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Le point allaitement de Madame Fleur : ce n’est pas pour moi !


Publié le 15 septembre 2017 par Madame Fleur

Cet été, les chroniqueuses de Dans Ma Tribu ouvrent leur cœur et te disent tout tout tout… sur l’allaitement ! Régulièrement, une chroniqueuse viendra t’expliquer ses choix sur l’allaitement, artificiel ou maternel, subi ou choisi, grande fierté ou grosse culpabilité, elles ne te cacheront rien !

Aujourd’hui, c’est Madame Fleur qui fait son bilan sur son allaitement.

Lorsque je suis tombée enceinte et pendant les deux premiers trimestres de ma grossesse, il y avait deux questions qui revenaient constamment : « tu penses prendre la péridurale ? » Et, « est-ce que tu vas allaiter ? » À ces deux questions, je répondais invariablement que je verrais le moment venu (ce que j’ai fais d’ailleurs).

Pour l’allaitement, je le répétais, je voulais essayer, mais si cela ne fonctionnait pas pour x ou y raison, je n’en ferais pas tout un plat ! Personnellement, je ne vois aucun inconvénient à utiliser des biberons.

Lors de mon dernier trimestre de grossesse, j’ai eu un cours de préparation à l’accouchement dédié à l’allaitement. Je n’avais pas changé d’avis, en y allant et en écoutant les conseils de la sage femme. Seulement, en sortant du cours, je me suis mise à repenser à ce qu’elle nous avait expliqué et j’ai pris conscience de quelque chose. En fait, je n’étais plus très sure de vouloir un allaitement exclusif. J’en ai parlé avec mon mari qui, en me laissant prendre la décision, m’a soutenu. Lors de notre dernier cours de préparation à l’accouchement, j’en ai parlé avec ma sage femme, en lui expliquant que je sentais que l’allaitement exclusif ne me conviendrait pas et que je souhaitais envisager un allaitement mixte. Elle m’a donné quelques conseils, notamment celui de débuter par un allaitement exclusif pendant deux semaines, avant d’introduire les biberons.

Crédit photos (creative commons) : Mariagarzon

À la maternité

Avant mon accouchement, on m’a demandé si je souhaitais allaiter (j’avoue avoir eu un léger temps d’hésitation), j’ai finalement répondu que oui. J’ai ainsi pu faire la tétée d’accueil et ensuite …Ben ensuite rien ! Je n’ai eu aucun conseils sur la manière dont je positionnais ma fille au sein, ni quoique ce soit d’autre. On m’a juste dis de la mettre au sein le plus souvent possible, information qui m’avait déjà été donnée par ma sage femme lors des cours de préparation à l’accouchement. Pleine de bonne volonté, je me suis donc exécutée du mieux que j’ai pu et j’avais l’impression que tout se passait plutôt bien.

Lors de ma deuxième nuit à l’hôpital,  on m’a dis sans grandes précautions pour ma sensibilité que j’avais fait du mal à ma fille en lui donnant le sein aussi souvent ! Tu imagines bien que j’ai passé une bonne partie de la matinée à pleurer dans les bras de mon mari, et une bonne partie de la soirée à angoisser pour la nuit suivante.

D’autant que le jour suivant, j’ai eu ma montée de lait et que j’ai dégusté ! Ma fille avait du mal à prendre le sein correctement en raison de l’engorgement et j’ai commencé à avoir des crevasses très douloureuses. Une des sages femmes m’a apporté des bouts de sein pour que je puisse faire téter ma fille, ce qui m’a un peu soulagé. Pour autant, ce qui était une solution temporaire s’est rapidement transformée en solution permanente. Impossible pour moi de faire téter ma fille sans, sous peine de crevasses.

De retour à la maison

Ma sage femme est venue à la maison pour la visite post natale. Lorsqu’elle a pesé Petit Bourgeon, nous avons constaté qu’elle n’avait presque pas pris de poids depuis notre sortie de la maternité, trois jours plus tôt. Elle a corrigé ma position et m’a donné quelques conseils pour améliorer les choses. Elle nous a proposé de revenir le lendemain pour peser notre fille et voir si ses conseils avaient porté leurs fruits.

Franchement, j’étais un peu désespérée à ce moment là (la chute d’hormones n’aidant sans doute pas) et j’ai vraiment souhaité que ma fille ne prenne pas de poids pour pouvoir abandonner l’allaitement sans me sentir coupable de quoi que ce soit.

Il n’en a rien été puisque mon Petit Bourgeon a finalement décollé niveau poids ! J’ai donc continué en appliquant scrupuleusement ce qui m’avait été conseillé. J’ai eu beaucoup de soutien de mon mari et aussi des copinautes. Je ne peux que les remercier, j’aurais sans aucun doute abandonné au bout de quelques jours sans leurs encouragements et conseils. Au bout d’une semaine supplémentaire, j’ai pu constater que ma fille prenait du poids correctement et que l’allaitement était bien en place.

