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Maternage proximal, féministe et entrepreneuriat…


Publié le 5 septembre 2018 par Claire Gezillig

Aujourd’hui, j’ai décidé de parler de sujets qui fâchent font parler.

Tu sais, le genre de truc où tu as des pro et des anti, des discussions enflammées. Moi, j’ai donc décidé de combiner, de te parler de maternage proximal ET de féministe. Oui, les deux ensemble. En y ajoutant la sauce « je suis entrepreneuse ».

Les cartes avec lesquels je joue…

Maternage :

Sensible à la théorie de l’attachement, j’étais intéressée avant même ma grossesse aux pratiques de maternage proximal : portage, co-dodo, allaitement long, éducation bienveillante, présence riche et longue auprès de l’enfant.

Cela dit, je n’étais pas non plus 100% sûre que cela nous conviendrait ; je me méfie beaucoup des cases et dans le cas de l’éducation, je sais à quel point il est avant tout important de s’adapter à des cas particuliers plutôt que de chercher à suivre des méthodes ou des doctrines. Et donc loin de moi l’envie de les imposer aux autres par dessus le marché.

Et puis ma fille est née et un comportement de fort maternage m’a juste paru naturel. Je ressens un besoin important de cajoler, bercer, caresser, câliner, réconforter mon bébé.
Nous avions loué un lit de co-dodo pour voir si ça nous convenait et une fois notre choupinette là, il était impensable de la faire dormir dans sa chambre. (Du coup, la location du lit nous a coûté autant que si on l’avait acheté d’occasion… mais bon…)
J’avais dit vouloir « essayer l’allaitement et voir sans me mettre de pression » et finalement, quand ça a eu du mal à démarrer, je l’ai très mal vécu, il était impensable de ne pas le faire…
J’ai passé les premières semaines avec un bébé collé à moi, jour et nuit. Et cela me convenait, cela était important pour moi.
Ce n’était pas facile tous les jours mais je garde de ces 11 semaines qui ont suivi la naissance de famille, de cette période sans séparation (si on excepte ma visite à l’hôpital à 6 semaines où je l’ai laissée à son papa), un souvenir doux et précieux. Ça nous était nécessaire.

Et je souhaite continuer à être cette maman louve-là – même si heureusement ma fille accepte de ne plus être collée à sa maman H24 et est même plutôt aventurière aujourd’hui !

Féministe :

Mais je fais sans doute aussi partie de ces femmes qui « veulent tout avoir » (sic).
Je ne veux pas que ce soit normal que je gère la maison et le bébé pendant que mon mari s’occupe de son travail. Je ne veux pas de la charge mentale à moi toute seule.
Je veux la liberté de choisir la mère que je veux être.
Je veux pouvoir avoir une carrière en plus d’une famille et que cela coule de source pour ma famille.
Et si la théorie de l’attachement et le maternage proximal me parlent, c’est le fait d’avoir des parents aimant qui répondent aux besoins que j’ai plus envie de valoriser (mon mari qui porte en écharpe depuis sa naissance notre fille, je trouve ça tellement beau…)
Je veux que mon mari est l’opportunité de tisser une relation privilégiée, forte, première avec ses enfants.
Je veux que ma fille grandisse avec un modèle qui lui montre que ce n’est pas le sexe qui définit des rôles, mais que le champ des possibles au niveau boulot et rôles familiaux est aussi grand pour les hommes et les femmes.
Enfin, je dis je veux parce que c’est moi qui écris l’article mais heureusement, je pourrais dire « nous voulons ».

Nous essayons avec mon mari de tisser un quotidien qui fait que nous avons tous les deux une place privilégiée avec notre fille, que nous soyons pleinement deux figures d’attachement primaires. Depuis janvier, il ne travaille plus le mercredi pour être avec sa fille, et il fait aussi beaucoup de soirées où je suis au boulot. Il a fait un énorme travail sur la prise d’initiatives.
J’allaite (et nous avons décidé que quand je suis dans la maison, il n’y aura pas de biberon) et j’ai passé ces premières semaines à la maison et pas lui.
Parfois, ma fille a l’air de nous dire « rien à faire de votre envie d’équilibre, je veux mamaaaaaaan ».
Ce n’est pas toujours facile à gérer parce que la maman louve veut répondre aux besoins de son bébé qui la voit comme figure première d’attachement puisque c’est la personne qui est là depuis le début… C’est aussi difficile pour moi parfois de ne pas intervenir et de laisser faire mon mari avec sa fille, alors que j’ai l’impression que je sais (et lui moins) ou que je suis plus amène de répondre à ses besoins.
Et c’est pour cela que dans mes récriminations de militantes féministes, il y a en numéro 1 : un congé paternel obligatoire. Et nous discutons pour un éventuel deuxième que mon mari prenne un congé parental.
En attendant, j’essaie de trouver un équilibre entre suivre mes envies et pulsions de maman louve et laisser de la place à mon mari pour qu’il soit aussi une figure primaire d’attachement.

