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Le corps des femmes


Publié le 26 février 2018 par Rigel

Dernièrement, je discutais avec une proche, qui m’a dit avoir eu recours à une IVG. Cette discussion m’a interpellé, car c’est la quatrième femme dans mon entourage direct. Alors j’ai vérifié. Il y a environ 220 000 IVG par an en France. Soit environ une grossesse sur cinq. 20% des grossesses se terminent donc en IVG. Ce chiffre me semble tellement énorme… Cela m’interroge sur la place de la femme, du corps des femmes, de la manipulation qui en est faite et du poids de la culpabilité résiduelle qu’il peut y avoir.

Celles que je connais

La première femme que je connais qui y a eu recours, c’était ma grand-mère. Elle ne m’en a jamais parlé directement, cela fait partie des secrets de famille. Ma grand-mère et mon grand-père avaient déjà deux enfants, et compte-tenu de leurs revenus et de leurs conditions de vie, ne souhaitaient pas agrandir leur famille. A l’époque, la contraception hormonale était inexistante (la pilule a été légalisée en 1967), et les IVG tout aussi interdites (jusqu’en 1975). Cette IVG avait alors été réalisée au début des années soixante, par l’une de celles qu’on appelait alors les faiseuses d’ange. Ma grand-mère a failli mourir d’hémorragie. Je n’ai jamais su exactement comment elle avait été soignée, ce qu’il s’était réellement passé, mais je sais que mon grand-père avait décrété que si un nouvel enfant devait arriver, ils l’accueilleraient, parce qu’il était inconcevable que sa femme risque une nouvelle fois sa vie.

La seconde femme que je connais y a eu recours un peu plus tard, au début des années 1970. Comme c’était encore interdit en France, et que c’était encore une adolescente, ses parents l’ont conduit en Angleterre, avec les frais et la logistique qu’un tel voyage posait à l’époque.

Les deux dernières que je connais sont des amies, des jeunes femmes dynamiques, qui ont une trentaine d’années. L’IVG s’est imposé à elles car ce n’était pas le bon moment pour avoir un enfant, pour des raisons de stabilité de couple, de stabilité professionnelle ou financière. L’une d’elle, malgré le fait que ce soit un acte médicalisé, a failli mourir d’hémorragie interne (oui, même au XXIème siècle…).

Crédit photo : Kat Smith

Mon point de vue sur la question

Jusqu’à être enceinte de Choupinette, les IVG ne me perturbaient pas plus que ça, bien que je sois catholique et que l’Eglise soit extrêmement claire sur le sujet. En gros, une grossesse non voulue n’est pas un bébé potentiel, et voilà. Ma mère m’avait répété que si je tombais (boum !) enceinte pendant mes études, il n’y avait pas vraiment d’option possible, et que je ne pourrai pas garder le bébé. Que pour faire un bébé, il fallait un couple stable et une situation idéale (comme si elle existait !). J’ai porté Choupinette, je lui ai donné la vie. Je me suis extasié pendant des semaines sur la facilité apparente qu’une simple fusion de gamètes puisse créer un mini-être. Et je me suis interrogée : est-ce que l’IVG consiste juste à décrocher un embryon qui n’est pas un être humain ? Je ne sais pas.

Je n’ai, par bonheur, jamais eu à faire ce choix. Mais l’une de mes amies qui a eu à le faire m’a dit « tu sais, notre enfant aurait eu 4 ans et demi. Il serait déjà à l’école. C’est un choix affreux que nous avons du faire, c’est dur physiquement sur le coup, et maintenant encore, c’est dur quand on y pense. » Alors il me semble que ce que les médias « mainstream » ont tendance à nous présenter comme un choix binaire « oui, tu le gardes et tu l’assumes, non, tu ne le gardes pas et tu passes à autre chose » est bien trop simpliste. J’en ai déjà discuté avec M. Tad, alors même que je suis enceinte de Numérobis (qui est un bébé désiré) : nous ne souhaitons (pour le moment) pas avoir de troisième enfant. Mais si un petit troisième s’invitait par surprise (et même un 4ème), nous l’accueillerions. Parce que nous avons la capacité de le faire, et parce que je refuse d’être confrontée à une décision que je pense ne pas pouvoir assumer. Et si plus tard, Choupinette est enceinte par accident, j’espère pouvoir lui prêter une oreille attentive, et lui apporter le soutien nécessaire pour qu’elle fasse un choix éclairé, qu’elle ne regrettera pas. Et quel que soit son choix, je serai là pour l’épauler.

