Vivre en famille : le bonheur, le bazar... et tout le reste !

La découverte de l’haptonomie, ou comment établir une relation avec ton bébé


Publié le 17 juillet 2014 par Madame Louli

L’une des premières choses que j’ai fait à la rentrée de janvier, c’est d’appeler la sage femme et haptothérapeute de la maternité dans laquelle je suis suivie. Il n’y en a qu’une seule. Et l’haptonomie étant le mode de préparation à l’accouchement assez à la mode, je ne veux pas que ça me passe sous le nez !

J’ai eu mon premier rendez-vous presque en même temps que mon échographie du 3e mois. Et à vrai dire, c’est un peu tôt.

La sage-femme nous accueille dans son cabinet, décoré et équipé de plein de matériels comme une gym ball, des peluches à tout va, et bien évidemment un lit. La première séance est basée sur le dialogue et la communication. Bref, nous faisons connaissance. C’est important qu’une relation de confiance s’installe.

Elle m’explique que je suis sa première patiente qu’elle voit aussi tôt dans le parcours de la grossesse. Elle s’intéresse à mon engouement de pratiquer l’haptonomie (pour tout te dire, j’en ai beaucoup entendu parler durant ma formation d’auxiliaire de puériculture), et nous explique ce que c’est et comment ça va se passer.

Globalement, l’haptonomie est la science des interactions et des relations affectives humaines. Elle permet d’entrer en contact par le toucher pour guérir, rendre entier, confirmer. Ainsi, l’haptonomie peut être appliquée en accompagnement pré/per/post-natal, en psychothérapie, ou encore dans les soins médicaux et paramédicaux.

Tu as peut-être simplement entendu que l’haptonomie permet d’entrer en communication avec le bébé par le toucher. En effet, mais pas que ! C’est bien plus profond que cela.

Lors de la deuxième séance, un mois plus tard, nous sommes entrés dans le vif du sujet. A ce moment-là, je ne sens pas encore le bébé bouger. De plus, j’ai quelques petits soucis de transit, ce qui m’empêche de capter les sensations pendant la séance.

Je suis un peu frustrée parce que finalement, ma sage-femme sent le bébé bouger avant moi. Et effectivement, lorsqu’elle pose ses mains sur mon ventre pour la première fois, elle me dit qu’il est bien là, ce bébé. Ouf, me voilà rassurée, il y a bien quelqu’un là dedans. Elle nous explique donc comment ça marche. Elle guide beaucoup mon mari pour l’aider à ressentir le bébé.

photo de grossesse toucher le ventre

Crédits photo (creative commons) : ljlphotography

Comment se déroule une séance

Avant de pouvoir établir un lien avec ton mari et le bébé, tu dois d’abord prendre conscience de tout ce qui t’entoure (la pièce, le mobilier, les bruits, les personnes), afin de te sentir en sécurité et être détendue. Ton état de bien-être se répercute alors sur le bébé. Tu peux y parvenir très facilement grâce à une petite séance de relaxation.

Ensuite, il faut absolument établir un lien profond, grâce au regard, avec ton mari, qui pose une main légère sur ton ventre. Une relation en triangle se forme : toi, ton mari, et le bébé.

C’est le moment d’établir la communication avec le bébé, de le considérer comme un être à part entière, toujours en gardant le lien avec ton mari.

La séance se termine lorsque ton mari le décide, mais il est primordial de laisser le bébé sur un côté, pour éviter de le laisser seul en plein milieu dans un grand espace. Bah oui, imagine toi, seule, au centre d’une immense parc, c’est source de stress, non ?! Et d’effectuer un petit rituel, comme pour lui dire au revoir. Par exemple : une carresse, toujours la même. Personnellement, avec mon mari, nous terminons toujours la séance par une séance de massage du ventre avec une huile anti-vergetures. Autant joindre l’utile à l’agréable.

Après cette séance, je suis toute émoustillée et je n’ai qu’une hâte : enfin sentir notre bébé bouger. Le lendemain, mes soucis de transit étant atténués, nous nous mettons en conditions. Et il suffit de quelques secondes pour que le bébé nous dise bonjour. Cette sensation et cette émotion est indescriptible ! Nous sommes tous les 3, les yeux dans les yeux avec mon mari, et le bébé qui s’agite. Rien que d’y repenser, ça m’émeut encore beaucoup. Je suis alors à 16 semaines d’aménorrhée, et nous captons enfin le petit être qui grandit en moi. Je me sens enfin « habitée ».