Entrepreneuse :

Troisième volet, je suis entrepreneuse, et même chef d’entreprise. J’ai co-fondé une école de langue pour le français à Amsterdam et je la co-dirige. L’école n’avait pas un an quand je suis tombée enceinte et elle me demandait de 50 à 70 heures de travail par semaine. (Plus, le petit détail qui tue, mon associée était enceinte plus ou moins au même moment que moi, son second fils est né 3 mois et demi avant ma fille… C’était un peu chaud cette histoire mais on a géré).
J’aime mon travail. Et mon travail a besoin de moi (heureusement plus autant d’heures par semaine mais bien un temps complet) ; c’est le genre de boulot où tu peux difficilement prendre quelqu’un pour te remplacer ; trop de choses à gérer, trop d’heures, d’énergie, de compétences diverses qu’on a développées… Je n’ai jamais pu considérer d’arrêter ou de faire une pause longue.
Mon entreprise est importante pour moi et c’est un peu mon premier bébé.

Heureusement, j’avais deux bons atouts dans ma manche.
D’abord, aux Pays-Bas, il y a un congé maternité pour les entrepreneuses, nous avons le droit à 16 semaines (6 ou 4 avant la naissance, 10 ou 12 après), plafonné à l’équivalent du SMIC.
Ensuite, mon associée avait déjà un enfant et donc avait déjà beta-testé pour moi ce que j’avais envie de mettre en place : une présence partielle à l’école de 3 jours et un travail flexible en fonction de l’enfant le reste de la semaine (sieste, soirs, parfois les week-ends…).

Crédit photo : MamzelleJoe photographie

Voici les cartes avec lesquelles je joue… Mais tout cela ne va pas forcément de soi dans les faits.

Je vais donc maintenant répondre aux questions qu’on me pose (souvent), que je me suis posée ou même que je continue de me poser…

« Tu t’es arrêté de travailler combien de temps ? »

J’ai passé 16 semaines à la maison, le temps de mon congé maternité.
Mais j’ai complétement arrêté de travailler 15 jours.
La veille de mon accouchement, je corrigeais les derniers bugs de la nouvelle version du site Internet de l’école.
Directement après la naissance, j’ai discuté très rapidement quelques fois avec mon associée via WhatsApp mais de très loin. C’est 15 jours après la naissance, alors que ma fille dormait sur moi, que j’ai ressorti l’ordinateur pour la première fois pour travailler un peu… Et puis, je l’ai fait dès que j’avais l’énergie et le temps quand il y en avait besoin pendant ces 2 mois et demi à la maison. En essayant de ne pas me mettre la pression, le faire quand c’était possible et s’arrêter directement dès que cela ne l’était plus.
Mais ma fille dormait et tétait très bien sur le coussin d’allaitement sur moi avec l’ordinateur calé derrière… Un peu bizarre comme position mais finalement c’était plus facile à l’époque de répondre à ses besoins tout en travaillant que maintenant.

« Actuellement, c’est quoi votre organisation exactement ? »

Je suis au travail (à l’école) le mercredi, jeudi et vendredi, avec des horaires très variables (je peux parfois faire 12 heures dans une journée mais je peux aussi parfois ne pas réveiller ma fille qui dort le matin et l’emmener à la crèche plus tard).
Ma fille est avec moi le weekend, le lundi et le mardi, avec son papa le mercredi et le jeudi et vendredi à la crèche.
Quand je suis avec ma fille, je travaille quand elle me le permet, majoritairement pendant les siestes et le soir.
J’aimerais dire qu’on a le week-end à trois mais mon mari a des horaires qui changent toutes les semaines et peut travailler la nuit et le week-end. Il n’a que le mercredi « son jour de papa » qui est fixe. Mais comme j’ai ma propre entreprise, j’adapte mon emploi du temps en fonction du sien. Je vais observer des cours du soir même le lundi ou le mardi s’il est dispo. S’il ne travaille pas un lundi ou un mardi, généralement, il sort seul avec notre fille pour que j’ai plus de possibilités de travailler.