La place des hommes

La responsabilité de l’IVG  porte sur la femme. Déjà, parce que c’est elle qui la subit dans sa chair. C’est elle qui va devoir au mieux avaler un médicament et souffrir, au pire, subir un acte chirurgical et… souffrir. Si elle a de la « chance », son compagnon sera là pour la soutenir, et ne lui dictera pas sa conduite sous forme de « bon ben tu avortes, on n’en veut pas de cet enfant ». Ont-ils le droit de donner leur avis sur le sujet du corps de leur compagne ? Oui je crois, mais dans ce cas, quelle est leur place en temps que géniteur ? Un choix à 50% ? Comment se positionner par rapport à la paternité potentiellement imposée ?

Trop souvent, le contrôle des naissances porte sur les femmes, l’homme faisant confiance à sa compagne pour assurer et assumer cette responsabilité. Les contraceptifs hormonaux, qui font gonfler, qui ont des effets secondaires néfastes, c’est une histoire de bonnes femmes, puisqu’eux, ne peuvent pas tomber enceinte. Sauf que… Pourquoi les hommes ont le droit de voter des lois à la place des femmes sur ce genre de problème de société, si eux-mêmes ne prennent pas en charge une partie de cette responsabilité ? Cela pourrait passer par exemple par l’apparition (enfin ?) d’une pilule pour hommes. Comme ça, la responsabilité serait partagée. Sauf que les premiers essais cliniques montrent des effets secondaires indésirables (acné, prise de poids, irritabilité, troubles de l’humeur ou encore baisse de la libido… ça t’évoque quelque chose de connu ?!). Il y a aussi le préservatif, qui certes n’est pas sexy ni agréable dans un couple stable, mais qui au moins, présente les mêmes inconvénients pour les deux membres du couple.

Enfin, pour ceux qui ne souhaitent plus d’enfant, il existe la contraception masculine définitive (vasectomie), qui est beaucoup moins lourde en terme d’acte chirurgical qu’une ligature des trompes et est réversible dans 80% des cas. Et, cerise sur le gâteau de l’inégalité, un homme qui, en France, a recours à la vasectomie, est autorisé à conserver son sperme. Alors que la conservation des ovocytes est interdite pour les femmes qui ont recours à une ligature (ou obturation) des trompes. Bref, on a encore du chemin à faire sur ces sujets là…

Et toi, quel est ton point de vue sur le sujet ? Est-ce que tu penses que les femmes doivent être les seules responsables puisqu’elles portent les enfants, ou que leurs compagnons doivent au contraire s’impliquer beaucoup plus ?

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Commentaires

30   Commentaires Laisser un commentaire ?

Nathalie

Ton dernier paragraphe me fait halluciner O_o

Je ne savais pas qu’il y avait cette distorsion sur la préservation des gamètes.

Et oui c’est clair que la contraception c’est une affaire de couple… Pour avoir vécu comme bien d’autres la situation : « tu gères du moment qu’on met pas de préservatif », je sais à quel point c’est mortifiant… Et le mot esr faible…

Pour l’IVG, je me suis posé la même question sur le droit du choix du père, sans avoir de réponse.

le 26/02/2018 à 07h50 | Répondre

Rigel

Non seulement il y a une distorsion mais en plus un chantage insupportable si tu souhaites conserver des ovocytes malgré tout « au cas où » (après tout, on peut changer d’avis parfois). Tu as le « droit » d’en faire congeler depuis 2015 si tu fais un don préalable de 5 ovocytes. En gros : stimulation ovarienne, si on t’en ponctionne 8, 5 seront dédiés au don et 3 à toi. Que tu pourras utiliser jusqu’à maximum 43 ans et à condition de prouver que tu es infertile. Pour les hommes, pas de contrainte similaire en cas de vasectomie. Il est beau le comité national d’éthique…

le 26/02/2018 à 08h22 | Répondre

anne

Je ne connaissais pas du tout cette loi et ton paragraphe me fait halluciner… Effectivement on est vraiment loin de l’égalité homme / femme !

