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Harcèlement scolaire : mes années de calvaire


Publié le 11 février 2015 par Madame Médicis

Quand j’étais à l’école, j’étais la tête de turc de service.

Aujourd’hui, on parle pudiquement de « harcèlement scolaire ». Je dis pudiquement, parce que le harcèlement renvoie à la violence psychologique mais pas à la violence physique.

Oui, on m’a frappée. Plusieurs fois. Pendant longtemps. Les brimades, les insultes, les coups ont duré 5 ans. Du CP au CM2.

Beaucoup d’événements m’ont marquée pour le reste de ma vie. Celui qui suit en particulier.

Un jour de CM1, des camarades de classe et des CM2 se sont réunis autour de moi. Ils étaient une trentaine, moi, j’étais seule. Cela faisait déjà 4 ans qu’ils m’en faisaient baver.
Les moqueries pleuvent d’abord. J’encaisse, encore. Et puis j’explose, je n’y tiens plus. J’assène un coup de pied dans l’entrejambe d’un camarade masculin qui se trouve en face de moi. GROSSE ERREUR.

Je me souviens très bien de la terreur mais aussi du sentiment d’injustice qui m’ont envahie quand ils se sont mis à me frapper.

Des jours aussi violents, il y en eu d’autres, beaucoup d’autres, mais ce qui était réellement quotidien, c’était les insultes. Quand ils m’ignoraient, j’étais ravie. Je passais seulement les 30 minutes de récréation assise, seule, dans un coin, en priant pour qu’ils ne s’ennuient pas. Quand ils étaient d’humeur querelleuse, ils venait me chercher.

petite fille yeux fermés

Crédits photo (creative commons) : Anthony Kelly

Au début, je me défendais, enfin il me semble que je me défendais, à vrai dire je ne m’en souviens pas. C’est comme si ça avait toujours été comme ça.

Je me cachais pour ne pas aller à l’école. J’étais très sensible. À la moindre remarque plus haute que l’autre, je pouvais fondre en larmes ou me mettre dans une colère noire, jeter des verres à travers la cuisine, claquer les portes et courir me réfugier dans ma chambre. J’étais plus mûre que les enfants de mon âge avant que tout ça ne commence, mais j’étais encore innocente. Les moqueries et les coups ont eu raison de ma candeur.

Pour fuir cette pénible routine, je me créais mon monde. Ma vie imaginaire, elle, elle était douce.

Je ne veux pas faire de généralité, mais il me semble que dans ce genre d’histoire, il y a toujours un leader, qui est souvent une fille…

Mon ennemie, à qui je n’avais rien à reprocher jusqu’alors, s’appelait Cassandre (son prénom a été modifié). Parce que j’étais différente (en tout cas j’aime à le croire, ça rend cette histoire plus supportableà, elle ne m’aimait pas et prenait un malin plaisir à me faire souffrir.

Elle était une incroyable manipulatrice. Le peu de personnes qui osait sympathiser avec moi se trouvait vite victime de chantage : soit elles étaient avec elle et ses sbires, soit elles étaient avec moi et partageaient mon calvaire. C’est ainsi que l’amitié la plus marquante de mes années de primaire a connu autant de variations qu’il y a de jours impairs dans le calendrier.

Tout le monde aimait Cassandre. À croire qu’elle était tellement douée que ses airs de chipie étaient invisibles aux yeux des autres.

Combien de fois n’ai-je pas entendu : « La pauvre, ses parents ont divorcé, il faut être gentil avec elle, ce n’est pas facile pour elle. », « Il faut se mettre à sa place, elle est malheureuse. »… Et moi, j’enrageais au début, je désespérais ensuite, je dépérissais enfin. A 8 ans, je voulais mourir, oui, à 8 ans.

Cette situation ne s’est pas arrêtée aux portes du collège.

