Vivre en famille : le bonheur, le bazar... et tout le reste !

Le dilemme du prénom


Publié le 11 octobre 2018 par Mme Espoir

Que celles qui étant petites choisissaient le prénom de leurs futurs enfants lèvent la main ! Oui, même moi qui a priori n’en voulais pas, j’ai joué à ce « jeu » avec les copines. A l’époque, j’adorais le prénom Jennifer (j’ai grandi dans les années 90 #mercilinfluencedessériesaméricaines).

Quand on s’est décidés à devenir parents, le prénom est l’une des premières choses dont on a discuté avec M. Chéridamour. Un peu pour plaisanter et dédramatiser, un peu parce que c’est une des choses qui rendait très concrète notre envie (beaucoup parce qu’on n’a pas les mêmes goûts en la matière alors mieux vaut s’y prendre tôt pour trouver !!). Notre réflexion était bien moins poussée que celle de Claire par exemple et on en restait au stade « j’aime/j’aime pas ».

Comme beaucoup de projets arrêtés par la PMA nous avons très vite cessé d’y penser et d’en parler. Choisir un prénom pour un enfant qui ne viendrait peut-être jamais était trop difficile. C’était devenu un tabou. Le sujet est revenu sur le tapis avec notre décision d’adopter.

La première approche

La première fois que nous avons réellement abordé le sujet c’était lors de la réunion de l’EFA à laquelle nous avons assisté. On a appris que lors d’une adoption on pouvait tout à fait changer le prénom de l’enfant. Les parents ayant adopté et présents ce soir-là avaient tous fait le choix de prénommer leur enfant selon leur goût et de laisser en second ou troisième prénom celui d’origine. J’aime cette solution, banco on fera pareil !

Je ne m’étais pas interrogée plus avant car cela me convenait parfaitement. Et dans ma petite tête j’avais imaginé que M. Chéridamour pensait pareil. C’est lors du dernier rendez-vous avec l’assistante sociale que je me suis rendue compte que ce n’était pas du tout le cas. Lui ne se voyait pas modifier le prénom d’un enfant ayant déjà 5 ans. Cela a donné lieu à un échange très intéressant avec lui et l’assistante sociale. Nous en avons également parlé avec la psychologue qui nous a dit que c’était un sujet tout sauf anodin en adoption.

Je me suis réellement penchée sur le sujet car cela m’a beaucoup interrogée. Dans le cas d’un enfant déjà grand (âgé de plus de 8 ans), même moi j’aurais du mal à envisager de lui donner un nouveau prénom. Mais à 3 ou 4 ans ? Autant renoncer à un enfant biologique ne m’a pas semblé insurmontable, autant ne pas pouvoir prénommer mon enfant me semblait vraiment compliqué à envisager et me serait le cœur. Suis-je égoïste de vouloir donner le prénom de mon choix à mon enfant ? Quels sont les divers points de vue ?

Crédits photo (Creative Commons) : Geralt

Les arguments pour garder le prénom de l’enfant

M. Chéridamour et l’assistante sociale étaient dans l’optique de dire que c’est déjà très difficile pour un enfant du bout du monde de s’adapter à sa nouvelle vie. Son prénom faisait partie de son identité, il y a répondu durant 5 ans. Et du jour au lendemain, parce que nous l’avions décidé, il devrait rompre avec tout ça et s’habituer à être appelé autrement. C’est un choc, une rupture qu’ils considèrent comme trop déstabilisante pour l’enfant et ils pensent que garder ce dernier lien avec « sa vie d’avant » est important pour l’enfant. C’est peut-être l’une des seules choses qu’il gardera de sa vie antérieure.

Françoise Dolto est complètement dans cette optique et pense que dans la mesure du possible il faut que l’enfant conserve son prénom d’origine (et que si changement il doit y avoir il doit se faire en douceur).

Renoncer à changer le prénom de l’enfant c’est aussi l’accepter tel qu’il est et ne pas essayer de lui « coller » nos désirs et nos attentes. C’est lui montrer qu’on l’aime pour lui, et pas pour ce qu’on voudrait qu’il soit.

L’époque de l’adolescence est compliquée pour un enfant adopté qui est en recherche de lui-même. Et en gardant son prénom, on permet peut-être à l’enfant de se raccrocher à son prénom et donc son identité pour se construire. Ne pas effacer le passé pour mieux aller vers l’avenir en somme et se sentir moins perdu, moins déchiré entre deux cultures.

Il est clair également que certains enfants adoptés refusent complètement leur nouveau prénom et réclament d’être appelés par celui qu’ils connaissent depuis toujours.

