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Quand enfin, les choses avancent !


Publié le 31 décembre 2015 par Chaperon Rouge

Autant te dire qu’après ces rendez-vous de PMA catastrophiques et la nouvelle du protocole repoussé, Noël a été assez compliqué. Entre ma belle-sœur enceinte de 6 mois, ma cousine de 7, et tous les bébés, je n’avais qu’une hâte : être en janvier.

Mon papa était prêt à venir au rendez-vous suivant avec moi, pour dire ses quatre vérités au Docteur Pire. Ça aura eu le mérite de me faire rire.

Le rendez-vous où l’on avance enfin

Je me suis rendue seule à ce troisième rendez-vous. Le Docteur Pire m’a demandé si j’avais passé de bonnes fêtes, m’a souhaité la bonne année. Il était souriant et attentif.

On s’est assis. Il a regardé les résultats des examens que j’avais refaits, en bonne élève, et ceux de Monsieur Loup. Il m’a informée que mon frottis révélait une petite infection, mais que ça n’empêcherait pas le traitement (je prendrais des antibiotiques en même temps et ferais un contrôle avant l’insémination).

Il m’a dit : « Bon, alors, pour vous, c’est bon, voyons maintenant le spermogramme de Monsieur… » Il a regardé son écran. Et là, il a sorti : « Ah, ce sont des paillettes ?! » « Oui… » (Grand sourire, rester calme. Dis donc, doc, on t’en a déjà parlé deux fois, des vingt-sept tubes à essai qui nous attendaient deux étages plus bas !!)

Puis, après trente secondes : « Ah, mais c’était une chirurgie exploratrice ?? » « Bah oui… » (Tu sens l’agacement poindre, là ?)

Et, après une minute de silence à faire rouler la molette de sa souris en faisant semblant de lire des trucs, enfin, le Docteur Pire m’a annoncé : « Bon, eh bien Madame, ce sera une FIV ICSI. » « OUI !! » J’ai dit ce « oui » avec un tel enthousiasme qu’il en a sursauté. J’ai jeté mes deux bras en l’air, comme si je venais de faire le strike de ma vie.

Il a rempli les papiers du protocole (le bon, cette fois), sans me regarder ni me parler. Il a écrit dessus que ce serait pour mars. Je lui ai demandé si ça ne pouvait pas se faire en février, sur le prochain cycle. Il a dit non.

Il m’a prescrit la pilule et m’a donné rendez-vous avec une sage-femme, qui me ferait une écho et m’expliquerait tout. Il a précisé qu’il faudrait que j’aie tous les produits pour le jour de ce rendez-vous, car tout commencerait le soir même (bon, la suite montrera qu’une fois de plus, ce doc était à côté de ses pompes).

Il m’a demandé si j’avais des questions. Je lui ai dit : « Donc là, si tout va bien, je ne vous revois plus ? » Il a souri et m’a expliqué qu’il était l’un des deux seuls praticiens de l’hôpital Royal à s’occuper des FIV. Donc que peut-être que si. J’ai dit :  « Merci, au revoir ! », et je suis partie.

Le 19 janvier 2015, j’ai repris la pilule. Je n’ai plus jamais eu mes règles par la suite.

Le protocole et ses rebondissements

Voilà toute la logique de la PMA : tu attaques un traitement pour avoir un bébé… en prenant la pilule ! En fait, le but de la manœuvre est d’arriver devant la sage-femme avec un cycle bloqué, afin que la stimulation commence quand elle le désire.

Je suis allée voir mon pharmacien, munie de mon ordonnance et de mon remboursement 100% fraîchement reçu. Et heureusement, parce qu’avec tout ça, j’en avais pour plus d’un mois de mon loyer parisien. Ouille.

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Crédits photo : Photo personnelle

J’ai ensuite appelé la sage-femme, pour lui dire que mon rendez-vous risquait de tomber pendant mes règles, et lui demander l’autorisation d’enchaîner sur une deuxième plaquette pour ne pas les avoir. Merci le gynéco pour le calcul loupé.

