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Quand j’ai accouché prématurément à cause d’une béance de col


Publié le 7 mai 2016 par Jirella

Je tenais à faire ce témoignage aujourd’hui, pour apporter plus de connaissances aux futures mamans, sans les alarmer. Mon cas est bien sûr rare, mais pas si marginal que les médecins peuvent laisser penser.

Une grossesse sans problèmes

En mai 2015, nous commençons, avec mon mari, les premiers essais pour un premier bébé. Quelques semaines après, j’apprends que ça a tout de suite fonctionné. Nous sommes très heureux.

Les trois premiers mois sont difficiles : nausées, vomissements, perte d’appétit, extrême fatigue… Bref, des aléas que beaucoup d’entre nous connaissent. En dehors de ça, aucun signe clinique problématique. Je suis suivie par ma gynéco jusqu’au quatrième mois, et ensuite, par la maternité où je me suis inscrite. À chaque rendez-vous, tout est nickel.

Au deuxième trimestre, je me sens bien. J’ai même une promotion au travail. Je bouge pas mal, car je suis commerciale, et j’ai toujours plein de choses de prévues les weekends. Je suis SUPER HEUREUSE…

Quand l’impensable se produit…

À 5 mois et demi de grossesse, après de vives douleurs, je suis emmenée en urgence dans une maternité de niveau III, où on m’explique que je vais accoucher, car je suis complètement dilatée, avec une poche des eaux engagée. Je suis bouleversée, persuadée que je fais une fausse-couche tardive, ne connaissant rien à l’extrême prématurité.

Je témoigne d’ailleurs aussi pour ça, pour dire à toutes celles qui, comme moi alors, ne le savent pas : à 5 mois de grossesse, on accouche bien d’un bébé vivant et viable, un extrême prématuré.

Une nuit horrible, une nuit de choc, où je vais mettre au monde un petit garçon de 910g.

Col ouvert et extrême prématurité

Crédits photo (creative commons) : Joshua Smith

Le cauchemar continue

La suite se passe au service de réanimation néonatale, où on m’explique que mon bébé a été automatiquement réanimé, car je suis à pile 26 SA (c’est la règle : si j’avais accouché la veille, il n’aurait peut-être pas été réanimé…).

Je le vois évoluer, régresser, repartir… impuissante face à sa souffrance. Je participe juste aux soins (lavage des yeux, changement des couches…). Et puis, je le vois cracher du sang à cause d’une hémorragie pulmonaire. Les bips des machines me hantent encore aujourd’hui.

Huit jours après sa naissance, l’équipe médicale décide de stopper les soins. Mon bébé arrête de respirer dans mes bras.

Une tragédie qu’on m’explique deux mois après par… une béance du col

La béance du col est un col de l’utérus trop ouvert. On parle aussi d’incompétence cervicale (qui est souvent détectée au deuxième trimestre de grossesse). 75% des touchers vaginaux ne permettent pas de détecter une béance du col.

L’échographie du col aurait pu les jours/semaines avant mon accouchement détecter une béance, mais cette échographie ne m’a jamais été proposée. Si on avait pu voir à temps que mon col commençait à s’ouvrir, j’aurais été mise au repos, et j’aurais pu éventuellement accoucher un peu plus tard. Mais on ne refait pas le passé avec des « si ». Je n’ai aucun ressentiment contre le corps médical, car tout a été fait selon les recommandations actuelles.

Cependant, je déplore qu’on ait fait beaucoup de progrès dans les échographies pour voir d’éventuels problèmes sur le fœtus, mais qu’on ne vérifie pas assez le verrou de l’utérus qui, par son ouverture trop rapide, peut transformer la vie des parents et celle de leur bébé à tout jamais. Le traitement de la béance du col existe et consiste en un cerclage du col en début de grossesse.