Et ensuite ?

Là où le bât blesse, c’est que je n’aime pas allaiter ! Mais alors, pas du tout ! Je ne ressens pas ce moment de complicité les yeux dans les yeux que l’on m’avait vendu, ce lien qui se noue entre mon bébé et moi. Ce serait même plutôt l’inverse. Je vis l’allaitement comme une contrainte qui conditionne mes journées et m’empêche d’avoir les quelques moments de liberté dont j’ai besoin pour être une maman épanouie. Je n’arrive pas à allaiter devant tout le monde (par gêne et pudeur) et cela me bloque dans de nombreuses sorties. D’autant que je n’ai pas réussi à supprimer les bouts de sein et soyons honnêtes pour la discrétion et la pudeur, on repassera. Cela me culpabilise d’avoir cette responsabilité vis à vis de mon enfant et d’être la seule à la porter (si elle ne prend pas de poids, je serais la seule que l’on pourra blâmer).

Et puis, cela paraîtra peut être très égoïste, mais j’ai envie de retrouver mon corps pour moi toute seule. J’en ai marre de porter toujours les mêmes vêtements qui se retrouve invariablement trempés de lait.

J’ai beaucoup culpabilisé par rapport aux copines qui souhaitaient plus que tout, avoir un allaitement réussi et dont ce n’était pas le cas, alors que moi tout se passait hyper bien, mais que je ne souhaitais pas poursuivre !

Mais voilà, finalement, je pense qu’il est préférable pour mon Petit Bourgeon que nous ayons une relation sereine au biberon plutôt qu’une relation imposée avec un allaitement subit de mon côté. J’ai donc entamé un sevrage tout en douceur plutôt qu’un allaitement mixte, et je n’y trouve que des avantages !

Comment s’est déroulé ton allaitement ? As-tu souhaité tenter l’allaitement mixte ? Comment cela s’est-il passé pour toi ?

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Commentaires

14   Commentaires Laisser un commentaire ?

minnie

Bonjour, maman d’un petit mec de 3 mois, je me retrouve dans le manque d’aide à la maternité. Seul conseil : il faut le nourrir à la demande. Mon bébé est resté plus de 24h sans manger et malgré une montée de lait, je n’ai finalement pas réussi à lui apporter assez. Il ne prenait que peu de poids et la PMI n’a pas arrangée ma culpabilité :  » votre bébé ne prend pas assez de poids, il fait très chaud, il faut le mettre au sein avant qu’il ne réclame » et de rentrer chez moi en pleurs (merci les hormones !). Après 6 semaines, on a commencé les biberons progressivement et j’ai enfin pu retrouver une certaine sérénité.

le 15/09/2017 à 08h53 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

Oui la vague de chaleur du mois de juin a je crois tué plus d’un allaitement.
J’avoue que dans mon cas, je me suis vraiment acharnée pendant ces deux premières semaines. Mais la pression était trop forte.

le 16/09/2017 à 14h03 | Répondre

Embryonicjourney

Je me retrouve dans ce témoignage. N’ayant pas assez de lait j’ai abandonné au bout d’une semaine. Je n’aimais pas allaiter et j’avais un gourmand qui réclamait. pour moi il y avait tout autant de complicité avec un bib et voir papa donner le bib avec amour ça n’a pas de prix !

le 15/09/2017 à 09h58 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

J’ai adoré voir mon bebe nourris par son père !
J’adore lui donner son biberon, je peux lui faire plein de bisous !

le 16/09/2017 à 14h05 | Répondre

Albertine (voir son site)

Je me retrouve dans ton article sur le postulat de départ, je m’étais dit exactement pareil : si ça marche tant mieux et sinon… tant pis 🙂 Je trouve quand même très choquant le discours de la maternité, décidément ils n’étaient pas à la hauteur. Finalement ton récit est très positif puisque tu as pu « essayer » l’allaitement jusqu’au bout et ensuite passer au biberon en toute connaissance de cause et sans regret ! C’est vraiment chouette 😉

le 15/09/2017 à 10h17 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

J’ai vraiment pu essayer et j’ai meme fini par aimer.
Quand j’ai écris l’article, je venais de commencer les biberons mais je suis ensuite vraiment passé en mixte ! J’en parle sur mon blog la semaine prochaine.

le 16/09/2017 à 14h06 | Répondre

Melinda

Je comprends bien cet article même si j’allaite mon premier enfant. Ça fait 3 mois et demi, ça se passe vraiment bien, donc au lieu de la sevrer pour la reprise du boulot, je vais essayer de caler un allaitement mixte. En effet, je n’ai pas envie de me passer du côté pratique du sein qui me permets d’allaiter partout (enfin presque, parfois un reste de pudeur m’arrête) ni de la facilité à calmer mon bebe avec une tétée câlin.
Cela étant dit, j’ai eu des moments où je me suis sentie asservie par cet allaitement (d’après les mots de Sarabi), ou j’aurais aimé retrouver mon corps, mes vêtements, ne plus être trempée de lait le matin… J’ai parfois trouvé ça dur, comme l’explique si bien madame fleur, d’être la seule responsable de la prise de poids de bébé. Finalement, j’ai progressivement lâché prise pour bien mieux le vivre.
Je raconte à mes amies qui vont accoucher et qui souhaitent allaiter, qu’au delà des débuts qui ne sont pas toujours simples, il faut être consciente que l’allaitement nécessite un don de soi auquel on n’est pas habituée, et qui se rajoute à toute l’attention que demande un nouveau né. En fonction des caractères de chacune, cela peut ne pas être bien vécu.