Puis j’ai appelé un infirmier pour prendre rendez-vous le soir de ma rencontre avec la sage-femme, histoire de commencer mon traitement, comme le Docteur Pire me l’avait dit.

Finalement, comme le Docteur Pire a été un imbécile jusqu’au bout, la gentille sage-femme m’a informée que non non, pas du tout, je ne devais pas commencer le traitement le soir même. Je devais prendre la pilule une semaine encore, puis je l’arrêterais une semaine, afin que mon cycle se relance. Et ce ne serait que le samedi 7 mars que je commencerais mon protocole et mes injections. Enfin, le jeudi suivant commenceraient les échographies et les prises de sang, afin de contrôler l’avancée de mes follicules. C’était parti !

Rebondissement numéro 1

Le 7 mars, je devais prendre ma première dose de Puregon entre 17 et 20h. L’une de mes amies, infirmière, était justement invitée à la même soirée que moi ce jour-là. Nous nous sommes isolées à 19h30, et elle a déballé tous mes médicaments. Et là, la question qui tue : « Ok, tu as tous les produits, mais où sont tes seringues et le stylo d’injection ? »

Non, le pharmacien ne m’avait rien donné pour m’injecter tous ces produits ! Branle-bas de combat, on a couru à une pharmacie « nocturne », et on est arrivées avec beaucoup de difficultés à se procurer le stylo nécessaire pour le Puregon. Finalement, j’ai pris ma première dose trente minutes après l’heure limite.

Ma copine a été d’un sang-froid exemplaire, me permettant de rester calme, alors que je me voyais au bord du gouffre. Elle m’a expliqué la façon dont je devais procéder pour chaque produit : je voulais que ce soit mon mari qui me pique, afin de garder un peu le côté « faire un bébé à deux ». Il allait le faire avec beaucoup de maestria !

Rebondissement numéro 2

Mon mari m’a fait la première injection d’un autre produit, vendu en seringues pré-remplies. Le but de ce produit est de bloquer l’ovulation (pour éviter qu’un ovule mûr ne se détache de la grappe, entraînant la destruction des autres, avant que la ponction n’ait lieu). Il y avait une bulle dans la seringue, ce qui l’embêtait. En poussant sur le piston pour chasser celle-ci, il a petit à petit vidé tout le produit. Hop ! Une seringue en moins !

Ce n’était pas si grave, car l’ordonnance avait vu large pour le nombre de seringues. Sauf que je n’ai pas réagi suffisamment à la stimulation, ce qui a allongé le protocole. J’ai donc dû bloquer plus longtemps mon ovulation… et il me manquait une piqûre ! La sage-femme m’a refait une ordonnance. J’ai couru à la pharmacie… qui m’a annoncé que ce produit se vendait uniquement sur commande, qu’ils en auraient sans souci, mais uniquement le lendemain.

J’ai cru mourir sur place : si je ne faisais pas mon injection le soir même, tout était foutu. Finalement, le pharmacien a fait venir un coursier en urgence depuis le labo qui les fournissait et a attendu celui-ci plus d’une heure après sa fermeture. Je suis venue récupérer ma seringue avec une boîte de chocolats pour le pharmacien, et j’ai pu poursuivre mon protocole.

Rebondissement numéro 3

Le jour de la ponction, j’avais rendez-vous à 7h30 à l’hôpital Royal. Si je n’étais pas à l’heure, tout serait annulé. J’avais mal programmé mon réveil… et je me suis réveillée à l’heure où je devais partir ! Ce sont mes copines de WhatsApp, papotant en attendant de mes nouvelles, qui ont sauvé ma ponction en faisant vibrer mon téléphone.

