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Les conséquences du harcèlement scolaire


Publié le 18 février 2015 par Madame Médicis

Dans ma première chronique, je t’expliquais ce qui m’est arrivé en primaire et au début du collège. Désormais, je souhaite te parler des conséquences que ce calvaire a eu, ou a toujours.

À l’âge de 8 ans, ma mère m’a emmenée chez un pédopsychiatre. En raison des bleus que j’avais, il a cru que mes parents me battaient… Ce pédopsychiatre a laissé place à une pédopsychologue. Elle m’a suivi jusqu’à mes 12 ans. Alors que nos rendez-vous allaient bientôt tourner court, elle m’avoue, que chose rare pour un enfant, j’avais fait une dépression. Oui, à 8 ans, j’étais dépressive.

Ce n’est donc qu’à l’âge de 12 ans que j’ai découvert le plaisir des véritables relations amicales. Mais malheureusement, ça n’a pas duré.

les conséquences du harcèlement scolaire

Crédits photo (creative commons) : Martinak 15

Parce que j’étais en avance sur mon âge et que je n’avais que ça à faire avant d’avoir des amies, je lisais beaucoup. Et ce, notamment sur la biologie, et donc sur la procréation, car je rêvais d’être médecin, d’aider les autres. Ainsi, lorsque nous avons eu la visite du « bus de la sexualité » en 4ème, je savais répondre à tout et posais quelques colles à l’intervenante. Cet événement banal, qui aurait dû, tout au plus, me valoir une réputation d’intello, me valu en réalité une réputation d’obsédée. J’avais 13 ans.

Cet événement amorça une autre spirale. Les insultes d’étrangers fusaient moins, mais étaient toujours présentes. Je n’étais pas encore complètement équilibrée, comment l’être à 13 ans en même temps, alors que c’est précisément l’âge où l’on se construit ?! Donc il m’arrivait d’en jouer de cette « réputation ». Après tout, on s’intéressait à moi, pas pour m’insulter ou me frapper, mais pour rire. Et ça, ça ne m’était jamais arrivé ! Je devenais une fille drôle et désirée. Trop désirée.

En effet, quelques jours après avoir fait état de mes connaissances, je reçus le SMS suivant : « Ça te dirait que je te sodomise dans un jacuzzi plein de bulles ? »…

L’innocence n’avait pas eu le temps reprendre ses quartiers qu’elle était déjà chassée à coups de trique. Le garçon qui m’avait envoyé ce SMS dégoûtant, j’en étais amoureuse. L’estime que j’avais de moi partit aussi vite que ce SMS m’était parvenu. Bien sûr, les remarques déplacées ne se sont pas arrêtées là. Les garçons disaient des trucs dégoûtants sur moi, j’ai fini par les intégrer. Voilà, je me dégoutais.

C’est ainsi que je suis devenue boulimique vomitive à 13 ans.

S’il n’y avait pas eu ces moqueries avant, je ne serais certainement pas tombée dans le piège de l’intérêt toxique qui m’était soudainement porté. Je n’aurais pas été faible, vulnérable et sensible au désir malsain que je suscitais.

Une autre conséquence de ces brimades et de la dépression qui s’en suivi, c’est l’oubli. Oui, j’ai oublié beaucoup, beaucoup de choses de mon enfance, des mauvais moments, mais aussi des bons.

Très souvent ma mère, ma sœur ou des amis me disent : « Tu te souviens de ci ou ça ? ». La réponse qu’elles attendent est : « Oui bien sûr », sauf, que c’est très rarement le cas. Non, je ne me souviens pas des Minikeums, des Bisounours, ou encore du cadeau pourri qu’a reçu Lisa pour son anniversaire. Le plus souvent, quand je pense à mon enfance, je me revois acculée, adossée à ce mur de mon école, à encaisser les coups. Il faut que je me force pour trouver des souvenirs plaisants. Cassandre et ses sbires m’ont volé mes belles années, mais aussi mes bons souvenirs. Ils m’ont volé mon enfance.

