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Ne pas aller à l’école du tout ? Chiche !


Publié le 30 août 2014 par Alice la lutine

En France, comme chacun sait, l’école est obligatoire de 6 à 16 ans… Ou pas. Hein ? Mais n’importe quoi, quelle est cette nouveauté ?!

Loin d’être une nouveauté, elle n’a en fait jamais été obligatoire. Ainsi, cette fameuse loi du 28 mars 1882, qui aurait « rendu l’école obligatoire », stipulait précisément (article 4) :

L’instruction primaire est obligatoire pour les enfants des deux sexes âgés de six ans révolus à treize ans révolus ; elle peut être donnée soit dans les établissements d’instruction primaire ou secondaire, soit dans les écoles publiques ou libres, soit dans les familles, par le père de famille lui-même ou par toute personne qu’il aura choisie.

En 1936, l’âge a été allongé à 14 ans. Puis en 1959, à 16 ans. On a aussi fini par enlever cette mention du « père de famille » pour la remplacer par « les parents, ou l’un d’entre eux, ou toute personne de leur choix ».

Concrètement, cela signifie que, peu importe dans quel cadre et de quelle manière sont instruits les enfants, tous doivent avoir, au bout du compte, appris les mêmes choses. (Mais pas obligatoirement au même âge que celui prévu par les programmes scolaires !) Les parents qui choisissent d’instruire leur enfant en famille doivent faire une déclaration à la mairie. Un inspecteur pourra alors venir à leur domicile afin de vérifier que les enfants sont effectivement instruits, qu’il y a une progression d’une année à l’autre, etc.

enfant qui court dans l'herbe

Crédits photo (creative commons) : Greg Westfall

Mais comment ça se passe dans les familles ?

Eh bien… Ça dépend des familles !

Certaines choisissent de faire vraiment « l’école à la maison », en suivant des cours par correspondance (officiels – comme le CNED – ou non), ou à leur sauce, avec divers supports et méthodes. Elles suivent complètement le programme scolaire. Comme il faut s’occuper de moins d’enfants à la fois, les cours prennent beaucoup moins de temps qu’à l’école.

A l’inverse, certaines pratiquent ce qu’on appelle en anglais le unschooling. Les enfants sont complètement libres de leurs apprentissages, on ne leur impose aucun cours. Elles suivent les centres d’intérêt de l’enfant… Même s’ils ne collent pas du tout au programme ! C’est un apprentissage complètement informel, se basant sur le constat que l’on retient toujours bien mieux ce qui nous intéresse vraiment que les connaissances qu’on ingère « de force ».

Et puis… Il y a surtout toutes celles qui piochent dans tout ça à la fois.

Par exemple, on peut suivre le programme uniquement pour le français et les mathématiques, mais ne rien faire d’autre de scolaire.

Ou ne pas suivre le programme, mais prévoir des exercices de calcul ou d’écriture à faire de temps en temps.

Ou faire du unschooling sans rien proposer de scolaire d’emblée, mais lorsque cela colle à ce qui intéresse l’enfant, ne pas hésiter à compléter par des supports scolaires, en plus du reste.

Et la socialisation alors ???

C’est vrai, à l’école, on est en contact avec beaucoup de monde.

Mais les familles qui font le choix de l’instruction en famille n’ont pas pour but de mettre leurs enfants hors du monde en les enfermant dans une vie sectaire… Toutes n’ont pas les mêmes moyens financiers (hé non, il ne faut pas forcément être riche pour faire ce choix !), mais les enfants font des sorties, peuvent participer à des activités dites « extra-scolaires »…

Divers groupes et associations existent (la principale et la plus ancienne en France est Led’a, Les Enfants d’Abord). L’un de leur but est de permettre aux familles de se rencontrer et partager leurs expériences. Dans certaines régions ou certaines villes, des sorties et activités sont organisées régulièrement, permettant aux enfants de se retrouver en groupe… Un groupe qui mêle enfants de tous âges et parents.

Pourquoi faire tout ça ?