Tant pis pour la deuxième douche à la bétadine (qu’on ne m’avait, de toute façon, pas demandée), j’ai poussé Monsieur Loup hors du lit, et on a couru jusqu’à l’hôpital… Finalement, on est arrivés avant l’ouverture de l’accueil et on a dû poireauter dix minutes !

Rebondissement numéro 4

Je devais recevoir mon embryon le lundi matin. Le weekend précédent, repos !! Ce que je me suis appliquée à faire. Mais mon mari a eu un pic fébrile, s’est attaqué à un méga ménage/vaisselle… et s’est bloqué le dos !

Direction les urgences, à 13h, le ventre vide, raide comme une planche pour lui, pliée en deux pour moi. On y a passé la journée à attendre. Puis, à 22h, on a enfin pu sortir.

On s’est rendus à la pharmacie du coin, ouverte 24h/24, pour acheter des anti-inflammatoires, avec rien de plus dans le ventre qu’un kinder bueno et une gaufre au chocolat. Vingt minutes de queue, debout, comprimés dans une file surchauffée… Une fois arrivés en caisse, évidemment, j’ai fait un malaise vagal. Rien de grave, hein, on est ressortis trente minutes après, mais ça n’augurait rien de bon.

Bref, tu l’auras compris, j’étais convaincue que le Ciel nous envoyait un message : cette FIV était vouée à l’échec. Tout semblait vouloir clairement nous mettre des bâtons dans les roues !

Et toi, as-tu déjà eu cette impression que tout allait de travers ? As-tu subi autant de coups du sort durant ton protocole ? As-tu tout de même eu quelques coups de chance pour les rattraper ? Viens me raconter !

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Commentaires

16   Commentaires Laisser un commentaire ?

Virginie

mais noonnnnn ! avec toutes ces péripéties, ça ne pouvait que bien se finir !!! lol
En tout cas, ton pharmacien a mérité ses chocolats, il a assuré grave !

la suite, la suite, la suite stp !

le 31/12/2015 à 09h08 | Répondre

Chaperon Rouge

Franchement, je l’ai béni ce pharmacien, pour avoir eu la présence d’esprit de dire « attendez, j’ai peut-être une solution », et surtout l’empathie pour une pauvre cloche pas capable de faire un bébé sans aide, et de tout faire pour l’aider avec ses moyens à lui. Je pourrais presque lui dresser un autel 🙂

le 31/12/2015 à 14h46 | Répondre

Mlle Moizelle

Heureusement que l’humanité de certain font presque oublier la cruauté d’autres (on voit tous de qui je parle bien sûr…) En tou cas, tu as un dont pour l’écriture, tes cliffhangers sont juste terribles pour les lecteurs… ^^

le 05/01/2016 à 14h17 | Répondre

madame lucette

Pour avoir testé une fois l’automobile qui refuse de se libérer un jour de replacement d’embryons et avoir frôlé la crise de panique / hystérie / cardiaque, je ne veux même pas imaginer dans quel état j’aurais été sans seringue au moment d’injecter, avec une piqûre manquante au dernier moment ou encore une panne de réveil !!!

le 31/12/2015 à 09h42 | Répondre

madame lucette

Autolib, pas automobile !

le 31/12/2015 à 09h43 | Répondre

Chaperon Rouge

Dans un état de fébrilité je te racontes pas. 1 fois ca va, mais 4 fois à des moments où tu te dis « bon, ok, cette fois tout roule », BAM une nouvelle bêtise… euh… comment dire… heureusement qu’on a le coeur bien accroché… et le sens de l’humour! lol

le 31/12/2015 à 14h47 | Répondre

Mme Indécise

Tu m’as rappelé des souvenirs de galère. Quand on te prescrit un médoc que tu commences et qui se retrouve en rupture de stock labo. Tu te retrouves à appeler une par une toutes les pharmacies de la région,qui l’ont sous toutes les formes possibles sauf celle dont tu as besoin. un peu comme quand une édition limitée de chaussures apparaît mais que tu dois appeler une par une toutes les boutiques pour savoir si ils ont ta taille, et ensuite prier pour qu’il te la mette de côté. Ça fait rire après coup mais vraiment pas sur le moment!

