Vivre en famille : le bonheur, le bazar... et tout le reste !

Je t’aime


Publié le 3 septembre 2018 par Camomille

« Elle était là, immobile sur son lit, la petite phrase bien connue, trop connue : Je t’aime.
Trois mots maigres et pâles, si pâles. Les sept lettres ressortaient à peine sur la blancheur des draps.
Il me sembla qu’elle nous souriait, la petite phrase.
Il me sembla qu’elle nous parlait :
– Je suis un peu fatiguée. Il paraît que j’ai trop travaillé. Il faut que je me repose.
– Allons, allons, Je t’aime, lui répondit Monsieur Henri, je te connais. Depuis le temps que tu existes. Tu es solide. Quelques jours de repos et tu seras sur pieds.
Monsieur Henri était aussi bouleversé que moi.
Tout le monde dit et répète « Je t’aime ». Il faut faire attention aux mots. Ne pas les répéter à tout bout de champ. Ni les employer à tort et à travers, les uns pour les autres, en racontant des mensonges. Autrement, les mots s’usent. Et parfois, il est trop tard pour les sauver. »

J’ai lu ses mots d’Erik Orsenna il y a longtemps maintenant. Et je ne sais pourquoi, ils m’ont marqué. En règle générale, je ne suis pas avare de mots. Je dirais même qu’au contraire, je peux avoir une fâcheuse tendance à l’exubérance. Mais ceux-là, bien souvent, restent coincés au fond de moi. Après tout, quand on aime des gens, nos gestes le montrent, non ?

Crédit photo : pixabay

A la naissance d’Alphonse, je ne lui ai pas dit ces mots tendres. Ni dans les mois, les années qui ont suivi. Je l’appelais mon Trésor et lui faisais des attaques de bisous. Il le savait donc que je l’aimais ! La naissance d’Ernestine n’a rien changé. Je l’avoue, j’étais envieuse de ces mamans qui rapportaient les paroles d’amour de leur rejeton. Mais, avec le recul, comment mes enfants auraient-ils pu me dire des choses que je ne leur disais pas moi-même ?

Et puis la maladie a frappé à notre porte. Brusquement, elle s’est installée dans notre quotidien. Et j’ai pris conscience qu’en quatre ans, jamais je ne lui avais dit « je t’aime » Pour moi c’était une évidence, et on ne dit pas les évidences. Mais pour lui ? Quelle peut être l’évidence pour un si petit garçon ?

Quand on voit ce que nos enfants mettent dans leur boîte à trésors, quel sens donnent-ils à ce petit surnom ? Je lui disais, de temps en temps, qu’il était mon trésor. Nul besoin d’en chercher. Mais pour lui, un petit caillou, une fleur des champs étaient son trésor.

Alors qu’on ne savait pas si ses jours étaient comptés, je l’ai abreuvé de ces mots. Dès que je pouvais, je les lui disais. Moi qui en avais été si avare. Les digues avaient rompu. Je l’ai noyé sous ces mots, sous les câlins. S’il devait mourir, je voulais qu’il soit sûr de mon amour. Que jamais il n’ait le moindre doute. A tel point que, régulièrement, il me répondait « je sais maman ». Et je me disais que c’était là le principal. Qu’il sache.

Petit à petit, je les ai moins dits. Comme si, après une telle ivresse, il fallait être un peu raisonnable. Et puis, à défaut de la savoir guéri, on savait que notre petit garçon était au moins en sursis. Il n’y avait plus d’urgence.

Mais maintenant, tous les soirs, je dis à mes trois enfants que je les aime. Fort. Très fort. Plus que tout. Parce qu’on ne sait pas de quoi demain sera fait, que la maladie peut revenir à tout moment et qu’un accident est si vite arrivé. Et qu’à cet âge-là, j’imagine que non seulement il faut montrer, mais également dire notre amour.


Tu en as marre de courir les magasins pour les fringues des enfants ? Et ce tous les mois, vu à la vitesse à laquelle ils grandissent ? Et je ne parle pas du petit qui hurle (que ce soit le tien ou celui d’une autre, grrr) parce qu’il ne veut pas essayer ce pull-là… Et si tu recevais directement chez toi de jolis looks (du 1 mois au 14 ans !) à essayer TRAN-QUILLE-MENT. Ça va ? Tu gardes et tu payes. Ça ne va pas ? Tu renvoies gratuitement. Bref, viens vite tester Little Cigogne !

Commentaires

12   Commentaires Laisser un commentaire ?

Madame confettis

Ton article est si touchant… j’en ai eu les larmes aux yeux.

le 03/09/2018 à 07h17 | Répondre

Doupiou

C’est pas cool de mettre un article si émouvant le matin de la rentrée scolaire ! Aller, on arrête de pleurer …!
Moi je dis plusieurs fois par jours à mes enfants que je les aime. Et quoi de plus beau que d’entendre un je t’aime en retour ?

le 03/09/2018 à 10h48 | Répondre

La Comtesse Bleue (voir son site)

Très bel article ! (en bonus les yeux humides …)
Comme tu le dis, on ne dit pas l’évidence et pourtant certains événements nous font remarquer qu’il le faudrait. Je n’y avais jamais fait attention mais chez le comte, leur maman avait pour habitude de répéter chaque jour à ses enfants qu’elle les aimait et qu’ils étaient beaux !

