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Le point couple de la comtesse Bleue : indépendance et équilibre


Publié le 7 septembre 2018 par La Comtesse Bleue

Le contexte

Avant de te raconter le genre de couple que nous sommes, je vais d’abord t’expliquer le contexte de l’arrivée de petit Miracle qui influence et a largement influencé notre quotidien et nos relations. Nous vivons en région parisienne, donc en zone très dense et notre appartement (bien que de taille tout à fait respectable pour son emplacement et la composition de notre foyer) n’est qu’un T2. C’est à dire qu’il n’y a qu’une seule chambre (on en reparle après) et que nous évoluons essentiellement dans une seule pièce la plupart du temps.

Comme je te l’ai déjà dis, le comte est militaire et cela implique des horaires incompressibles, des contraintes comme des déménagements fréquents, des départs à l’étranger pour plusieurs mois et des astreintes (et accessoirement des « choix » imposés). C’est ainsi que petit Miracle tout juste installé dans sa piscine, le comte s’est vu désigné « volontaire » pour une formation suivie d’un poste où il devait rester 4 ans. Cela veut dire qu’il a été en formation scolaire (avec des horaires, du présentiel, des devoirs, des examens, des vacances imposées) pendant la première année de petit Miracle. Deuxième effet kiss cool, ma DPA était prévue exactement le même jour que la rentrée… Troisième effet kiss cool : impossibilité de prendre le congé paternité de 11 jours prévu pour les papas. Et la cerise : nous nous sommes retrouvés bloqués en région parisienne 5 ans de plus alors que nous projetions de nous éloigner pour trouver un rythme différent et un peu plus de surface habitable…

C’est la raison de ma présence ici, il ne faut pas oublier que nous avons traversé une période d’attente qui s’est conclue par le diagnostic de mon hyperplasie congénitale des surrénales. Pour finir un petit point qui a son importance : nous sommes deux introvertis, au sens indépendants du terme. Nous avons besoin de temps calmes et solitaires pour nous ressourcer.

Crédits photo : Freestocks.org

Le lieu

Parlons de ce fameux T2. Un T2, surtout en région parisienne, ce n’est pas bien grand. Autant il était très facile d’y vivre en couple, autant l’arrivée d’un petit être supplémentaire a contribué à l’encombrement et nous a demandé un peu de prendre sur nous car dès que petit Miracle est couché, nous limitons nos déplacements vers la salle de bain pour laquelle il faut traverser la chambre et restons dans la pièce à vivre… Un sacré besoin d’ajustement pour moi, notre vie de couple et notre vie sociale car, le bureau ayant laissé sa place au petit lit à barreau, le comte a dû investir un morceau de table. Il m’a donc fallu accepter les classeurs empilés dans un coin et une demi-table transformée en bureau. La fusion n’est pas notre mode de fonctionnement comme je te le disais mais il ne m’a été vraiment nécessaire d’aller faire un tour à l’extérieur que deux fois depuis la découverte de petit Miracle. Score correct non ?

Le temps

Je pense que nous avons une organisation qui satisfait à la fois notre besoin d’indépendance et notre vie à deux et trois.

Le temps est un peu le nerf de la guerre (surtout avec un bébé qui ne dort pas beaucoup). Alors que je croyais en manquer, je m’en rends compte que j’en avais en trop finalement !

Vivre à trois dans un T2 rend le temps en couple plus difficile à trouver mais pas impossible. Nous essayons de planifier les temps que nous passons ensemble, en général en soirée, juste après le repas (petit Miracle se couche à 19h30/20h) et juste avant que le comte ne se remette à ses devoirs… heureusement nous avons l’habitude de vivre plutôt en soirée ce qui nos permet de profiter de quelques heures à deux. Cependant avec la vie étudiante exigeant du travail le soir, je ne te cache pas que cette année n’a pas toujours été simple.

Dans l’idéal, nous aimerions appliquer un conseil que l’on nous a donné qui est de passer ensemble 1 soirée par semaine, 1 jour par mois, 1 weekend par trimestre et 8 jours par an. Mais dans la pratique, notre famille étant loin, les baby-sitters onéreuses et pas toujours disponibles, nous avons développé des stratégies de remplacement : nous nous faisons livrer le repas à la maison, et nous faisons les séances cinéma sur ordinateur. Nous faisons parfois des sorties à 2,5 : bébé en poussette est occupé à regarder autour pendant que nous profitons des balades, nous profitons aussi des trajets en voiture pendant lesquels petit Miracle est généralement calme pour discuter.

Comme je te le disais nous avons tous les deux un fort besoin de temps solitaire. Nous avons, dès avant la naissance de petit Miracle, décidé de conserver au moins une de nos activités personnelles. Le comte a continuer à faire du tennis et à jouer dans une harmonie et dès que j’ai pu, j’ai repris le chemin de la piscine. Nous essayons autant que possible de permettre à l’autre de profiter de temps qui lui font plaisir sans trop de discussion car nous savons que l’autre nous permettra également de profiter plus tard (ainsi, si j’ai envie d’aller faire un peu de shopping un week end qui n’intéresse pas le comte, il garde petit Miracle et s’il veut participer à un groupe de musique qui se monte ponctuellement, je m’occupe de bébé). Cela nous permet aussi de passer des temps de qualité seul à seul avec petit Miracle.

