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Ma fille est entrée à l’école néerlandophone


Publié le 24 juillet 2018 par Miss Chat

Je reviens (enfin !) te parler de la rentrée de ma merveilleuse et minuscule Croquette à l’école néerlandophone. Souviens-toi, le 6 novembre 2017 était le grand jour de son arrivée en classe d’accueil (= la toute petite section française), dans une école de l’enseignement flamand à Bruxelles.

Le premier jour

Ma fille était toute excitée depuis quelques jours et n’arrêtait pas de répéter qu’elle allait entrer à l’école, qu’elle était « une grande fille maintenant », etc. Chaude comme une baraque à frites, comme on dit par chez nous ! (Tu le sens, le glamour à la belge ?)

En arrivant dans le petit hall de l’école en revanche, elle a eu l’air tout de suite moins motivée. Nous avons échangé quelques mots en néerlandais avec les surveillantes et la maîtresse devant elle et elle avait un air interrogateur. Je l’ai sentie se crisper, les larmes lui sont montées aux yeux et, au moment de nous séparer, elle a commencé à pleurer. Nous sommes partis le plus vite possible, après un gros câlin pour essayer de la rassurer. Le soir, cela n’allait pas mieux : nous l’avons retrouvée en pleurs de nouveau, l’air d’un pauvre petit chiot abandonné, et on nous a conseillé pour les prochains jours d’apporter un doudou de la maison, pour que la transition se fasse en douceur.

S’en est suivi 7 semaines de pleurs quotidiens systématiques au moment de la déposer à l’école… Systématiques. Pas juste une figure de style, non. TOUS. LES. JOURS. Parfois, cela commençait même déjà à la maison le matin, voire le soir avant quand on disait qu’il fallait dormir pour être en forme pour l’école (un « je veux pas aller à l’école » dit d’une toute petite voix)…

Crédits photo (creative commons) : Skitterphoto

De la détresse de l’enfant et du désespoir de ses parents

Laisse-moi te dire que, nous qui doutions déjà de notre choix avant même la rentrée, nous nous sommes sentis extrêmement mal pendant cette période et avons retourné tous les scénarios possibles dans notre tête.

Pourquoi pleurait-elle ? Etait-elle trop petite pour déjà commencer l’école ? Avait-elle peur des autres enfants ? Etaient-ils brusques avec elle ? Veillait-on assez sur elle à l’école ? Etait-elle bien traitée par les maîtresses et surveillantes ? Prenait-on en compte ses besoins ?

Se sentait-elle seule face au néerlandais qu’elle ne comprenait visiblement pas ?

Ah oui le néerlandais… C’était la principale inquiétude évidemment. Malgré le fait qu’elle l’ait entendu à la crèche tous les jours, cela n’avait clairement pas suffi à la familiariser avec la langue. Elle semblait partir de zéro et ne pas comprendre un traître mot de ce que les « juf » (= les maîtresses) lui disaient. On essayait de dire quelques mots avec elle au début mais, moi qui n’ai jamais appris le néerlandais à l’école et ne l’utilise qu’en contexte professionnel, j’étais incapable de discuter longtemps avec elle de la classe : comment on dit un bricolage en néerlandais ? Aucune idée !

On avait donc l’impression de ne lui être d’aucune aide en la matière et de toute façon, nous n’étions pas là pendant la classe évidemment. Ca a été une période extrêmement compliquée émotionnellement, où nous avions l’impression d’avoir jeté notre fille en pâture aux lions (= les flamands) (ha ha ha) (pardon***) et de ne pas avoir de solution.

*** : blague belgo-belge, l’animal emblème de la Flandre est le lion. La Wallonie vénère fièrement le coq. Ouais, une volaille et un lion. Et après, on s’étonne que les flamands bouffent les wallons. Je veux dire, il fallait s’en douter, non ?

Sa détresse avait tellement peu l’air de s’améliorer, voire s’aggravait de jour en jour, que nous avons même envisagé sérieusement de la passer dans la section francophone de l’école, qui se situe sur le même site.

Car, en parallèle de son mal-être, nous remarquions aussi au quotidien les différences existantes entre les deux sections linguistiques et ça nous faisait mal au coeur un peu plus chaque jour… Cette école communale contenait donc au même endroit la branche flamande et la branche francophone. Les francophones avaient de beaux casiers où des vêtements de rechange étaient étiquetés au nom de chaque enfant, de belles et grandes classes dans un vrai bâtiment en dur, avec leur jolie cour de récré garnie de modules de jeux et des surveillantes qui organisaient un tas d’activités pour la garderie du soir… Pendant ce temps, les flamands étaient contenus dans des préfabriqués en tôle, n’avaient pas accès à la cour mais juste à un tout petit jardin boueux de 30m², avaient un vieux panier de vêtements de rechange miteux à partager entre tous et parquaient les enfants devant la télé tous les jours de 16 à 18h.