le 03/09/2018 à 11h21 | Répondre

charlotteauxpetitspois (voir son site)

C’est merveilleusement doux et joli… Merci. Encore une fois, j’ai versé ma larme en lisant tes mots (mais la rentrée y est peut -être aussi pour quelque chose)…
Quant à moi je suis dispendieuse de « je t’aime » à ma Poupette. Tous les jours, toutes les heures… Je ne sais pas m’en empêcher. Et plus je me sens fragile, plus je sens la vie fragile, plus j’ai peur du monde qui nous entoure et plus je lui dis. Comme un rempart contre dieu sait quoi. Un mur d’amour que j’érigerais entre elle et le monde. Aussi fragile que fort…
Ils savent et c’est la seule chose qui compte.
Je t’embrasse.

le 03/09/2018 à 12h28 | Répondre

Marie B

Ton article est très touchant…
Je dis « je t’aime » à mes filles au moins 1000 fois par jour.
Quand j’étais petite (je devais avoir 10 ans), je me souviens avoir vu un téléfilm avec ma maman, je regardais d’un œil en jouant dans le salon, mais à un moment, l’héroïne perd sa maman et dis « je ne lui ai jamais dit que je l’aimais ».
Cette phrase m’a marqué à jamais. J’ai tout de suite dit à ma mère que je l’aimais, et je le dis tout le temps à mes filles.
Ma peur ultime c’est qu’il m’arrive quelque chose et que mes filles ne se souviennent pas à quel point je les aimais. Alors je le dis, tout le temps…

le 03/09/2018 à 13h18 | Répondre

Nala

Ton article est juste magnifique, touchant… et tellement vrai !
Je dis chaque jour à mes filles à quel point je les aime, sans doute car j’ai manqué de ces mots si précieux dans ma propre enfance.
J’ai peur de les perdre mais aussi qu’il m’arrive quelque chose, et qu’elles se demandent au fil des années si leur maman les aimait… J’ai besoin de leur dire ces 2 mots, plusieurs fois par jour. Et elles me les rendent au centuple 🙂

le 03/09/2018 à 14h19 | Répondre

Mademoiselle Violette

Quel bel article ! Je n’ai « que » un beau-fils mais je lui dis tout le temps à quel point je et on l’aime.
Une fois, quand je lui ai dit « Tu sais que je t’aime ? », il m’a répondu que « oui » et ça m’a fait super plaisir.
J’ai super peur que de l’autre côté, on lui bourre le crane et je ne veux pas qu’il oublie qu’ici c’est sa maison aussi et sa famille.
Si un jour, on a le bonheur d’être parents ensemble avec son Papa, je ne veux pas qu’il pense être mis à l’écart. Il est et restera un enfant à part entière de cette maison.
Alors je lui dis tout le temps que je l’aime et qu’on l’aime dans l’espoir qu’il n’oublie pas.

le 03/09/2018 à 19h22 | Répondre

Mme Espoir

C’est un très bel article qui me parle vraiment. J’ai aussi du mal à dire « je t’aime ». Je viens d’une famille assez pudique. Mes parents ne me l’ont jamais dit. J’ai eu beaucoup de mal à dire ces mots à M. Chéridamour d’abord, et à Schtorumpfette ensuite. Encore plus avec elle car je ne me sens pas forcément « légitime » pour les dire. Mais j’y suis arrivée grâce à elle qui n’avait pas peur de les prononcer. Aujourd’hui qu’elle est plus grande, c’est toujours difficile. Alors je les lui écrit car c’est plus facile pour moi et je sais que ça la touche.

le 03/09/2018 à 21h13 | Répondre

WorkingMutti (voir son site)

Quel bel article ! Mon avis a changé sur la question depuis la fin de ma dépression du post partum. Je peux le dire plus facilement, mais ce n’est pas quotidien. Pour moi ces mots doivent garder du sens et ne pas juste être une banalité du rituel de bonne nuit

le 04/09/2018 à 10h49 | Répondre

Madame Bobette (voir son site)

Ton article me touche beaucoup.
Je n’ai pas connu la maladie et j’espère ne jamais la connaitre. Par contre, j’ai connu le décès brutal de ma maman lorsque j’étais enfant et comme toi, chaque jour, je me dis qu’on ne sait pas de quoi demain sera fait. Alors chaque jour, je ne peux pas m’endormir ou partir sans avoir embrassé ma fille et mon mari et leur avoir dit et répété combien je les aimais. C’est des choses qu’on veut graver dans la pierre, que je ne veux absolument pas qu’ils oublient, quoi qu’il arrive.

le 04/09/2018 à 16h38 | Répondre

Madame Vélo

C’est très beau ce que tu écris. J’ai eu du mal au début à dire « je t’aime » à Crapouillou, car je n’étais pas habituée à ces mots-là… pour moi c’étaient des mots réservés aux amoureux. Ma maman ne me l’a jamais dit, et même si je me doute bien qu’elle m’aime, d’une certaine façon, je n’en aurais jamais la certitude absolue. Je le dis à mes enfants et je crois que c’est un trésor aussi que je leur donne, car lorsqu’on reçoit ces mots je trouve qu’il est plus facile de les donner en retour.

le 05/09/2018 à 13h53 | Répondre

SI TU SOUHAITES RÉAGIR C'EST PAR ICI !

As-tu lu notre Charte des commentaires avant de publier le tien ?