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Mon don d’ovocytes, pourquoi et comment ?


Publié le 6 août 2018 par Albertine

En décembre dernier, j’ai fait un don d’ovocytes.

C’est une décision que j’avais mûrie depuis assez longtemps.

Lorsque nous étions en “essais bébé”, j’avais déjà l’idée dans un coin de ma tête, et je me disais que si j’arrivais à tomber enceinte et que tout se passait bien, je tenterai sûrement la démarche.

Lorsque j’ai découvert ma grossesse naturelle, moi qui avais peur de devoir passer par la case PMA, ça a été une évidence pour moi : dès que je serai prête, je donnerai.

J’ai attendu la fin de la grossesse bien sûr, puis la fin de l’allaitement et quand la question de reprendre une contraception s’est posée, je me suis dit que c’était le bon moment !

J’étais très impatiente de commencer la démarche, pleine d’appréhensions aussi car tout le côté médical m’inquiétait beaucoup. Au final j’ai trouvé cela éprouvant, je ne te le cache pas, mais cela m’a tellement apporté que je n’ai aucun regret et je sais que je referai la même chose sans hésitation après mon deuxième bébé.

Pourquoi donner ?

Quand la gynécologue m’a demandé comment j’avais entendu parler du don d’ovocytes, je n’ai pas su lui répondre. Je crois que je connaissais la démarche depuis longtemps déjà, j’avais lu pas mal de témoignages dont celui de Madame Arwen.

Si j’ai donné, c’était tout simplement pour aider. Ça peut paraître très simpliste comme raison… et ça l’est je crois.

J’ai eu plusieurs parcours de PMA autour de moi. J’ai eu peur de ne pas pouvoir tomber enceinte naturellement. J’imagine assez bien la douleur de vouloir un enfant et de ne pas pouvoir en avoir.

Alors, à l’idée de pouvoir aider un couple dans cette situation, peut-être juste en leur donnant un peu d’espoir, ou mieux encore, en leur permettant d’accueillir un bébé, je trouve cela juste magique !

J’ai d’ailleurs choisi de donner tous les ovocytes prélevés. (Mon objectif n’était pas d’en mettre de côté pour moi, pour plus tard, mais saches que, si tu le souhaites, c’est possible).

Comment donner ?

Bon, tu t’en doutes, donner ses ovocytes est un peu plus complexe que donner son sang !

Tout d’abord, j’ai été surprise par la rapidité de la démarche. J’ai contacté l’hôpital début octobre, j’ai eu mon premier rendez-vous une semaine après, et deux mois plus tard j’étais prélevée !

Ils ont vraiment besoin de donneuses : seulement 500 par an en France. Les couples qui attendent un don doivent patienter entre 3 et 4 ans… et parfois plus.

J’ai d’abord eu un rendez-vous préparatoire avec un médecin du service gynécologie de l’hôpital. Elle m’a expliqué la démarche en long, en large, et en travers et j’ai pu poser toutes mes questions.

Nous avons balayé une grande partie de mon arbre généalogique et elle m’a interrogé sur les membres de ma famille notamment concernant les maladies génétiques.

J’ai ensuite eu plusieurs prélèvements sanguins, notamment pour vérifier mon caryotype.

Une fois tous les résultats arrivés, les différents papiers signés et après avoir vérifié que je n’avais pas changé d’avis, j’ai passé une nouvelle matinée à l’hôpital.

Au programme des festivités : un nouveau rendez-vous avec la gynécologue qui m’a expliqué concrètement comment les choses allaient se passer (avec tout plein de schémas à l’appui), un rendez-vous avec la psychologue de l’hôpital (pour faire le point sur ma démarche) et un rendez-vous avec les sages-femmes (pour me montrer comment faire les piqûres).

Je suis ressortie de là avec une grosse ordonnance, quelques appréhensions mais toujours aussi motivée !