Les arguments pour changer le prénom de l’enfant

Pour ma part, j’avais du mal à m’imaginer appeler notre enfant Bang ou Zhao ou Yerson… Mais outre cette question de goût personnel totalement subjectif, il me parait fondamental de donner un nouveau prénom. Certes, cela marquera une rupture avec sa vie d’avant. Mais de toute façon rupture il y aura forcément. L’adoption c’est créer un nouveau lien, accueillir cet enfant dans nos vies, dans nos cœurs et dans notre famille. Ce nouveau prénom marquerait tout ça. On veut créer une filiation avec cet enfant, un nouveau prénom s’inscrit dans cette optique.

De plus je trouve bien dur pour l’enfant de lui laisser son prénom et donc de le renvoyer systématiquement à ce prénom de sa vie d’avant et d’avoir peut-être toujours à en parler (notamment quand on lui demandera innocemment « c’est de quelle origine Dao ? ») Un nouveau prénom pour une nouvelle vie, c’est un symbole très fort.

Un enfant qui a été battu et maltraité aura peut-être de mauvais souvenirs attachés à ce prénom. Arriverais-je à appeler cet enfant par un prénom qui l’a peut-être fait souffrir ? Si sa mère biologique le maltraitait par exemple, en lui serinant ce prénom ? Si son prénom lui a été donné par un simple officier de l’état, ne vaut-il pas mieux qu’on le change car nous serons désormais ses parents aimants ? Un nouveau prénom c’est aussi lui créer de nouveaux souvenirs, une vie que nous souhaitons plus épanouissante et protégée.

Johanne Lemieux, spécialiste de l’adoption, a dans son ouvrage consacré à l’adoption évoqué ce sujet (tu peux retrouver ce qu’elle écrit ici : https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=1617604584983382&id=100002015674095). Cela correspond vraiment avec ce que je ressens.

Il faut aussi noter qu’apparemment, certains enfants adoptés demandent à changer de prénom car ils font un rejet de celui qu’ils portent depuis toujours.

Notre décision finale

Tu vas être déçue : nous ne l’avons pas encore prise ! Il y a tellement de paramètres qui entrent en jeu qu’il nous est impossible de nous décider aujourd’hui. Si le prénom est vraiment imprononçable ou s’il est stigmatisant, il est évident que nous le changerons. S’il nous plaît, sans doute le garderons-nous (Mei, Andrea, Tao par exemple sont des prénoms qui ont une jolie touche d’originalité et passent très bien en français à notre avis). J’ai aussi imaginé de « franciser » le prénom si cela est possible. Par exemple, si l’enfant s’appelle Nguyen, pourquoi ne pas le transformer en Guilhem ?

Dans tous les cas, certains points sont fondamentaux selon moi :

  • il ne faudra jamais dire à l’enfant qu’on a changé son prénom parce qu’on ne l’aimait pas (un enfant adoptif a tellement peur de ne pas être aimé que cela peut le renvoyer à cette crainte). Certains prénoms ont une signification magnifique dans la langue d’origine, il faudra la rappeler à l’enfant et lui dire qu’on a voulu lui en donner un second qui a également une signification magnifique dans notre langue ou pour nous.
  • si nous décidons de changer complètement son prénom, les premiers temps il faudra l’appeler par les deux, le temps de laisser l’ancien prénom s’effacer. Faire les choses en douceur pour que la rupture tant crainte ne soit justement pas trop brutale.
  • selon les spécialistes, il faut quelle que soit la décision prise l’assumer complètement. Et surtout ne pas laisser l’enfant choisir car cela lui fera porter une trop lourde responsabilité. Choisir l’un ou l’autre lui fera se sentir déchiré en deux : rester fidèle à sa culture quitte à ne pas se sentir vraiment intégré dans sa nouvelle vie ou embrasser sa nouvelle famille et avoir le sentiment de trahir ses origines ? Vous imaginez la culpabilité pour ce petit bout ? Non, c’est vraiment à nous d’assumer notre décision et de nous y tenir.
  • il me semble indispensable de donner 2 prénoms, celui d’origine et celui que nous choisirons (peu importe l’ordre). Je ne me vois pas détruire ce lien avec sa vie passée qui reste une partie de lui, une partie très importante qui plus est. La loi française autorise l’utilisation indifférenciée des prénoms de l’état civil. Nous ne laisserons pas le choix à l’enfant à son arrivée mais à l’âge adulte il pourra changer s’il en ressent le besoin sans avoir aucune justification à donner.
  • il faudra également prendre en compte l’enfant et son histoire. Beaucoup de parents avouent avoir choisi un prénom et avoir finalement changé d’avis et décidé de garder le prénom d’origine en découvrant l’enfant qui leur était apparenté (et inversement). Jusqu’au bout, nous devrons être ouvert à toute possibilité.