L’organisation matérielle

Côté argent, nous avons gardé chacun un compte personnel que nous utilisons comme nous le voulons même si nous alimentons en priorité un compte commun avec lequel nous réglons toutes les dépenses communes et tout ce qui concerne petit Miracle.

D’une manière générale, je gère l’intendance et le comte gère l’administratif. A moi les rappels de rendez-vous chez le médecin, les rendez-vous à prévoir, les cadeaux à acheter, la valise de petit Miracle lorsque nous partons, le sac à langer pour les balades, la décoration, les menus de la semaine, les listes de courses… A lui les joies des impôts, de pajemploi et des comptes de copropriété, du suivi des comptes en banque, l’organisation des vacances…

Côté tâches ménagères, mon alitement en fin de grossesse a largement contribué à un équilibre. Le comte a beaucoup géré pendant un mois. Depuis la naissance de bébé, nous partageons équitablement la vaisselle (coucou mon ami imaginaire le lave-vaisselle !) et la préparation des repas. Je m’occupe plus exclusivement de la préparation des petits pots, du repassage et de tout ce qui nécessite un lavage à l’éponge. Le comte bleu fait plus volontiers les sols et les machines. Chacun gère ce qui le concerne plus personnellement (les valises, le rangement des vêtements dans l’armoire, les courriers importants personnels à classer, notre bric-à brac).

Crédits photo : Pixabay

D’une manière générale, nous faisons ce que nous préférons et nous nous répartissons le reste selon ce que nous ne voulons absolument pas faire (je déteste passer l’aspirateur et le compte est allergique au fer-à-repasser par exemple).

L’éducation

Nous parlons enfant depuis bien avant nos fiançailles. Nous avons très tôt évoqué les prénoms que nous aimions, ce qui nous plaisait ou non dans notre éducation, dans les courants éducatifs du moment, etc. C’est la vraie bonne surprise de notre parentalité : nous sommes tout à fait en phase sur l’éducation de nos enfants. Alors que nous avons eu des éducations très différentes qui nous prédestinaient plutôt à des négociations houleuses.

Nous en discutons beaucoup, préférentiellement en voiture, pendant les longs trajets pour aller chez nos parents. Nous n’avons pas vraiment de règles précises, plutôt des grands principes : le moins d’écrans possible, pas trop de surprotection de l’environnement (qui a dit flemme ?!), etc. Nous nous laissons ensuite un peu guider par petit Miracle (qui a un caractère bien trempé) et généralement quand l’un n’en peut plus, l’autre prend le relai naturellement.

Malgré ma manie de toujours vouloir que les choses soient faites comme je veux, j’ai toujours essayé de laisser le comte faire à sa manière tant que nous sommes d’accord sur le fond et j’ai l’impression qu’il fait aussi de même. Il me semble normal que papa et maman ne fassent pas tout exactement de la même manière.

La confiance, l’entente et la fatigue

Avec un bébé l’énergie n’est pas toujours au top et la fatigue me rend généralement pas très agréable. Quand je sens que je ne maîtrise plus ma mauvaise humeur, (souvent le soir) je vais me coucher. Avec beaucoup de dialogue et un soupçon de patience, nous avons réussi à passer la période un peu délicate des nuits bien trop écourtée (même si bébé n’a toujours pas vraiment compris le concept de la nuit complète !).

Je ne te cache pas que la promiscuité, les chamboulements qu’apporte un enfant, la pression de la formation du comte, il nous a parfois fallut prendre sur nous. Je n’ai pourtant pas souvenir d’une fois où l’un de nous n’ai pas été en mesure de prendre le relais avec petit Miracle pour laisser l’autre souffler, nous sentons assez bien quand l’autre a besoin d’un peu d’air. La confiance que nous avons l’un en l’autre nous a beaucoup portés et le fait d’avoir discuté de beaucoup de choses avant l’arrivée de bébé nous a aussi aidé à passer beaucoup de zones de turbulences puisque nous nous étions concertés avant (nous étions donc un peu en pilote automatique).

D’une manière générale, nous essayons de faire en sorte de ne pas oublier  que nous ne sommes pas que des parents, notamment en fêtant les dates importantes de notre histoire (fiançailles, anniversaire de mariage, etc.) et par de petites marques d’affection : un bisou avant de partir, se tenir la main en promenant petit Miracle, une soirée à deux dans le canapé, etc.

Cela a aussi eu une sacrée importance pour ce qui est de l’intimité. Sans entrer dans les détails (je te laisse tirer les conclusions qui s’imposent !), dans un (petit) T2 avec un bébé petit dormeur cela demande de l’imagination … et d’être « scout toujours prêt » ! En résumé, pour nous la confiance et la tendresse sont la clé de beaucoup de choses.