De plus, j’ai peur de devenir maman. Je ne me suis jamais vengée. Je n’ai jamais démolie cette garce comme elle l’aurait mérité, et j’ai peur, si une telle chose devait arriver à un de mes enfants, de ne pas être en mesure de réagir de manière rationnelle. Autrement dit, j’ai peur de ne pas savoir me contrôler.

Un point positif : je suis devenue très douée pour « jauger » les gens. Je n’ai pas pour autant développé une méfiance excessive, au contraire. Et oui, je suis toujours très contente, voire surprise, quand on s’intéresse à moi et qu’on est gentil, pour de vrai, avec moi. Je ne mendie plus d’amour, mais il m’est arrivé de me faire avoir de nouveau. Aujourd’hui, c’est quand même beaucoup moins le cas.

Plus tard, alors que j’étais à la fac, j’ai appris que Cassandre étudiait le droit, comme moi. Elle voulait se spécialiser dans la défense des droits de l’Homme… Moi, je le faisais pour aider les autres, elle ? Je ne sais pas. Je ne pense pas que l’altruisme soit sa tasse de thé.

Son père mourut alors que je vivais encore chez mes parents. Ma mère étant en charge des funérailles dans notre paroisse, c’est à elle qu’incombait de recevoir Cassandre et sa famille pour préparer le service funèbre. Bien entendu, je n’avais pas envie de la croiser, alors pour éviter tout incident, j’ai dû me lever tôt et m’absenter le temps des préparatifs. Même quand son père décède, cette histoire me suit. Et encore une fois, c’est à moi de m’effacer.

Est-ce qu’elle s’est excusée, a témoigné d’un quelconque remord ? Non. Jamais. Nous nous sommes revues à la messe, quelques mois après le décès de son père. Il m’a bien semblé voir un signe de tête, mais ce fut le seul acte non mesquin qui émana d’elle a mon égard.

Avant d’écrire cette partie de mon histoire, je pensais avoir oublié, avoir pardonné. Maintenant, je sais que ce n’est pas tout à fait vrai. Cette rage et ce sentiment d’injustice sont toujours là, en moi.

Et toi ? Tu as été harcelée à l’école ? Quelle conséquences cela a eu sur toi ? Est-ce que tu crains toujours de recroiser un jour tes anciens harceleurs ? Viens en parler…

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Commentaires

7   Commentaires Laisser un commentaire ?

Chouquette

Ce que tu racontes me parle beaucoup. Pourquoi ne pas la confronter? En effet, pas à l’enterrement de son père, mais maintenant que tu es grande, que tu as un minimum de recul sur ce qui s’est passé, qu’elle a l’air d’être intellectuellement capable d’entendre ce que tu as à dire. Courage en tout cas

le 18/02/2015 à 08h40 | Répondre

Madame Médicis

Merci Chouquette. Je suis triste de voir que nous sommes nombreuses à ne pas avoir réellement pû profiter de nos années d’innoncence.
Je dois dire que je n’y ai jamais pensé. Il est vrai qu’avant d’écrire cette partie de ma vie je pensais être passée à autre chose alors la question ne se posait pas, peut-être que maintenant, ayant conscience que je suis encore en colère, je devrais y réfléchir.

le 18/02/2015 à 11h52 | Répondre

Mademoiselle Fleur

Je suis affligée de lire ton récit. Tant de souffrances à un si jeune âge.
Je comprends ton ressentiment et le fait que tu ne puisse pas faire ton deuil de cette histoire. J’espère qu’au moins maintenant tu es heureuse. Et que tu auras une belle vie.
Pour les enfants, je te comprends. Moi aussi cela me fait peur. Après, je pense également que sachant ce que tu as vécu, tu seras aussi beaucoup plus attentive aux différents signes.

le 18/02/2015 à 09h04 | Répondre

Weena

Je suis désolée pour toi de ce que tu as subit …
Et en te lisant, je me retrouve un peu … ma chance dans mon malheur, c’est la bougeotte de mes parents qui m’a amené à fréquenter 7 établissements au cours de ma scolarité et ma sœur jumelle dont la popularité à réduit mon harcèlement à : « la sœur bizarre de … »
Je crois que ma soeur a tout de même souffert de cette situation qui la plaçait en porte à faut …

Mon mari était lui un enfant en avance qui n’a pas bien vécu sa scolarité.