le 26/02/2018 à 09h13 | Répondre

Doupiou

Je n’ai connu qu’une seule femme ayant eu recours à l’IVG, c’est une collègue à ma mère et les opérations ont eu lieu dans les années 80 (2 IVG à 5 ans d’intervalle). Cette dame était le stéréotype même de la working girl célibataire. Et quand après elle a rencontré l’homme de sa vie, impossible de retomber enceinte. Après 8 ans d’essais, il l’a quitté quand il a compris que cette femme ne lui donnerait jamais d’enfants et elle s’est fait dire par les médecins que ce sont ses IVG rapprochées qui ont « détruit » son appareil reproducteur…
Ici Mari Barbu est OK pour faire une vasectomie. Nous on en avons déjà parlé et nous nous laissons 5 ans après la naissance de Barbouille pour envisager le troisième. Si l’envie ne vient pas, monsieur passera sur le billard !

le 26/02/2018 à 08h44 | Répondre

Rigel

Je ne sais pas si des IVG détruisent le système reproducteur. Par contre, de nouveau, je trouve que c’est très culpabilisant de la part des médecins. DE nouveau, on stigmatise la femme. VOUS avez choisi d’avorter et maintenant que vous voulez un enfant, VOUS ne pouvez plus. Alors que peut-être le souci venait de monsieur ? Peut-être qu’il y avait un autre problème sans lien avec les IVG. Je trouve ça triste pour cette femme.

Concernant la vasectomie, c’est chouette que Mari Barbu l’envisage. Je milite auprès de M. Tad, il est d’accord « mais pas tout de suite. », « T’es sûre sûre qu’il n’y a pas de conséquence ? Non parce que bon quand même quoi… ». je lui ai dit « Après, l’autre option c’est l’abstinence » (ahahah ! ça ne l’a pas fait rire)

le 26/02/2018 à 13h22 | Répondre

Madame D

C’est un sujet tellement compliqué ! Je ne supporte pas l’idee Qu’on homme puisse choisir à ma place ou celle de ma fille ce que je voudrais faire de mon corps mais en même temps j’avoue que je ne supporterais pas non plus qu’une fille impose à mon fils un enfant non voulu. Je pense que c’est à nous d’apprendre à nos fils (encore plus qu’à nos filles) que la contraception n’est pas une affaire de femme. Mais c’est sur que si la société pouvait aider en mettant sur le marché plus de contraceptifs pour les hommes ce serait vraiment bien.
Et sinon comme les filles ton dernier paragraphe me fait halluciner !!!!!

le 26/02/2018 à 09h24 | Répondre

Audrey

Je suis tellement d’accord avec vous!

le 26/02/2018 à 10h26 | Répondre

Delphine

Merci Rigel pour cet article, c’est un vrai sujet, auquel si nous sommes sur ce site nous ne sommes pas ou plus concerné mais s’en est pas moins une réalité pour bon nombre de femme.

le 26/02/2018 à 09h48 | Répondre

Rigel

Nous ne sommes peut être pas directement concernées, mais pour l’éducation de nos filles, et plus encore de nos fils, nous le sommes. Et aussi parce que nous avons peut être des jeunes femmes dans notre entourage qui le sont, ou qui le seront. Il y a des « ratés » de contraception, pour des femmes qui ne souhaitent plus avoir d’enfant, et qui ont recours à l’IVG. Ça ne concerne pas malheureusement que les jeunes filles qui connaissent mal leur corps ou le fonctionnement de leur contraceptif, ou, ou, ou (mettre ici toutes les raisons qu’on cite habituellement)…

