Vivre en famille : le bonheur, le bazar... et tout le reste !

Ce jour où mes filles sont nées, puis parties doucement…


Publié le 3 novembre 2014 par Elo Chow

Notre vie va changer ! Depuis le temps que nous souhaitions avoir des enfants, ce vendredi 6 décembre 2013 nous bouleverse. La deuxième barre tant attendue est apparue ! Je suis enceinte, quel bonheur ! Nous rions, sautons, dansons !

Le 6 février, nous voilà encore plus heureux. Nous sommes à la première échographie. La sonde est posée sur mon ventre, et nous entendons « Il y a des jumeaux dans la famille ? ». Nous sommes un peu abasourdis, nous ne nous y attendions vraiment pas, mais nous les voyons, nos deux bébés, côte à côte. Nous voilà complètement attendris. Tant de bonheur juste pour nous, nous n’en revenons pas. Les bébés sont prévus pour le 24 août, même si on nous explique qu’ils arriveront sûrement plus tôt.

Les semaines suivantes, nous commençons à tout organiser, à anticiper, à se projeter.

La grossesse avance, tout va très bien. Nous apprenons en mars que ce sont deux minettes. Nous choisissons les prénoms, Clara et Océane.

ourson à la fenêtre

Crédits photo (creative commons) : Ghita Katz Olsen

Je suis fatiguée, mon ventre pousse vite, j’ai une sciatique et je commence à avoir du mal à me mobiliser. Je me repose beaucoup, je prends toutes les précautions possibles et inimaginables pour prendre soin de mes deux poupettes. Une grossesse gémellaire est un peu plus fragile qu’une singleton, alors je fais tout mon possible pour rester au calme.

Nous arrivons à la fin avril, le suivi se passe bien. Les filles ont une très bonne croissance, elles vont bien, remuent beaucoup. Mon col est parfait. On me dit même que j’ai un col « de compet » pour ce stade à une grossesse gémellaire…

Mais, rien n’est jamais acquis, et la vie fait bien ce qu’elle veut. Quelques jours après, le vendredi 25 avril, je suis hospitalisée car une poche s’est rompue. Je reste au repos, mais ça ne suffira pas. Le travail se déclenchera dans la nuit du 25 au 26.

J’endure les contractions, je ne veux pas sonner. Je sais que c’est trop tôt. Je suis enceinte de 23+6SA. Si j’accouche, je condamne mes filles. Alors non, j’essaie de convaincre mon corps, mon esprit et mes filles que tout ça doit cesser.

Malheureusement, ça ne marche pas comme ça, et la douleur est trop forte, je n’en peux plus. Le sage-femme arrive, je suis dilatée à 4 et tout s’accélère. On me descend en salle d’accouchement. Je vais accoucher en sachant que mes filles vont mourir. Ce n’est pas possible, que se passe-t-il ?

Pas le temps de me poser une péridurale. Je pousse trois fois, Clara arrive en poussant un petit cri à 14h19. Je récupère un peu, on me perce la deuxième poche. Le travail et les contractions reprennent. Je suis épuisée, j’ai mal… Mais je pousse à nouveau, il est 15h04 et Océane est née.

Je demande à avoir mes deux filles en peau à peau sur moi. À ce terme, il n’est pas possible de les prendre en charge. Nous pouvons seulement les accompagner. L’équipe médicale nous laisse tous les quatre. Nous passons un moment d’une infinie tendresse, plein de sérénité. Nous sommes hors du temps. Nous les apprenons par cœur. La sage-femme vient de temps en temps écouter les cœurs. Puis, à 17h25, elle nous dit que c’est fini, les deux petits cœurs se sont arrêtés en même temps. Elle me prend doucement Clara puis Océane. Tout est terminé.

Une partie de moi est morte avec elles. En quelques heures, j’ai donné la vie à mes filles, et les ai accompagnées vers la mort. Elles sont passées de l’autre côté dans mes bras, en ressentant, je l’espère tout notre amour.