Quand il a fallu choisir la langue que l’on voulait étudier en 6ème, j’ai renoncé à l’apprentissage de la langue de Goethe afin d’être sûre de ne pas être dans sa classe. En arrivant au collège, j’espérais au plus profond de moi que ce changement d’établissement marquerait la fin de mon calvaire, mais je me trompais. Cassandre était toxique, et ça n’allait pas en s’arrangeant avec l’âge.

En effet, alors que je faisais la queue à la cantine avec mes copines (ouiii j’en avais ENFIN), j’entends : « C’est elle qui a embêté Cassandre en Primaire ». A mon encontre, un « salope » fuse. J’ai mal. Des inconnus m’insultent, maintenant.

Un soir, en descendant du bus scolaire, des anciens camarades de primaire, des sbires de Cassandre, me jettent le contenu d’une bouteille de Fanta. De l’intérieur du bus, ils me crachent dessus. Une dizaine d’autres élèves assistent à la scène. Mes cheveux sont comme coagulés, je suis mouillée, collante, et une fois de plus, humiliée. Le bus s’éloigne, eux ils rient, ils rient à gorge déployée. Je ne sais pas comment j’ai fait pour rentrer chez moi, mais j’y suis parvenue.

C’est mon père qui m’a ouvert. Pour la première fois depuis que mon calvaire a débuté, mon père est confronté à ce que je subi. Je bredouille péniblement des explications sur mon état. Il est effaré. Il ira finalement voir les parents de ces charmants garçons pour mettre les points sur les i.

Au fil des 4 années de collège ça s’est tassé, mais d’autres problèmes sont apparus. J’y reviendrai.

Et les adultes dans tout ça ?

Quand je parle de mon expérience, j’aime à dire que les maîtresses ont pour habitude de séparer les garçons quand ils se disputent, mais que dans les autres cas, elles ne font rien. Je ne dis pas que ça a toujours été comme ça, que ça l’est toujours, mais pour moi, ça s’est passé ainsi.

De manière générale, mes parents étaient assez démunis face à ma situation. Mon père a travaillé toutes ces années en 3/8. Il n’était que très peu présent, donc. Ma mère n’a pas tout de suite compris l’ampleur du problème.

Quand j’étais en CM2, elle est allée parler à mon institutrice. Cette chère dame a expliqué à ma mère que j’étais à l’origine de l’animosité que ressentaient mes camarades à mon égard. Alors en plus de faire comme si elles ne voyaient pas, elle estimait que je n’avais que ce que je méritais.

Ma mère a songé à me changer d’école, mais suite à divers événements, elle a renoncé. Plusieurs années plus tard, elle m’a confié regretter ne pas être allée au bout de son idée.

La semaine prochaine, je te parlerais des effets que ce harcèlement a eu sur moi ensuite…

Et toi, tu as été victime de harcèlement scolaire ? Viens en discuter…

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Commentaires

18   Commentaires Laisser un commentaire ?

Mademoiselle Fleur

Je suis effarée de lire ton récit, et en même temps certaines parties font écho à mes années scolaires.
Je n’ai jamais subis de brimades physiques, par contre des insultes et des moqueries, suffisamment pour en garder nombre de séquelles psychologiques. Mes parents n’en ont jamais rien sû. Je me rappelle que cela s’est un peu tassé au lycée, et que j’ai été étonnée d’avoir pu si facilement me faire des amis à la fac !
Je suis désolée de tout ce que tu as dû subir, à 8 ans on ne devrait pas souhaiter mourir.

le 11/02/2015 à 08h32 | Répondre

Madame Médicis

Merci Mademoiselle Fleur pour ton gentil message.

Les coups répétés ont un impact psychologique important, d’autant qu’ils sont toujours accompagnés d’insultes ou de moqueries.
Cependant, les violences physiques ont le mérite de paraître à tout le monde comme injustifiables et puisqu’elles sont plus visibles, cela peut permettre une prise de conscience plus rapide.

