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J’ai appris à lui faire confiance


Publié le 1 août 2017 par Doupiou

Cette petite idée d’article me trotte dans la tête depuis un petit moment. Comment vais-je faire pour expliquer que je n’ai pas toujours fait confiance à ma fille ? Pour quelle maman vais-je passer ? Cela peut paraître complètement logique et naturel de faire confiance à son enfant, après tout, il est le mieux placé pour comprendre ce qu’il ressent non ? Mais dans mon cas, cela n’a pas été aussi simple…

Je me suis souvent laisser entendre que des personnes étaient mieux placées pour connaître les besoins et sentiments de mon enfant : moi, mais aussi le corps médical ou la nounou. Aujourd’hui j’ai compris une chose : l’apprentissage d’un enfant passe par l’expérimentation. Je DOIS faire confiance à PetitePerle.

La nourriture

J’en avais parlé dans certains de mes précédents articles, les repas de PetitePerle ont été compliqués dès le début. Entre allaitement raté, tire-allaitement de rêve, prise de poids pas assez importante et hospitalisation, le rapport de force à la nourriture a commencé très tôt. Surtout en fonction des quantités. PetitePerle ne mangeait pas suffisamment. Comment nous nous en sommes aperçus ? Et bien quand à l’hôpital la pédiatre a sortie sa calculatrice pour nous dire, en millilitre, ce que ma fille devait ingurgiter par jour. Le calcul ressemblait à ça : poids²/taille x nombre de biberons / par le cosinus du triangle rectangle selon le théorème de Thalès. OK j’exagère…

Cela te paraît hallucinant ? Moi aussi maintenant que je l’écris.

Mais alors que viens faire la confiance dans cette histoire ? J’y arrive… Un jour, je suis tombée sur une pédiatre qui en quelques mots, a sauvé ma maternité. Elle m’a dit qu’avant de se faire confiance à soi dans un nouveau rôle de parent, il fallait faire confiance à son enfant. PetitePerle se régulait toute seule. Si pendant une semaine elle mangeait moins, la semaine suivante elle dévorait. A plus de deux ans maintenant, ce principe se vérifie encore.

Est-ce que nous, adultes, nous nous forçons à manger quand nous n’avons pas faim ? Non. Alors pourquoi le faire pour notre enfant sous un prétexte de quantité (quand l’enfant est en bonne santé j’entends) ?

Alors j’ai fait confiance à PetitePerle. Et depuis, fini les crises des repas, fini les pleurs quand l’assiette est encore pleine, fini les punitions à coup de négociations sur la bouffe… Les repas se passent, plus ou moins bien selon les jours ou le menu, mais sans pression.

L’arrêt de la tétine

Dans cet article, je te présentais l’ambivalence qui régnait chez moi autour de la tétine. Moins de trois semaines après la parution de cet article, PetitePerle a fait une violente chute sur la bouche. Je te passerais les détails difficiles mais dès le lendemain de cet accident, la tétine devait être bannie. Comment ?! Mais PetitePerle a BESOIN de sa tétine pour la sieste et la nuit, elle ne PEUT pas s’endormir sans ! Depuis deux ans, c’est comme ça ! Mais comment vais-je va-t-elle faire ?

Alors je lui expliqué. Tout simplement. Et je l’ai emmené dans un magasin choisir le doudou qu’elle voulait qui allait remplacer la tétine.

Et je lui ai fait confiance. Je ne vais pas te mentir, la première sieste et la première nuit ont été assez mouvementées. Mais elle a géré comme une pro et même le retour à la crèche que j’appréhendais à cause des tétines des autres enfant s’est très bien passé (je lui ai acheté son doudou en double !).

Je me suis aperçue que c’est moi qui bloquait sur ce sevrage brutal alors que PetitePerle s’en sortait admirablement bien. Je n’avais pas confiance en elle, je la pensais pas capable d’abandonner sa précieuse tétine du jour au lendemain, avec en plus une sacrée blessure que le réconfort de la succion aurait bien calmée.

Moins d’une semaine après l’évènement, la tétine était définitivement oubliée et la confiance en ma fille restaurée à trois cent pour cent.

La motricité

Autant j’ai toujours eu confiance en PetitePerle lors de ses aventures plus ou moins périlleuses en escaladant le lit, le canapé ou les poignées de porte, autant depuis la violente chute dont je te parlais plus haut, je me suis en mode « maman-flipette ». Mais si tu sais, celle qui hurle la voix tremblante à son enfant : attention ne cours pas trop vite, attention aux murs quand tu prends les virages, aaaaaaaaaaaaah des escaliers….

