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Ma fausse couche inaugurale


Publié le 19 novembre 2016 par Pounette

Je viens ici te raconter mon histoire, apparemment assez banale, celle de ma fausse couche dite « inaugurale ». Peu de gens en parlent, mais je ressens personnellement le besoin de partager mon vécu.

Fausse couche inaugurale

Crédits photo (creative commons) : Scott Schwartz

Notre histoire

Monsieur Titi et moi-même nous sommes rencontrés il y a six ans. Après avoir adopté un chat, un chien, puis acheté notre maison, nous avons décidé de nous marier (gnii), tout en suivant évidemment Mademoiselle Dentelle.

C’est donc tout naturellement que nous avons ensuite décidé d’arrêter la contraception, début août : ça coïncidait d’ailleurs avec notre voyage de noces !

Nous ne nous sommes pas mis la pression pour cette grossesse, nous n’étions pas pressés : j’avais des projets importants avec mon boulot dans le courant de l’année, et nous devions aménager le grenier de notre maison pour accueillir notre future famille.

Quand j’ai appris ma grossesse

Mi-septembre, de nombreuses odeurs ont commencé à me gêner : les poubelles, le frigo, le curry… J’avais un jour de retard. Mon moi intérieur me disait : « Non, tu as arrêté la pilule il y a un peu plus d’un mois, ça ne peut pas déjà arriver… » Mais j’ai acheté un test de grossesse.

J’ai fait ce test le lendemain matin, mais le résultat m’a paru incertain : elle y était, cette deuxième barre, ou pas ? On la voyait seulement en plissant les yeux… Moi qui pensais être fixée, c’était foutu ! Qu’à cela ne tienne, j’ai racheté un test et l’ai fait le lendemain matin – mais j’ai obtenu le même résultat. Quelle frustration !

J’ai attendu encore quatre jours avant de faire un nouveau test. Cette fois, positif. Contrairement à ce que je pensais, je n’ai pas sauté de joie, je n’étais pas hyper heureuse. Mais j’étais enceinte.

En rentrant le soir, j’ai retrouvé monsieur Titi. Je lui ai demandé de deviner qui allait devenir papa. Il a cherché, et j’ai fini par lui dire : « C’est toi ! » Il n’a pas bien compris au début, puis a réalisé, mais comme moi, il n’a pas sauté au plafond. Ne te méprends pas : nous avons été tout de même très heureux, mais ça ne nous paraissait pas réel.

Les jours qui ont suivi, j’ai passé beaucoup de temps à lire des témoignages de grossesse sur ce blog. Je me suis faite à l’idée d’être enceinte, petit à petit.

J’ai aussi fait un bilan sanguin, avec un dosage de Béta-hCG, qui a confirmé cette grossesse de 5SA. Pourtant, une petite voix intérieure me disait : « Ne te projette pas trop, on ne sait jamais… » Oui, je pensais aux fausses couches, aux grossesses extra-utérines, aux œufs clairs…

J’ai mis une bonne semaine avant de commencer à me projeter un peu plus : j’ai commencé à regarder les meubles pour la chambre du bébé, le matériel pour accueillir un bébé (aïe aïe aïe, qu’est-ce que ça coûte cher !!)… Je pensais également aux projets liés à mon travail : deux ne seraient pas impactés, le troisième et le plus important devait se tenir à mes 6 mois de grossesse. Pour le dernier, ils devraient faire sans moi (snif) !

Petit à petit, je me suis imaginée avec un ventre arrondi, puis à la maternité, puis à la maison avec notre petit bout. Monsieur Titi, quant à lui, n’a pas renouvelé son inscription au sport pour pouvoir mieux se concentrer sur les travaux du grenier : eh oui ! Finalement, ça l’a un peu bousculé de ce côté !

Nous étions tous les deux très heureux, mais comme je le répétais : « N’en parlons pas encore, pas avant l’écho, pas avant de voir que tout va bien… »

La désillusion

Le jour de ma huitième semaine d’aménorrhée, alors que je suis au travail, j’ai l’impression de perdre du sang. Je prends sur moi, essaie de ne pas y penser afin de ne pas le montrer.

Je prends une petite pause et en profite pour passer aux toilettes vérifier mes craintes, qui s’avèrent fondées. Je prends sur moi ensuite pendant une heure, alors que je sens que j’ai toujours des pertes. Je me dis : « Ça ne peut pas être ça ! J’ai lu quelque part que quelques femmes avaient ce qu’on appelle des règles anniversaires… »

Ayant une heure pour changer de lieu de travail ensuite, j’en profite pour appeler mon médecin en lui expliquant la situation. Il y a quelques secondes de blanc, puis : « C’est sûrement une fausse couche. » Bam. Comme ça. Il n’y avait pas une autre manière de le dire ?