Ca nous rendait verts ! J’avais l’impression d’avoir fait le pire choix possible pour ma fille et ça me dégoûtait. Le voir exposé devant mes yeux tous les jours ne me donnait qu’une envie, c’était de la changer fissa de section ! On s’était donc dit que, si la rentrée de janvier n’améliorait pas la situation, on passerait à l’acte. Et tant pis pour l’oreille habituée au néerlandais ou la connaissance d’une seconde langue, le bien-être de notre fille passait avant tout.

Quand vient le déclic

Nous avons donc abordé le 8 janvier 2018 avec beaucoup d’appréhension. Croquette s’est un peu crispée en arrivant à l’école… puis a lâché notre main sans un pleur ni même un regard en arrière.

Etonnement ? Soulagement. Délivrance !

De jour en jour, la nouvelle aisance de Croquette à l’école a semblé se confirmer. Elle nous quittait le matin sans difficulté, nous retrouvait contente le soir, commençait enfin à détailler ses activités de la journée, à nous dire qui étaient ses camarades de classe et même… à nous parler néerlandais et interagir en néerlandais avec les juf ! Et avec l’accent, s’il-te-plaît !

Ca a vraiment marqué le déclic de notre puce. Soyons clairs, on n’était toujours pas contents de la façon dont l’école flamande était gérée (on ne l’est toujours pas et on n’attend qu’une seule chose, c’est de déménager pour la mettre dans sa future école qui est top moumoute). Mais au moins Croquette semblait maintenant s’y sentir bien et se faire au néerlandais et aux enfants plus grands et brusques qu’elle.

Maintenant, je ne compte plus les « Papa, ga zitten! » (= va t’asseoir) ou les « Nee, Petit Sushi, da’ gaat niet » (= non tu ne peux pas) de notre petit dictateur en herbe. Au moment où je t’écris, nous sommes en mai 2018, Croquette vient d’avoir 3 ans et elle commence même à comprendre que nous parlons des langues différentes dans notre entourage. Elle sait que son grand-père maternel parle espagnol, que papa et maman parlent anglais au travail, que la musique sur l’ordinateur de Papa est en anglais aussi et qu’elle utilise le néerlandais à l’école. Sur ce dernier point, elle a même parfois l’air fier quand elle dit : « moi je parle néerlandais à l’école ! », qui sonne comme une victoire.

On a également pris le pas de lui répondre en néerlandais quand elle nous parle dans cette langue, de lui apprendre certains mots quand on avait l’occasion et de lui demander si elle savait comment dire certaines choses.

J’ai l’impression que nous voir interagir avec elle en néerlandais l’a aussi aidée à intégrer cette langue comme quelque chose de « normal » dans son apprentissage, même si c’était principalement utilisé à l’école. Le fait que nous sachions déjà parler un minimum de néerlandais a beaucoup aidé pour être honnête : non, on ne connait pas tous les mots du vocabulaire typique d’un petit enfant mais nous savons tenir une conversation normale et au fur et à mesure des jours, on a pu enrichir notre vocabulaire et commencer à la soutenir dans son apprentissage. Nous ne sommes pas dans un contexte familial et environnemental où la langue étrangère est dominante : le français ne craint rien puisqu’il est majoritaire alors nous n’avons pas peur d’utiliser nous-mêmes le néerlandais à l’occasion.

Le futur sera multilingue… ou pas

Comme je te disais plus haut, nous déménagerons d’ici quelques mois « en francophonie » et Croquette ira donc dans une école francophone. J’imagine que le néerlandais ne sera rapidement plus qu’un vague souvenir pour elle mais on lui aura au moins laissé l’occasion d’acquérir quelques bases, une oreille ou une ouverture aux langues. Ou peut-être tout en même temps !

Puisqu’on est en Belgique, nos enfants auront de toute façon des cours de néerlandais et/ou d’anglais depuis la maternelle jusqu’à la terminale. L’école où ils vont aller en tout cas pousse l’apprentissage du flamand, notamment en organisant des ateliers hebdomadaires dès la 1e maternelle (= Petite Section). De notre côté, nous veillerons à ce que l’anglais soit distillé petit à petit, en apprentissage léger mais toujours présent : sans anglais, mon mari et moi n’aurions pas de travail et une ouverture au monde bien moindre, c’est donc une langue qui nous semble cruciale.

J’ai l’impression déjà que l’espagnol ne survivra pas à la prochaine génération et je commence à tirer une croix dessus, un peu à regret. Je n’ai pas la foi de le parler à mes enfants, en partie parce que je ne le maîtrise pas suffisamment à mon sens pour leur transmettre correctement. Ca peut paraître paradoxal par rapport à l’anglais que j’ai appris plus tard mais que je maîtrise parfaitement à force d’utilisation : l’espagnol en revanche est resté une langue ‘domestique’ pour moi, à utilisation exclusivement familiale. Et puis, ce n’est pas ma langue de coeur, même si elle a bercé mon enfance et j’y tiens beaucoup. Le français me vient naturellement pour parler à mes enfants, pas l’espagnol. Je compte donc sur mon papa pour leur transmettre quelques mots et leur instiller une petite réminiscence de notre pays d’origine.

Seul l’avenir nous dira ce qu’ils garderont de tous ces apprentissages.