Tout le monde n’a bien sûr pas les mêmes attentes en faisant ce choix. Mais de manière générale, l’idée est de pouvoir suivre le rythme de chaque enfant, de vivre chaque jour avec eux. Là-dessus peuvent s’ajouter de multiples raisons, comme la compétition (au travers des notes), la violence à l’école, certaines méthodes éducatives…

Certaines familles voyagent beaucoup, et ne pas se plier au calendrier scolaire leur donne une grande liberté. D’autres ont mis les pieds dans la non-scolarisation après que leur enfant ait très mal supporté l’école… D’autres encore ont fait ce choix bien avant que leur enfants n’ait l’âge d’être scolarisé, par conviction…

Un documentaire a été tourné, en suivant des familles pratiquant le unschooling. Que l’on fasse le choix de scolariser ses enfants ou pas, Être et devenir ouvre un autre regard sur tous les enfants… Je t’invite à le découvrir si tu en as la possibilité !

Tu connaissais cette subtilité de « l’école obligatoire » ? Tu pourrais envisager de ne pas envoyer tes enfants à l’école, ou c’est complètement impensable pour toi ? Viens en parler !

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Commentaires

17   Commentaires Laisser un commentaire ?

Marie Obrigada

Je connaissais cette « subtilité » et c’est une alternative qui m’intéresse (quand j’aurai des enfants) même si concrètement la question de l’emploi rendra cette idée difficilement mis en place pour l’instant. Dans tous les cas, je pense que nous nous interrogerons vraiment avant l’habituelle inscription à l’école dès 3 ans voire moins, même si ce n’est pour repousser que de quelques années ou s’il s’agit seulement de négocier une présence à l’école seulement le matin par exemple.

le 30/08/2014 à 14h15 | Répondre

Mimi

Très intéressant cet article! Je connaissais cette alternative, mais pas dans toutes ses subtilités. Cependant en tant qu’enseignante je conseille de la considérer avec beaucoup de précautions. Cette année par exemple une élève est arrive dans mon collège, en 6eme, en janvier, alors qu’il avait débuté son année en privé. En fait, il a été scolarisé à la maison jusque-là, mais ses parents ont finalement choisit de le remettre à l’école. Malheureusement, il ne savait absolument pas ce que vivre en classe signifiait, il était incapable d’attendre, coupait la parole aux autres, posait des questions totalement HS, et ne savait pas faire une évaluation, tenir son cahier, apprendre un cours. Il a été « exclu » du privé pour toutes ces raisons, et nous avons préféré le faire redoublé car il était loin d’avoir le niveau. Je pense que si on choisit l’école à la maison il faut savoir faire appel à des professionnels extérieur et aux associations. Après tout, enseigner est un métier pour lequel il faut avoir un bac+5, ce n’est pas pour rien…

le 30/08/2014 à 23h16 | Répondre

Nilith lutine

Les associations n’ont pas pour but d’enseigner quoi que ce soit. 😉
Cet enfant n’avait probablement pas été suffisamment préparé, néanmoins même parmi les enfants qui sont à l’école depuis leurs 3 ans, certains ont plus de mal que d’autres à suivre, à attendre leur tour de parole etc.

le 01/09/2014 à 14h46 | Répondre

Mimi

Bien sur, je suis tout à fait d’accord et confronté à cela chaque jour de mon travail. Mais je voulais surtout mettre en garde sur le fait que, à mon avis, ça ne s’improvise et cela se pense longtemps avant et profondément, pour que cette expérience soit une chance et ne devienne pas une difficulté. Mais quand elle est bien menée, je pense que c’est une expérience extraordinaire qui peut permettre de découvrir tellement plus qu’a l’école.

le 01/09/2014 à 23h35 | Répondre

Nilith lutine

Il y a une partie des parents qui choisissent l’instruction en famille seulement pour la primaire. Je me demande si c’était le cas de cet enfant (du coup peut-être a-t-il été intégré au système classique un peu contre son gré ? Ça jouerait probablement sur le fait qu’il ait du mal à s’intégrer…).

Pour les unschoolers que je connais et qui ont fait le choix d’intégrer l’école/collège/lycée, ça c’est bien passé. 🙂 Sans doute aussi parce que les parents étaient prêts à repasser à l’IEF si finalement leur enfant ne souhaitait pas poursuivre l’aventure. Ce qui s’est effectivement passé pour certains. Pour d’autres c’est donc passé comme une lettre à la Poste, et d’autres encore ont voulu faire une année scolaire complète, mais ne pas renouveler l’expérience ensuite… Il y a un peu de tout en somme. 🙂

le 02/09/2014 à 09h17 | Répondre

Mimi

En effet cet enfant n’a pas choisit de venir au collège, ni même en fait la famille. Cela leur a été imposé par l’inspection. C’est sur que ça n’aide pas. Ça m’intéresserai de lire des témoignages de unschoolers pour qui cela s’est très bien passé, je pense qu’on doit pouvoir apprendre beaucoup de ces expérience.