Je me mets à trembler, et lui demande ce que je dois faire. « Il n’y a rien à faire. On fera une prise de sang dans une semaine pour vérifier. » Je raccroche. Je tremble. Je suis incapable de retourner travailler dans cet état. Monsieur Titi me conduit donc aux urgences.

L’interne qui m’ausculte est très douce. Elle me dit qu’effectivement, il peut s’agir d’une fausse couche, que la prise de sang nous en dira plus, et qu’en fonction des résultats, un gynécologue viendra peut-être me faire une échographie.

Nous attendrons une heure et demi les résultats de cette prise de sang. Mon taux de Béta-hCG n’a pas suffisamment augmenté pour 8SA. Le diagnostic de fausse couche est confirmé. Je suis dévastée. Je pleure. Nous rentrons.

À ce moment, je me sens vidée, triste. Mais en même temps, je l’avais pressenti, tout ce temps où je me refusais d’y penser, de trop me projeter. Et je me dis que nous avons bien fait de ne pas annoncer cette grossesse. Je n’aurais pas supporté de répéter à tous ceux qui me demandaient si je n’avais pas trop de nausées que, non, je n’étais plus enceinte.

Le soir même, nous prévenons notre famille proche. Nous souhaitions être entourés lors de cette période difficile, et nous avons bien fait. Tout le monde est très prévenant avec nous. Le fait d’en parler m’aide beaucoup à accepter la situation.

Les trois jours qui suivent sont difficiles moralement. Je commence à me poser beaucoup de questions :

  • Que dois-je faire ?
  • Que va-t-il m’arriver ensuite ?
  • Est-ce que tout est bien évacué ?
  • Comment être sûre que ce n’est pas une grossesse extra-utérine ?

Puis, les résultats de ma nouvelle prise de sang arrivent. Mon taux n’a quasiment pas baissé, je retourne donc aux urgences. Voici donc l’épisode où j’ai l’impression d’être un boulet, que ma situation n’existe pas.

Là-bas, la secrétaire ne comprend pas bien mon dossier, me laisse patienter pour me dire que finalement, je dois aller à la maternité. J’y croise beaucoup de femmes enceintes, j’entends des bébés qui pleurent, je me demande ce que je fais ici.

Une sage-femme vient à ma rencontre, et cherche à comprendre ma situation. J’ai l’impression d’être un imposteur, de ne pas être à ma place. Un gynécologue finit par me recevoir. Il me fait une échographie, mais ne me parle pas. Il me dit seulement qu’il croit voir un sac. Puis il met dix minutes à remplir mon dossier et me fait une ordonnance pour faire un nouveau dosage.

Je repars. À nouveau, sans explications, sans un mot, sans savoir ce qui va – ou peut – se passer.

Cette fois encore, je me sens très mal. Mais cette fois, j’identifie ce mal : je souffre d’un manque d’informations, personne ne m’explique rien… Mais m***e, il s’agit de mon corps, non ? J’ai le droit de savoir ce qui se passe !

Je refais deux prises de sang quelques jours plus tard. Ces journées me paraissent interminables. Mais la bonne nouvelle, c’est que les taux baissent vraiment, cette fois. Oui, mais ça veut dire quoi ?

La fin de l’histoire

Une semaine plus tard, je vois ma gynécologue, pour ce qui devait être le rendez-vous de datation. Je trouve enfin une personne qui me comprend et m’explique.

J’ai fait ce qu’elle appelle une fausse couche inaugurale : une fausse couche dès la première grossesse. Elle me rassure en m’expliquant que c’est très courant, et que ça n’empêche rien pour la suite. Elle m’examine, puis me fait une échographie, confirmant que mon utérus est bien vide (ouf !).

Je peux enfin repartir à zéro. Tout cela est désormais derrière moi.

Tout au long de ce parcours, qui m’a semblé long et court à la fois, je ne me suis jamais sentie coupable. J’ai toujours pensé que si cette fausse couche était arrivée, c’est que l’embryon n’était pas viable, et que la nature fait généralement bien les choses.

J’ai néanmoins été très surprise, dans le mauvais sens, par les échanges que j’ai eus avec certains membres du personnel médical. J’étais en détresse morale, car je ne savais pas ce qui m’arrivait, et peu de gens m’ont apporté des réponses pendant cette période.

J’ai ressenti le besoin de parler de mon histoire à beaucoup de gens. Au travail, en famille, entre amis… Et partout, j’ai rencontré des femmes avec une histoire similaire. La fausse couche est très répandue, mais personne n’en parle.