Pour terminer, je dois avouer que j’ai compris pourquoi je suis si sensible au sujet. Au fond je considère que donner un nom à cet enfant qui va entrer dans nos vies c’est un peu lui donner la vie pour la seconde fois. Prénommer son enfant est le premier acte concret qu’on ferait pour lui, c’est aussi pour moi l’acte symbolique par lequel nous deviendrons parents.

En attendant, nous nous sommes mis de nouveau à rêver et à chercher des prénoms qui nous plaisent et que nous souhaiterions pour notre futur enfant… et ça crois-moi, ce n’est pas gagné !

—–

Et toi, as-tu eu des difficultés pour choisir le prénom de ton enfant ? As-tu fait face à des choix difficiles ?

Inscris ton email ci-dessous et reçois idées, conseils et témoignages directement dans ta boîte de réception !

Super ! Va vite confirmer ton inscription dans l'email que je viens de t'envoyer !


Porte le bracelet Ava chaque nuit et obtiens sans effort des informations sur ton cycle, ta fertilité, ta grossesse et ta santé. Alors, pour mettre toutes les chances de ton côté pour avoir un petit bébé, je te propose 10% de réduction sur le bracelet Ava avec le code : DansMaTribuXAva ! Commande-le dès maintenant par ici !

 

Inscris ton email ci-dessous et reçois idées, conseils et témoignages directement dans ta boîte de réception !

Super ! Va vite confirmer ton inscription dans l'email que je viens de t'envoyer !

Commentaires

33   Commentaires Laisser un commentaire ?

Doupiou

Quel questionnement ! Les deux argumentaires se défendent très bien… J’espère que vous trouverez une solution qui vous convient à tous les deux !

le 11/10/2018 à 09h57 | Répondre

Mme Espoir

On verra sur le moment, mais je ne doute pas qu’on trouve un accord.

le 11/10/2018 à 21h41 | Répondre

La Comtesse Bleue (voir son site)

J’en apprends des choses avec tes articles ! Je ne savais pas qu’il était possible de changer le prénom d’un enfant adopté (autre que les bébés nés sous X ou les enfants adoptés vraiment tout petits), même si en y réfléchissant, plusieurs enfants adoptés autour de moi ont été prénommés par leurs parents.
Je ne soupçonnais pas non plus la variété des arguments qui pouvaient graviter autour de ce sujet ! Tout me paraît légitime et je comprends votre difficulté à vous positionner même si vous avez chacun une affinité un peu plus prononcée pour l’une ou l’autre des solution. Finalement, je crois que tu as un début de réponse entre les mains de ce que tu nous dis à la fin de l’article : cela dépendra de l’enfant non ? Je ne doute pas que les choses s’éclaireront quand le cas sera plus concret, et si ça se trouve, cela vous paraîtra évident à tout les deux ! Bon courage et merci pour tes articles toujours très intéressants !

le 11/10/2018 à 10h12 | Répondre

Mme Espoir

Je pense également que tant que nous e connaissons pas l’enfant, son sexe, son pays, son prénom d’origine il est très difficile de se positionner. Et j’espère également que lors de l’appariement les choses nous paraîtront évidentes.

le 11/10/2018 à 21h43 | Répondre

Amy

Bonjour,
Je comprends votre envie de créer une rupture pour commencer une « vie nouvelle » mais je trouve que (sauf si vous adoptez un bébé vraiment tout petit) le prénom de l’enfant est aussi son histoire…
Et même s’il commence quelque chose de nouveau avec vous, son passé fait partie de lui et je trouve (avis perso) que changer son prénom serait un peu le nier…
Ma demi soeur, adoptée à 7 ans, s’appelle Micheline…j’aimais vraiment pas ce prénom à l’origine (a cause de « Miqueline ») mais maintenant je me suis totalement habituée.
Je pense qu’elle aurait pas du tout accepté un nouveau nom.
Elle est qui elle est, avec son passé qu’elle connait et a intégré et son présent qui est différent mais dans lequel Elle est toujours Elle..

le 11/10/2018 à 10h33 | Répondre

Mme Espoir

J’ai lu des témoignages de parents qui avaient décidé de changer le prénom de leur enfant car ils ne l’aimait pas (un peu comme toi avec ta demi-soeur). Et puis à force de se répéter le prénom avant d’aller chercher l’enfant, ils ont réalisé qu’ils n’arrivaient plus à le voir avec un autre prénom, et ont au final décidé de le garder. On ne peut jamais être sûr avant en fait !