le 26/02/2018 à 13h26 | Répondre

Madeleine

C est clair que c est tellement complexe ce sujet. Bravo pour l avoir traité avec tact et mesure !!
Pour le dernier paragraphe, il y a aussi une question de faisabilité technique. Pour conserver de sperme, il suffit que monsieur ejacule dans un petit pot pour avoir un nombre impressionnant de spermatozoïdes qui pourront donner pas mal d embryons. Disons que c est rentable et y a de bonnes chances de succès de grossesse pour la suite!!
Pour une femme, il faut faire un traitement hormonal pas sympa (je sais de quoi je parle…) puis une intervention chirurgicale pour récupérer les ovocytes, pour espérer en moyenne en avoir moins de 10, qui eux même ne donneront qu un nombre limité d embryons (peut être 4-5), qui a chaque fois, ont en moyenne 10 à 20%de s implanter. Bref, si vous congelez vos ovocytes, et que vous y avez recours, c est l équivalent d une Fiv, une seule Fiv, 35% de succès seulement. Et encore dans les bons cas, qd on est pas trop âgées. Et ça coûte une fortune (garder du sperme est bcp moins cher).
Je crois que cette affaire de congélation est vraiment un leurre. Sur ce point là, nous ne sommes pas biologiquement égaux… Et Parce que c est techniquement difficile chez la femme, faut il l interdire chez l homme ?
Après, en ce qui concerne la décision d ivg, je ne voulais pas y être confrontée. Je n ai eu que des relations (très protégés) qu avec des gars que j avais prévenus avant qu on le garderait si une grossesse arrivait. Ça les motivait bien pour le préservatif 😉 et pour me faire penser à la pillule !!
Et j ai attendu d être en capacité financière de le supporter. Ben oui, j ai attendu d avoir avancé dans les études. Bon, ça aurait été galère que ça arrive encore à ce moment là , mais bon.
Ça m a pas manqué, j avais besoin de ça pour me sentir à l aise et profiter. Et j ai profité !!
Finalement tout ça pour rien, ce que je ne savais pas, c est que de toute façon, je ne pouvais pas avoir d enfants sans Fiv… J ai eu un bébé depuis 😄.

le 26/02/2018 à 09h58 | Répondre

Rigel

Je suis heureuse pour toi de savoir que ta FIV a abouti. 🙂 J’ai une amie qui a subi un traitement similaire, et effectivement, c’est lourd physiquement et psychologiquement

Je sais bien que c’est bien plus complexe de conserver des ovocytes que de conserver du sperme. MAIS dans le sens où la conservation du sperme est GRATUITE pour les hommes et INTERDITE pour les femmes, clairement, sans être égaux (d’un point de vue biologique), je trouve qu’il y a un manque d’équité. Après tout, pourquoi moi, je ne pourrai pas choisir, pour mon corps, de subir un traitement contraignant, en ayant en tête la faible probabilité d’aboutir à une grossesse, quitte à payer (la société n’a pas à mon sens, à supporter financièrement mon choix)? Et pourquoi les hommes ne paient pas ? Pourquoi, lorsqu’ils veulent conserver leur sperme préalablement à une vasectomie c’est gratuit, et sans contrepartie de don ? (après tout, c’est moins cher à conserver, mais pas gratuit). C’est ça qui me fait dire que ce sont des hommes qui votent, et pas des femmes.

le 26/02/2018 à 13h32 | Répondre

Mzelle la francaise

Merci pour ton article… c´est marrant car justement samedi j´ai regardé le fim « le procès de léa » qui reprend l´histoire vraie du procès de Bobigny. Ce film est très touchant, il raocnte l´histoire d´ une ado violée, qui est enceinte et osuhaite se faire avorter. Elle passe pas une faiseuse d´anges comme tu l´as dit… tout cela se finira en procès, l´avocate va faire une plaidorie juste GENIALE!! le fim reprend réellement ce que l´avocate avait dit, je te conseille vraiment de le voir.

Ce procès a grandement aidé Simone Veil à faire passer sa loi.

Meric pour cette article, très intéressant. et comme les autres je suis choquée au sujet du dernier paragraphe…