Si aujourd’hui je témoigne de mon histoire, c’est pour te prévenir, si tu es en essais, que ça peut arriver, si tu vis une épreuve similaire, que tu n’es pas seule, et de façon générale, que deux femmes sur trois ont vécu ou vont vivre une fausse couche dans leur vie.

Et toi ? Tu as vécu une fausse couche ? Trouves-tu que tu étais suffisamment informée de ce qui se passait ? Savais-tu que c’était aussi fréquent ? Viens en parler…

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Commentaires

14   Commentaires Laisser un commentaire ?

Jahanara

Ayant vécu la même chose que toi (et l’ayant raconté ici-même), je me suis rendu compte que j’étais loin d’être la seule dans mon entourage. Saif que j’aurais aimé le savoir avant !! Même si j’aimerais pouvoir communiquer là-dessus auprès de celles qui se lancent dans l’aventure bébé, ce n’est pas un thème facil à aborder : je ne veux pas faire peur ou passer pour une rabat-joie. Si quelq’un a des idées pour aborder le sujet sans blesser la personne en face, je suis preneuse !
Je te souhaite de retomber rapidement enceinte avec cette fois-ci un beau bébé à la clé 🙂

le 19/11/2016 à 08h51 | Répondre

Pounette (voir son site)

Merci pour ton soutien 🙂
Effectivement, ce n’est pas un sujet facile à aborder avec quelqu’un qui est en essai.
J’ai souhaité en parler autour de moi, non seulement pour me soulager et me sentir entourée, mais aussi pour que les gens sachent que ça existe, et même fréquemment.
Je crois donc que ce n’est pas au moment des essais qu’ils faut sensibiliser les gens à cette situation, mais bien plus tôt, pour ne pas les décourager, mais surtout pour qu’ils ne se sentent pas coupable ou perdu si cela leur arrive un jour.

le 19/11/2016 à 15h21 | Répondre

Ars Maëlle (voir son site)

Merci beaucoup pour ton témoignage, il faut du courage pour parler de ses épreuves, mais je suis intimement persuadée que partager les expériences douloureuses peut être bénéfique pour lever le tabou, recevoir du soutien et améliorer la conscience du problème (j’avais même écrit qqch sur le sujet si ça intéresse) et je m’efforce de le faire avec ma propre expérience.
Pour la FC, nous sommes en essais pour un premier, je n’ai jamais été enceinte mais mon mari a fortement intégré l’idée que ça va foirer la première fois (sa mère n’a jamais caché la FC qu’elle a faite, donc il est assez au courant) mais j’ai l’impression qu’il ne se rend pas compte que ça peut être douloureux même si on connait les statistiques.
En tout cas, je vous souhaite une bonne nouvelle rapidement et plein de bonheur à 3 très bientôt

le 19/11/2016 à 09h41 | Répondre

Pounette (voir son site)

Je ne crois pas qu’il faut partir défaitiste… J’ai eu du mal a me projeter dans cette première grossesse, et je pense que c’est mon inconscient qui m’a protégé… Je pense personnellement qu’il faut rester prudent sur le début, et attendre le second semestre pour commencer à se projeter plus (mais cela ne m’empêchait pas de lire 1000 choses sur la grossesse et l’arrivée de bébé!)
Ce qui a été douloureux pour moi, c’était justement le fait de renoncer à ce projet prévu, et aux quelques (petites) projections que je m’étais imaginé…
Merci pour tes encouragements, et je te souhaite de la réussite aussi dans tes projets!

le 19/11/2016 à 15h29 | Répondre

Hellodie

C’est vrai que la fausse couche est un phénomène fréquent, mais qui n’en reste pas moins très douloureux. Je l’ai vécue moi même, mais pour ma seconde grossesse à 9SA. Arrêt de l’activité cardiaque, puis comme l’expulsion ne se faisait pas au bout de deux semaines, il a fallu procéder à un curetage. Le gynécologue a confirmé que c’était très fréquent, et le plus souvent sans explication. Mais contrairement à toi, j’étais persuadée que ca venait de moi, ou plutôt d’un problème de santé… J’ai été écoutée et on a trouvé un problème thyroïdien qui a crée un déséquilibre et entraîné la fausse couche… Pour la prochaine grossesse, je serais suivie avec un traitement pour la thyroïde dès le test de grossesse.
Je te confirme que tu es sur la bonne voie en en parlant. A l’entourage, ou à un professionnel si l’entourage n’est pas réceptif. Et prends aussi du temps à deux avec ton mari, parfois on est chacun dans sa douleur, et il faut être attentif à l’autre.
Je te souhaite un joli bébé tres vite.