le 11/10/2018 à 22h02 | Répondre

Flash

Pas simple comme questionnement. J’aime toujours tes articles, car j’y apprends plein de choses (il n’y a pas de sujet adoption dans notre entourage) et tu traites cela avec beaucoup d’ouverture.
Je crois que je te rejoins sur les 2 prénoms : l’un qui reflète le passé de l’enfant, et l’autre le début de votre histoire ensemble… mais je pense que je serai dans la même situation que vous : dans quel ordre ?
Je rejoins La Comtesse Bleue : peut-être que ça vous paraîtra une évidence ?

le 11/10/2018 à 10h55 | Répondre

Mme Espoir

On espère vraiment que ce sera le cas. On a de toute façon encore le temps d’évoluer dans nos réflexions !

le 11/10/2018 à 22h03 | Répondre

Folie douce

Merci pour cet article et le lien très intéressant. Je suis assez d’accord avec Johanne Lemieux , le fait de prénommer un enfant me paraît un premier acte assez symbolique qui dit « je deviens parant et j’assume mes choix et mes responsabilités ».
Durant mes études j’ai eu un ami qui était adopté (né sous X) et son prénom civil était composé : prénom choisi par ses parents adoptifs-prénom de naissance (C’est celui qu’il utilisait pour ses copies et diplômes, par contre socialement il n’utilisait que son premier prénom). Je ne sais pas si vous avez envisagé cette option?
Je comprends que de toute façon ça dépende de l’enfant,son âge et son prénom d’origine mais par contre je suis surprise que ce soit si mal considéré de lui demander son avis. Si son âge et sa maturité le permette pourquoi vous ne pourriez pas l’associer à la prise de décision ? Pas en le laissant choisir seul bien sûr mais plutôt dans l’optique d’une décision familiale ?

le 11/10/2018 à 11h32 | Répondre

Mme Espoir

Oui, nous avons envisagé l’hypothèse des 2 prénoms, je l’évoque dans l’article. C’est même la seule chose dont nous sommes sûrs !

Pour ce qui est du choix, certains enfants savent très bien se faire comprendre. Dans ce cas, il n’y a pas trop de questions à se poser. Mais j’ai du mal à envisager demander son avis à notre futur enfant, d’une part parce qu’il y a la barrière de la langue, et que dans notre cas, il sera à mon avis trop petit pour vraiment comprendre les implications de tout ça. De plus, lui demander lui fera peut-être sentir que ses parents sont « perdus », et il a surtout besoin d’être rassuré et guidé.

le 11/10/2018 à 22h15 | Répondre

emma_chan

Déja je trouve très courageux d’aborder le sujet vu que c ets assez clivant. Pour moi ça me semble très étrange de changer le prénom d un enfant sauf tout petit bébé. Je crois que le prénom est compréhensible par un bébé dès ses six mois et c est un élément super constituant de son entité. Je trouve les arguments en faveur du changement un peu spécieux honnêtement. Si ton enfant n est pas caucasien, prénom ou pas il aura de toute façon des questions sur son origine de manière régulière au long de sa vie. Concernant les interactions avec autrui, toutes les interactions positives de sa vie d avant auront aussi eu lieux avec son prénom d origine. L’idée qu on impose ça a mon enfant si toute notre famille venait a disparaître (bon c est très improbable 🙂 me parait vraiment violente au niveau psy. Apres reste la question fondamentale que tu as soulevé celui de devenir le parent. Moi j ai l impression que tu deviens le parent sur la durée .Parceque tu te leves la nuit, que tu consoles que tu calines que la responsabilité c est toi. Et sinon pourquoi pas un surnom, un petit nom d’amour qui n appartiendra qu ‘à vous?

le 11/10/2018 à 13h19 | Répondre

Mme Espoir

J’avoue que dans notre famille nous ne sommes pas du tout surnoms. Je ne me vois pas en donner à mon enfant, j’aurais l’impression de me forcer (et pareil pour mon mari). D’autant plus qu’arrivé à un âge pas si avancé le petit surnom disparait.