Cette expérience est encore très douloureuse pour moi, mais je souhaitais témoigner. Durant ma grossesse, je connaissais tout des risques liés à la toxoplasmose, alors qu’on a plus de risques d’accoucher très prématurément que de choper cette maladie.

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Commentaires

15   Commentaires Laisser un commentaire ?

Jahanara

Bonjour Jirella,
Je comprends ton désarroi lorsqu’on t’a annoncé que tu allais accoucher alors que tout allait pour le mieux jusque là. Déjà quand on sait qu’il y a un risque pour que ça arrive, ça doit être difficile, mais quand tout est censé être normal et qu’on t’apprend ce genre de nouvelle, c’est un énorme choc ! Quant à la souffrance d’un petit prématuré pour qui tu ne peux rien faire, ça fait juste froid dans le dos :-s
C’est vrai que les échos du col, je n’en ai pas entendu parler pendant ma grossesse qui n’était pas à risque. Mais même les échographies foetales sont loin d’être une garantie à 100% que tout va bien comme je l’ai découvert il y a 4 mois…
Je te souhaite en tout cas plein de courage pour la suite, j’espère que peu à peu tu arrives à accepter cet épisode douloureux.

le 07/05/2016 à 09h10 | Répondre

Jirella

Merci Jahanara pour tes mots réconfortants. Oui on ne peut pas encore tout prévoir. Je suis justement dans ce travail d’acceptation…

le 07/05/2016 à 11h11 | Répondre

Die Franzoesin (voir son site)

C’est un témoignage terrible que tu nous livres aujourd’hui, j’espère que vous avez réussi à faire face avec votre mari… Plein de pensées pour vous deux et votre ange parti bien trop vite.

le 07/05/2016 à 13h22 | Répondre

Doupiou

Tout plein de courage pour cette épreuve horrible. Je ne sais malheureusement pas quoi te dire de plus…
Je n’avais jamais entendu parlé des échographies du col. Je trouve hallucinant qu’une béance du col ne soit pas visible lors d’un toucher vaginal.

le 07/05/2016 à 14h31 | Répondre

Floconnette

Etant dans ma 28ème SA ton récit me touche particulièrement.
J’ai été mise en menace d’accouchement prématuré pour mon premier enfant à moins de 32SA et donc actuellement, je suis assez suivie à ce sujet. Mes contractions trop fréquentes avaient commencé vers 28/29SA donc mon stade actuel quasiment. Du coup j’ai des vérifications régulières du col avec une écho. La dernière était il y a 2 semaines, celle d’avant 1 mois encore avant, j’en ai une autre à mon rdv du 7ème mois dans 2 semaines. Je suis soulagée à chaque fois, en effet, ça ne coûte rien de vérifier…
Je suis désolée pour la perte de votre enfant, j’espère que vous avez été bien entourés dans une si terrible épreuve. Toutes mes condoléances pour votre fils.

le 07/05/2016 à 15h01 | Répondre

stella

Merci de ton témoignage. Toutes mes pensées vont vers vous.
Je te rejoins sur l’absence de suivi du col lors des échos.
Enceinte de mes jumeaux après une opération du col quelques mois avant et donc fragilisé, nous avons du insister lors d une echo pour qu’il le mesures: bingo. ..j étais en map (menace d accouchement prématuré) avec un col à 16mm à 24 sa.
direction les urgences et hospitalisation.
Si nous n avions pas demander, j aurai continuer à bouger normalement avec tous les risques.
Quand j’ai parlé du cerclage. On m a répondu qu il était trop tard. Personne de me l a proposé malgré mes antécédents et une grossesse gémellaire.
J’ai finalement accouché à 31.+6
Je vous souhaite plein de courage pour la suite.