Les violences psychologiques sont plus sournoises surtout pour la petite victime. C’est vraiment difficile de se rendre compte que quelque chose ne va pas, surtout à l’âge où l’on se construit. Vraiment, il ne faut pas minimiser l’impact de cette forme de harcèlement.

Sur la question des parents, il est primordial qu’ils soient sensibiliser pour pouvoir être attentifs aux changements de comportement de leur enfant.

le 11/02/2015 à 11h15 | Répondre

Margot

ça me donne envie de vomir toute cette violence. J’ai subi moi-même et chaque fois que je le sujet tombe, même si je me réjouis, mon estomac se retourne quand même un peu.
Néanmoins je te remercie de cet article car tu sensibilises à travers tous les parents et profs qui le liront
Car comme tu le dis les parents mettent longtemps à se rendre compte, à faire la part des choses entre ça et de simples disputes, et les profs aussi.
Et je te félicite chaudement d’être aussi franche, ça n’a pas dû être facile!

le 11/02/2015 à 08h59 | Répondre

Madame Médicis

Merci Margot. Effectivement ça n’a pas été facile. Comme toi, à chaque fois que ce sujet arrive sur la table, je me sens toute bizarre. Je suis toujours partagée entre « il faut en parler pour que ça n’arrive pas à d’autres » et « mais taisez vous ! 1. Vous ne savez pas de quoi vous parlez et 2. Qu’est-ce que ça me rappelle de mauvais souvenirs ! ».
Pour tout dire, cette chronique date d’octobre. Je l’ai écrite d’une seule traite et ça m’a tellement retourné que plus moyen de m’y remettre. C’est un coup de boost extérieur qui m’a aidé à m’y replonger.

Ton commentaire montre à quel point c’est un mal plus répandu qu’il n’y parait et qu’il est fondamental d’en parler.

le 11/02/2015 à 11h27 | Répondre

Margot

Personnellement j’ai fini par en parler à une psy à l’âge adulte. Je me suis mise à pleurer immédiatement, ce qui montre bien que la trace émotionnelle des traumatismes reste vive, vivante, au plus profond des adultes ( ça vaut pour tous les traumatismes).
Pour guérir ces traumatismes, nous avons fait de l’EMDR avec ma psy (Servan-Schreiber a contribué à la populariser en France), après quelques séances de mise en place.
En lui re-narrant ensuite un événement en particulier, même s’il ne me faisait pas plaisir, je suis restée beaucoup plus calme. L’adulte avait repris la main sur l’enfant en moi.
Une piste donc…

le 11/02/2015 à 12h48 | Répondre

Melimelanie

Quel horreur ton récit! Dire que tu as été victime de violence physique et qu’on a osé dire que c’était ta faute!
On en revient toujours à des discours type : « elle a été violée mais c’est sa faute vous avez vu comment elle s’habille ». Là tu as eu le droit à « oui elle a été tabassée mais bon elle l’a cherchée. Elle ne s’intègre pas ».A croire qu’on est incapable de voir la souffrance des victimes. Qu’on rejette notre incapacité à protéger ceux qui en ont besoin en reportant la faute sur eux.

En arriver à souhaiter mourir à 8 ans parce que les adultes n’ont pas su nous protéger c’est inconcevable pour moi. J’ai aussi été un peu le souffre douleur quand j’étais petite (mais dans une moindre mesure par rapport à toi) et j’ai toujours une peur c’est que mes futurs enfants vivent la même chose. L’innocence d’un enfant est quelque chose qu’on doit essayer de préserver le plus longtemps!

Pour ce qui s’est passé au collège j’ai toujours eu tendance à penser que les collégiens étaient les pires niveau méchanceté. Je n’ai pas aimé mes années collèges j’ai eu hâte d’en finir. J’espère que dans la suite tu nous raconteras que ça s’est tassé même si j’ai bien peur que non vu mon expérience personnel. Pour ma part le pire que j’ai vécu s’est passé après mon bac. Seule fille dans ma classe préparatoire j’ai vécu l’enfer. Mais « Vous comprenez mademoiselle vous vous habillez trop comme une fille. Vous ne vous fondez pas dans la masse donc c’est un peu votre faute cette situation »

le 11/02/2015 à 09h07 | Répondre

Madame Médicis

C’est tout à fait ça : on met la faute sur la victime car c’est plus simple de la responsabiliser que de prendre ses propres responsabilités. Malheureusement, les gens sont très souvent lâches. On s’attendrait à plus de jugeote de la part d’adultes et, a fortiori, de personnes proches des enfants ou des plus éduqués mais il n’en est rien.