Je pense honnêtement que nous n’aurons pas le même positionnement sur le changement selon que l’enfant soit un enfant maltraité, un enfant abandonné sans souvenir ou un enfant dont la famille est décédé. La psy qui nous a suivi pour l’agrément nous a donné un exemple marquant : des parents ont gardé le prénom de leur fils adopté à l’étranger en pensant bien faire. Au fur et à mesure, les choses se sont envenimées avec lui, ils ont eu énormément de problèmes. Et ils ont fini par découvrir que son prénom était le même que son père, un père extrêmement violent envers sa mère et lui-même, avec un passé de délinquance énorme. L’enfant portait vraiment son prénom comme un fardeau et avait tendance inconsciemment à « reproduire » ce que faisait son père qu’il ne pouvait pas oublier car il avait le même prénom. Certes, cela n’explique pas entièrement son comportement mais ça montre qu’il n’y a pas une solution unique et que beaucoup d’éléments sont à prendre en compte.

le 11/10/2018 à 22h37 | Répondre

Jess (voir son site)

Merci vraiment pour cette série d’articles ! Pour tout te dire quand j’ai compris quel était le dilemme, j’ai d’abord pensé comme le futur papa puis en lisant tes arguments, j’ai (une fois de plus) réalisé qu’en matière de parentalité tous les avis sont bons à prendre…
C’est drôle ce que tu dis à la fin, que tu as l’impression qu’en nommant ton enfant, tu deviendrais maman … Moi j’étais sûre qu’après l’accouchement j’aurais cet instinct que je n’avais pas eu pendant la grossesse et que là je deviendrais maman et puis pas du tout… c’est venu peu à peu et j’ai l’impression de ne toujours pas être au bout du chemin … après presque 3 ans je l’aime tous les jours de plus en plus et je prend fréquemment un peu plus conscience de la responsabilité que j’ai à son égard… Certains deviennent peut-être parent du jour au lendemain mais je crois vraiment que c’est la somme des fois où tu te lèves la nuit pour nettoyer du vomi, ou tu séches des larmes, ou tu resistes à l’envie de le jeter par le fenêtre quand il te tape une crise d’hystérie, où tu dis bravo 15000 fois pour un dessin à moitié réussi qui fait un parent (et là je ne te parle que de ce qui se passera en l’espace de 6 mois si vous adoptez un petit de 5 ans, imagine tout ce qui t’attend sur le temps d’une vie … je n’ai pas commenté mais j’ai lu ton article sur la rentrée de schtroumphette et je suis sûre que ce que tu as fait pour elle a renforcé le rôle d’adulte référent que tu as dans sa vie) bref …
beaucoup de blabla alors qu’en fait quand j’y pense vous avez deja fait tellement de choses pour cet enfant que les parents d’un enfant « biologique » n’ont pas connues que je crois que vous êtes déjà sur le chemin (et ce questionnement en fait partie, et au final lui laisser son prenom d’origine ou pas ce sera une décision que vous poserez sur papier, et donc aussi un acte concret)
Je retourne bosser et je croise les doigts pour vous, j’ai hâte de lire la suite de votre histoire ! Merci encore vraiment de la partager !

le 11/10/2018 à 13h49 | Répondre

Mme Espoir

Je suis assez d’accord sur le fait qu’on devient parents jour après jour. Beaucoup de parents adoptifs parlent justement de ce lien d’attachement parfois difficile à créer. Le mythe de la découverte magique avec l’enfant est justement un mythe, nombreux sont ceux qui se sont senti démunis en face à cet enfant étranger à eux.

Par contre il faut bien commencer quelque part et c’est pour cela que je dis que donner un prénom est symboliquement le point de départ de ma vie de maman qui se construira effectivement petit à petit.

le 11/10/2018 à 22h46 | Répondre

NINA

Je pense que l’on fait tous un peu comme on peut.Mon témoignage en tant que famille adoptive;mes enfants sont jumeaux garçon et fille.Ils sont arrivés en France à la veille de leur 6 ans.Prénoms difficiles:Bine et Bic.Très belle histoire derrière cela;la maman est allé au dispensaire et a vu une publicité pour des médicaments.Avec Oscorbine et Oscorbic ayez de beaux enfants.Elle les a prénommés comme ça.On l’a raconté plein de fois aux enfants pour leur montrer ce geste d’amour.Du coup je ne crois pas qu’ils aient été traumatisés par le changement.En adoption il faut dire dire et redire.Mais avec les enfants biologiques c’est pareil non?

le 11/10/2018 à 14h43 | Répondre

Mme Espoir

C’est vraiment une histoire très émouvante, je suis certaines que tes enfants adorent l’entendre !