« Ce n’est pas impossible ou du moins frustrant de travailler de la maison avec un enfant ? »

Parfois si, et puis c’est fatiguant parce que tu as l’impression de ne jamais t’arrêter d’être productive. Entre le bébé, la maison et mon travail, parfois je me demande quand est-ce que je peux poser les rames.

Il y a des jours où je trouve ça lourd. Parce que c’est forcément aux moments où tu aimerais être productive que la sieste est ultra courte ou que ton bébé ne veut tout simplement pas te lâcher.
La règle que j’essaie de garder en tête c’est que les jours où je suis seule avec elle, c’est elle la priorité (il y a mon associée à l’école pour gérer)… Si elle ne veut pas me lâcher, et bien, je ferme l’ordinateur et on va se promener, jouer, câliner… ou je fais d’autres tâches, plutôt domestiques qui peuvent être effectués avec un bébé en écharpe – le portage est une bénédiction pour moi, il me permet de concilier ces deux besoins que je ressens, celui de proximité de mon bébé et celui de faire, d’être productive.

Il y a aussi des mardis soirs où je suis soulagée de me dire « demain c’est mercredi, demain c’est papa qui gère » et quand j’arrive au travail, j’ai presque l’impression que ce sont les vacances car ça parait tellement plus facile d’y travailler !

Et le vendredi soir, je suis tellement contente de retrouver mon bébé en me disant que je vais passer 4 jours avec elle.

« Tu n’as pas l’impression de passer à côté de quelque chose en donnant du temps à ton entreprise ? »

J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps le premier jour où j’ai laissé ma fille à la crèche. J’ai eu du mal à la laisser à quelqu’un d’autre que son papa.
Ça ne m’a jamais choquée que les autres mères le fassent, je ne pense pas que ça fait de nous, de moi, une mauvais mère…
Mais j’ai ressenti quelque chose au fond de moi comme un déchirement.

Et puis, aussi un soulagement au final.
C’était le bon moment après une dizaine de semaines tout avec elle d’avoir un peu de temps sans elle, j’ai eu l’impression d’une bouffée d’air. Et surtout, j’ai eu l’impression de pouvoir être plus là pour elle, de sortir du pilote automatique et de vraiment profiter de notre temps ensemble.

Aujourd’hui, je suis heureuse de l’équilibre, même si c’est fatiguant, j’accorde beaucoup d’importance au temps partagé et je réponds aussi à mes besoins d’entreprendre, d’avoir des projets à court terme (parce qu’élever un enfant, c’est un bon et long projet mais c’est au quotidien très répétitif).

« Ta maternité est-elle un frein dans ta carrière ? »

Ma carr-quoi ?
En vrai, il y a quelques années, je pensais plus au futur avec l’idée d’être maman que d’avoir une quelconque carrière. Je suis professeur de base (l’enseignement, ce n’est pas trop un domaine où l’évolution de carrière est centrale). Je me suis découverte de l’ambition dans l’évolution de ma vie professionnelle au fur et à mesure que j’ai évolué professionnellement.
Mais en fait, j’ai lancé mon entreprise alors que j’étais déjà en train d’espérer tomber enceinte, avec une associée maman qui était frustrée que le monde lui pose des limitations sans lui demander son avis sous prétexte qu’elle était mère.
Il n’y avait pas grand chose dans le business plan de notre école mais bien un paragraphe sur le fait qu’il nous tenait à cœur de permettre de conjuguer vie pro et parentalité : le fait de faire/d’avoir des enfants, de devoir/vouloir s’en occuper n’est pas un problème mais juste un paramètre à prendre en considération dans l’entreprise. Et puis, nous pensons aussi vraiment que les compétences que nous développons en tant que mères sont intéressantes pour nous en tant que professionnelles.