le 02/09/2014 à 12h50 |

Alice la lutine

Tu peux lire le témoignage d’André Stern, qui a écrit un livre sur le sujet. 😉 http://www.andrestern.com/fr/ecrits.html (Et même plusieurs, mais les autres sont en allemand !)
Sur internet tu peux aussi trouver beaucoup de vidéos d’interviews de lui (ça c’est gratuit au moins ! 🙂 ).

le 02/09/2014 à 14h57 |

emma

j’avoue que si le respect du rythme et de l’envie des enfants rend a priori le home schooling intéressant. je reste franchement sceptique les bénéfices long terme. Dans les études supérieurs / les métiers adultes (même le meilleur métier du monde) on doit aussi travailler sur des aspects rébarbatifs/répétitifs ou pour lesquels on est moins bon. On doit aussi se couler dans les règles et les normes qui régissent l’entreprise ou plus largement la profession. Si on a pas appris progressivement enfant a gérer ces frustrations et à construire son épanouissement malgré ou a travers ces contraintes, est on vraiment pret à le faire ensuite? De la même manière l’aprentissage de la socialisation c est aussi l’apprentissage de la gestion des conflits, des moqueries, de la réponse à l’agressivité etc..; comment construire une réponse sereine aux comportements négatifs si on n’y a pas confronté? et puis pour le coup je me trompe peux être mais je suis pas sure que les profils socio des asso de unschooler soient si variés que ça. et l’école c est aussi l occasion de rencontrer d autres cultures /modes de vie/niveaux de vie/façon d’éduquer . C est quand même important pour l’ouverture par le concret?

le 01/09/2014 à 13h41 | Répondre

Nilith lutine

A vrai dire… Je ne pense pas que l’on apprenne ceci à l’école. 😉 Si c’était le cas, tout le monde (puisque tout le monde ou presque a été à l’école) saurait se défendre et ne pas se laisser atteindre par les comportements négatifs. Ce qui est loin, très loin d’être le cas !

Ce que j’ai constaté des enfants unschoolers que je connais, c’est qu’ils vont facilement vers l’autre, quel qu’il soit, quel que soit son âge, sans préjugé, sans se sentir ni inférieur ni supérieur à lui. L’école en cloisonnant par âge détruit souvent cette spontanéité, on ne copine pas avec « les petits » (si tant est que ce soit seulement possible, puisque dans beaucoup d’écoles les horaires de récréation sont différés selon les classes !).

Pour ce qui est des aspects rébarbatifs ou répétitifs d’un métier lorsqu’on est adulte, ce n’est pas le cas de tous les métiers. Ou on peut ne pas le prendre comme tel, parce que ça correspond à quelque chose qu’on aime faire. (Un musicien passionné par exemple, aura beau rejouer 100 fois la même chose, cela restera un plaisir.)
Mais quoi qu’il en soit, je constate que la transition s’effectue plutôt bien, quand on sait ce qu’on cherche. (On se donne les moyens de faire ce que l’on tend à faire, en somme.)
Et puis… Que fait-on de toutes ces personnes qui ont suivi l’école, et qui s’y sont noyées ? Il n’y a pas que les cancres. Moi aussi, l’intello de la classe… J’ai arrêté l’école à l’âge de 15 ans. L’école, je m’y suis coulée parce que j’étais bien obligée de le faire, mais je n’y étais aucunement épanouie. Et je suis loin d’être la seule. J’en ai croisé d’autres, des élèves parfaits qui ont tout plaqué, des élèves normaux qui ont subi et n’en gardent que le souvenir d’un malaise permanent.