le 15/09/2017 à 10h27 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

Cest quelque chose dont jàvais effectivement conscience ma sage femme ayant été hyper claire là dessus. Et j’avoue les deux premières semaines c’était l’horreur. Comme je disais dans un autre commentaire la conclusion de l’article est étonnée car au final, j’ai continué en mixte et ce avec énormément de plaisir !

le 16/09/2017 à 14h08 | Répondre

Mlle Mora

Je te déculpabilise direct : j’ai jamais voulu allaiter parce que mes seins, c’est mes seins, : ils avaient déjà bien morflé pendant les grossesses, alors no way d’avoir des crevasses en plus..;
et effectivement j’avais aussi envie d’avoir du temps pour moi et me « décharger » sur mon mari en le laissant donner le biberon autant que moi. Est-ce qu’au final mes filles sont malheureuses ? Nan, je crois pas, elles sont hyper calines avec moi depuis toujours parce que le fameux lien on l’a construit même avec le biberon, et elles l’ont aussi avec leur père…
Au moins tu n’as aucun regret car tu as essayé, mais tu as bien le droit de ne pas aimer !

le 15/09/2017 à 13h59 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

Merci beaucoup pour ce gentil commentaire.

le 16/09/2017 à 15h01 | Répondre

hecate18

Je suis choquée par le discours qu’on t’a tenu à la maternité (comment peut-on faire du mal à un bébé en lui donnait le sein ?). Pour moi aussi, j’ai du me débrouiller seule à la maternité car les seuls conseils que j’ai eu c’est : il faut la mettre souvent au sein et il faut qu’elle ait une bonne position (hum… ça je m’en doutais un peu). Finalement j’ai eu de la chance car ma fille a toujours bien pris le sein (ce qui ne m’a pas empêchée d’avoir des crevasses très douloureuses). Elle a 3 mois et je l’allaite toujours exclusivement mais je me retrouve dans ta phrase qui parle de la culpabilité en cas de soucis de poids. Depuis que j’ai repris le boulot, elle boude le biberon en journée et tête uniquement à mon retour. Mon médecin m’a dit d’arrêter de donner le sein car c’est moi qui introduit une confusion et qui fait qu’elle ne veut pas du biberon (euh, c’est plutôt le biberon qui la perturbe pas mon sein mais bon…). Depuis 2 semaines, j’attends que la situation s’arrange mais c’est difficile de vivre avec ce poids sur les épaules. En tout cas, je suis ravie que tu aies pu faire ton choix sans pression et surtout qu’il te convienne 😉

le 15/09/2017 à 16h40 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

J’avoue si je n’ai pas été hyper bien entourée à la maternité, j’ai la chance d’avoir une famille au top et des amies qui m’ont beaucoup soutenue.

le 16/09/2017 à 15h03 | Répondre

clarisse

Evidemment si tu n’as pas été plus aidée que ça, c’est compréhensible que tout ça t’ai paru insurmontable. Je crois que c’est un peu aussi une culture familiale, parce que dans mes copines, pour certaines l’allaitement était une évidence (c’était le cas pour moi, et crois moi ça aide à surmonter pas mal de difficultés) pour d’autres une possibilité et pour d’autres encore plutôt une contrainte Pas besoin de te dire que si moi j’allaite encore ma fille de 3 ans (et que oui, parfois j’aimerais bien être moins indispensable!), toutes celles pour qui l’allaitement n’était qu’une option ont arrêté bien plus tôt. Tout dépend aussi évidemment de ton bébé, la mienne était une bonne téteuse depuis le début, et ma conviction absolue que l’allaitement était la clé m’a permis de passer outre la petite prise de poids des premiers jours. Mais comme toutes je te dirais que le principal c’est d’être en accord avec soi même. Tu as essayé, ce n’était pas ton truc, c’est mieux de donner un biberon avec plaisir que d’allaiter à contrecoeur!

le 16/09/2017 à 09h51 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

Pour tout dire, ma fille n’est pas une mauvaise teteuse cela ne me correspondait pas.
Comme je le disais plus haut, après l’écriture de l’article j’ai trouvé un équilibre en mixte pendant deux mois. Et du coup j’ai adoré ces moments. J’en parle sur mon blog la semaine prochaine !

le 16/09/2017 à 15h06 | Répondre

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