le 26/02/2018 à 10h30 | Répondre

Ornella

Je le trouve aussi très bien écrit cet article, et très mesuré sur un sujet souvent passionnel. Comme Mme D, je ne sais pas où est la place des hommes en fait, car dans un sens, il me semble qu’ils ont toute leur place mais où ? Comment ? Je ne me vois pas accepter que l’on m’impose une grossesse ou un avortement, mais en même temps trouverais-je normal que mon fils n’est pas non plus son mot à dire dans une situation équivalente ?
Je rejoins le commentaire de Madeleine, outre la faisabilité technique l’idée de la congélation de spermatozoïdes pour les hommes lors de vasectomie est à prendre dans son contexte. C’était avant tout une demande médicale, donc une demande de protection judiciaire des urologues eux-mêmes. À l’époque où la vasectomie n’était qu’une contraception par défaut d’hommes en couple avec des femmes ne pouvant pas du tout être sous contraception hormonale (cancer du sein par exemple), ce choix a été fait car la vasectomie était/est considéré comme pouvant fortement altérer la fertilité.
De plus elle permettait d’inciter des hommes réticents, alors que leurs compagnes ne pouvaient définitivement pas être sous contraception, à franchir le pas en leur assurant une forme de réversibilité de l’acte. C’est vraiment ainsi qu’elle est rentrée dans les faits.
En terme de parallélisme la loi actuelle permet déjà aussi aux femmes de conserver leurs ovocytes en cas de traitement altérant la fertilité, et même normalement en cas de stérilisation tubaire (car légalement ce n’est pas interdit), sauf que les professionnels ne le proposent quasi jamais, si ce n’est qu’ils refusent de pratiquer la stérilisation tubaire ou vous mettent des bâtons dans les roues, du coup ça reste à mon sens clairement un problème de mentalité, de balance bénéfice/risque et pas tant de loi. Le parallélisme avec la conservation d’ovocytes est tenu, car même si elle part d’un « bon sentiment » du législateur, elle reste illusoire dans les faits. Par exemple une ponction ovarienne pour un don c’est obligatoirement 5 ovocytes gardés pour le don, et une stimulation en donne en moyenne entre 7 et 8. Du coup même l’autoconservation proposée est un peu du flan, car en réalité pour une naissance il faut en moyenne entre 20 et 30 ovocytes si la mère à moins de 30 ans. Donc même si l’autoconservation était légale, il faudrait quand même un sacré paquet de stimulation (non pas sans risque) pour avoir une « autoconservation ».
Plus globalement il y a une vrai réflexion à avoir dans les prochains états de bioéthique, sur est-ce que l’on tend vers une société d’égalité ou d’équité? Car clairement dans les questions de fertilité, il me semble qu’on ne peut pas apporter une réponse bateau à décliner selon le sexe.

le 26/02/2018 à 11h13 | Répondre

Ornella

Et je ne sais pas si cela te rassurera ou pas, mais le chiffre d’ivg que tu évoques est en fait relativement stable depuis la fin des années 90 et tourne autour de 200-210 000 par an. Et ce n’est in fine pas tant que ça. Et ce chiffre est stable plus parce qu’actuellement moins de femmes ont recours à l’ivg mais plus souvent de façon répétée. Ce qui traduirai plus une inadaptation ou non accessibilité de la contraception pour toutes les femmes.

le 26/02/2018 à 12h02 | Répondre

Rigel

Ce n’est pas très rassurant, 200 000 femmes :’-( Effectivement, cela traduit soit une mauvaise information, soit une inadéquation de la contraception. Ça me gène que 200 000 femmes doivent passer une échographie, endurer des remarques pas forcément sympa, écouter des discours moralisateurs sur la prise de contraceptifs, avaler des cachetons ou passer sur la table d’opération. Endurer des jours de stress. Je trouve ça nul.
Je vois le « problème » d’un enfant non désiré, d’un œil complètement subjectif, même si j’espère qu’une majorité des femmes le vit « bien », voir le vit comme un « non-évènement ». Cela dit, je pense que cela laisse des marques, et c’est pour ça que l’IVG n’est pas un acte aussi anodin qu’on essaie de le faire croire à travers des campagnes du type « mon corps, mon choix, mon droit ». Je cite le site gouvernemental https://ivg.gouv.fr/decryptage-des-idees-recues-sur-l-ivg.html »

« La majorité des études scientifiques sérieuses qui ont été publiées sur le sujet montrent qu’il n’y a pas de séquelle à long terme psychologique de l’avortement. Il n’y a pas de syndrome post-traumatique qui persisterait à distance, plusieurs années après un avortement.

