Vivre en famille : le bonheur, le bazar... et tout le reste !

Le point allaitement de Mélimélanie : le deuxième n’est pas toujours plus facile


Publié le 28 juillet 2017 par Melimelanie

Cet été, les chroniqueuses de Dans Ma Tribu ouvrent leur cœur et te disent tout tout tout… sur l’allaitement ! Régulièrement, une chroniqueuse viendra t’expliquer ses choix sur l’allaitement, artificiel ou maternel, subi ou choisi, grande fierté ou grosse culpabilité, elles ne te cacheront rien ! 🙂

Aujourd’hui, c’est Melimelanie qui fait son bilan sur ses allaitements…

J’étais déjà venu te parler de mon allaitement avec Petit Habitant mais une fois bien lancé et avec la reprise du travail.

Je ne t’ai jamais parlé, en détail, du début de mon allaitement que j’avais trouvé catastrophique (j’ai rarement eu aussi tord…).

Aujourd’hui je suis maman d’une deuxième merveille et je souhaite, comme pour mon aîné, mettre en place un allaitement maternel. Mais on se dit tout (je ne te cache rien) je galère grave.

Mais reprenons par le début…

Le lancement de l’allaitement de Petit Habitant

Petit Habitant s’est pointé avec un mois d’avance comme tu le sais.

L’accouchement a été long et il a souffert sur la fin. Il est sorti aux spatules et son score d’Apgar n’était vraiment pas terrible à la naissance. (Le score Apgar est une évaluation de la vitalité d’un nouveau-né au moment de sa naissance – Merci Wikipédia)

Par conséquent on l’avait beaucoup embêté mon petit loulou et, face à ses difficultés pour respirer, et sa glycémie trop basse à la naissance, il est vite rentré dans un protocole de néo-nat avec gavage au lait enrichi.

Quand on me l’a ramené trois heures après en salle de naissance il avait déjà mangé et dormait comme un bienheureux. Du coup la tétée d’accueil était passé à la trappe…

Revenue dans la chambre j’avais assisté, impuissante, les 24h premières heures au balai des auxiliaires de puériculture qui venaient toutes les deux heures mesurer sa glycémie et presque dans la foulée lui administrer à nouveau du lait enrichi (à la seringue) sans même me demander mon avis.

Du coup, Petit Habitant était un bébé ultra calme qui dormait énormément et n’était pas du tout réceptif quand j’essayais de le mettre au sein.

Au bout d’un moment, face à ce manège, j’ai quand même réussi à trouver du personnel soignant à l’écoute de mes demandes concernant l’allaitement maternelle. Mais, en fonction des équipes, ils étaient plus ou moins réceptifs et avaient tendance à ne réagir que face à cette fichue valeur de la glycémie.

A la fin du deuxième jours de vie de Petit Habitant, face à mon désespoir, une amie m’avait mis en contact avec une intervenante de la Leche League. Elle est venue me voir à la maternité dans la foulée pour me donner pleins de conseils, que je me suis empressée de mettre en place.

Puis une des équipes de nuit m’a apporté un tire-lait pour aider à ma monter de lait et que le lait donné à la seringue devienne ainsi mon lait.

Vers J3 avec les conseils de la conseillère en lactation Petit Habitant arrivait a téter (même si il avait besoin d’un bout de sein sur mon sein droit ou il avait du mal à attraper le mamelon).

A J4 les compléments de lait à la seringue était mon lait (et de moins en moins nécessaire).

Au final lors de notre sortie au cinquième jour l’allaitement était lancé et Petit Habitant a su téter sans le bout de sein moins de 10 jours après.

Je me disais qu’avec cette première expérience j’avais les armes pour affronter un deuxième allaitement maternel. Et puis Petit Excité est arrivé.

L’allaitement de Petit Excité

L’accouchement a été bien différent et contrairement à son grand-frère Petit Excité est sorti comme un boulet de canon, en plein forme.

Pas de séparation, il est resté avec moi tout de suite et on a tenté la tétée d’accueil immédiatement… mais rien.

Malgré mes nombreuses tentatives dans les heures qui ont suivi, impossible de le mettre au sein.