C’est vrai, les unschoolers (ceux qui ne suivent aucun programme) ont souvent un profil relativement identique, dans leur mode de vie actuel. Mais ils ont des origines sociales différentes. (Je connais d’ailleurs plusieurs professeurs qui ont fait ce choix ! 🙂 )
Ce qu’ils ont d’identique aussi, c’est que pour eux TOUT est propice à apprentissage, partout, de tout le monde. On n’apprend pas dans un seul endroit. On apprend du fermier. Et de l’acrobate. On apprend du grand-père. Et de la petite-fille d’à côté, qui sait jouer de l’accordéon. Les unschoolers pensent que le plus important est là.
Pour moi, l’école n’est pas vraiment un lieu de mixité. Certes, il peut y avoir beaucoup d’origines mélangées. Néanmoins ça reste théorique, car concrètement, entre l’école publique ou privée, ou même simplement entre 2 écoles publiques, une dans les quartiers chics et l’autre en banlieue « chaude », il y a toujours un profil principal.
En-dehors des éventuelles origines et habitudes différentes, l’école, c’est plein d’enfants du même âge, et quelques adultes de moins de 62 ans. La société, elle, est composée d’enfants de tous les âges, d’adultes – en plus grand nombre que les enfants ! -, de personnes âgées.
Bien souvent, par le biais des associations, les unschoolers côtoient également des familles qui font de l’instruction en famille d’une autre manière, notamment ceux qui suivent le programme (par les cours du CNED par exemple), et qui ont toutes sorte de profils. Par le biais d’activités « extra-scolaires » ou du centre aéré, ils cotoient des enfants qui vont à l’école.
Encore une fois… Ils ne sont pas coupés du monde ! Bien sûr, tous ne vivent pas de la même façon exactement. Comme les enfants qui vont à l’école, non ? 😉

Voilà pour mon expérience et mes propres réflexions sur le sujet. 😉

le 01/09/2014 à 15h37 | Répondre

Nilith lutine

Tiens, on dirait que le sujet m’inspire ! 😆

le 01/09/2014 à 15h41 | Répondre

Nilith lutine

Je partage ici deux articles sur lesquels je suis tombée aujourd’hui. (J’avoue ne les avoir lus qu’en biais, je les partage dans la mesure où il me semble qu’ils pourraient nourrir la réflexion sur ce sujet. 🙂 )

> http://www.cles.com/debats-entretiens/article/notre-ecole-est-un-crime

> http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2014/09/01092014Article635451530856817518.aspx

le 01/09/2014 à 19h58 | Répondre

doucefeuille

Au sujet du premeir lien cité au dessus. quelques angles de réfléxion intéréssants mais…

Je ne suis pas sûre que les ados qui se connectent à internet ce soit pour de l’information et que ce soit à cause de ça qu’ils ne sont plus intéressés par l’école et qu’ils s’y ennuient, car sur internet on en sait plus et plus rapidement.

Les ados ils vont sur les réseaux sociaux, les jeux (et même si je défends les jeux en ligne, il faut pas déconner, ça développe des trucs notamment sociaux, oui mais ça remplace pas l’école) Les ados qui vont chercher des infos ils ne sont pas très nombreux et ça concernera des besoins immédiats : comment gonfler leur moto, réparer leur i-phone, trouver des bons plans pour les fringues, l’art de draguer… Mais sûrement pas la biographie de Haendel, l’intégrale BNF des Rougons-Macquarts, la défaite de Waterloo, l’influence de Cézane chez Picasso etc.

Et il ne faut pas abuser, le travail de groupe existe, il est pratiqué, il le serait plus si les classes n’étaient pas surchargées.

Et j’ai peur que si on laisse les ados construire leur projet ça finissent en star académie… à cet âge ils veulent tous devenir ce qu’ils voient à la télé…

enfin voilà, de chouettes axes de réfléxions, mais pas mal d’idéalisation de nos chers ados je trouve 😮

le 02/09/2014 à 15h21 | Répondre

Joey

Doucefeuille, ton commentaire m’a laissée songeuse. Tu dis : « Les ados qui vont chercher des infos ils ne sont pas très nombreux et ça concernera des besoins immédiats : comment gonfler leur moto, réparer leur i-phone… »

Mais n’est-ce pas là une preuve d’autonomie ? Les ados même quand ils jouent les grands enfants savent pertinemment se débrouiller et trouver les bonnes infos lorsqu’ils en ont besoin, de la même façon qu’ils savent comment contourner les règles familiales lorsqu’ils ont décidés de faire ce qu’ils veulent. Ils peuvent aussi se montrer très performant et très instruits sur des domaines qui parfois nous échappe car nous ne leur avons pas appris. C’est donc une preuve de leur capacité d’apprentissage et d’adaptation qui s’épanouisse semble-t-il toujours en dehors des cours obligatoires et rébarbatifs qui ne les intéresse pas, du moins pas encore …

Tu dis aussi :
« Et j’ai peur que si on laisse les ados construire leur projet ça finissent en star académie… à cet âge ils veulent tous devenir ce qu’ils voient à la télé… »