Selon les pratiques haptonomiques, il peut y avoir quelques différences. En ce qui me concerne, c’est le papa qui est dans la relation tactile (c’est à dire que c’est toujours lui qui pose les mains sur mon ventre) et moi qui suis plus dans un ressenti psychologique. Ainsi nous sentons tous les deux notre enfant bouger, mon mari de l’extérieur et moi de l’intérieur. Bien entendu cela ne m’empêche pas de toucher mon ventre en dehors des séances d’haptonomie. Mais une chose est certaine, je ne ressens pas du tout les mêmes sensations que mon mari.

L’interêt de l’haptonomie est l’assiduité afin que chaque jour ton bébé puisse se sentir en sécurité, puisse se sentir intégré à notre famille. Ça le prépare également à l’arrivée sur terre. Il parait que les bébé-hapto sont des petits êtres calmes et très observateurs du monde que les entoure. Je te dirai ça dans quelques mois !

Ainsi, chaque soir, avec mon mari, nous pratiquons notre petite séance. Ça ne dure pas très longtemps. Cinq minutes peut-être. Mais cinq minutes précieuses, durant lesquelles le bébé est avec nous, nous sommes tous les trois dans une relation fusionnelle, apaisante et sécurisante pour tout le monde.

Nous avons à peu près une séance par mois. Les trois premières séances sont bien axées sur une séance telle que je l’ai décrite plus haut. Les suivantes sont axées sur la relaxation, sur l’effort expulsif, sur la douleur, mais toujours en rapport avec l’haptonomie. La sage-femme me montre également des exercices, avec l’aide de mon mari, pour soulager mes douleurs lombaires. Le papa a ainsi un rôle important tout au long de la préparation parce qu’il reçoit beaucoup d’astuces afin de me soulager que ce soit à la maison ou lorsque le moment d’accoucher viendra. Il est donc autant acteur que moi, et ne se limitera pas à me tenir la main ou les cheveux en m’encourageant.

Il y a aussi des séances post natales, permettant au bébé de libérer les tensions vécues lors de l’effort expulsif, que j’ai hâte de découvrir et de te faire partager. Mais il va falloir être patiente.

Tu connais l’haptonomie ? Raconte moi ton vécu ! Quelle préparation à l’accouchement as-tu choisie ? Est-ce que ton conjoint a envie d’être impliqué dans les cours de préparation à l’accouchement ? Raconte !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !


Guide accouchement

Commentaires

11   Commentaires Laisser un commentaire ?

MadameGeek

Beaucoup d’émotions dans ton récit 🙂

Au début de ma grossesse aussi je voulais tenter l’haptonomie, et en me renseignant sur le sujet, j’ai eu la chance de découvrir que nous avions déjà une belle communication établie naturellement avec BébéGeek qui vient nous faire des « câlins » quand nous posons nos mains sur mon ventre. Donc pas besoin d’haptonomie par ici, du moins pas pour BébéGeek 1.0. On tentera peut être pour 2.0 ? O:)

le 17/07/2014 à 12h11 | Répondre

Madame Louli

C’est super si votre bébé est très communicatif.

Ce que j’ai surtout voulu expliquer c’est que l’haptonomie ne se résume pas à communiquer. C’est un peu une méthode de vivre sa grossesse, depuis la conception en passant par la naissance et à la vie du bébé dès la naissance.
Mais je vous raconterai en temps voulu mon accouchement hapto et les premiers jours du bébé hapto. J’ai hâte de vivre tout ça. Plus que 7 semaines de patience au plus !

le 17/07/2014 à 14h28 | Répondre

Marina

L’hapto, sujet douloureux pour moi… Pour mon deuxième j’ai voulu essayer ; ma SF libérale était formée à la technique. Mon chéri n’était pas spécialement motivé mais voulait me faire plaisir. Au début d’une séance (2 fois par mois je crois) la SF « appelait » le bébé et laissait la place au papa. Ces fois là çà marchait très bien, bébé venait se placer sous sa main. On devait le faire chaque soir, comme tu l’expliques. Et là çà s’est gâté : çà a très très vite saoulé mon chéri et on a tenu une semaine. Après il n’a plus voulu le faire, donc on s’en tenait aux séances avec la SF. Bilan : aucun intérêt si le papa n’est pas motivé. Il n’a pas voulu me faire de la peine, il savait que je voulais tenter, mais j’aurais dû me rendre compte que çà ne pouvait pas marcher : chéri n’a jamais été intéressé par mon ventre rond, genre parler au bébé, le sentir bouger, çà ne l’attirait pas du tout. pour lui la grossesse est strictement une affaire de femme (heureusement qu’il n’avait pas la même idée de l’accouchement !). J’ai beaucoup culpabilisé, j’ai le sentiment d’avoir perdu une préparation à l’accouchement, d’avoir perdu mon temps, on n’a rien appris sur les techniques hapto pour faciliter le travail (la SF nous a expliqué mais on était déjà découragés puisque l’hapto se résumait aux séances avec elle) et chéri a détesté.
Je pense encore que c’est une technique formidable et qu’il faut tomber sur la bonne personne et être convaincu de ses bienfaits. Peut-être que ma sage-femme nous a très mal suivi en fait. Quand tu parles de  » méthode de vivre sa grossesse, depuis la conception en passant par la naissance et à la vie du bébé dès la naissance » je ne retrouve pas du tout cette notion dans ce qu’elle nous a montré. J’ai l’impression que c’était plus pour elle « le truc à la mode » qu’il fallait avoir sur sa carte de visite…