« Tu ne culpabilises jamais ? » / « Faire du maternage proximal ne rend pas les séparations plus difficiles ? »

Si, je culpabilise et oui, peut-être…

Je materne, je porte, je ne laisse pas pleurer parce que c’est ce que mon instinct me dit de faire. Je me dis que je remplis les réservoirs de tendresse, de besoin de proximité de ma fille et qu’elle peut sans doute puiser dedans quand je ne suis pas.

Et je vais au travail, je la laisse parce que ça remplit mes réservoirs à moi, puisque j’aime mon travail, il me fait du bien. Et que donc ça fait de moi une meilleure mère.

J’ai cette chance-là qui fait que je crois que même si je pourrais financièrement ne pas travailler pour m’occuper de ma fille, je ne le ferais pas. Ça aide à me sentir bien.

Après, le samedi où j’ai du courir au boulot pour remplacer une prof au pied levé et abandonner ma fille chez une amie sans l’avoir prévu, je me suis sentie mal… Je me suis sentie écarteler entre la maman et la chef d’entreprise.

Ça m’arrive de temps en temps de me poser des questions, de me demander si ma fille n’en aura pas ras-le-bol de mon école à un moment.

Et puis, je me dis aussi que je lui montre que c’est possible d’être mère et d’avoir une entreprise, j’espère qu’elle sera fière ou même juste qu’elle trouvera ça normal et que les réflexions du type « mais comment vous faites avec votre entreprise et votre enfant » lui paraitront incongru (le nombre de fois où je suis à une soirée de réseautage et où on me demande ce que j’ai fait de ma fille… Y a encore du boulot au niveau des mentalités…)

Conclusion

J’ai beaucoup de chance, j’ai trouvé un équilibre qui me convient.
La situation n’est pas exempt de questionnements, de remises en cause, de grands moments de fatigue, de culpabilité. Et je ne parle pas de l’idée que nous aimerions bien avoir un deuxième enfant à un moment. Ça risque de redistribuer toutes les cartes et de nous obliger à trouver un autre équilibre.

Mais je suis consciente de ma chance, notre solution me permet de répondre en général à mes besoins, envies et valeurs. Je me sens généralement une bonne mère et une bonne chef d’entreprise mais surtout ma vie me plait.

Et je crois que c’est ça la clé.
Et c’est la féministe en moi qui a envie de finir ce point important : il y a un équilibre à trouver pour chacune, chacun, chaque couple de parent(s)-enfant, un équilibre à définir soi-même, en tout liberté.
Ne nous leurrons pas : l’équilibre souvent précaire, toujours plein d’interrogations.
Mais il y aujourd’hui dans notre société de nombreuses injonctions à être un certain type de mère, des injonctions parfois contradictoires. Ce n’est pas toujours facile d’être mère en essayant d’échapper à la culpabilité… D’autant que beaucoup n’ont pas la chance que j’ai et doivent faire avec d’autres prérogatives (à commencer par financières) que leurs envies et leurs valeurs.

Je voudrais donc finir en mettant en exergue ce que je crois profondément : au delà de tout, ce dont à besoin un enfant pour bien grandir, ce sont des parents qui vont bien, alors aux chiottes la culpabilité et les questions désobligeantes de tonton Marcel et cie, écoute-toi !

Et toi, tu as trouvé un équilibre entre ta vie pro et ta vie de mère ? Raconte !

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Commentaires

27   Commentaires Laisser un commentaire ?

COCOTTE

Bonjour, merci pour votre article. Je me retrouve totalement dedans. J’ai eu l’impression de lire ma vie hors-mi les parties de chef d’entreprise.
Comme vous, j’aime mon mari et mes trois enfants, je leur donne beaucoup de mon temps libre, les chouchoute, les câline et je pourrais rester à la maison mais non ! J’aime beaucoup trop mon travail, l’ambiance, manger au calme le midi. Mes 4 jours de travail me ressource !
Nos enfants sont gardés par mon mari les lundis et mardis, par ma maman le mercredi et jeudi et ensuite moi le vendredi et le week-end moi et mon mari s’il ne travaille pas. Une organisation qui nous satisfait tous.