J’ai d’abord pris un médicament pendant quelques jours pour bloquer mon cycle puis j’ai commencé les piqûres de stimulation chaque soir. Je redoutais un peu cette étape, mais en fait les piqûres ne font pas mal du tout et c’est super simple d’utilisation ! Je les faisais le soir tranquillou dans ma salle de bain et même si ce n’était pas le moment le plus funky de ma journée, en 5 minutes c’était plié.

Crédit photo : Pixababy

Pendant une semaine, je me suis rendue à l’hôpital régulièrement (tous les trois jours environ) pour faire une prise de sang et une écho vaginale (yum), le tout à 7h du matin !

Ce n’était vraiment pas la partie la plus facile et le fait de devoir jongler avec la nounou et mon boulot ne m’a pas trop aidé !

J’ai connu quelques moments de découragement à ce moment-là et je me suis parfois demandé pourquoi je m’étais lancée dans une telle démarche… Alors je fermais les yeux et je repensais au moment où j’avais appris ma grossesse, au soir où je l’avais annoncé à L’Amoureux, quand il a posé sa main sur mon ventre et que nous avons réalisé que nous serions bientôt trois. Me replonger dans ces souvenirs tellement forts et tellement heureux me reboostait complètement pour la suite !

Quand mes ovocytes ont été fin prêts, j’ai été hospitalisée une demi-journée pour la ponction. Cette étape se fait au bloc, sans anesthésie générale, mais avec un produit qui t’aide à te détendre. Clairement, j’ai eu l’impression de planer pendant tout le temps de l’opération et l’anesthésiste est resté à côté de moi à me faire la conversation ce qui m’a bien aidé à penser à autre chose.

Je ne sais pas exactement combien d’ovocytes ont été prélevés (ils ne te le disent pas) mais quand la gynécologue est passée me voir après l’opération elle m’a fait comprendre que la récolte était plutôt bonne. 😉

Naïvement je pensais que mes ovocytes étaient stockés pendant un petit moment en “attendant” mais j’ai compris, en écoutant l’équipe médicale, qu’ils repartaient directement dans le circuit. Peut-être un cadeau de Noël pour certains couples comme me l’a dit la gynéco.

L’Amoureux est venu me chercher le midi et j’ai passé l’après-midi tranquillou chez moi à me reposer. J’ai eu mal au ventre pendant quelques heures mais rien de bien méchant. J’ai pris des cachets pendant quelques jours pour mettre mes ovaires au repos et quelques jours après c’était comme si rien ne s’était passé… pour moi !

Mes petits ovocytes, eux, sont partis vivre d’autres aventures et j’espère sincèrement avoir pu aider un ou plusieurs couples.

Voilà pour la partie “pratico-pratique” ! Dans mon prochain article je viens te raconter plus en détail comment j’ai vécu la démarche et ce que cela m’a apporté.

Et toi ? Tu connaissais le don d’ovocytes ? Tu es intéressée par la démarche ?

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Commentaires

12   Commentaires Laisser un commentaire ?

Doupiou

J’ai commencé à me renseigner sur la procédure pour exactement les mêmes raisons que toi. J’ai eu la chance de devenir enceinte très rapidement pour mes deux grossesse et je voulais qu’une autre femme puisse connaître aussi le bonheur d’avoir un enfant.
Malheureusement mon mari n’était pas favorable au don d’ovocytes et comme j’ai appris que l’accord du conjoint était obligatoire, mon processus s’est arrêté là

le 06/08/2018 à 08h39 | Répondre

Albertine (voir son site)

Toutes mes excuses pour le temps de réactivité lié à la période de vacances 😉 J’ai été assez choquée quand j’ai appris qu’il fallait le « consentement » du conjoint. Pour moi ce sont mes ovocytes et j’en fait bien ce que j’en veux. 😉 Mais d’un autre côté je peux comprendre les réticences. Ton mari a su t’expliquer ce qui le bloquait ?