Malgré cela, je comprends que vous ayez changé les prénoms, c’est difficile à porter… Avant d’adopter, vous aviez une préférence entre changer le prénom ou le garder ?

le 11/10/2018 à 22h50 | Répondre

Nina

Nous avions décidé de ne rien changer du tout.Mais la vie nous fait tout le temps évoluer n’est ce pas?Aucun regret sur le sujet.Cela restera une belle histoire dont on parle souvent.Les jumeaux ont aujourd’hui 20 ANS.

le 11/10/2018 à 22h57 | Répondre

Mme Espoir

Pardon, j’avais compris l’inverse. Mais du coup j’ai une autre question : est-ce que tes enfants ont eu des remarques désobligeantes sur leur prénom ? On sait que petits, les enfants se moquent facilement…

le 12/10/2018 à 11h59 | Répondre

NINA

Non on a bien changé les prénoms ;tu as bien compris.Les enfants communiquent très peu sur leurs anciens prénoms.Sauf avec les anciens de leur orphelinat que nous avons la chance de fréquenter et là nous retrouvons des enfants qui ont changé de prénoms ou pas.Et quelquefois nous nous trompons avec les prénoms des autres enfants.Je pense que c’est devenu naturel pour tout le monde!

le 12/10/2018 à 18h35 |

Annia

Mes parents qui ont adopté mon petit frère à 1 ans ont simplement francisé son prénom. Ils ont préféré garder le prénom choisi initialement, mais ont jugé que la prononciation allait être trop compliquée, donc l’ont francisé!

le 11/10/2018 à 15h25 | Répondre

Mme Espoir

C’est une hypothèse que j’aime beaucoup et qui en fait serait la plus simple et contenterait tout le monde. Cela ne se prête malheureusement pas à tous les prénoms…

le 11/10/2018 à 22h51 | Répondre

Banane

Je ne me suis jamais posé la question vraiment, et pourtant je suis entourée d’histoires d’adoption… c’est intéressant comme sujet!
C’est vraiment une histoire de famille, l’une des premières décisions de famille justement, comme pour les familles biologiques d’ailleurs. Certains vivront mal le changement, d’autres le fait de le garder, etc… difficile de prédire l’avenir. J’aime l’idée de renouveau, d’un autre côté changer de peau à ce point est-ce que ça veut dire que l’autre n’était pas digne d’être gardée? Mais finalement on l’appelait comme ça dans une autre langue, est-ce si gênant de changer de prénom en même temps que de vocabulaire?
Compliqué, mais passionnant.
Vous trouverez la solution en le/la trouvant lui/elle. 🙂

le 11/10/2018 à 17h34 | Répondre

Mme Espoir

C’est en effet loin d’être simple. Le plus important est de rester ouvert à toute éventualité et s’adapter à notre enfant. Car au final c’est lui qui nous fera déterminer notre choix !

le 12/10/2018 à 12h03 | Répondre

Madeleine

Et je trouve que ça dépend aussi si c est un prénom choisi par l orphelinat et l administration (à priori sans amour) ou si c est un prénom choisi par les parents biologiques (à priori avec amour) .

le 11/10/2018 à 18h23 | Répondre

Mme Espoir

Tout à fait. Je crois que dans la première hypothèse, même mon mari arriverait à envisager un changement, et dans la deuxième c’est moi qui accepterait sans doute de garder le prénom !

le 11/10/2018 à 22h53 | Répondre

La Piu

Article très intéressant comme toujours. Celui-ci me touche particulièrement car je suis une adoptée (tout bébé) de l’autre bout du monde et je pense avoir eu de gros, gros problèmes avec mon prénom qui ne m’a jamais plu.

Le chemin a été long pour l’accepter. Pourtant il s’agit d’un prénom facile à prononcer en français et oui il est joli et mélodieux en soi ; on me complimente souvent. mais c’est l’histoire qu’il y a derrière ce (non?) choix de la part de mes parents qui me gêne. Je suis la 3eme d’une fratrie dont les aînés sont les enfants biologiques de mes parents. En ayant un prénom venant de cet autre bout de la planète, j’ai l’impression qu’il ont continué de me différencier et je ressens ça comme une mise à l’écart supplémentaire. La couleur de ma peau est différente de celle de mes freres et soeur et lorsqu’on nous nomme simplement, on sait que le dernier prénom est différent. J’aurais tellement voulu gommer nos différences et pouvoir me « fondre dans la fratrie » incognito. Il a longtemps été dur pour moi d’accepter le fait que mes parents adoptifs n’aient pas anricopé ce point là, celui du prénom, je leur en ai longtemps voulu et demande 1001 fois de m’expliquer ce choix… Mais c’était il y a bientôt 30 ans et mes parents ont fait ce qu’ils ont pu avec ce qu’ils avaient. La seule réflexion étant de me donner un prénom qu’ils aimaient et qui soit « facile a porter » (point hyper subjectif) dans ma nouvelle culture.

