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Le point allaitement de Camomille : allaiter, tout simplement


Publié le 14 juillet 2017 par Camomille

Cet été, les chroniqueuses de Dans Ma Tribu ouvrent leur cœur et te disent tout tout tout… sur l’allaitement ! Régulièrement, une chroniqueuse viendra t’expliquer ses choix sur l’allaitement, artificiel ou maternel, subi ou choisi, grande fierté ou grosse culpabilité, elles ne te cacheront rien !

Aujourd’hui, c’est Camomille qui fait son bilan sur ses allaitements…

Cet article, ça commence à faire quelques temps que j’ai envie de l’écrire. Pour donner un message d’espoir à celles qui n’ont pas réussi à allaiter ou n’ont pas vécu un allaitement serein… et qui en gardent une amertume : Ne baisse pas les bras si un autre bébé arrive !

Crédit Photo : Anton Nosik

Je suis bien placée pour savoir que non, allaiter, ce n’est pas simple. Lorsque j’ai accouché d’Alphonse il y a quatre ans l’allaitement était pour moi une évidence. C’est vrai, la littérature vend du rêve : relation privilégiée avec bébé, bébé moins malade, perte de poids plus rapide pour la maman… Sauf que non. Alphonse n’a jamais voulu téter. Je me suis acharnée les 10 premiers jours à essayer et ré-essayer la mise au sein, regardant mon bébé perdre du poids. Lui, il hurlait. Je n’ai compris que bien après qu’il avait faim… Un jour, j’ai craqué. Et ma mère, qui était venue m’aider à déclarer « ça suffit, je vais acheter du lait et des biberons », et elle avait raison.

Pour Ernestine, j’en avais parlé ici il y a deux ans (mon dieu que le temps passe vite !). Pour la faire très simple, j’ai réussi à allaiter ma petite fille pendant presque 6 mois, mais que ça a été dur ! Un allaitement serein ? Ben voyons ! Une relation indescriptible ? Une tétée câlin ? Inconnues au bataillon !

Et puis, en mars dernier, j’ai accouché de Gustave (j’y reviendrais peut-être, je sais que l’ordre de mes articles ne répond à aucune logique !) Un beau bébé de 4,2 kg. Je me suis tout de suite fait une raison : je n’arriverai pas à l’allaiter. C’est bien connu, allaiter des gros bébés c’est plus difficile, ils ont besoin de plus de lait dès le début. Ah bon ? m’a répondu l’auxiliaire de puériculture dans la salle d’accouchement. C’est n’importe quoi, gros ou pas gros, les difficultés de l’allaitement sont les mêmes. Je ne l’ai pas crue, mais j’ai mis Gustave au sein. De toute façon, je voulais tenter l’allaitement quelque soit le gabarit de mon bébé. Il a mis un peu de temps à trouver le sein, mais quelques minutes plus tard, c’était bon !

Je ne te cacherai pas que les débuts ont été durs. Mais qui a des tout débuts faciles ?! J’ai trouvé le temps de la montée de lait très désagréable. Gustave avait faim, il pleurait beaucoup et passait presque tout son temps au sein. J’avais les tétons en feu. Je serrais les dents à chaque mise au sein, c’est à dire presque en permanence. Toutes les nuits je le donnai à la pouponnière pour dormir un peu et je leur disais : « surtout vous lui donnez un bib ! » C’est ainsi que les 3 nuits que j’ai passé à la maternité Gustave a eu un complément, et le reste du temps il était scotché à moi.

Et puis j’ai eu ma montée de lait. Comment je l’ai su ? L’infirmière me l’a dit, je ne m’en étais pas rendue compte ! Les seins gonflés, qui tirent ? Le lait qui ruisselle, à s’en retrouver trempée la nuit ? Pas cette fois là ! Cette fois, tout a été simple, j’ai presque envie de dire inné.

Je suis rentrée à la maison avec un bébé qui avait retrouvé son poids de naissance et qui tétait sans problème. Pour ne pas que mon sein devienne une tétine géante, j’ai tout de suite chronométré les tétées : pas plus de 12 minutes par sein. Je sais que ce ne sont pas les recommandations, mais c’est un rythme qui nous allait à tous les deux, et que je continue d’appliquer. On lui donnait ensuite le petit doigt à téter pour satisfaire son besoin de succion (et quand je vois le temps qu’on passait avec le petit doigt dans sa bouche, immobile sur le canapé à ne rien pouvoir faire je suis contente que mon mari pouvait me relayer !!!) Au niveau des douleurs, j’ai eu de vives douleurs au mamelon pendant une semaine à peu près, peut-être 10 jours. Et tout est rentré dans l’ordre. Comme ça, tout simplement, sans rien faire de particulier.