Comme il était en plein forme et très tonique pour le coup l’équipe médical me foutait une paix royale. Et quand j’ai commencé à m’inquiéter qu’il n’ai toujours pas tété plus de 24h après sa naissance on m’a calmement répondu qu’il allait s’y mettre et qu’il devait juste ne pas avoir faim…

Au bout de 48h, il n’avait toujours pas tété, et n’avait eu que les quelques gouttes de colostrum que j’avais réussi à lui faire couler dans la bouche en l’exprimant manuellement. Sauf que je me suis vite rendu compte que ce n’était pas une question de faim, il était littéralement affamé, juste il ne savait pas téter.

He oui, avec son mois d’avance (je t’ai dit que j’avais des grossesses de 8 mois?), j’ai clairement vu qu’il n’était pas capable d’attraper le sein pour se nourrir.

C’est à ce moment là que j’ai, avec la fatigue, un peu commencé à vriller et que j’ai décidé de prendre les choses en mains (vu que clairement l’équipe médical ne m’était d’aucune aide la dessus).

Je savais parfaitement que sans montée de lait il n’arriverait pas à téter (comme son frère en fait). S’il n’arrivait pas à téter (ou a prendre mon lait à la seringue) il ne grossirait pas. S’il perdait du poids je serais condamné à rester plusieurs jours de plus à la maternité avec lui. Sauf que moi je voulais rentrer à la maison retrouver mon premier bébé (et puis je hais la maternité, clairement, j’ai l’impression de ne pas dormir plus d’une heure d’affilé quand je suis la bas).

J’ai réussi à sortir à J5 en ayant ma montée de lait mais l’allaitement était loin d’être lancé. Un mois après je pense pouvoir tout juste dire que ça y est…

Les astuces que j’ai mis en place pour sauver mon allaitement

Je t’ai dis précédemment que j’avais pris les choses en main pour réussir à lancer cet allaitement.

Je vais donc te donner les grandes lignes de ce que j’ai mis en place. (Mais ce n’est malheureusement pas une recette miracle et n’hésite pas à te rapprocher d’une conseillère en lactation si tu rencontres des difficultés dans ton allaitement.)

Premières choses que j’ai mis en place dans l’urgence:

  • Demander un tire lait et tirer mon lait toutes les 1h30 pour déclencher rapidement ma montée de lait. En effet, tant que la montée de lait n’est pas là, on ne récupère rien au tire-lait (et ça peut être fatiguant de téter).
  • Prendre sur moi et accepter que mon fils prenne du lait artificiel le temps que j’arrive à tirer ce qu’il faut pour subvenir à ses besoins parce qu’il était affamé. (Pour ce point j’ai refusé les biberons et alimenté mon fils à la seringue en lui faisant téter mon doigt de façon simultanée afin d’exercer son réflexe de succion)

Et pour la suite:

  • Quand ma montée de lait est arrivée, j’ai utilisé des bouts de seins pour aider Petit Excité à prendre le sein. Attention le bout de sein aide à commencer à téter mais face à un bébé qui tète mal (comme Petit Excité) ça peut faire avaler beaucoup d’air. C’est aussi de mon point de vue une aide à court terme. Je trouve ça moins agréable de devoir utiliser un bout de sein (niveau organisation et surtout j’ai tendance à m’inonder mes hauts avec… oui une fois le bout de sein rempli de lait si le bébé lâche tout le lait se vide sur nous)
  • Stimuler Petit Excité avant chaque tétée pour qu’il soit bien réveillé. A moitié endormi c’est encore plus difficile de bien prendre le sein quand on est un tout petit bébé.
  • Continuer à tirer mon lait après les tétées pour lui donner en complément afin qu’il reprenne des forces. Pour éviter de rentrer dans le cercle vicieux: je suis fatigué donc je tète mal donc je n’ai pas d’énergie donc je suis encore plus fatigué…

Mais surtout, le plus important, c’est de se forger une bulle et de faire le plein de volonté et de patience… Parce qu’un allaitement qui ne se lance pas c’est une remise en question permanente.

  • De ta part forcément : tu te sens nulle, tu te demandes pourquoi ça ne fonctionne pas, qu’est-ce que tu fais de mal.
  • Mais aussi de la part du milieu médical qui parfois va se demander pourquoi tu t’obstines (surtout si ton bébé perds du poids après être sorti de la maternité ou met du temps à retrouver son poids de naissance)
  • Et le coup de grâce vient souvent de tes proches. Même Monsieur Génial n’a parfois pas compris pourquoi je m’acharnais à vouloir lancer mon allaitement alors que je hurlais de douleur quand Petit Excité tétait (forcément, un bébé qui tète mal au début, a tendance à abîmer un peu le mamelon et ça peut faire très, très mal…).