Après, le point supplémentaire dans mon histoire et qui doit bcp jouer est que je suis jumelle (Mais ma jumelle est décédée à orphelinat qqes semaines après la naissance) du coup ça me donne l’impression d’être la moitié subsistante du binôme maintenant incomplet. J’aurais aimé qu’ils m’offrent une nouvelle identité, nouveau départ. Aujourd hui je leur ai pardonné et je vois tout ce qu’ils ont fait plutôt que de me focaliser ce qu’ils auraient pu faire différemment à mon goût. J’ai fait un long travail sur moi et ai compris ce souhait de mettre de côté ms différence et mes origines se manière plus générale. J’ai compris que je devais continuer d’exister en ne refoulant pas mon passé, mais en lintégrant a ma personne pour être plus forte et pour pouvoir devenir… nous devenons tous chaque jour et ce, adopté ou non… nous avons tous un passé adopté ou non…

Aujourd hui maman d’un 1er enfant et enceinte du 2eme, la question du prénom est un point hyper sensible: je remarque à quel point je veux que les prénoms soient accordés et qu’ils n’interpellent pas sur les origines de mes enfants métis… ils portent/porteront pourtant tous un prénom secondaire venant de mon pays natal. Peut-être auront-ils un jour envie de le mettre en avant et d’arborer fièrement cette partie de leurs origines ? Ce choix leur appartient pleinement et mon mari et moi les soutiendront dans leur désir et démarche… voilà j’avais envie de partager mon témoignage, forcément subjectif, mais ton post a suscité ce désir d’en parler.

Je ne doute pas que vous ferez le bon choix pour votre enfant. Vous êtes tellement soucieux et conscients de tous ces points sensibles. Bravo à vous. J’ai hâte de connaître la suite de votre aventure !

le 12/10/2018 à 05h37 | Répondre

Mme Espoir

Ton témoignage est très touchant et je te remercie vraiment de le partager.

Je ne sais pas quelle a été le cheminement de tes parents à l’époque, mais nul doute qu’ils ont fait ce qu’ils pensaient être le mieux. As-tu un second prénom qu’ils auraient choisi ? J’avoue que c’est un point fondamental pour nous de faire en sorte que notre enfant ait au moins un prénom choisi par nous, même s’il arrive en seconde position et n’est pas usité au quotidien.

Quant à la question de la fratrie, je ne m’étais pas posé la question de la différentiation de cette manière mais c’est vrai que ça interpelle. Par contre Schtroumpfette a un très joli prénom de fée, et je reconnais que j’ai un temps pensé à creuser dans cette veine pour relier les 2 enfants. Mais je n’ai rien trouvé qui aille malheureusement…

le 12/10/2018 à 12h14 | Répondre

La Piu

Oui, il y a un 2ème prénom qu’ils ont choisi. Mais leur histoire quant au cheminement n’est pas très claire et peut-être ne s’en souviennent-ils pas si bien : je crois qu’il s’agissait d’un prénom qu’ils aimaient bien mais qu’ils envisageaient de me donner au cas où ils n’auraient pas aimé mon prénom d’origine. Je crois aussi qu’il y a derrière ce 2ème choix la tradition et le soucis éviter les homonymies. Mes frères et soeur ont aussi des 2nd prénoms. Après, tjs est-il qu’il reste un vrai choix de leur part, il est personnel et j’aime le fait qu’il ne soit pas un prénom familial (je ressens moins de choix dans ces cas-la, lorsque c’est « simplement » une tradition. On aurait pu s’appeller autant Gilbert que Roland ou Bertrand…).

Je trouve que bcp se joue effectivement dans le choix du prénom. Le prénom c’est un grande part de l’identité, un marqueur social. C’est l’une de nos premières carte de visite avec notre physique, notre image extérieure.

A mes yeux, le plus important est de pouvoir expliquer à son enfant la raison de notre choix quel qu’il soit et de tout faire pour que la part d’amour dans cette recherche soit décelable.

Un prénom donné/conservé avec amour ne peut qu’etre beau. Et ça, ça me semble tout aussi important dans le cas d’enfants « naturels ».

Ce qui a sans doute pu me blesser dans le choix de mes parents est le sentiment que l’on prénom d origine ai été jugé suffisamment « joli et adapté » à la nouvelle culture pour être conservé.

Je trouve le geste rude que de « trier » les parts du passé/de l’histoire qui peuvent encore exister et celles qu’on aimerait changer (prénom, vêtement, habitudes alimentaires,…)

Somme toute, le cheminent des parents doit être un long labeur de réflexion. Une pesée permanente entre ce qui sera le plus aidant, le moins violent dans ce parcours de déracinement et puis de reconstruction familiale.