Au moment de l’IVG, ce n’est pas un moment très agréable à passer.
Mais là c’est comme pour la douleur physique, il y a des femmes qui le vivent on va dire plutôt bien et puis il y a des femmes qui le vivent plutôt mal : donc qui sont tristes, qui pleurent. Et à ce moment là il ne faut pas hésiter à demander à des professionnels formés à l’accompagnement psychologique de vous aider. »
« 

le 26/02/2018 à 13h45 | Répondre

Madeleine

Exactement !

le 26/02/2018 à 12h17 | Répondre

Lily

Hou, gros sujet, merci de l’aborder ! J’ai eu la chance de ne jamais avoir été confrontée au choix de l’avortement « dans mon jeune temps »…
Avec mon mari (et depuis le tout début), on utilise le préservatif en moyen de contraception car il considère que la responsabilité doit être partagée. C’est confortable pour moi de ne pas avoir à prendre la pilule 😉
Concernant l’injustice de la conservation des ovocytes, le commentaire de Madeleine apporte une explication tout à fait pertinente… En attendant peut-être de nouvelles avancées scientifiques qui permettront peut-être d’alléger et d’amoindrir le coût de cette douloureuse et laborieuse procédure.

le 26/02/2018 à 11h13 | Répondre

Maman Lempicka

Particulièrement d’accord avec le dernier paragraphe, la contraception, sa responsabilité et ses conséquences pèsent encore trop et trop souvent sur les femmes.

le 26/02/2018 à 11h30 | Répondre

Lana

Partage de témoignage, la première fois que j’en parle …
Après 4 mois de relation, je suis tombée enceinte. Mon amoureux était en train de divorcer avec un enfant d’un an, pas vraiment optimale comme situation … Il ne voulait pas qu’on le garde, on avait (déjà) des projets mais c’était trop tôt pour lui et en plus « d’abord le mariage ».
Je me suis retrouvée un matin à l’hôpital, mal de ventre et tout le blabla, une amie (la seule au courant) a eu l’extrême gentillesse de venir me rejoindre sinon j’aurais été seule. Premier rdv avec le gynéco après pour faire l’IVG, mon amie était encore là. Mon amoureux est venu le jour où il m’a fallu prendre le médicament. Il n’est pas entré dans la salle. Moi, je pleurais toutes les larmes de mon corps. Le gynéco m’a dit que je pouvais attendre, je suis allée retrouver mon cher et tendre dans le couloir mais je pleurais encore et encore … Puis j’ai pris le médicament … Aujourd’hui, je dirais que c’était la pire erreur de ma vie même si on va se marier dans quelques mois et qu’on a des projets ensemble. Je pleurs régulièrement, prendre chaque mois la pilule me brise le coeur et m’occuper de son fils encore plus (surtout que je ne veux pas qu’il ressente quoi que ce soit, il n’y est pour rien dans cette histoire). A contrario, l’amie qui était présente m’a raconté l’histoire de sa cousine tombée enceinte sous stérilet. Elle a avorté, aujourd’hui elle est toujours avec le même homme et ils viennent d’avoir un enfant (tombée enceinte 1 an et demi après je crois et bébé voulu). Elle l’a bien vécu parce que ce n’était pas le moment. Moi pas parce que j’avais toujours dit que j’étais pour l’avortement sauf pour moi (comme quoi …) et que je n’étais pas tombée enceinte de n’importe qui mais de l’homme de ma vie. Aujourd’hui, outre tout ça, j’ai peur qu’on arrive pas à avoir un bébé quand ça sera le moment.
L’IVG, certaines le vivent très bien, d’autres pas du tout et d’autres plus ou moins bien. Là, disons que les conditions sont difficiles … Devoir s’occuper de l’enfant d’une autre (qu’elle a eu avec MON homme), ça n’aide pas à passer outre ce qu’il s’est passé.
Quant à la place des hommes, c’est vrai qu’il faudrait les responsabiliser et je trouve aberrant que la pilule masculine soit mise de côté pour des raisons aussi dingue que des effets secondaires qui sont les mêmes que pour les femmes. Par contre, dans tous les cas, ce n’est pas à eux de prendre la décision de pratiquer ou non l’IVG et de facto, ils se sentiront toujours moins responsables sur ce sujet.
Désolé pour le long discours … Quand je pense que je pourrais un jour être enceinte, je me dis que j’aimerais être chroniqueuse sur DMT mais je ne sais pas si j’arriverais à parler de cette expérience là en visage « semi-découvert ».