A un mois de vie, il était à 8 tétées par jour. Il a fait ses nuits à 2 mois et demi. Et maintenant, à 3 mois et demi il est à 6 tétées par jour. Je t’avouerai que la relation fusionnelle décrite dans tous les livres m’est toujours inconnue. En tout cas, je n’ai pas l’impression que ma relation soit différente de celle que j’avais avec Alphonse en lui donnant le biberon. En revanche, je veux témoigner que chaque allaitement est différent et même si tu as l’impression d’avoir raté le précédent, tu peux avoir un allaitement simple pour le bébé suivant. Maintenant je ne me pose plus de question, je sais qu’il tète toutes les 3h environ, et surtout je peux le nourrir où je veux. Quand je me déplace avec lui, je prends 3 couches et 2 langes et c’est tout.

C’est pour moi tellement simple que je commence à envisager de continuer en mixte quand je reprendrai le travail !

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Commentaires

13   Commentaires Laisser un commentaire ?

Gwen

Quand je lis des témoignages sur des allaitements qui ne fonctionnent pas je me pose toujours la question « comment une maman peut-elle laisser hurler son bébé de faim juste parce qu’ELLE a décidé que ce serait le sein et non le biberon? » Je ressens un pincement au coeur en imaginant ce petit être qui veut juste pouvoir manger et qu’on lui refuse sous peine qu’il faille persévérer pour que l’allaitement fonctionne enfin… Ce n’est pas une critique, j’essaye juste de comprendre ! Bon le principal c’est que tu ai réussi au bout du troisiéme et que ça continue 😊

le 14/07/2017 à 07h34 | Répondre

Die Franzoesin (voir son site)

Euh pour avoir été un peu dans ce cas je précise deux choses : la première c’est qu’on n’est pas forcément sûre sur le moment que ce soit de la faim… besoin de succion, pleurs de décharge, coliques… parfois on doute et du coup on hésite à passer au biberon – avant que généralement une pesée catastrophique ne vienne mettre le doigt sur le problème. Par ailleurs on dit souvent que si le bébé pleure et tête plus souvent la lactation va s’adapter et augmenter naturellement donc parfois on attend un peu avant de réagir trop vite et de donner un biberon. Voilà juste pour expliquer que parmi les mamans allaitantes en difficulté que j’ai rencontrées jusque là je crois n’en avoir vu aucune qui laissait son bébé avoir faim vraiment volontairement 🙂 . C’est plus compliqué que ça sur le moment…

le 14/07/2017 à 09h37 | Répondre

Claire

Au delà de problèmes spécifiques, les moments critiques (montée de lait/pic de croissance) sont des caps difficiles à passer mais font parti du processus normal de l’allaitement depuis des millénaires. Je sors du pic de croissance du 10 ème jour, ça a été très dur de voir mon bébé s’énerver sur un sein vide mais ça a été transitoire et ce matin tout se passe de nouveau de manière très sereine. Heureusement j’ai été soutenue notamment par mon mari et non pas encouragée à donner un bib sous prétexte que j’affamerai mon enfant…

le 14/07/2017 à 11h38 | Répondre

Camomille (voir son site)

Tout simplement parce que cette maman ne comprend pas que son bébé a faim. Comme le dit Die Franzoesin, tout le monde nous dit qu’un bébé pleure beaucoup et qu’il peut y avoir plein de raisons…

le 15/07/2017 à 21h43 | Répondre

Die Franzoesin (voir son site)

Merci pour ton témoignage Camomille !! Bon même si ça me désespère un peu tu crois que je vais vraiment devoir faire un BB3 pour avoir un allaitement serein 😉 ? En tout cas de savoir que ton bébé a été complémenté avant la montée de lait m’intéresse beaucoup !

le 14/07/2017 à 09h39 | Répondre

Camomille (voir son site)

Bien sûr que tu feras un bébé 3 🙂
Et oui, comme je l’écris ma 2ème et mon 3ème ont eu un bib de complément par nuit pendant mon séjour à la maternité, et ce n’est pas moi qui le donnait puisqu’ils étaient à la pouponnière. Et je suis persuadée que ça a participé à la bonne mise en place de mon allaitement. Pour eux, il mangeait bien (environ 30 mL) ce qui leur permettait de bien dormir ensuite et être en pleine forme pour la mise au sein. Et pour moi parce que ça me permettait de dormir quelques heures d’affilées et d’être plus dispo pour eux ensuite.