Je ne sais pas si les collégiens sont les pires mais il est vrai qu’à cet âge-là, l’effet de groupe est encore plus important : les autres ont l’air cool, ils se marrent bien alors ça ne peut qu’être innoncent, ok aller je fais comme eux parce que moi aussi je veux être cool.
Alors que chez les plus petits le mimétisme me semble naturel; ils le font pour apprendre, chez les ados il me semble social; ils le font pour s’intégrer.

La dépression et le suicide chez les enfants sont des thèmes complètement taboux alors qu’ils renvoient à une réalité. Là aussi il est nécessaire d’en parler.

le 11/02/2015 à 11h49 | Répondre

sarah

Comme je te comprends… sauf que moi c’est au collège que tout à commencé. Pas de violence physique, mais des mots, et le rejet par tous… mes parents étaient au courant car je revenais en pleurs tous les soirs et le dimanche soir des crises de larmes et d’angoisse… mes profs étaient au courant, le directeur était au courant, mais forcément mes agresseurs étaient bien assez malin pour m’humilier quand il n’y avait aucun témoin… j’ai vécu des moments très noirs et j’ai gardé de nombreuses ‘sequelles’ de ces années notamment sur le plan social ou j’ai du mal a me faire des amis et à me confier, même si mon entrée dans la vie active m’a permie de reprendre confiance en moi car ce qui était sujet de railleries à l’école (mes bonnes notes) est maintenant reconnue au niveau pro.

le 11/02/2015 à 09h40 | Répondre

Madame Médicis

On m’a dit une fois que les enfants étaient souvent méchants envers les personnes qu’ils jalousaient. Visiblement, c’est exactement ce qui t’est arrivé. Pour ma part, j’ai arrêté de chercher. Aujourd’hui, j’ai des amis, un mari, un parcours scolaire réussi alors, non le problème ne venait pas de moi !
Voir ce qui t’a tant coûté, être valorisé, doit être une véritable victoire !

le 11/02/2015 à 12h03 | Répondre

sarah

oui c’est ce qui m’a permi de garder ‘espoir’ toutes ces années en me répétant qu’un jour j’aurais ma ‘revanche’, et oui aujourd’hui j’en suis fière même si j’aurais préférée réussir sans avoir subit ces misères. Nous sommes tous des victimes, pour plein de raisons différentes souvent très puériles (il/elle a un bouton sur le visage, un sac a dos pas moderne, des cheveux plus beaux que les miens…) et si on demande à ces jeunes la raison je suis persuadé qu’ils n’auront pas de réponses… j’espère sincèrement que les profs changeront leurs methodes et je pense que des cours de ‘respect des différences’ devrait avoir lieu (école et famille)

le 11/02/2015 à 12h22 | Répondre

Urbanie

Le mot « calvaire » est parfaitement approprié pour décrire ce que tu as vécu…

On commence enfin à parler du harcèlement scolaire, comme si, d’un coup d’un seul, on se rendait compte qu’il existe. La vérité, c’est que les réseaux sociaux ont rendu visible un phénomène qui était auparavant cantonné à la cour de récré. Donc difficile d’ignorer les faits ou de passer pour la victime quand tu inondes le wall de quelqu’un d’insultes.

Sur les mécanismes du harcèlement, c’est malheureusement un classique: le « vrai » harceleur (par opposition au harceleur qui suit le groupe), celui à l’origine du harcèlement, a souvent tellement assimilé la violence comme forme de langage que pour lui, ou elle, il est « normal » de se comporter comme il le fait. Et toujours dans cette perspective, c’est forcément de la faute de la victime.