Me concernant, je trouve magnifique le geste de conserver le prénom d’origine en secondaire et d’en offrir un nouveau. Que lenfant soit naturel, adopté, il naît d’un même désir d’enfant du couple, de cette même part d’imaginaire et de rêve. Je crois que le prénom fait souvent partie de ce rêve initial.

Quant au prénom d’origine, il est la part d’histoire que l’adopté devrait pouvoir conserver sans être pour autant obligé de le dévoiler à la terre entière. Il y a de l’intime dans un prénom. Du coup, je trouve qu’il y a une telle délicatesse et intention dans ce geste qui respecte la pudeur de l’enfant adopté. Mais là encore, c’est mon vécu d’enfant adoptée toute petite qui parle (- de 6mois) et je n’ai jamais été entachée par mon prénom puisque je ne pouvais pas encore en avoir conscience.

Enfin, pour terminer ce pavé interminable, je dirais qu’il est sans doute intéressant de tenir compte s’il y a fratrie au préalable ou non chez les adoptants. Cela invite peut-être à mettre du lien quelque part et le prénom peut faire partie de ce liant. Je crois que sentiment d’appartenance est d’autant plus important dans le cheminement d’un adopté.

le 12/10/2018 à 13h39 | Répondre

Mme Espoir

Tout ce que tu écris est vraiment très intéressant. Ça m’ouvre des pistes de réflexion et je vais faire lire tout ceci à mon mari pour qu’il puisse également se faire une idée de tout ce qu’il peut y avoir un prénom. Merci beaucoup !

le 16/10/2018 à 09h03 | Répondre

WorkingMutti (voir son site)

Lorsque j’avais 14-15 ans, je m’étais écrit une lettre à mon futur moi pour me supplier d’utiliser un prénom bien précis. Je l’ai donné à mon troisième enfant parce qu’il me plait toujours autant ;). Et gros coup de chance il plaisait à chéri aussi.

le 12/10/2018 à 09h49 | Répondre

Mme Espoir

C’est effectivement une chance car mon mari et moi n’avons pas forcément les mêmes goûts en la matière.

le 12/10/2018 à 13h15 | Répondre

Abby

Salut
J’ai adopté ma fille. Depuis toujours j’avais un prénom féminin adoré que j’allais donner à mon enfant s’il arrivait un jour. Et franchement quand on nous a présenté notre fille, avec son beau prénom de naissance , Ca a été un dur choix! Le sien lui allait si bien parce que c’était elle! Cela faisait partie de sa vie d’avant, Ca lui allait bien.. elle porte aujourd’hui le prénom qu’on avait dans notre cœur depuis toujours parce que c’est l’histoire qu’on a envie de lui transmettre. Ce sont ses nouvelles racines. Cela veut dire beaucoup pour nous. Par contre nous avons gardé en second le sien. De naissance. Parce qu’il est magnifique et quil lui va bien. Et parce que c’est son identité. Des fois je me surprend à douter. Est ce qu’on a fait le bon choix? Les deux théories se tiennent. Moi j’aime bien l’idée de lui donner un prénom qui vient de nous. Comme un cadeau qui lui est fait. Et du coup une nouvelle appartenance à une famille. C’est beau d’offrir un prénom à son enfant. Quand elle sera grande si elle est intriguée je lui dirai ca. Que c’était ma façon à moi de la mettre au monde. Et puis y’a la théorie du « je garde son prénom ». Pourquoi pas. Car il ne faut pas renier son passé. Son histoire. Mais son histoire elle va vivre avec tous les jours. On en parle. Ca n’enlève rien. Sauf que son prénom c’est le lien qu’elle a Avec nous ses parents. C’est une petite complicité en plus.
Choix difficile. Il faut faire comme ton cœur te dit. N’écoute personne.
Cela dit peut être que les services sociaux te conseilleront de garder son prénom d’origine en second.

le 13/10/2018 à 23h03 | Répondre

Mme Espoir

Ce qui rend le choix si difficile c’est que les deux points de vue se tiennent ! Il n’y a pas un bon choix et un mauvais… Au final ce sera bien à nous de faire ce qu’on pense être le mieux.

Pour les services sociaux c’était assez amusant de voir que l’assistante sociale pense qu’il vaut mieux garder le prénom d’origine et que la psy est plus nuancée. Elles nous ont donné beaucoup d’exemples de cas différents pour nous interpeller sur le sujet.

le 16/10/2018 à 09h10 | Répondre

SI TU SOUHAITES RÉAGIR C'EST PAR ICI !

As-tu lu notre Charte des commentaires avant de publier le tien ?