L’allaitement c’est magique, merveilleux et j’ai adoré celui que j’ai connu avec Petit Habitant. Et pour être honnête c’est ce qui m’a fait tenir ce long mois de hurlements et de douleurs.

Je n’ai jamais été inquiète pour le poids de Petit Excité en revanche (et heureusement parce que Monsieur Génial paniquait déjà assez comme ça). Mais juste parce que j’avais une première expérience positive qui me confortait dans mon choix.

Je n’ai qu’une chose à te dire si toi aussi tu connais un début d’allaitement difficile: Si tu le veux vraiment accroche toi parce qu’au final ça vaut le coup.

Ce n’est pas toi le problème, ni ton lait, ni la forme de ton mamelon… Un allaitement ce n’est pas que toi, tu n’es pas la seule responsable de sa réussite ou de son échec.

Un allaitement c’est un travail d’équipe entre toi, ton bébé et ton entourage (personnel comme médical).

Et une fois que ça fonctionne ce n’est que du plaisir et des moments de câlins et de tendresse.

Toutes photos: photos personnelles

Et toi? Viens nous raconter comment se sont passés tes allaitements? Tu as rencontré des difficultés? Ça s’est passé parfaitement bien dès le début?

 

Inscris ton email ci-dessous et reçois idées, conseils et témoignages directement dans ta boîte de réception !

Super ! Va vite confirmer ton inscription dans l'email que je viens de t'envoyer !

Commentaires

12   Commentaires Laisser un commentaire ?

virginie

Ton article arrive trois mois trop tard, c’est l’accumulation d’erreurs et de mauvais conseils qui m’ont fait abandonné l’allaitement au bout de 10 jours … donc j’abonde dans ton sens : surtout ne pas hésiter à rester ferme sur sa position et à se faire aider … pas des gens extérieurs à la maternité si ça ne va pas de ce côté là. J’etais de celles qui n’avaient pas une supère image de l’allaitement (un peu vache à lait 🙂 ) et qui ne se mettaient aucune pression sur le sujet : j’essaie, ça marche, tant mieux, sinon tant pis. Finalement, j’ai adoré ça et c’est un vrai regret pour moi.

le 28/07/2017 à 09h37 | Répondre

Melimelanie

Je suis désolée de lire ton commentaire. Malheureusement ton expérience est très/trop fréquente et ça me désole à chaque fois.
Derriere on nous sort des articles de l’OMS qui déplore le taux trop faible de bébé de moins de 6 mois allaité exclusivement…
J’espère que tu pourra faire comme tu le souhaite si tu as d’autre enfants!

le 06/08/2017 à 21h50 | Répondre

Célestine

Wahou bravo! J’ai eu un premier allaitement compliqué et je m’étais acharné aussi. C’était du H24! Avec un aîné chapeau!
L’animatrice lll qui m’avait sauvée a galéré pendant plusieurs mois pour son 4eme bébé, donc même expérimentée et hyper calée ça peut être compliqué !
C’est essentiel de trouver de l’aide et ton témoignage pourra aider des mamans.

le 28/07/2017 à 13h39 | Répondre

Melimelanie

J’espère que mon témoignage pourra aider oui. J’ai une amie qui m’a récemment « reproché » de ne pas lui avoir dit que j’avais galéré pour mettre en place mon allaitement pour mon fils aîné. Elle avait l’image de la « mère parfaite » pour qui tout était evident et ça lui avait mis une sorte de pression.
Donc peut être qu’effectivement on ne parle pas assez des débuts difficiles.

Il faut dire qu’une fois lancé c’est tellement bien qu on en oubli presque à quel point on a eu du mal.