le 19/11/2016 à 11h13 | Répondre

Pounette (voir son site)

Je crois que je l’aurais moins bien vécu si j’avais eu à prendre des médicaments pour expulser ce qu’il restait, ou si j’avais eu un curetage. Je me sens finalement assez chanceuse dans cette histoire, car la finalité a été simple et m’a permis de passer rapidement à autre chose.
Tu as eu de la chance de tomber sur du personnel à l’écoute qui a repéré ce problème chez toi, je suis persuadée que peu l’auraient fait (on dit d’ailleurs qu’en général, on attend la 3è fausse couche pour faire des examens… Heureusement que tu n’as pas eu à attendre autant!).
Mon entourage a été très réceptif, certains n’osaient pas forcément m’en parler, soit parce qu’ils avaient peur que cela me dérange, ou bien qu’ils étaient mal à l’aise avec ce sujet. Mais d’autres ont senti qu’au contraire, j’étais très ouverte à la discussion, m’ont parlé de leurs vécu ou bien de celui de leur propre entourage, et cela m’a beaucoup aidé à accepter la situation et à avancer. Nous en parlons beaucoup avec mon mari, qui ne le vis évidemment pas de la même façon. Je crois aussi que ça nous a fait avancer dans notre relation, cette histoire nous a beaucoup rapproché.
Merci pour tes encouragements, et pour avoir partagé une partie de ton histoire. Chacune des histoires que j’entend ou lis me rassurent et m’encouragent à ne pas enfermer mon histoire dans un tabou.

le 19/11/2016 à 15h39 | Répondre

Elodie

J’ai également fait une fausse couche, 1ière grossesse, arrivée très rapidement dès l’arrêt de la contraception, j’étais aux anges, mais comme toi je me protégeais.
Contrairement à toi, j’étais prévenue car je suis sage-femme en consultation et je vois énormément de femmes dans notre cas 😉 On a beau savoir que ça peut arriver, que c’est très courant, ça fait mal! Et c’est une douleur peu reconnue « baf 1 mois et demi de grossesse, pfoui c’est rien ça, t »en referas un! »

le 20/11/2016 à 10h59 | Répondre

Pounette (voir son site)

Oui, mais n’empêche qu’on se projète quand même, et que forcément, ça ne peut que nous toucher.
Je n’imagine pas une femme indifférente face à cette épreuve…

le 20/11/2016 à 18h22 | Répondre

Madame D

Je ne connaissais pas le terme de fausse couche ignaugurale.
Ici j’ai eu plus de « chance » que toi car cette fausse couche à eu lieu avant que je me rende compte que j’étais enceinte. Ce qu’on appelle les FC précoces.
Bonne chance pour la suite et je vous souhaite un beau bebe en pleine santé !

le 21/11/2016 à 00h25 | Répondre

Virginie

je ne connaissais pas non plus ce terme, de mon côté, c’est l’écho de datation qui a révélé un oeuf clair… j’abonde, on se projette plus vite qu’on en a conscience, c’est une vrai claque. Je vous souhaite que le reste se passe beaucoup mieux 😉

le 21/11/2016 à 08h35 | Répondre

Flora (voir son site)

En effet on est beaucoup à être passée par là. Personnellement ça m’a fait beaucoup de bien d’en parler ici car je me santais souvent incomprise même par mon mari.
J’espère que tu vas mieux et je te souhaite bonne chance pour la suite.

le 21/11/2016 à 14h13 | Répondre

Jojo

Ce n’est qu’après l’avoir vécu, qu’on se rend compte que ça arrive souvent, en cherchant des infos.
Comme toi, j’étais très prudente au début, et ça s’est fini malheureusement après quelques semaines. Le plus dur à accepter dans mon cas, ça a été le manque d’information du personnel médical que j’ai rencontré, et ça a fini quelques mois plus tard par un curetage… Chaque échographie est maintenant attendue avec une grande impatience pour savoir si tout va toujours bien ! Bonne suite à toi !