le 07/05/2016 à 15h05 | Répondre

Hellodie

Bonjour Jirella. Merci pour ce témoignage si poignant. Ce que tu dis sur le manque d’information est très vrai, et même au sein du corps médical finalement… Il me semble que les professionnels partent du principe que la plupart des grossesses se passent bien, oui, sans doute, mais la plupart seulement. Je suis maman de jumeaux grands premas, nées à 32 SA, et que nous avons failli perdre tous les deux en période néonatale, je n’ose imaginer s’ils étaient arrivés ne serait ce que quelques jours avant. Et même lorsque l’on a déjà accouché très prématurément, il faut se battre pour avoir le bon suivi, qui n’est absolument pas systématique (je pensais naïvement qu’un antécédent tel entraînait plus de surveillance). Je te souhaite beaucoup de force pour surmonter cette épreuve, et si ce n’est pas déjà fais, n’hésites pas à te tourner vers l’association SOSprema, qui propose notamment des permanences téléphoniques avec plusieurs professionnels. Des bises à ton ange.

le 08/05/2016 à 14h19 | Répondre

Jirella

Merci Hellodie. Effectivement, je n’en ai pas parlé dans ce récit pour être synthétique mais j’ai pu échanger avec l’association SOS prema qui déplore le nombre croissant d’accouchements prématurés. C’est cette association qui m’a aidé à faire valoir mes droits au congés maternité auprès de la cpam et de mon employeur.

le 08/05/2016 à 23h17 | Répondre

Hermy

Toutes mes condoléances pour ton petit ange. J’ai eu une échographie du col lors de ma MAP (mais à 33SA) et c’est ce qui a déterminé mon arrêt. C’est un examen très rapide qui en effet devrait être fait à certains stades pour éviter des accouchements trop trop tôt.

le 09/05/2016 à 10h59 | Répondre

Géraldine

Ton témoignage me touche particulièrement, car j’ai vécu exactement la même histoire.
Début de grossesse parfait, RAS, tout allait très bien à chaque contrôle.
J’ai continué de travailler, de prendre les transports…
J’ai soudain ressenti de nombreuses contractions très rapprochées à 25 SA + 5 jours. Arrivée à l’hôpital, mon col était quasiment effacé. J’ai accouché dans les heures qui ont suivi. Mon petit garçon a vécu 3 jours, puis l’équipe médicale a décidé d’arrêter les soins suite à une hémorragie cérébrale. Il est parti dans mes bras.
Personne ne m’a jamais parlé d’un contrôle du col par échographie durant ma grossesse.
Comme toi, je n’ai aucun ressentiment contre l’équipe médicale, mais je souhaite que la prévention des accouchements prématurés se développe.
Des moyens sont possibles facilement pour déceler les MAP, il faut que cela avance.
Mon histoire est encore fraîche, elle date de janvier.
Je te souhaite beaucoup de courage et espère que la vie sera plus douce pour toi à l’avenir.

le 09/05/2016 à 16h14 | Répondre

Jirella

Géraldine, je n’en parle pas dans l’article mais aujourd’hui je participe à un groupe de parole avec l’association AGAPA et cela m’aide beaucoup à reprendre confiance et à accepter. L’asso est présente à Paris et a des antennes en province.

le 09/05/2016 à 20h55 | Répondre

Melimelanie

Que dire face à un témoignage si bouleversant.

Il résonne en moi car lors d’un contrôle chez ma nouvelle gynéco « juste comme ça » (elle ne suivait pas ma grossesse) a 32 sa je lui ai dit qu’on avait senti mon bébé très bas 2 semaines plus tôt et lui ai demandé si elle pouvait « vérifier en passant ». J’ai eu la chance d’avoir cette fameuse échographie du col à temps et d’avoir pu accoucher à 37sa+2 grâce au mois d’alitement qui a suivi cette échographie.

Je pense effectivement que c’est un examen très peu pratiqué malheureusement. Pendant ma grossesse, avant de faire ma MAP, je voyais de nombreuses femmes enceintes qui avaient cette échographie du col que moi je n’avais jamais faite (je ne remercierai jamais assez ma gynécologue d’avoir voulu vérifier d’ailleurs).