le 05/09/2018 à 09h05 | Répondre

Claire Gezillig

Vous avez l’air d’avoir trouvé un chouette équilibre aussi, c’est top 🙂

le 08/09/2018 à 09h00 | Répondre

Lucie

Merci!! je suis heureuse que vous ayez trouvé votre équilibre, et heureuse que tu mettes en parallèle maternage proximal ET féminisme! Non ce n’est pas antinomique, je trouve ça dur de se sentir parfois « rejetée » par un camp ou par l’autre quand tu crois que les deux sont conciliables. Être féministe ce n’est pas forcément le biberon et une vie sociale et pro qui doit faire comme si une naissance n’était pas arrivée das ns vies. Être maternante ce n’est pas forcément consacrer 200% de son temps à son bébé uniquement, en cherchant toutes les meilleures façons de l’élever et en oubliant totalement sa vie personnelle (et pro). Vive les mélanges, vive les nuances. Merci, donc!

le 05/09/2018 à 09h19 | Répondre

La Comtesse Bleue (voir son site)

Votre équilibre a l’air vraiment chouette ! Je découvre en lisant ton article que je fais du « maternage proximal » : ne pas laisser pleurer, porter (le mien déteste l’écharpe par contre, même à 1 mois il refusait d’avoir la tête contre moi, il a toujours voulu observer son environnement !), être très disponible, etc. En revanche, je suis bien plus à l’aise depuis que petit Miracle va chez sa nounou (pour autant, le premier jour, le manque était quasi physique après 4 mois collés l’un à l’autre). Je me reconnais beaucoup dans ce que tu dis, même si je n’ai pas le volet entrepreneuse. J’ai une autre forme de chance professionnelle : je suis fonctionnaire, mon départ et mon retour ont été très faciles et si j’ai bien appris une chose c’est que dans une grosse structure on est rarement irremplaçable et le monde continue de tourner sans nous (mais c’est différent lorsqu’il n’y a que peu d’associés). En tout cas, merci pour la partie question réponse très intéressante !

le 05/09/2018 à 09h28 | Répondre

Claire Gezillig

On n’a pas besoin d’étiquette et on n’a pas besoin de cocher toutes les cases, tu pouvais vivre sans savoir qu’on appelle ce genre de pratiques comme cela 😉 Mais je suis toujours contente d’apprendre des mots aux gens #jesuisprof

le 08/09/2018 à 09h02 | Répondre

Weena (voir son site)

Je me reconnais bien dans ton portait, quoique un peu moins « proximale » mais je m’adapte à mes enfants (mon deuxième n’a jamais aimé être porté par exemple), et avec un « avantage » je suis auto-entrepreure seule et dans un versant « artistique » donc je travaille de chez moi, quand mes enfants m’en laissent le temps ^_^.
Je me dit que j’aurais tout le temps de plus développer mon activités quand ils seront plus grand 😉

le 05/09/2018 à 09h47 | Répondre

Raphaelle

Vous avez l’air d’avoir trouvé un très bel équilibre! Je ne pense pas non plus que féminisme et maternage proximal soient incompatibles (après tout le féminisme c’est avant tout l’égalité des droits et des opportunités, après chacun est libre de ses choix justement). Cela dit comme je suis d’accord avec ta conclusion! je sens bien personnellement que le maternage proximal ne me correspondrait pas (j’ai trop besoin d’indépendance et les principes de base ne correspondent pas à notre vision du couple) mais je trouve ça très difficile à assumer.. comme tu dis dans ton titre c’est un sujet « qui fâche » ou en tout ça qui fait débat.. J’ai vraiment l’impression qu’avec l’éducation on n’arrive jamais à s’en sortir sans essuyer des critiques : autrefois l’éducation maternante était mal vue, et maintenant c’est le must et celles qui ne se reconnaissent pas dedans sont vues comme des mères indignes.. je pense aussi avant tout que les parents doivent être heureux et épanouis. Des parents qui sacrifient tout pour leur enfant et en souffrent ça ne me parait pas possible que ça crée un enfant heureux (je parle un peu d’expérience de ma propre famille)..

le 05/09/2018 à 10h09 | Répondre

Claire Gezillig

On dit souvent que les sujets qui fachent sont la religion et la politique mais en fait, je crois que l’éducation est presque aussi brulant, ça nous tient tellement à cœur et ça nous touche tellement que c’est difficile d’en parler sans juger ou se sentir jugée…

le 08/09/2018 à 09h05 | Répondre

Claire

Joli article ! Étant professeur des écoles, même sans avoir ma propre école :-D, je me reconnais pas mal. J’appréhende le retour à l’école car c’est un travail qui demande tellement d’investissement chez soi également… Je reprends 3 jours par semaine, heureusement ! Inscription à la crèche hier et déjà 1 pincement au coeur. Bébé a 7 semaines et on est toujours en allaitement exclusif donc je me demande comment il va vivre tous ces bouleversements…
Enfin, il suffira de trouver notre organisation !

