

Mlle Mora

Oui, tu as bien raison, le plus dur c’est d’arriver à rester calme et ne pas s’énerver car en général ça empire la situation.
Maintenant qu’elle a passé ses 2 ans, elle est beaucoup plus posée et cool ! Enfin, j’imagine que c’est qu’une phase : on en profite avant que ça reprenne !

le 28/03/2016 à 17h38 | Répondre

Claudia

Je me souvient que pour chacun de mes trois enfants, il a fallu utiliser une contrainte physique ferme (mais sans violence bien sûr) pour les attacher dans le siège auto, à peu près à l’age de la tienne. Une fois passée l’étape, ils n’ont plus jamais posé de problème à ce sujet, alors que pour leurs copains, même à 10 ans, s’attacher en voiture n’était pas forcément une évidence.

le 28/03/2016 à 14h01 | Répondre

Mlle Mora

Ah oui la mienne aussi pendant une période c’était la guerre pour la mettre dans le siege auto, maintenant elle a compris que c’était comme ça et pas autrement, alors ça va mieux. Y a vraiment des choses sur lesquelles on ne peut pas céder, tu as raison ! C’est fou que tes 3 enfants aient eu la même réaction face au siège auto !

le 28/03/2016 à 17h40 | Répondre

Nelya

Bonjour à toutes , j ai droit au même comportement avec ma fille sauf qu elle a 16mois! et cela a commencé bien avant un peu apres ses 1an! comme quoi chaque enfant a bel et bien sa propre évolution . C est vrai que c est penible parfois mais il faut tenir bon ne pas deccrocher sur les nerfs . Je lui donne des fessées et la regarde dans les yeux pour lui expliquer les choses comme une grande car je sais qu elle comprend meme si c est pas automatique comme nous les adultes mais à force de repeter je me dis qu elle comprendra au fur et à mesure que c est pas bien de faire ceci cela… dur dur l’ education mais ce qui est bien c est deja de commencer d en donner personnellement je me dis que j aimerai pas etre à la place de la maman avec qui son enfant se jette et se roule par terre dans le supermarché car il reclame un jouet donc vaut mieux s y prendre le plus tot à mon avis pour mieux souffler ensuite .

le 28/03/2016 à 19h29 | Répondre

Mlle Mora

Oui chaque enfant est différent, et puis ce sont des phases, ça ne dure pas toute la vie comme ça heureusement !

le 29/03/2016 à 13h38 | Répondre

Hermy

Pour l’instant , on a pas le « non » mais par contre on a les crises de frustration et d’opposition s’il n’a pas ce qu’il veut. En général il s’étale par terre et pleure. Du coup je le laisse pleurer et en général 30s plus tard il a oublié et revient me voir en souriant. Par contre on a de la chance en société ou dans la rue, il est toujours super sage.

le 29/03/2016 à 11h13 | Répondre

Mlle Mora

Ah oui s’allonger par terre et pleurer, elle le fait aussi depuis quelques temps, mais pareil, jamais en public heureusement…
Elle s’est quand même bien calmée, ce matin dans le bus elle était carrément adorable, et du coup tout le monde te regarde avec envie !! 🙂

le 29/03/2016 à 13h28 | Répondre

Madame D

haaaaa !!! Non mais on a la même !!!!!!!! A part que nous pas de bus puisque c’est la voiture.

le 29/03/2016 à 12h06 | Répondre

Mlle Mora

Hihi on en est toutes au même point jcrois ! 😉

le 29/03/2016 à 13h27 | Répondre

Louna

Ahah ! J’adore ton article, Mlle Mora ! Je m’y retrouve telllllllllllement 🙂

Par contre, moi j’ai noté plusieurs étapes dans l’installation de cette phase d’opposition :
– très jeune, vers 14-15 mois, ChérieChou a eu une phase où il lui était très difficile de gérer les frustrations. Toutes les situations compliquées (exemple type : le retour de la crèche !) pouvaient potentiellement mener à une crise plus ou moins longue, mais qui se calmait systématiquement lorsque je la serrais fort dans mes bras. Je n’ai jamais pu me résoudre à la laisser seule avec ce trop plein d’émotions et à m’en détourner dans ces moments difficiles.
– maintenant, vers 20 mois, elle commence à vraiment tester les limites et à pleurer par caprice en réclamant une chose « interdite » (exemple type : pleurer pour avoir sa tétine, alors que la règle à la maison a toujours été tétine dans le lit uniquement). Je vois bien que c’est différent de ses crises précédentes, et là, ça m’arrive de la laisser se calmer seule.

Enfin bref, tout ça pour dire, merci Mlle Mora de nous avoir fait partagé tes déboires : ça fait tellement du bien de voir qu’on vit toutes ces situations galères à un moment ou un autre, et que c’est juste NORMAL ! 😉

le 31/03/2016 à 11h28 | Répondre

Mlle Mora

Oh oui on se sent moins seule quand on sait que pour les autres c’est pareil !!!
La difficulté, effectivement à un moment donné c’est d’arriver à capter si c’est un caprice ou si c’est vraiment une incapacité à gérer le trop plein d’émotion… Comme toi, j’ai appris à détecter les deux, et effectivement quand c’est un trop plein pour elle, un gros câlin suffit à la calmer. Quand c’est un caprice, étrangement quand je lui dis non à plusieurs reprises, elle finit par se calmer toute seule : la limite a été posée…

le 31/03/2016 à 12h15 | Répondre

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