Le deuil périnatal est encore trop tabou en France. Depuis ce drame, je tiens un blog (que tu retrouveras en cliquant ici) pour apporter ma petite pierre à l’édifice, et tenter d’expliquer avec mes mots et mon vécu ce qu’est le deuil périnatal, et comment essayer de comprendre les paranges.

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !


Guide accouchement


Tu en as marre de courir les magasins pour les fringues des enfants ? Et ce tous les mois, vu à la vitesse à laquelle ils grandissent ? Et je ne parle pas du petit qui hurle (que ce soit le tien ou celui d’une autre, grrr) parce qu’il ne veut pas essayer ce pull-là… Et si tu recevais directement chez toi de jolis looks (du 1 mois au 14 ans !) à essayer TRAN-QUILLE-MENT. Ça va ? Tu gardes et tu payes. Ça ne va pas ? Tu renvoies gratuitement. Bref, viens vite tester Little Cigogne !

Commentaires

8   Commentaires Laisser un commentaire ?

Mlle Mora

C’est courageux de ta part de partager ce moment avec nous. J’espère que cela t’a fait du bien. C’est une très bonne initiative que tu as de parler sans tabou du deuil périnatal.

le 03/11/2014 à 09h43 | Répondre

Pivoiline

Je suis justement exactement à ce stage ma grossesse, je n’ose imaginer ce que tu as vécu…

le 03/11/2014 à 16h43 | Répondre

Melle Suisse

Ce que tu as vécu est terrible. J’ai eu une rupture de la membrane à 22 SA mais en restant allongée 4 semaines, on a pu retarder l’accouchement à 26 SA + 4. Je sais la chance que nous avons eu d’avoir gagné ces 4 semaines.
Il n’aurait pas été possible de laiser le deuxième bébé dans le ventre? Mais je suppose que non, sinon ils l’auraient fait.
Je te souhaite plein de courage et j’espère que tu auras un jour la chance de devenir Maman à nouveau.

le 03/11/2014 à 20h32 | Répondre

Mlle Stréssée

Oh Elo, je viens tout juste de lire ton témoignage. <3 <3 Je t'envois toute ma tendresse de mamange. <3 <3

le 04/11/2014 à 15h11 | Répondre

Elo Chow

Merci beaucoup de vos gentils messages. Ca me fait chaud au coeur !
Mlle Suisse ça n’a pas été possible non, les contractions de Clara, avait trop fait descendre Océane. Si on avait été plus avancé dans le terme on aurait pu essayer de gagner quelques jours (et encore) mais là c’était beaucoup trop tôt.

Bises à toutes et merci d’avoir lu mon histoire, ça me touche beaucoup.

le 04/11/2014 à 15h19 | Répondre

Madame Irbis

De tout cœur avec toi… Ton histoire me touche énormément, je n’ose imaginer la douleur et la tristesse.
Nous sommes bien impuissants face à tout cela..

le 04/11/2014 à 19h05 | Répondre

Bliss

Je viens de fondre en larmes en lisant ton récit, je sais que ce n’est pas le but que tu recherchais, mais étant maman, je ne peux qu’imaginer ta douleur et c’est tout simplement insupportable. Merci infiniment pour ce magnifique récit, écrit avec tellement d’amour et de justesse. Je pense très fort à toi et à tes anges qui doivent être fières de leur maman

le 04/11/2014 à 21h16 | Répondre

MarieGR

Bien que nos histoires soient différentes puisque mes fils se sont envolés à l’intérieur de mon ventre, je me retrouve dans tout ce qu’une telle surprise apporte de bonheur dans une vie et cet immense chagrin qui reste lorsque cela prends subitement fin…
J’ai tenté d’aller voir ton blog mais le lien ne fonctionne pas…

le 24/06/2016 à 13h53 | Répondre

SI TU SOUHAITES RÉAGIR C'EST PAR ICI !

As-tu lu notre Charte des commentaires avant de publier le tien ?