le 05/09/2018 à 10h45 | Répondre

Claire Gezillig

les débuts, les changements, c’est toujours difficile ; j’espère que vous allez vite retrouver votre équilibre.

le 08/09/2018 à 09h06 | Répondre

Miss Chat

L’idée que féminisme et maternage proximal soient incompatibles me semblent complètement débiles, disons-le franchement 🙂
Ce n’est pas facile de tout concilier, je considère personnellement que j’ai des sacrifices à faire. De manière générale, je donne la priorité à mes enfants, alors que j’aime mon travail et le considère important pour mon équilibre… J’ai la chance de pouvoir fixer mes horaires librement par exemple donc ça signifie (souvent) travailler en soirée pour rattraper ce que je n’ai pas fait en journée pour cause d’enfants malades, de garderie ou de courses à faire…
Etre entrepreneur, je trouve que ça te laisse une flexibilité différente en fait, contrairement à ce que beaucoup de gens pensent (« un indépendant fait ce qu’il veut ») : oui, tu peux t’adapter, modifier ton horaire, repousser mais tu restes bien souvent irremplaçable et tu dois donc composer avec cet état de fait.

le 05/09/2018 à 10h45 | Répondre

Flora

Dis ça à ma N+2 qui pense que l’allaitement c’est l’argument de la société pour asservir les femmes… (Inutile de préciser qu’elle n’a jamais eu d’enfant) 😅

le 06/09/2018 à 08h44 | Répondre

Claire Gezillig

Je pense aussi qu’être ma propre chef aide vraiment dans la flexibilité. Genre hier, je suis arrivée au boulot à 10h et partie à 17h. Sauf que j’ai travaillé aussi de 20h30 à 22h30… Mais que j’ai pu ainsi passer du temps avec ma fille et je trouve ça trop bien 🙂

le 08/09/2018 à 09h08 | Répondre

AD

Féministe également (et en projet parental), la théorie de l’attachement et du maternage parental (qui se développe) m’a fait beaucoup réfléchir. Ce d’autant plus que c’est un sujet qui divise les féministes. (V. la querelle Badinter vs. pro-LLLeague). Mais j’en suis venue à la conclusion que, séduisante sur le papier, elle exigeait en pratique de la femme une disponibilité (relativement) pesante. Sauf aménagements, ce maternage repose sur la femme. Il exige une disponibilité qui, statistiquement, est fournie par la femme, les hommes réduisant bien moins leur activité pro que leurs conjointes (alors que l’enfant, dans le cadre d’un couple, a pourtant été décidé et conçu à deux). Plus spécifiquement, quand on regarde les points distinctifs du maternage proximal, il faut bien constater que l’allaitement long, en l’absence de matériel d’allaitement (TL et bib), est du domaine de la femme. Idem pour le peau à peau quand il est assis sur l’allaitement. (Pour le cododo, c’est tout simplement hors de question dans notre couple mais ce n’est pas un choix féministe, je le laisse de côté). En matière de politique parentale, notre choix est donc à rebours de celui de l’auteur puisqu’il a été de laisser le maternage proximal de côté.

le 05/09/2018 à 15h13 | Répondre

Lucie

Je partage ta réflexion sur certains points concernant le maternage proximal qui « pèse » plus sur les femmes, quand tout est centré autour des enfants. J’ai vu notamment beaucoup d’articles sur le unschooling, qui peut être bénéfique pour les enfants, mais dont je n’ai vu que des Maman qui assurait ça (le travail du Papa est plus intéressant? mieux payé? sacré?).
En revanche c’est un fait, nous sommes des mammifères, le bébé dépend sur le papier de sa mère pendant les 1ers mois. Je trouve ça dérangeant qu’en raison d’une forme de féminisme, on doive nier cette particularité et être catégorique et cérébrale pour quelque chose qui parait parfois plus évident et animal, comme l’allaitement, de la durée que l’on souhaite et/ou peut mener.

le 06/09/2018 à 13h26 | Répondre

Maria

Nous sommes des mammifères qui avons inventé tire lait et lait en poudre.
Donc si la maman n’allaite pas, je ne vois pas ce qui empêche le « paternage » proximal.