Crédits photo : freestocks.org

Les relations aux autres

En ce qui concerne le regard des autres, je craignais que l’arrivée de petit Miracle ne déclenche l’envie de nos proches de nous donner des conseils à la pelle et que le comte et moi nous laissions influencer malgré nous. Et bien j’ai été agréablement surprise de constater que le contraire s’est passé : l’arrivée de petit Miracle nous a définitivement permis d’assumer nos positions et nous n’hésitons plus à être franc avec notre entourage. L’arrivée de petit Miracle nous a définitivement identifiés comme un foyer bien indépendant de nos parents et nous nous soutenons. Nous avons également plus tendance à faire passer notre famille de trois en premier (non pas que nous nous sacrifions systématiquement avant mais nous hésitons moins).

En conclusion

J’avais envie de conclure en te disant c’est mieux avant ou moins bien mais je suis incapable d’être si globale. En fait, ce n’est ni mieux, ni moins bien, c’est différent et en même temps assez proche d’avant (Ne me remercie pas pour cette phrase philosophique, je te l’offre !).

Pour autant voici une liste des principales choses qui me manquent de notre vie à deux : Les temps improvisés que nous passions ensemble, les longs trajets en voiture où nous nous retrouvions dans notre bulle (maintenant petit Miracle a besoin de pause et il n’aime pas reprendre la voiture après donc il râle), les nuits complètes et la spontanéité dans l’intimité, les temps à ne rien faire juste ensemble, nos séances de running du dimanche matin.

Notre vie a deux n’a pourtant pas été complétement révolutionnée : nous voyons toujours des amis ensemble, nous partons toujours en voyage, nous faisons toujours des soirées en amoureux (… à la maison !), nous faisons toujours le marché à deux derrière la poussette, nous avons conservé nos activités personnelles.

Et pour bien terminer cet article, il y a tout de même des choses qui sont mieux avec petit Miracle : nous nous émerveillons à deux, nous profitons mieux des temps ensemble parce qu’ils sont plus rares, nous nous sommes découverts (ou plutôt nous avons confirmé) une véritable adhésion aux valeurs de l’autre et à nos manières d’envisager l’éducation, nous sommes plus unis face « au monde extérieur » et sommes plus indépendants de nos parents, nous avons redistribué les tâches ménagères qui n’étaient pas si bien réparties avant, chacun a pris conscience de la participation de l’autre à la vie du foyer, etc. Liste non exhaustive !

J’espère que j’aurais l’occasion de venir te raconter un peu plus notre nouveau fonctionnement dans un appartement plus grand, avec une chambre pour petit Miracle, un bébé qui dormira mieux (si si, à 15 ans, je suis quasi certaine qu’il dormira mieux !), un mari enfin de retour dans la vie professionnelle, de nouveaux trajets domicile-nounou-travail… Un perpétuel renouvellement je t’avais dit !

Toi aussi tu as besoin de temps seule ? Tu dois ou a dû composer avec un logement un peu petit à l’arrivée de bébé ? Tout est mieux maintenant ou certaines choses te manquent quand même (même si tu ne reviendrais en arrière pour rien au monde !) ?


Tu en as marre de courir les magasins pour les fringues des enfants ? Et ce tous les mois, vu à la vitesse à laquelle ils grandissent ? Et je ne parle pas du petit qui hurle (que ce soit le tien ou celui d’une autre, grrr) parce qu’il ne veut pas essayer ce pull-là… Et si tu recevais directement chez toi de jolis looks (du 1 mois au 14 ans !) à essayer TRAN-QUILLE-MENT. Ça va ? Tu gardes et tu payes. Ça ne va pas ? Tu renvoies gratuitement. Bref, viens vite tester Little Cigogne !

Commentaires

4   Commentaires Laisser un commentaire ?

Madame itinerante

Merci pour ce bel article. Je voulais remercier celles qui ont pensé à ce thème pour les articles et toutes celles qui se sont confiées de manière si sincère.

le 07/09/2018 à 16h39 | Répondre

Mlle Mora

Ca va vous changer la vie le plus grand appartement, votre couple sera très content de cette nouvelle organisation, surtout qu’en grandissant, Petit Miracle va prendre de plus en plus de place ! (ah les trajets en voiture où tu veux juste discuter et que la grande n’arrête pas de parler !! :D)

le 11/09/2018 à 09h53 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

Je t’envie vraiment pour le nouvel appartement !
J’ai tellement hâte d’avoir un peu plus de place et j’espere Que ce ne sera pas dans trop longtemps 🙂
Pour le reste (mais tu pourras le lire en fin de semaine) j’ai l’impression que finalement ça a été plus simple pour vous que pour nous. Et pourtant on avait pas l’excuse des études.
C’est beaucoup d’ajustement les enfants mais bon ils nous remplissent d’autre chose 😁

le 11/09/2018 à 12h12 | Répondre

Louna

J’adore cette manière que tu as de vous décrire très indépendants et autonomes, tous les deux : bravo pour votre lucidité ! Vous savez ce dont avez besoin et ça vous permet de respecter chacun au mieux l’espace dont l’autre a besoin pour s’épanouir, malgré des conditions compliquées dans un petit appartement.
Je retiens aussi la belle symbiose concernant l’éducation : ça, franchement, c’est la clé !

le 21/09/2018 à 16h02 | Répondre

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