le 26/02/2018 à 11h54 | Répondre

Rigel

Je ne sais pas quoi te dire Lana… Est-ce que vous en parlez, avec ton compagnon, pour que tu puisses être un peu apaisée ? La situation est complexe, et je comprend que ça soit dur pour toi, avec la présence de son fils. J’espère que tu te sentiras mieux quand vous aurez ensemble un bébé 🙂
Je ne sais pas quel choix je ferai si j’étais « à la place de », parce que justement je n’y suis pas.
Je déplore que cette responsabilité/culpabilité éventuelle soit quasi uniquement portée par les femmes. Je souhaiterais juste que chacune soit apaisée par rapport à ses décisions et malheureusement ça n’est pas toujours le cas. Je trouve ça triste 🙁

le 26/02/2018 à 15h19 | Répondre

Lana

Oh ne t’en fais pas, « ça va », il n’y a pas de « je ne sais pas quoi te dire » 🙂 L’autre jour, dans un moment type préparation du mariage, on devait écrire là où on avait failli dans notre couple. Mon fiancé a écrit « Je n’ai pas toujours été là quand il le fallait ». Ca veut dire beaucoup.
Je doute très sincèrement que la culpabilité/responsabilité soi(en)t portée(s) par les deux. On ne réagit pas pareil et ce n’est pas forcément dû à la société mais plutôt biologiquement je pense. Une femme va (ou non) s’imaginer enceinte, Maman, dans son enfance et ce conditionnement va jouer sur la suite. Un homme, dans une sacré moindre mesure, va autant s’imaginer être un père. Quand ça arrive, on ne peut donc pas réagir de la même manière. De même, lui voyait ça comme un tas de cellule, moi comme le fruit de notre amour. La perception de la suite est donc très différente. J’ai dû me formater à me dire que le médicament pour l’IVG était juste une pilule plus forte mais au fond, les émotions restent et avec, le bonheur du test positif.
Bizarre cette impression de m’être fait voler le bonheur d’une première grossesse parce qu’indéniablement, si on arrive à avoir un bébé quand on le voudra, ça ne sera pas pareil.
Bon désolé pour ce côté larmoyant et merci pour cette belle communauté !

le 26/02/2018 à 17h45 | Répondre

Raphaelle

Je sais pas si c’est vraiment dans le sujet (ou peut-être que si justement?) mais je trouve qu’il y a une réelle diabolisation du préservatif dans notre société. il semblerait qu’il soit cantonné aux « histoires d’un soir » et ait même maintenant un véritable stigma! Les jeunes filles s’entendent dire encore et encore « allez tu me fais pas confiance? » par des garçon qu’elles ne connaissent pas si bien que ça (et euh, si un mec te dis ça, je trouve que c’est une bonne raison de ne pas lui faire confiance!). ça semble être la « norme » que les couples de quelques mois (voir de quelques semaines) arrêtent le préservatif comme si c’était une preuve d’amour (what?!) et en plus sans passer par la case obligatoire de « ‘on fait des tests de mst tous les deux » (à nouveau : tu me fais pas confiance?!). je connais même un jeune couple responsable qui au bout de 3 mois (la date minimum recommandée par les gynéco, pour ce que ça vaut) a été se faire dépister dans un centre avant de passer à l’étape supérieure et s’est vu se faire vivement réprimandés (??) par le personnel médical qui trouvait que ce test était « un caprice » (dans quel monde vit on?). Je pose la question: et si (notamment à la lumière des risques de certaines pilule, la facilité à l’oublier et du fait que de nombreuses femmes ne la supportent pas), on arrêtait de diaboliser le préservatif et qu’on le posait simplement comme condition : si en tant que couple on est pas prêt à accepter les conséquences d’une grossesse surprise, on reste aux capotes.

le 26/02/2018 à 12h24 | Répondre

Rigel

Je suis d’accord sur tous les points que tu évoques ! Je ne sais pas pourquoi le préservatif est diabolisé (pas sexy ? odeur ? sensation ? toutes ces raisons réelles mais pas suffisantes pour s’en passer ?). Le « tu ne me fais pas confiance ? » est une technique de manipulation (consciente ou non) qui est scandaleuse mais malheureusement, je ne sais pas si une jeune fille de 15 à 22-23 ans (la tranche d’âge est totalement subjective hein !) a les armes pour contrer cet argument foireux, si elle est amoureuse…