le 17/07/2014 à 21h53 | Répondre

madame louli

Mince je suis désolée que tu n’aies pas pu profiter de cette préparation à l’accouchement.
Mais effectivement, il faut que le couple soit motivé et intéressé. Si ton homme n’a pas accroché, tu n’y es pour rien. Tu sais que tu pourras t’orienter vers une autre prepa la prochaine fois.
Ton témoignage fait ressortir beaucoup de peine et j’en suis navrée.

le 17/07/2014 à 22h01 | Répondre

Marina

Il ne faut pas te sentir navrée 😉 l’essentiel c’est que des parents y trouvent leur épanouissement, mais ce n’était pas pour tout. Je ne crois pas qu’il y ait de « prochaine fois » malheureusement, mais çà fera sans doute l’objet d’un article prochainement… 😉

le 18/07/2014 à 00h13 | Répondre

Marina

Je voulais dire « ce n’était pas pour NOUS »

le 18/07/2014 à 00h14 | Répondre

issa

Cet article est passionnant, merci. Je ne sais pas encore si on va opter pour cette technique, il faut qu’on y réfléchisse. On est assez tentés, mais d’un autre côté on a aussi tendance à se dire que si bébé est dans sa bulle c’est aussi pour rester « tranquille » sans qu’on ne vienne trop le déranger. Bref, faut que ça murisse dans nos têtes 🙂
J’ai 2 petites questions à te poser!
Quand tu dis qu’à la fin de la séance, « il est primordial de laisser le bébé sur un côté » : concrètement ça veut dire quoi? Le guider avec ses mains vers le côté du ventre? J’ai du mal à visualiser! 🙂
Ensuite, je comprends dans cet article que l’haptonomie est un formidable moment d’échange à 3. Penses-tu qu’une maman célibataire pourrait aussi y trouver un intérêt?
Merci beaucoup de tes réponses!

le 21/07/2014 à 14h37 | Répondre

madame louli

Pour répondre à ta première question, tu as très bien visualiser.
Pour répondre à ta 2e question:
Je t’avoue que je me la suis posée également. Faut il obligatoirement être 3 pour créer la relation familiale ?
Je dirai que oui parce que le papa a sa part de responsabilité au moment de l’accouchement hapto. Une mère célibataire ne pourrait pas être aidée comme le ferait un papa (même si elle sera aidée et soutenue par l’équipe médicale et/ou un proche)
C’est pour ça que je redis et insiste sur le fait que l’hapto ne se résume pas à communiquer avec le bébé.
Ça, tout le monde le fait naturellement je pense.
J’espère avoir répondu à tes questions 🙂

le 21/07/2014 à 14h48 | Répondre

issa

Merci beaucoup pour tes réponses! Ça m’a bien éclairé!

le 21/07/2014 à 15h12 | Répondre

Fabien (voir son site)

Hello,
Nous avons aussi choisi l’haptonomie mais pour nous, cela n’a pas vraiment aidé pour l’accouchement. Il s’agit plus d’une communication avec le bébé à notre sens.

le 01/04/2015 à 11h41 | Répondre

madame louli

Bonjour Fabien,

Je suis d’accord, parfois, selon la difficulté de l’accouchement, le papa ne peut pas aider. Je m’explique.
Nous avions appris plusieurs positions hapto dans le cadre d’un accouchement sans péridurale. Dans ce cas là, le papa est un vrai soutien. Malheureusement, pour ma part, l’accouchement étant très long et fastidieux, la péri ayant hyper bien fonctionné, j’étais condamnée à rester allongée sur le lit d’hôpital. J’aurai tellement voulu pouvoir faire du ballon, appuyée sur mon mari, lui m’entourant avec les mains sur mon ventre en indiquant la direction au bébé vers la sortie. Elle est là la nuance.
J’espère que vous avez apprécié autant que nous cette préparation.

le 01/04/2015 à 12h00 | Répondre

SI TU SOUHAITES RÉAGIR C'EST PAR ICI !

As-tu lu notre Charte des commentaires avant de publier le tien ?