Il a fallu beaucoup de temps (et je ne suis pas encore complètement sereine au jour où j’écris cet article) pour lui faire à nouveau confiance dans ses quêtes exploratrices. J’essaie de ne pas la brusquer en paniquant à ses moindres faits et gestes mais plutôt de lui dire que pour certaines choses, elle doit avoir l’aide d’un grand. Exemple : elle adore monter tout seule sur les chaises. Ok mais pour en redescendre, elle doit demander de l’aide.

J’essaie de lâcher du lest et advienne que pourra ! Dès lors qu’il n’y a pas de danger immédiat autre qu’une chute modérée, PetitePerle doit apprendre par elle-même, et par ses échecs aussi !

Je la surveille comme le lait sur le feu mais je suis encore terrorisée à l’idée d’une nouvelle chute grave. Je sais que je ne pourrais pas la protéger constamment, je sais que si elle a hérité du caractère cascadeur de sa maman j’ai des années compliquées qui m’attendent. Mais je sais aussi que je dois lui faire confiance tout en lui expliquant et en la protégeant des éventuels dangers.

Crédit photo : Pexels

Je pense que la confiance que nous avons en nos enfants est innée mais qu’on se laisse beaucoup polluer par des avis extérieurs. Je ne dis pas que tout les conseils sont pourris et qu’il ne faut rien écouter hein ! Mais se faire confiance est parfois difficile quand on débute dans la vie de parents ; notre enfant a confiance en nous alors laissons-nous nous prouver que nous en sommes dignes.

Pour moi, la confiance est primordiale, à tout âge de la vie. La briser est si facile, la reconstruire prend du temps. Un jour, j’ai rompu la confiance que mon père avait en moi, j’étais petite mais ce souvenir m’affecte encore aujourd’hui. A l’aube de la trentaine, je me demande parfois si dans son regard, je suis encore la petite fille en laquelle il n’a plus eu confiance à un moment. Même si je suis sûre que cet épisode est effacé de sa mémoire aujourd’hui !

Je crois que ce chemin vers la confiance se construit de jour en jour et sera bénéfique pour l’avenir. Il y aura des périodes compliquées comme l’adolescence mais je veux croire que PetitePerle aura confiance en sa maman comme j’ai confiance en elle.

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Commentaires

2   Commentaires Laisser un commentaire ?

Claire (voir son site)

Ah oui, pas facile tout ça. C’est vrai que dans notre société, on est pas tellement préparer à subir le raz de marrée qu’est de devenir parents.
Et puis c’est vrai que l’entourage (au sens large) n’est pas toujours un très bon soutien et il est assez facile de faire culpabiliser les parents en leur promettant les pires choses q’il ne font pas ce qu’on leur dit. Au lieu de soutenir les parents et leur faire confiance.
Tout ça fait écho au livre que je suis en train de lire actuellement : les 4 accords toltèques. D’ailleurs, je pense en faire un article prochainement.
En tout cas, j’ai beaucoup aimé ton article. Et je suis convaincu que nos enfants savent mieux que nous alors je préfère écouter ma fille que les « spécialiste » pas toujours bien intentionné 🙂

le 01/08/2017 à 11h07 | Répondre

Chaperon Rouge

je pense qu’à l’inverse ici on fait TROP confiance à la Lueur… on est loin d’etre des « parents flipettes » comme tu dis, mdr. On la laisse tout expérimenter seule, et si elle veut y aller, c’est qu’elle en est capable. alors oui, elle a pas 2 ans et monte sur les toboggans des 6 ans. Mais c »est pas nous qui la posons en haut, ou qui la poussons vers les marches. C’est elle qui essiae, redescend, s’obstine et finit par maitriser. Je trouve ça passionnant à voir! (et je pense que cette confiance a commencé dès l’allaitement: la PMI voulait qu’on la réveille pour une tétée supplémentaire la nuit alors qu’elle dormait de 23 à 6h… j’avais refusé tout net, en me disant que si elle dormait c’est qu’elle en avait plus besoin que manger… le fait est, elle a toujours suivi une petite courbe de poids, mais jamais de décrochage. A l’inverse elle se dévelope hyper bien et depuis qu’elle mange à la cuiller…c’est une morfale de chaque instant! )

le 01/08/2017 à 11h41 | Répondre

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