le 26/02/2018 à 13h58 | Répondre

Virg

Il m’arrive d’halluciner que ces débats existent encore, mon couple doit vivre au XXIIe siècle. Mon mari m’a tout de suite proposé la vadectomie quand on a vu que plus aucune pillule ne me convenait et qu’il ne restait que le stérilet cuivre option. Heureusement, sieur stérilet s’est très bien adapté. En cas de grossesse non volontaire, nous sommes partagés pour les mêmes raisons : l’Ivg serait l’option raisonnable mais serions-nous prêts à accepter une telle décision, tous les deux en tant qu’individus et non pas en tant que couple.
Nous avons toujours considéré que le papa a autant sa place que maman et nous vivons de cette manière. On fait un jour sur 2 le weekend pour être sûr que chacun aura un jour sans réveil qui sonne, à la limite, c’est un plaisir, chacun a son rituel tranquille du weekend avec baby girl 😉
En fait, je n’arrive pas à comprendre que ce ne soit pas pareil pour tous les couples de notre génération. Espérons que la prochaine fera mieux.

le 26/02/2018 à 13h25 | Répondre

Rigel

La prochaine fera mieux si les filles et les garçons (surtout) sont sensibilisés à cette problématique par leurs parents. Que l’égalité dans un couple, c’est pas juste remplir le lave-vaisselle un coup sur deux. C’est aussi assumer des choix pas cools/difficiles. Il y a aussi un manque d’information en France sur la vasectomie (qui est bien plus développée dans les pays anglo-saxons par exemple). Nous avons une culture de la pilule qui est quand même très importante.

le 26/02/2018 à 13h52 | Répondre

Melimelanie

J’en ai déjà parlé ici tu connais mon avis sur la question.
Pour le moment tout ce débat est terré dans un coin de ma tête tant que l’implant me permet de ne pas avoir à m’y confronter.
Mais ça me travaille. L’absence de règles qu’implique l’implant me fait cauchemarder sur la possibilité d’une grossesse non prévue trop avancée pour « l’arrêter ».
Je sais que je ne fais que retarder l’échéance et qu’un jour il faudra que je statut sur la question et que je trouve les moyens d’arriver à ce que l’on souhaite mon mari et moi : ne plus avoir d’enfants. Et j’espère que ce jour là je pourrais trouver les professionnels de santé qui m’aideront sans que j’ai besoin de me battre…

le 26/02/2018 à 13h44 | Répondre

Sooshi

Melimelanie, nous vous attendons dans le groupe facebook Stérilisation Volontaire quand vous voudrez franchir le pas 🙂

le 26/02/2018 à 20h24 | Répondre

Flora

Pour la préservation de la fertilité il faut aussi prendre en compte que la procédure pour récupérer les ovocytes est identique avant et après ligature des trompes (les ovocytes sont ponctionnés directement dans les ovaires). Du coup il n’y a pas vraiment d’intérêt à le faire avant, contrairement aux monsieur pour qui la méthode de récupération passe d’une simple masturbation à une intervention chirurgicale…

le 26/02/2018 à 13h44 | Répondre

Rigel

Je suis d’accord, sur le principe, le prélèvement se fait « à la source ». Mais tes réserves ovocytaires ont le temps de diminuer, du coup, moins de chances de réussite sur la ponction. Je ne dis pas que c’est la panacée, mais je m’insurge contre la rupture d’équité entre les hommes et les femmes.

le 26/02/2018 à 14h03 | Répondre

Maman Dragon

Bonjour, effectivement merci pour cet article ! J’ai fait une émmoragie pendant mon accouchement et Papa dragon c’est vu élever notre fille tout seul… Comme nous voulions attendre un peu avant le deuxième bébé, la question de la contraception c’est vite reposée ensuite ! Je n’étais pas très chaude pour reprendre la pillule ( j’avais découvert que je me portais bien mieux sans ). Pour le convaincre, on a lu les effets secondaires sur la notice de la pillule prescrite à la maternité… Avec la frayeur qu’il venait d’avoir, ça l’a tout de suite calmé !
Du coup en attendant de lancer le deuxième bébé Dragon, je me suis fait poser un stérilet (non hormonal) mais comme ça me faisait un peu peur Papa dragon à été très patient et à attendu un an avant la pose! Du coup on a utilisé les préservatifs et même si le plaisir est moindre au moins ça fait le taf! Je n’avait jamais pensé à lui proposer de faire une vasectomie, je vais tenter de lui en parler ! Merci pour l’idée !

le 26/02/2018 à 13h51 | Répondre

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