Et au final mon aîné étant chez sa nounou la journée ça m’a permis de gérer la mise en place de mon allaitement presque comme si c’était mon premier enfant. En revanche après 2 semaines seule avec mes 2 loulous je pense pouvoir affirmer sans aucun doute que si j’avais du garder mon aîné la journée j’aurai abandonné l’allaitement.

le 06/08/2017 à 21h57 | Répondre

Cricri2j

Oh non j ai galeré pour mon aînée et j espérais que pour ma 2eme qui va bientôt pointer le bout de son nez ce serait plus facile. Mais donc pas forcément 🙁
Je garde bien alors tes précieux conseils (le tire lait m avait aussi bcp aidé pour ma 1ère)

le 28/07/2017 à 14h01 | Répondre

Melimelanie

Je pense que le côté « deuxième enfant » aide a réagir plus vite et à ne pas faire certaines erreurs. Donc dans un sens un deuxieme allaitement est plus facile oui.
Après un allaitement c’est la maman mais aussi le bébé. Et chaque bébé reagi différemment.
Mais rassures toi, mes copines tribulettes ont témoigné elles aussi et pour certaines le deuxième allaitement a été super facile à mettre en place! Tu peux retrouver les articles sur l’allaitement tous les vendredi jusqu’à la fin de l’été 😉

le 06/08/2017 à 22h04 | Répondre

Claire

« La remise en question permanente » résonne en moi ! Ma fille à 1,5 mois et est allaitée. On est sortie de la maternité au début de la canicule et on en a beaucoup souffert elle et moi. J’étais déshydratée et elle avait faim du coup ! La puer de la PMI ne comprenait pas vraiment qu’en constatant une perte de poids je m’obstine à continuer l’allaitement, moi je m’en voulais désespérément et mon entourage était sceptique. Abandonner me donnait envie de pleurer donc j’ai continué. Mais je pense que si ça avait été mon 1er enfant j’aurais abandonné (c’est mon 3ème bébé).

le 31/07/2017 à 09h51 | Répondre

Melimelanie

Je pense que le monde médical français préfère proposer « la solution de facilité » plutôt que d’aider à mettre en place un allaitement qui peut être contraignant. Il y a aussi une méconnaissance de l’allaitement qui fait que les médecins préfèrent se tourner vers le lait maternel mieux connu.

Mais je suis d’accord avec toi sur le fait que si c’était notre premier enfant la remise en question aurai été plus forte jusqu’à compromettre nos allaitements.

le 06/08/2017 à 22h12 | Répondre

Béré

Bravo !
je t’admire d’avoir su rester la tête froide dans les jours qui ont suivi ton accouchement, parce qu’avec la chute d’hormones, ça aurait pu tourner au vinaigre !
mais tu as su garder en tête ton objectif, et tu as su prendre pour tes deux les bonnes décisions et demander (et avoir eu la chance de trouver) les bons conseils pour ta situation.

le 31/07/2017 à 09h53 | Répondre

Melimelanie

Garder la tête froide oui et non. Surtout je savais quoi faire et je connaissais ma maternité. Je savais donc ce que je pouvais demander où non, mais aussi, que le discours sur l’allaitement pouvait être changeant et déstabilisant donc que je devais me faire confiance.
Et effectivement j’ai eu le droit à la pediatre m’annoncant que j’étais entrain de foutre en l’air mon allaitement avec les compléments de lait artificiel que j’avais demandé pour mon fils. Et je me dis qu’heureusement j’ai un caractère de merde et j’ai su m’enteter parce qu’aujourd’hui mon allaitement est parfait et j’ai de nouveau un bébé tout dodu comme mon premier fils.

le 06/08/2017 à 22h19 | Répondre

Claire (voir son site)

Super, j’espère que les difficultés sont derrière vous maintenant. Mais ça me fou toujours autant les boules qu’en maternité, le personnel soit si peu formé à l’allaitement!

le 31/07/2017 à 16h29 | Répondre

Melimelanie

A part qu’on sort d’une poussée de croissance un peu éprouvante l’allaitement est maintenant parfait. Mon fils est pleins de bourrelets et grossi très très bien. Il fait même 8h d’affilée la nuit (1 nuit sur 3 sinon c’est plus 5/6h) depuis ses 1 mois et demi ce qui est beaucoup plus que son frère a son âge.

Et je suis d’accord avec toi c’est dommage en maternité de ne pas pouvoir être entourée par un personnel formé comme il faut sur l’allaitement. Malheureusement de plus en plus le personnel médical n’a pas le temps. Pas le temps de bien se former. Pas le temps de bien s’occuper des patientes. Finalement même sur un sujet comme l’allaitement on en revient à la politique économique de notre pays et la gestion des hopitaux…

le 06/08/2017 à 22h25 | Répondre

SI TU SOUHAITES RÉAGIR C'EST PAR ICI !

As-tu lu notre Charte des commentaires avant de publier le tien ?