N’est-ce pas là la preuve la plus évidente que l’école a failli à sa mission de les intéresser par exemple à « la biographie de Haendel, l’intégrale BNF des Rougons-Macquarts, la défaite de Waterloo, l’influence de Cézane chez Picasso » ? 😉

le 10/02/2015 à 12h05 | Répondre

doucefeuille

Je connaissais la subtilité, je connais bien le monde de l’école étant instit de formation. Je connais moins le coté école à la maison, mais j’ai des enfants (et je fais du homeschooling pour les langues et l’histoire euro et la musique).
Pour ma part je ne ferai jamais le choix de l’instruction à domicile, tout comme je ne ferai jamais le choix de l’école uniquement.
Les apprentissages apportés par les parents sont différents que ceux qu’apportent l’école, un enseignant, un camarade, des camarades.
Ils concernent des sujets différents, et/ou sont amenés différemment etc.

J’ai eu des classes de première année de maternelle et des CP et j’ai vu de façon flagrante la différence entre des enfants qui n’avait pas fréquenté la garderie/maternelle et ceux qui savaient évoluer en société enfantine. C’est un retard, qui parfois se comble, parfois non.

L’école ce n’est pas que apprendre des « leçons » il y a des apprentissages transversaux comme le soulève emma, et oui, ces apprentissages sont dans les programmes. On ne fait de « leçon d’oral », on ne fait pas de « contrôle d’oral » et pourtant l’enseignante enseigne l’oral. Pareil pour le « vivre ensemble » etc.
Je ne suis pas d’accord avec l’exemple du musicien violoniste qui n’a pas de travail fastdieux, qui lui doit faire plusieurs heures de gammes chaque jour, je suis pas sûre qu’il s’amuse à faire un truc aussi répétitif 8h/jour pour jouer UN morceau pour s’amuser à la fin. (à la limite un trompettiste, il peut pas faire autant de gammes, il s’enquiquine pê moins)
Tout comme confier à l’école seule le soin des apprentissages de ses enfants n’est pas une bonne chose.
Tu le dis (ou le cite je ne sais plus) « on apprend de tout, n’importe où »

D’une façon générale je pense qu’un enfant qui n’apprend qu’a l’école OU qu’a la maison, malgré le formidable travail de l’enseignant OU du parent, ne s’épanouira totalement qu’avec difficulté. Et j’emploie le terme épanouir dans le sens épanouir ses potentiels et ses capacités, pas s’épanouir joyeusement et être heureux.
Je reste convaincu que le problème majeur de nos jour est le manque de dialogue école-parents, le manque de compréhension, de soutien etc. trop de parents et d’enseignants/directeurs/inspecteurs (pas tous heureusement) sont en guerre et ne travaillent pas mains dans la main ensemble au profit de l’enfant. Il faudrait plus de respect des 2 cotés, plus de temps, des classes moins chargées du coté de l’école et des parents moins absorbés par l’emploi du temps de leur travail de l’autre J’ai eu des petits de 3 ans qui faisaient du 7h30-18h à l’école avec cantine et garderie, avec des parents qui ne peuvent pas faire autrement à cause du travail, il y aurait un peu de souplesse de la part du monde du travail à avoir. Car l’alternative aujourd’hui 1/ c’est ne pas travailler et envisager le homeschooling, ou 2/travailler à temps plein et caser son gamin à la garderie/nounou sans jamais en parler au travail.

Donc voilà, c’est dommage qu’il y ait d’un coté l’école et de l’autre le home schooling, alors que le meilleur des deux me semble être quelque part au milieu, une école plus allégée et des parents plus engagés.

le 02/09/2014 à 13h41 | Répondre

Nilith lutine

Être pour l’instruction en famille n’est pas être contre l’école non plus. 🙂 Je serais pour une refonte (une vraie, en profondeur, pas juste « on fait pareil mais avec des horaires différents ») du système scolaire…
Pour autant, aujourd’hui, avec mon propre cheminement, ma conclusion, pour moi, pour ma famille (et aussi parce que mon mari me suit complètement sur ce cheminement, avec, lui aussi, ses propres expériences et conclusions), c’est que je ne veux pas mettre d’office mes enfants dans cette école telle qu’elle est actuellement.