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Commentaires

8   Commentaires Laisser un commentaire ?

Madame Bobette (voir son site)

Et bien, quelle rentrée difficile! Et surtout que de différences entre les 2 branches de l’école. Je trouve ça très difficile à gérer dans votre situation. Je crois que comme vous, je serais passée par tous les questionnements du monde mais je ne suis même pas sûre que j’aurais réussi à attendre la rentrée de janvier pour voir… Bravo à vous d’avoir tenu! Ca lui fera quand même de supers bases même si elle repart ensuite dans une école française! J’espère que la transition se fera avec un peu plus de douceur 🙂

le 24/07/2018 à 11h05 | Répondre

Miss Chat

Ce n’était peut-être pas malin au fond mais on se disait que c’était normal que le passage à l’école puisse nécessiter plusieurs semaines d’ajustement. On ne voulait pas non plus jeter l’opportunité par la fenêtre sans lui laisser une chance ! 😉

le 25/07/2018 à 11h10 | Répondre

Lucie

ça me choque ce que tu racontes sur les différences entre les deux branches. C’est bizarre cette organisation. En plus, on dit souvent que les écoles flamandes sont « plus gâtées ». Ici, habitant Bruxelles j’ai fait le choix de mettre mes enfants en néerlandais (crèche et école maternelle) bien qu’à la base, je sois nulle en néerlandais. On a juste pris quelques cours pour pouvoir parler aux jufs question vocabulaire de base. Mon grand (qui lui venait d’une crèche où on parlait français) n’a pas semblé trop perdu par la différence de langue. Pour lui c’était normal qu’on parle autrement à l’école. Question apprentissage, on a vraiment vu la différence cette année soit après 1 an d’école. On dirait qu’il a incubé la langue de l’école pendant 1 an et puis d’un coup c’était parti. Il comprend parfaitement ses jufs et commence à blablater en flamand. A la maison, il joue d’ailleurs souvent en flamand, c’est très comique. Par contre, on ne se prend pas la tête sur le futur. On voit vraiment 1 an après 1 an. Surtout qu’on n’est pas sur de rester là où on est et qu’il faut encore avoir une école néerlandophone à proximité. Je me dis comme toi que c’est déjà un service qu’on lui rend, de lui habituer l’oreille. Bonne continuation dans vos projets.

le 24/07/2018 à 11h48 | Répondre

Miss Chat

On a été aussi surpris que toi ! Je pense qu’on le dit, oui, qu’ils sont « plus gâtés », mais qu’au final ça dépend surtout des décisions communales ! A Bruxelles, j’ai le sentiment que l’enseignement flamand (communal en tout cas) est le parent pauvre vu qu’il touche moins de gens et du coup les moyens ne sont pas investis dedans. Pourtant j’habite une commune très flamande ! Je sais que les autres implantations sont un peu mieux traitées mais tu vois quand même une sacrée différence je trouve.
Je te rejoins pour le reste sinon !

le 25/07/2018 à 11h16 | Répondre

Laure

Quelle richesse toutes ces langues autour de Croquette.
Et si ça peut te rassurer, en bon petit français, Léon a fait sa rentrée de maternelle dans une école franco française et il lui a aussi fallu jusqu’à la rentrée de janvier pour s’adapter…
L’entrée à l’école est un cap pour nos petits bouts, alors avec la différence linguistique en prime, Croquette a super bien géré !

le 24/07/2018 à 13h34 | Répondre

Miss Chat

Ah oui c’est rassurant ! 🙂 Je connais plusieurs enfants qui ont eu du mal à l’entrée à l’école et c’est vrai que ça finit toujours par rentrer dans l’ordre. On se rapprochait un peu à cette idée : ça finit forcément par aller mieux !

le 25/07/2018 à 11h28 | Répondre

WorkingMutti (voir son site)

A la maison nous sommes en capacité de 5 langues dans trois alphabets différents. Il est donc compliqué de faire un choix …

Nous avons axé sur le français et l’allemand qui représentent les origines culturelles de papa et maman. Et puis l’anglais car c’est un gage d’accès à la culture (même mainstream), à une ouverture sur le monde, et aussi un avantage dans les études et le monde professionnel plus tard.

Avec chéri nous leur parlons allemand et français. Nous leur passons des chansons anglophones. Et je suis heureuse de les voir chanter en anglais en comprenant ce qu’ils chantent. Idem pour le peu de dessins animés, c’est en anglais.

le 25/07/2018 à 11h54 | Répondre

Miss Chat

Je suis curieuse des autres alphabets utilisés ?
Pour la langue dans laquelle on élève un enfant, je trouve (personnellement) que c’est mieux de le faire avec sa « langue de coeur », celle qui nous est la plus naturelle. J’ai rencontré récemment une maman belge francophone 100% pur jus, qui avait décidé de parler en espagnol à sa fille « parce qu’elle aimait bien cette langue ». Je trouve ça très bizarre de communiquer avec son enfant dans une langue qu’on ne maîtrise pas bien et qui ne nous concerne même pas…!

le 26/07/2018 à 09h47 | Répondre

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