Sur le « elle n’est pas méchante », « elle souffre la pauvre, « sois compréhensive », je ne compte plus le nombre de fois où je l’ai entendu (pas plus tard qu’au travail, il y’a encore deux ans – parce que oui, le harcèlement ne s’arrête pas à la cour de récré. La bonne nouvelle, c’est que j’ai pour ma part appris à tenir les harceleurs à distance et à leur répondre. Maigre consolation!).

Je pense que cela vient de plusieurs choses, dont la principale: le harcelé soude la groupe contre lui, mais il soude le groupe. Le harcèlement est un mécanisme social, pas simplement un problème entre deux personnes. Beaucoup de professeurs préfèrent ainsi fermer les yeux sur ce qui se passe, pour avoir la paix et l’illusion que la classe « va bien » (et tant pis si UN élève souffre). ce qui entraine du coup comme soupçon que, si la classe « va bien », sauf l’élève, ben… c’est un peu de la faute de l’élève, non? Et donc on vient te voir pour te demander à TOI de faire des efforts. Ce qui légitimise le comportement des harceleurs en face, puisque même le professeur (ou le manager, des années plus tard, soupçonne le harcelé d’être l’origine du problème).

Et que dire des professeurs qui contribuent ou harcèlent aussi les élèves… ça, ça reste un vrai tabou!

J’ai remarqué aussi que les harceleurs, en plus d’être de grands manipulateurs, ont aussi une réelle difficulté à comprendre leurs actes. J’ai souvent vu nombres d’entre eux venir ensuite voir leurs amis ou proches en catimini pour demander « mais je suis pas méchante, hein? ». La violence a tellement été enracinée dans leur comportement qu’ils ne font plus la différence entre leur colère et leurs actions. Souvent d’ailleurs, les harceleurs ont été victimes de violence (psychologique, physique) ou harcelés dans le passé, ce n’est pas un hasard, ils reproduisent les mécanismes qu’ils ont appris et intégrés.

Je suis ravie qu’on s’intéresse enfin au problème, qui est réel, mais je crains pour tout avouer qu’il ne s’agisse que d’un effet de mode… espérons cependant que les mesures de prévention permettront de porter leurs fruits.

le 11/02/2015 à 10h03 | Répondre

Madame Médicis

Sur la question des réseaux sociaux je me demande si ce n’est pas pire. Les gens sont cachés derrière leur écran de ce fait ils se sentent protégés et se « lâchent » plus facilement. En tout cas je me demande comment ça se serait passé s’ils avaient existé à l’époque.

Tu as très bien résumé.
Le fait qu’on nous demande, à nous les victimes, de faire des efforts vient ajouter à la souffrance. Cette réaction plus que déplacée est, en elle-même une violence. Les gens ne se rendent pas compte. Ca rajoute à l’humiliation et finalement, ces personnes prennent part au harcèlement.

Pour la question du harcèlement émanant des enseignants, ma directrice m’avait dans le nez aussi (sûrement parce que « j’étais la cause » de certains de ses soucis) et je peux dire que les réflexions qu’elle a pu formuler à mon égard sont restées gravées dans ma mémoire. C’est vrai que je n’aurais jamais pensé à appeler ça comme ça mais ce n’était pas le plus marquant au cours de toutes ces années donc je ne dirais pas que j’étais victime de harcèlement de la part d’un enseignant. Pour moi je suis plutôt tombée sur une « mauvaise » personne. En tout état de cause, tu as bien raison d’en parler parce que ça semble tellement injuste, contre nature, etc. qu’on n’a dû mal à croire que ça puisse exister.