le 21/11/2016 à 17h23 | Répondre

Sophie

Moi aussi, j’ai fait une fausse couche le mois dernier à ma 8SA. Cela faisait déjà 9 mois qu’on essayait avec mon chéri d’avoir un enfant. C’était ma première grossesse. Je savais qu’il y avait des risques de fausse-couche durant le premier trimestre, ma mère en avait déjà fait une, par contre, nous n’étions pas au courant que c’était si fréquents et nous n’étions pas préparé du tout. Ça été une épreuve dure physiquement et moralement. Et le plus dur a été le manque d’information et le contact très froid et impersonnalisé du corps médical. Cela nous a beaucoup déstabilisé mon mari et moi. Au moment où j’ai commencé à perdre du sang, je suis allée voir un médecin, car ma sage-femme s’était absentée pour un colloque. Il n’a pas voulu croire à mon felling (je pressentais la fausse-couche) et m’a prescrit de la progestérone en me disant que les saignements allaient arrêter et que je pouvais le lendemain soir, faire un trajet en train de 5h qui était prévu depuis déjà un petit moment pour passer un week-end touristique de 4 jours à Paris. J’ai eu des doutes, je ne me sentais pas bien du tout, surtout que pour moi, les saignements étaient conséquents, mais j’ai suivi son ordonnance pendant une journée. Le lendemain je n’en pouvais plus et j’ai appelé la maternité de l’hôpital pour avoir des conseils. Ils m’ont dit de me rendre aux urgences très rapidement pour un bilan sanguin et une échographie et m’ont interdit de suite le voyage le soir même. Mon mari est donc venu me chercher au travail et direction les urgences. Ils ont été supers et je me souviens que le médecin était tout gêné et peiné de m’annoncer que mon taux de Beta-hCG n’était pas suffisamment élevé et que j’avais certainement raison de croire à la fausse-couche. Mais je devais rencontrer le gynécologue de garde de la maternité qui allait confirmer ou non cette fausse-couche. C’est là que pour moi, tout est allé de travers. Le gynécologue a fait une échographie interne sans m’adresser un seul mot. Déjà, il ne m’a pas expliqué ce qu’il allait faire et je n’étais pas préparé à cet examen, car je ne connaissais pas du tout cette machine et cette façon de faire une échographie. Ensuite, il a confirmé la fausse-couche en disant tout simplement qu’il n’y avait plus d’œufs. Puis, j’ai cru comprendre que je pouvais me rhabiller. Une fois nettoyer et habiller, il m’a refait déshabiller pour m’examiner. Pendant tout l’examen, aucune explication, aucuns commentaires n’ont été formulés. Pour une première rencontre et un premier examen gynécologique, c’est très embarrassant et très inconfortable. Même mon mari n’a pas aimé cette façon de faire et tentait de faire parler le gynéco sans succès. Etant de nature très sensible (je tombe très facilement dans les pommes quand je rentre dans un centre médicalisé), ça n’a pas été facile.
On est sorti de la maternité très triste de la confirmation de la fausse-couche, mais surtout très désillusionner vis-à-vis l’expérience. On s’est vite rendu-compte que nous étions ignorants à ce niveau et que nous n’étions pas préparés à vivre une grossesse. Nous avons découvert à travers cette épreuve, un monde dont nous ignorions complètement le fonctionnement et du coup l’accouchement à l’hôpital me fait très peur. Nous voulons toujours un enfant, mais nous n’avons pas encore retenté l’expérience. Nous nous sommes mis à lire des ouvrages sur la grossesse, sur l’accouchement etc pour mieux se préparer et ça fait du bien. Les témoignages et le partage des expériences sur les forums sont aussi des sources d’inspiration et de réconfort…

le 29/11/2016 à 15h45 | Répondre

Mlle Moizelle

Je ne connaissais pas non plus le terme de FC inaugurale… ça m’est arrivé aussi. Mais moi j’en avais parlé à tout le monde déjà… et je n’ai pas regretté. Même si effectivement cela fait très mal lorsqu’on nous dit « alors, ça pousse? » de devoir répondre « Non, j’ai perdu le bébé. » je trouvais cela important, justement pour briser ce tabou dont moi aussi j’ai souffert. Les stats que j’avais lues, c’était une femme sur 4… Dans mon entourage, je dirais 80% des femmes m’ont confié que cela leur était arrivé aussi! Et comme les autres, j’aurais bien aimé être au courant avant…
C’était dur pendant un moment, ça a été douloureux physiquement aussi (même si tout s’est fait naturellement, pas de curetage ni rien et je remercie la vie et mon gynéco pour ça) et mon corps a mis du temps à s’en remettre: j’aurais dû accoucher en août, j’ai fait ma fausse couche en janvier… Et je ne suis retombée enceinte qu’au mois de septembre. Je pense que ce n’est pas une coïncidence et que mon corps devait aller « jusqu’au bout » de la première grossesse. En tout cas, je confirme, cela ne présage rien pour la suite puisque me voilà au bout du 1er trimestre et tout va bien à présent! 🙂 Je te souhaite bientôt une fin heureuse aussi.

le 29/11/2016 à 16h18 | Répondre

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