le 13/08/2018 à 19h51 | Répondre

Virg

C’est intéressant de lire le point de vue du donneur « désintéressé » dans le sens où tu ne le fais pas pour parrainer quelqu’un et tu n’as pas eu de difficulté à avoir un enfant. C’est une démarche particulière, comment a réagi ton conjoint ?
De plus, il me semble qu’il y a des critère d’âge en plus du fait qu’il faut avoir déjà un enfant, non ?

le 06/08/2018 à 09h02 | Répondre

Albertine (voir son site)

Mon conjoint a très bien réagi. Il était un peu étonné de la démarche la première fois que je lui en ai parlé, car il ne connaissait pas du tout ; il était un peu inquiet aussi dans la mesure où il avait peur que ça réduise nos chances d’avoir un deuxième enfant. Mais une fois les explications scientifiques faites, les inquiétudes ont disparues.
Il y a un critère d’âge oui, il faut avoir entre 18 et 37 ans, mais il n’est plus nécessaire d’avoir déjà eu un enfant !

le 13/08/2018 à 19h56 | Répondre

Miss Chat

Merci !! C’était intéressant d’avoir encore un point de vue sur le don. Je me disais que je ne ferais pas d’article parce que ça serait répétitif mais je vois quand même beaucoup de différences…
Mais oui comme toi j’ai été surprise par deux choses : la rapidité de toute la procédure (ça peut être plié en 2 cycles) et le fait que les ovocytes sont utilisés aussi très rapidement, il y a tellement de demandes…

le 06/08/2018 à 10h43 | Répondre

Albertine (voir son site)

Oui je pense que chaque don est différent, aussi bien dans les procédures, qui différent d’un hôpital à l’autre, que dans le ressenti !

le 13/08/2018 à 19h58 | Répondre

Miss Chat

Ah et j’ai oublié d’en parler la semaine dernière mais le fait qu’en France, il faille le consentement du conjoint, je trouve ça scandaleux. Personne d’autre que la donneuse n’a son mot à dire sur le sujet, ça ne devrait même pas être un débat…

le 14/08/2018 à 09h36 | Répondre

Maye

C’est quelque chose qui me tente beaucoup, pour les mêmes raison que toi. Mais tout le procédé me fait peur… Merci pour le retour, ça dédramatise ! En tout cas félicitations pour ce beau geste !

le 06/08/2018 à 10h49 | Répondre

Albertine (voir son site)

Oui tout le protocole peut effrayer un peu, c’est un peu plus complexe qu’un don du sang 😉 mais au final je me rends compte que ça m’a énormément apporté ! J’ai fait un second article sur mon ressenti durant cette période qui pourra peut-être t’aider à franchir le pas 😉

le 13/08/2018 à 20h02 | Répondre

Lisa

Très chouette témoignage ! Si je pouvais donner je pense que je le ferai. Malheureusement je suis trop vieille pour rentrer dans le dispositif (j’ai 42 ans ! )

le 06/08/2018 à 16h08 | Répondre

Albertine (voir son site)

Merci. Oui l’âge limite est fixé à 37 ans mais tu peux toujours faire de la « pub » autour de toi 😉

le 13/08/2018 à 20h05 | Répondre

La Piu

Bravo pour cette démarche ! Ça me donne envie d’y penser sérieusement. Également pour permettre a d’autres d’accomplir (ou au moins d’envisager) ce projet de vie magnifiqu. Par contre, pour ma part, ceci ne me semble envisageable que lorsque ma famille sera « au complet ». Il y a un côté égoïste la dedans, je sais… Mais je ne me vois pas lancer le schmilblick avant d’être sûre que nous avons pu faire notre petite famille et que la question bébé n’est plus.

Je me demandais si du point de vue médical les examens n’étaient pas ultra hyper méga contraignants ? C’est un aspect qui honnêtement me rebute bcp… J’ai de la peine avec tout ça, notamment durant mes grossesses, ça me bloque dans mon élan. Même si je sais bien que c’est pour s’assurer du bon déroulement de tous.

En tout cas, merci pour le témoignage. Je vais me renseigner davantage grâce à ton billet.

le 16/08/2018 à 02h12 | Répondre

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