Sur la question de l’effet de mode, je ne sais pas trop quoi en penser.
Pour ma part, comme je l’ai dit plus haut, mon article est publié maintenant parce qu’on a su me motiver pour le terminer.
De manière plus générale, je dirais, que même si c’est une visibilité temporaire et partielle, c’est une visibilité quand même, et que par conséquent, c’est mieux que rien.
Mais en tout cas cette mise en lumière est efficace. Les gens ont l’air moins interdits quand j’évoque cette partie de ma vie et ont, un peu moins (il ne faut pas rêver non plus) des réactions déplacées. Par exemple, on me demande de moins en moins « mais tu es sure que tu n’avais rien fait, même inconsciemment, pour les énerver ? ». J’ai envie de dire que quant bien même il y eut quelque chose, est-ce que cela justifiait le déchainement de haine ?!

le 11/02/2015 à 15h07 | Répondre

Madame Nounours

Ah ben, c’est chaud ce que tu as vécu durant ton enfance. C’est vrai que les enfants sont parfois horribles entre eux et peuvent être pires que certains adultes. Quand je lis ton récit je me dit que j’ai eu beaucoup de chance de n’avoir pas été trop embêter par mes camarades d’école même si j’ai eu droit à des moqueries en rapport avec mon poids mais pour ma part, cela m’a permis de me forger un caractère et d’être celle que je suis aujourd’hui. Ma mère m’a toujours dit, que les personnes méchantes (enfants ou adultes) payent tôt ou tard et que la roue tourne, et j’ai pu le constater en voyant ce que certaines personnes méprisantes qui m’ont fait du mal. Je sais, c’est mesquin, mais ne dit on pas que la vengeance est un plat qui se mange froid?. Peut-être que tes anciens camarades d’école qui t’ont fait tant souffrir auront peut-être des enfants qui seront victimes d’harcèlement, même si je ne le souhaite à personne. Enfin, bref, je ne comprends pas que certains enfants peuvent être si cruels envers leurs camarades.

le 11/02/2015 à 10h10 | Répondre

Maud R.

Cet article fait écho à ma propre expérience même si, en ce qui me concerne, je n’ai eu à subir « que » des humiliations et aucune violence physique. J’ai été malmenée du cm2 à la 4e. Ce qui correspond à notre emménagement dans un tout petit village où tous les enfants se connaissaient depuis leur naissance. J’ai été le vilain petit canard, je ne parlais pas comme eux, ne m’habillait pas comme eux… bref ils ont pris plaisir à me « ré éduquer ». Je me réfugiais avec les petits de maternelle pendant les récrés, notamment avec ma petite soeur. Ce qui ne plaisait pas aux maîtresses donc elles ont vite demandé à mes parents de me faire cesser cette manie. Puis au collège je me suis malheureusement retrouvée avec le même petit groupe. En 5e, changement de groupe mais je suis toujours le souffre douleur. ils aiment se moquer, humilier, je ne réponds pas assez vite à leurs brimades car je ne comprends pas cette façon de s’amuser donc je m’en prends plein la tronche. Jusqu’en 3e où, grâce à l’ouverture d’un nouveau collège je vais enfin être tranquille. C’est d’ailleurs la meilleure année scolaire que j’ai passé. Je me trouve principalement avec des garçons. Alors que mes bourreaux ont pour moi aussi été souvent des filles. J’étais une fille insouciante, gentille et mon caractère à été complétement changé. encore aujourd’hui, à 27 ans, je manque cruellement de confiance en moi même si la rencontre de mon mari m’a beaucoup aidé, je n’arrive pas à profiter de la vie comme je l’aimerais. Je n’ose pas, j’ai peur du regard des autres. Depuis 3 ans je n’arrive pas à me décider à changer de boulot alors que je m’ennuie et que mon moral en pâtit. je n’aime pas les enfants, peut être que ce sentiment vient de mon enfance. mais je n’aime pas les adultes non plus ! Je ne comprends pas, alors que l’on pourrait tous vivre en paix, vouloir sans arrêt se quereller, se moquer et se faire du mal. cela cause tellement de séquelles psychologiques… je ne sais pas si un jour j’aurais réussi à surmonter tout ça. aujourd’hui je parle de mon expérience assez facilement mais j’en ai longtemps eu honte. En me disant que ce qui m’était arrivé était de ma faute. bon ça m’arrive encore régulièrement de le penser. Le négatif s’ancre très facilement dans ma tête mais le positif à du mal passer ! Je suis étonnée de voir que beaucoup ont souffert de cette même violence psychologique et physique ! Et je pense que malheureusement, ce n’est pas près de s’améliorer…