le 31/12/2015 à 12h57 | Répondre

Chaperon Rouge

mdrrrrrr
sauf que je pense qu’il y a quand même moins d’impact sur la vie future et le moral quand on loupe une paire de chaussures que quand LE médicament est aux abonnés absents… (quoi que, je dis ça, mais j’ai jamais été une accro des chaussures mdr)

le 31/12/2015 à 14h48 | Répondre

Mme Indécise

Mais les chaussures aussi, c’est des médicaments, non?☺️

le 31/12/2015 à 15h04 | Répondre

Mia (voir son site)

Oooooh que de souvenirs!!! ça me rappelle étrangement mes aventures! Et ce qui me rend dingue, c’est le laxisme avec lequel certains (pas tous, heureusement!) médecins prescrivent les médicaments : sans vérifier si les dosages correspondent avec le cycle…
Et je ne parle pas des piqûres manquantes! C’est un des premiers conseils que je donne aux personnes que j’accompagne en terme d’organisation pour la PMA, parce que ça rajoute un stress inutile! On est suffisamment stressée, pas besoin d’en rajouter!
En prime, il y a toujours cette culpabilité sous-jacente (« si je rate mes injections et mon traitement, ce sera de ma faute… »).
Je me souviens qu’ils s’étaient plantés de médicaments (deux boîtes de l’un et zéro d’un autre…) à la pharmacie de l’hôpital et comme toi, il me manquait les seringues… je les aurais tué tant l’angoisse était à son comble!
Si jamais tu as besoin d’un coup de main pour tes injections, j’ai créé une page tuto sur mon site qui te montre comment les faire, ça peut aider et rassurer.
Je te souhaite un magnifique ++ pour bientôt!

le 01/01/2016 à 10h27 | Répondre

Chaperon Rouge

Merci Mia! il se trouve qu’on s’en est très bien sorti pour les injections mais on a été rassurés de voir que (la magie d’internet) de nombreuses vidéos explicatives existaient sur youtube! mdr. Oui, les pharmaciens devraient lire consciencieusement TOUTES les lignes des ordonnances… là par exemple, c’était écrit « Puregon 900ui +stylo injecteur », il s’est arrêté au nom du produit et ne m’a pas donné le stylo.. Quant aux seringues pour injecter les poudres, elles n’étaient même pas indiquées sur l’ordo… Les seules qu’avait le pharmacien trouvé en urgence étaient des intra musculaires, donc des aiguilles énormes pour l’endroit que je devais piquer… elles m’ont finalement servi à faire mes mélanges puis j’ai trouvé des aiguilles plus fines le lendemain pour les injections. Mais oui, c’est sur que c’est un énorme stress et que la prochaine fois, j’ouvrirai les boites en avance pour etre sure qu’il ne manque rien!

le 07/01/2016 à 19h14 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

Je n’imaginais pas le protocole aussi complexe !
On peut dire que ton docteur n’a vraiment pas été à la hauteur !

le 03/01/2016 à 10h24 | Répondre

Chaperon Rouge

Hé oui, c’est long et compliqué, une stimulation… (dans le prochain article tu en sauras un peu plus sur comment ça se passe 🙂 )ce docteur était à la ramasse dès le début, on ne change pas une équipe qui gagne… enfin, euh… lol

le 07/01/2016 à 19h15 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

J’attends la suite avec impatience alors 🙂

le 08/01/2016 à 10h20 | Répondre

Hermy

Que de rebondissements !!! Heureusement qu’on sait que la suite est positive !!!

le 04/01/2016 à 11h36 | Répondre

Chaperon Rouge

Ah ben c’est sur que là, j’en aurai pas subit 4 des bordels pareil! 🙂

le 07/01/2016 à 19h16 | Répondre

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