le 06/09/2018 à 20h53 | Répondre

Claire Gezillig

Je comprends le fait de ne pas être attirée par le maternage proximale et j’ai tout à fait conscience que (comme pour l’accouchement « physio »)c’est ça peut être aliénant et que ça doit être horrible si on le fait alors qu’on n’en a pas envie et/ou si on le vit mal.
Et oui, même si ,à part l’allaitement, l’homme peut faire sa part pour le reste, en général, c’est la femme « qui s’y colle ». Je comprends donc ta réflexion.
Après, comme je le dis dans l’article, la plupart du temps, ces pratiques ne me pèsent pas (en plus d’être vraiment bien partagées avec le papa) et surtout, j’y prends du plaisir, vraiment.
Si j’allaite encore aujourd’hui (et si je n’ai finalement pas passé ma fille au mixte alors que j’avais dit « jamais je ne tirerai mon lait »), ce n’est pas pour la raison première que je préfère lui donner mon lait, non, c’est parce que je n’ai aucune envie que l’allaitement s’arrête (au point de ne pas prendre le risque du mixte) ! J’en reparlerai car c’est un peu tabou de dire qu’on prend un tel plaisir à donner le sein passer les premiers mois de l’enfant…

Et sinon, pour répondre aux commentaires en dessous, oui, rien n’empêche le paternage proximal et tout le monde à tout à qui gagner. Mais c’est plus dur à mettre en place du en partie au fait que la femme accouchant et allaitant, le bébé est d’abord tourné vers elle mais surtout, parce que le pli social est là… Je pense qu’il y a tellement à faire non pas pour gommer les différences biologiques mais pour permettre à chacun de vivre, d’être parent mais aussi de faire autre chose si les envies sont là, que le sexe ne dicte pas les places et qu’on puisse choisir la sienne 🙂

le 08/09/2018 à 09h22 | Répondre

Nala

Merci pour cet article Claire, qui a le mérite de mettre certaines idées préconçues en perspective et de (peut-être ?) en faire réfléchir certains/certaines.

Je ne sais pas si je suis féministe dans l’âme (au sens premier du terme), je ne me suis jamais réellement posé la question en fait…
Le maternage en revanche, me parle davantage 🙂
Comme tu le dis si justement : « il y a un équilibre à trouver pour chacune, chacun, chaque couple de parent(s)-enfant, un équilibre à définir soi-même, en tout liberté ». C’est tellement vrai ! Seulement de nos jours, nous sommes encore trop cataloguées dans l’une ou l’autre des catégories que la société tend à nous imposer…

On peut être une maman pro-allaitement long, pro-cododo, pro-portage… et pour autant aimer son travail et avoir hâte de le retrouver ! En effet, il faut trouver son équilibre familial (et personnel également, c’est essentiel à mes yeux) pour le vivre sereinement et parvenir à tout concilier.

le 05/09/2018 à 17h02 | Répondre

Madame Vélo

Merci pour cet article ! Qui remet un peu les choses en perspectives. Oui, le maternage proximal n’est pas aliénant pour la femme, du moment que c’est un choix. Et non, il n’y a pas une seule façon d’être féministe. Et puis bon, tout dépend de ce qu’on met dans la définition du féministe… un mot que je n’aime pas d’ailleurs… et qui a ouvert un grand débat avec mon mari hier soir !! En tout cas bravo pour ce bel équilibre que tu as su trouver. (Et sinon je confirme, avec 2 enfants c’est quand même un poil plus compliqué 😉 )

le 06/09/2018 à 11h09 | Répondre

Claire Gezillig

Je dois t’avouer que je me demande régulièrement comment on fera(it) avec un 2ème dans l’équation… Mais on a bien le temps d’y penser 😉

le 08/09/2018 à 09h23 | Répondre

stelagre (voir son site)