Toutes mes condoléances pour ton petit bébé parti trop tôt.

le 09/05/2016 à 17h21 | Répondre

Phelippeau Alexandra

Je me vois complètement dans ton article, c’est comme si je l’avais écris… J’étais enceinte de faux jumeaux (le faux est très important !) Et en une matinée tout à basculé, mon petit garçon était prêt à sortir. J’ai seulement réussi à le maintenir une petite semaine de plus dans mon ventre car je n’avais pas de contractions. Malheureusement cela n’a pas suffit. On m’a posé un cerclage juste après l’accouchement pour maintenir sa soeur dans mon bidon. Je viens d’accoucher d’une petite victoire à 37sa.
Je suis tout à fait d’accord avec toi sur le fait qu’on nous exposé tous les risques pour bébé mais qu’on ne fait pas assez attention à la mécanique de la maman. Étant enceinte de jumeaux j’avais une écho tous les mois pourtant ! Je te souhaite plein de courage pour la suite.

le 03/07/2016 à 20h53 | Répondre

Kathy Belanger

Salut jirellia, je ne sais pas si je peux te donner espoir, mais moi aussi j ai eu un bébé garçon a 26 semaines de grossesse. Par contre contrairement a toi le mien a survécu. Aujourd’hui je suis enceinte de mon deuxième enfant et je suis présentement à 21 semaines de grossesse. Je suis suivi, car il croit aussi que j ai un mon garçon a cause d une béance du col, car tout comme toi je n ai eu aucun symptômes. Avec tout les suivis que j ai avec ma deuxième grossesse ils ont conclu que finalement je n ai pas de béance du col et la prématurité de mon premier garçon reste inconnu. Alors oui, c est possible d avoir un accouchement à terme. Je vous souhaite pleins de bonheurs pour toi et ton conjoint.

le 07/02/2017 à 04h10 | Répondre

Capucine

Bonjour Jirella,

Je découvre ton message longtemps après l’avoir écrit… J’ai vécu la même chose que toi malheureusement… Une première grossesse tout à fait normale, même si durant le 4 éme mois j’ai ressenti des contractions en fin de journée. elles étaient nombreuses mais non douloureuses raison apparemment pour laquelle elles n’ont pas été prises en compte par mon gynécologue ou ma sage femme..qui me disait que ce n’était rien que c’était normal et que je n’avais aucune contre indications pour la voiture ou le travail.
Après avoir ressenti des contractions plus douloureuses un jour, je vais consulter à l’hôpital qui découvre une ouverture de mon col grâce à la fameuse écho de col (que j’avais pourtant demandé à mon échographiste à l’écho du 5 éme mois mais qui ne voyait aucun élément pour la faire!). J’ai donc été hospitalisée à 25 SA avec perfusion…2 jours plus tard, l’hôpital stoppe la perfusion, 2 heures plus tard j’ai des contractions douloureuses…Je passe en « code rouge », on me dit que je vais accoucher et qu’on doit me faire une césarienne pour sauver mon bébé. Mon fils se battra pendant 11 jours avant qu’une perforation de l’intestin et une hémorragie cérébrale ne mène les médecins vers l’arrêt des soins… C’était il y a 2 mois et demi et le chagrin est terrible…les médecins ont diagnostiqué une béance de col.
Contrairement à beaucoup, je pense que j’aurai pu gagner quelques semaines de plus si ‘long avait écouté mes plaintes concernant mes contractions et qu’une écho de col avait été faite, et mon fils pourrait être vivant..;
Je prône donc que l’on écoute avant tout les patientes et les femmes sans pour autant imaginer qu’elle sont trop anxieuses ou psychotent. La parole des femmes est importante…
merci pour ton témoignage je me sens moins seule et espère que ta vie s’est éclairée à nouveau depuis ton drame.

le 10/11/2017 à 18h21 | Répondre

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