Aujourd’hui, handicapée du relationnel, je me contente d’ignorer mes bourreaux (tjs amis avec ma soeur) et profite de mes rares amis et de ma petite famille.
Par contre, je sais que je serais une louve envers mes enfants et compte bien leur apprendre à s’aimer comme ils sont, malgré les autres ^^

le 18/02/2015 à 11h14 | Répondre

sarah

même si c’était à bien échelle que ce que tu as vécu, je me retrouve dans ton histoire. J’ai moi aussi eu des connaissances sur le sexe très jeune de part mes lectures et on venait souvent me demander à la récré des infos… je n’était pas vu comme une obsédée mais comme une intello qui savait beaucoup mais ne faisait pas grand chose (je n’avait pas de petits copains au collège). Et comme toi je pense qu’aujourd’hui une grande partie de mon aversion pour les enfants est du à cela. Je ne sais pas me protéger, comment serais-je en mesure de protéger mes enfants? je n’ai jamais eu l’occasion de revoir mes boureaux et je ne sais pas vraiment ce que je ferais si c’étais le cas…

le 18/02/2015 à 11h33 | Répondre

Sophie

Personnellement, j’étais la tête de Turc d’un collège presque tout entier.
Et franchement? Ca c’est calmé le jour ou j’ai gliflé l’un des meneurs. Il ne faisait à proprement parler rien de mal, une plainsaterie à l’hummour pas très fin d’un ado de 13 ans. Il s’en est mangée une. C’était plus fort que moi.
J’ai eu 4 h de colle. Je me défends, et j’ai eu 4h, mpi, l’intello, gros LOL. Alors qu’un gars a été exclu parce qu’il m’avait racketté, ou du moins essayé (les filles, ca hurle fort, son oreille doit encore tinter). Bref.
J’ai fait les 4 h, avec le sourire. J’étais fière de ce que j’avais fait.

20 ans plus tard. Que sont ils devenus, tous ces petits cons?
Yen a qui ont des vies remplies de voyages, de petits amis différents…mais pas de foyer stable, de boulot stable… et qui paraissent seuls, terriblement seuls sur leurs photos.
D’autres qui sont au chomage, qui sont devenus chauves (véridique! j’ai hurlé de rire en voyant sa photo), d’autres qui se sont mangé un rateau de fou par moi même (yen a qui n’ont pas peur, sérieusement).
très peu qui socialement, ont réussi, en fait.
Moi? je fais le boulot que j’aime,j’ai trois beaux enfants (qui prennent la défense du plus faible, d’eux mêmes), un mari adorable, une famille et une sacrée bande d’amis. J’ai tout ce que l’on pourrait réver d’avoir… J’ai réussi. Alors oui, ce n’était pas une période facile, je ne veux JAMAIS la revivre. Mais ils ont fait que je me suis toujours battue pour avoir ce que je voulais réellement. J’en ai fait une force. Il faut en faire une force. Sinon, on coule.

En tant que maman, je mets un point d’honneur à ce que mes enfants ne martyrisent personne. D’eux mêmes, ils vont toujours jouer vers les plus faibles et savent déceler la ptite pépite chez chacun de ses enfants laissés pour compte.

le 18/02/2015 à 18h02 | Répondre

Sophie

Et personnellement, je ne pardonnerais jamais ce qu’ils m’ont fait. mais je leur dis merci: je suis devenue celle que je suis grâce à leurs bêtises. Je suis celle qui se bat pour ses convictions, pour ce qu’elle souhaite avoir. Tout en restant empathique avec les autres. Sans eux, j’aurai pas été la même personne.

le 18/02/2015 à 18h04 | Répondre

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