Effectivement, écoute toi ! C’est la clef. Chaque famille, chaque couple, chaque maman, trouve son propre équilibre. Et en plus chaque équilibre est valable à l’instant t et révisable à t+1 😉
En fait, je me suis posée la question : qu’Est-ce que je veux transmettre à mes enfants ? Et la réponse est qu’ils sont formidables chacun d’eux, totalement unique et merveilleux. Ils ont chacun un potentiel formidable et toutes les capacités pour vivre toutes les expériences de la vie. Ils peuvent compter sur eux-mêmes pour toujours s’en sortir. Bien sûr, les parents, les amis, … les soutiennent. Mais c’est à eux de vivre leur vie à leur manière.
Vous allez me dire, mais comment transmettre ça ???? 😉 C’est un peu long donc je vais faire un post spécial dans mon blog. Mais déjà j’avais envie de partager ces réflexions avec vous. Belle journée à toutes et tous

le 06/09/2018 à 11h50 | Répondre

WorkingMutti (voir son site)

C’est un très bel exemple que tu donnes la :). Oui on peut dépasser les oppositions bébé vs carrière. Le fait de vivre dans un pays plus ouvert doit aussi aider pas mal

le 06/09/2018 à 15h28 | Répondre

Claire Gezillig

Ici, en effet, prendre un temps partiel pour ses enfants pour un père n’est pas bizarre… mais il y a quand même encore du boulot, on l’ache rien 🙂

le 08/09/2018 à 09h25 | Répondre

Caroline

En lisant le titre de l’article, ça ne pouvait être que de toi 🙂 Très bel article, que je ne manquerais surement pas de relire quand viendra mon tour ! Je vous tire mon chapeau pour ce bel équilibre que vous avez trouvé… A priori, cette histoire de maternage proximal, ça ne m’inspire guère, mais parait qu’il ne faut jamais dire jamais ahah ! Sinon, je suis fan de la question « on me demande ce que j’ai fait de ma fille » : je l’ai planquée dans les toilettes, je la reprendrai en partant, OU je l’ai laissée seule à la maison, et nous n’avons pas de parc, me paraissent être des réponses à tester 😀 Bonne continuation à vous 3 !

le 07/09/2018 à 02h50 | Répondre

Claire Gezillig

J’ai répondu une fois « ah oui, c’est vrai, où peut-elle bien être ? » (parce que c’était quelqu’un que je connaissais assez) mais j’aime bien tes propositions, surtout celles avec le parc ahaha

le 08/09/2018 à 09h26 | Répondre

Maria

Merci pour ton point de vue très détaillé et instructif.
Je te rejoins sur beaucoup de points. Mais j’ai deux choses:

– je suis d’accord avec pas mal de préceptes du maternage proximal, par contre je trouve ca dommage de parler de maternage et pas de « parentage » ou « parentalité » proximal. Les papas en sont une part super importante pour moi. A part l’allaitement (bien sûr), ils peuvent tout faire. C’est d’autant pour ca que je pense qu’on a besoin d’un congé parental pour les deux parents. (Comme dans les pays du nord par exemple ou le congé est partageable entre les deux selon leur choix à part 2-3 mois qui doivent être prix par chacun des parents.)

– tu as pu trouver un système qui te convenait pour le partage congé / travail et c’est ce qui compte.
Mais je ne peux m’empêcher d epenser que ta situation est très différente de celle que connaissent la majorité des femmes. Rares sont seules qui peuvent décider de leurs horaires de travail et travailler quand elle le veulent de chez elles.
C’est pourquoi, il faudrait pouvoir proposer à celles qui le souhaitent des congés plus long, modulables et partageables avec le deuxième parents. Et des solutions de gardes adaptées selon les situations et les envies des couples.
Je suis une idéaliste ! ;-p

le 07/09/2018 à 08h02 | Répondre

Claire Gezillig

Merci de ton commentaire 🙂

* Comme je parlais de ma pratique à moi, j’ai parlé de maternage comme je suis une mère, mais en effet, ce n’est pas une pratique réservée aux femmes, heureusement ! D’ailleurs, j’en parle dans mon article sur le portage à venir, ici, c’est majoritairement papa qui porte (quand on sort à trois et quand il y a quelques mois, notre fille avait des soirées difficiles et que deux choses seulement la calmer : téter et être promené en écharpe – mon mari a passé un nombre incalculable de soirées à marcher en écharpe et maintenant il est déjà nostalgique à l’idée qu’un jour, elle ne voudra plus être portée ahaha)

* J’ai tout à fait conscience de la chance et je suis tout à fait d’accord avec toi. Et je suis aussi en faveur de solutions pour permettre un vrai choix aux deux parents 🙂

le 08/09/2018 à 09h32 | Répondre

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