le 11/02/2015 à 12h13 | Répondre

yaelle

Mon dieu quelle horreur! quelle enfance tu as eu, c’est dingue de se dire que personne PERSONNE n’a su/pu arreter ton calvaire!
Pour ma part je n’ai jamais subi de violence physique mais j’etais le vilain petit canard, je n’ai su m’integré réelemment qu’au lycée ou je pense les mentalités evoluent un peu. Au collège et surtout en primaire les enfants te rejètent dès que tu es différent. J’ai toujours naturellement été plus a l’aise avec les garçons, seulement a 8 ans les garçons ne veulent pas jouer avec les filles parce qu’elles sont des filles ( j’espère que ca a changer aujourd’hui! ) et les filles ne m’aimaient pas car je n’avais rien comme elle, pas les même vetements, pas les même jouets, pas les même interets… heureusement arriver a l’adolescence c’est plutot l’inverse, chacun tente de se démarquer, et j’etais plutot populaire, maintenant ca va bien mieux mais j’ai très peur pour ma fille ( pas pour mon garçon bizarrement ) peur qu’elle ne vive pas une enfance heureuse, peur qu’elle souffre comme j’ai souffert…

le 11/02/2015 à 17h03 | Répondre

christelle

J’ai vécu mais surtout la partie moquerie. Mais j’ai eu la chance d’avoir affaire à des gamins plus bêtes que méchants, dans le sens où le jour où j’ai riposté en mettant une gifle monumentale au petit caïd du groupe, ça les a scié au moins quelques temps (et ça l’a un peu calmé sur plusieurs années. ..) Par contre, la peste dont tu parles, j’en aussi eu une dans les pattes, de la maternelle à la seconde, après j’ai choisi sciemment une autre option qu’elle pour m’en débarrasser en cours. C’était des moqueries et brimades verbales, je me souviens une seule fois une brimade physique. Je pense que ça a contribué à mon caractère réservé, ma méfiance envers les autres, et aussi que je n’ai quasiment pas de contact avec mes camarades de classe aujourd’hui (et ils ne me manquent pas !!)
Ce qui me choque le plus dans ton histoire, c’est le comportement des instits. J’en ai aussi vu des pas très futés, mais une indifférence à ce point…

le 11/02/2015 à 17h51 | Répondre

Mademoiselle Espoir

Je suis tellement triste en lisant ton témoignage. J’ai moi-même souffert de moquerie et de birmade du collège au lycée même si ce n’est rien comparé à ce que tu as pu endurer. Je pense qu’il faut en parler plus ouvertement. Ce genre de violence tant physiques que morales ont des répercussions parfois très graves. Je suis aujourd’hui timide, mal à l’aise en public mais surtout je n’ai aucune confiance en moi et je suis certaine que c’est lié à mon enfance. J’ai hâte de lire la suite 🙂

le 11/02/2015 à 18h40 | Répondre

Mlle Mora

Oh ça m’a fait mal pour toi… comment l’institutrice peut dire que c’est de ta faute ? C’est horrible ce retournement de situation !
Actuellement, on commence à en parler de plus en plus, et c’est une bonne chose, si cela peut permettre aux équipes éducatives d’être plus vigilantes et d’intervenir auprès des victimes, et des harceleurs. L’action doit se faite rapidement : j’imagine que les conséquences sur ta vie d’adultes sont terribles… On attend la suite de ton récit !

le 12/02/2015 à 11h35 | Répondre

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