Avec des convictions identiques à la base, deux personnes peuvent faire des choix opposés. Pour certaines connaissances qui ont les mêmes valeurs que moi, il est ainsi impensable… de mettre leurs enfants ailleurs qu’à l’école publique. 🙂 Et je les comprend aussi, même si ma balance penche de l’autre côté.

le 02/09/2014 à 14h49 | Répondre

doucefeuille

Oui c’est pour ça que je disais : c’est dommage qu’aujourd’hui on ne puisse pas avoir un mix des deux. On a Soit une école surchargée qui se noie avec des parents au travail qui doivent combler leur absence avec de la garderie, soit du homeschooling avec moins de sociabilisation, pas de professionnel disponible à la barre, des parents coupés de leur boulot etc. (je parle en majorité hein, il y a toujours des contre-exemple si on cherche)
Mais avec les choses telles qu’elles sont aujourd’hui en France, c’est un peu les 2 seuls choix…
Et la faute n’est pas qu’a l’école, un paquet de réformes ne passent pas à cause des lobbies…

Pour avoir vu le système scolaire outre manche… Ben malgré tout le mal que j’en ai entendu, je trouve qu’il est plus adapté aux enfants, que le lien avec la famille est plus présent. Après le problème des inégalités du système c’est une autre histoire, je dis pas que le système UK est parfait, mais surement plus adapté aux enfants volontaires (ceux qui ne veulent rien faire, je ne sais pas si un tel système peut les sortir de l’ornière)

Les parents sont très présent, ils peuvent aider « en classe »!!!! Ils sont régulièrement sollicités par les enseignants, pas que pour les sorties, mais pour participer à la vie de l’école en général : enseignement, administratif, activité culturelles etc. En France ça poserait tout un tas de pb d’assurance et de prérogatives etc…

Freinet et Montessori sont ultra présent, pourtant des maitresses d’Angleterre ne connaissent pas le nom de Freinet alors qu’elles en font O_o avec 30 élèves par classe! Ben si, elles ont du temps d’enseignement dégagé pour les préparations, les concertations, elles ont les parents qui aident etc.

Autre point, en France si la réforme du temps d’école fait autant de bruit avec des élèves/enseignants à bout, c’est surtout parce que même si tu réduis la durée/jour, les gamins tu leur rajoutes 1h d’atelier le soir, et derrière la garderie… normal qu’ils soient fatigués, leur journée n’a en fait jamais rétrécit!
Réduis le temps de cantine à 1h au lieu de 2, fais les commencer à 9h et finir à 15h, avec pas d’atelier/garderie avant/après. Ils seront bien plus reposés pourtant la journée aura pas tant que ça rétrécit en terme d’horaires destinés aux apprentissages. La condition : avoir un parent à la maison jusqu’à 9h et à partir de 15h… Et là le monde du travail en France coince. Outre manche je vois les parents jongler, mais leurs emplois du temps sont flexibles, ils peuvent dire au patron « je veux finir à 15h 3j/sem pour récup mon gamin à l’école » et le patron le fait, c’est socialement admis, le temps partiel même pour les cadres sans les mettre au placard (y’a même un temps partiel appelé « schoolterm »), les choix d’emploi du temps etc. bref les journées des gamins sont moins longues.

Pourtant je crois en l’école de la république… Mais j’ai vu qu’elle manque de moyens pour arriver à remplir sa mission.

le 02/09/2014 à 15h14 | Répondre

Madibulle

J’ai été prof des écoles avant de claquer la porte (avant de finir dépressive ou cinglée). Aujourd’hui, ma fille de 3ans1/2 ne va pas encore à l’école (« Quoi ? Pas encore ? Mais, et t’as pas peur pour elle ? Qu’elle soit en retard ? Et la socialisation? « …ça revient à chaque fois, tout ça). Elle a besoin de beaucoup de sommeil, elle va naturellement vers les autres, elle a un très bon niveau de langage (construction de phrases et vocabulaire), est curieuse… Bref, nous avons décidé d’attendre un an encore avant de l’inscrire. Elle ira pour ses 4ans. Et peut-être qu’à l’issue de cette première année, elle arrêtera l’école et reviendra à la maison. Peut-être pas. Et peut-être que son frère ira dès 3 ans. Ou à 5 ans.
L’important, pour nous, c’est de connaître toutes les possibilités, de ne pas s’enfermer (et enfermer les enfants) dans des convictions qui ne sont pas les nôtres mais celles « des gens ». L’école apporte des choses, elle peut être riche, mais elle ne permet pas à chacun de s’épanouir. Alors, ici, on verra. L’important, c’est le choix.

le 18/01/2015 à 15h02 | Répondre

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