le 15/07/2017 à 21h47 | Répondre

Marjo

Bonjour !
« Mais qui a des tout débuts faciles ? »
Euh, des tas de gens ? Dont moi. Je ne cherche pas la a me vanter ou a culpabiliser, mais cettz tournure de phrase et d’article laisse entendre que de toute façon on en chie pour allaiter. Avant d’accoucher j’étais à deux doigts de ne même pas tenter à cause de la peur des difficultés et de la souffrance. Heureusement que je ne me suis pas découragée car rien de tour ça ne m’est arrivé ! Ma puce a tété super bien dès le debut sans douleur sans pleurs sans difficultés toute les 3h d’elle même, et je ne ruisselais pas ou que sais-je… Bref, c’est quand même dommage de faire croire ça, Heureusement chaque allaitement est différents a tous les points de vue !

le 15/07/2017 à 10h56 | Répondre

Camomille (voir son site)

Et bien tu as bien de la chance. Mais dans mon entourage, toutes celles qui ont tenté l’allaitement n’ont pas trouvé facile les 2 3 premiers jours. C’est pour ça que j’ai écrit ça. Si ton bébé tétait dès la naissance toutes les 3h même avant la montée de lait… je ne savais même pas que c’était possible !

le 15/07/2017 à 21h50 | Répondre

Marjo

Il y a a boire avant le lait quand même, le colostrum suffit aux tout petits petits. Cela dit, je reconnais que la régularité de ma fille a ses débuts ne doit pas être banale car on a eu des remarques des puer de la maternité. Moi ce qui me gêne c’est surtout le discours sur la souffrance et la difficulté, reconnaître qu’elle est présente est une nécessité pour toutes celles qui le vive clairement, mais je trouve important de ne pas utiliser ce genre de propos qui tende a rendre ça systèmatique. Laissons donc une lueur d’espoir…

le 16/07/2017 à 19h11 | Répondre

Doupiou

Ton article fait vraiment écho en moi. J’ai baissé les bras après 72h d’allaitement au sein. Je pleurais à chaque tétée tellement la douleur était forte. Je voyais mon sang se mélanger au lait dans le bout de sein en plastique. C’était l’horreur !
Et puis j’ai trouvé mon salut dans le tire-lait et dans l’allaitement mixte.
Je ne suis pas encore enceinte de mon deuxième enfant que déjà, le souvenir de l’allaitement me revient. Je ne suis pas sure de vouloir tenter l’allaitement pour ce second bébé. Bien sur, je me connais, je verrais le moment venu. Mais pour l’instant cet allaitement raté me fait dire que je ne suis pas faite pour ça.
Alors merci pour cet article plein d’espoir !

le 17/07/2017 à 08h46 | Répondre

Madame D

Meme moi qui est 2 allaitement parfait je n’ai pas trouvé ça agréable les premiers jours. En plus chaque mise au sein signifiait contraction (ou tranché). Mais le reste parfait. Et si au début je trouvait bizarre que tu chronomètre Gustave et bah plus maintenant. J’ai remarqué que PetitLion passait en général 8 à 12 min au sein. Quand c’est plus long il ne mange pas vraiment en fait.

le 17/07/2017 à 09h27 | Répondre

Croco

La seule difficulté dont je me souvienne, c’est la monté de lait la cinquième nuit, toute seule à la maison (et la pression mise à l’hôpital pour que mon petit bonhomme de 2,85 kg reprenne son poids de naissance tout de suite).
Et je ne peux que t’encourager à poursuivre l’allaitement après la reprise du boulot. J’ai adoré l’allaitement entre 9 et 18 mois, quand il ne tétait plus que matin et soir, et une fois de temps en temps quand quelque chose n’allait pas (et quel soulagement de ne pas se prendre la tête quand il nous a fait une gastro, le lait de Maman semblait lui suffire). Et en plus, j’ai même pu recommencer à boire un peu d’alcool, mine de rien, c’est appréciable après un an et demi de « privation » !

le 17/07/2017 à 13h11 | Répondre

Matricaire (voir son site)

Merci pour l’article bien rédigé et scientifique, et un très grand merci pour focus sur les effets indésirables que beaucoup d’autres sites web néglige.

le 20/09/2017 à 19h16 | Répondre

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