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Non, l’accouchement n’est pas un concours


Publié le 24 janvier 2018 par Doupiou

Cet article me taraude l’esprit depuis un moment. Plus de deux ans à vrai dire, la date où j’ai accouché de ma fille. Maintenant que j’ai plus de recul avec cette nouvelle grossesse, je me sens d’écrire l’expérience que j’ai eu du « concours de l’accouchement le plus catastrophique ».

Plus le terme de ma première grossesse approchait, plus j’avais droit aux récits d’accouchements. Tantôt positifs, tantôt un peu moins… Mais cela ne me dérangeait pas de les écouter. Au contraire, je savais qu’il fallait être préparée à toute éventualité pendant un accouchement. Parfois les choses se passent comme prévues et parfois pas, c’est la vie !

Mais déjà, lorsque future maman j’étais entourée de femmes déjà mamans, les récits d’accouchements prenaient sensiblement une tournure étrange dans leur bouche. Comme s’il fallait insister sur les points négatifs, voir catastrophiques, pour se donner de l’importance. Et ça me gênais.

Après mon accouchement

Comme tu le sais peut-être, je n’ai pas eu un accouchement facile. Mais il fait partie de ma vie et c’est mon histoire personnelle.

Dès le début des galères visites à la maternité, les femmes de la famille y sont allées de leur petit commentaire. Moi qui avait seulement besoin de me reposer et de faire le deuil de mon accouchement fantasmé, j’ai dû écouter encore et encore les galères des unes et des autres.

Mais le moment où ça m’a vraiment agacé, c’est quand on m’a fait entrer malgré moi dans cette compétition de l’accouchement le plus difficile : « Ok tu as peut-être souffert des heures durant, mais toi au moins, contrairement à moi, tu as eu la péridurale! ».

Excusez-moi mais à quelle moment c’est honorifique d’avoir eu un accouchement compliqué ? A quel moment on a le droit de comparer l’incomparable ?

Alors c’est ça ? L’accouchement doit être un rite initiatique de la souffrance où chacune doit porter sa croix ?

Désolée, mais je ne partage absolument pas cet état d’esprit.

Si tu veux un petit florilège des réflexions que j’ai entendu, voici, c’est cadeau

  •  » une césarienne c’est quand même vachement moins douloureux qu’une épisiotomie, moi je ne pouvais plus m’asseoir pendant des semaines alors tu as de la chance ! « 
  •  » non mais de quoi elle se plaint elle, elle a pu avoir une péridurale ! Moi j’ai accouché en à peine deux heures, autant te dire que la péridurale c’était non ! »
  •  » elle a mal alors que son bébé, ne pesait que 3 kg, moi j’ai sortie un gigot de 4 kg sans épisio ! »

Un peu de bienveillance !

Déjà parce qu’ on ne connait pas le vécu de la personne ni sa tolérance à la douleur. Une femme peut choisir d’accoucher sans péridurale alors que ce serait inconcevable pour une autre. Pourquoi ? Scoop : on est toutes différentes !

Ensuite on ne connait pas l’anatomie de la personne. Peut-être que son col extra mou et son vagin extensible laissera sortir le-dit « gigot » alors qu’une autre aura besoin de dix points d’épisiotomie.

Pour terminer on ne sait pas dans quel état d’esprit est la jeune maman. Personnellement, j’étais dépitée de ma césarienne, j’ai mis beaucoup de temps à l’admettre (six moi c’est beaucoup de temps, je pense). Alors je n’en pouvais plus d’entendre les gens me dire que ce n’était pas grave. Pour moi, à cet instant, ça l’était. Je voulais juste qu’on me dise que c’était normal d’être déçue, que ça allait s’estomper avec le temps, que j’avais le droit de ressentir absolument tout ce que je voulais sans culpabiliser.

Si une future maman me dit qu’elle a peur d’avoir mal je chercherais à la rassurer comme je l’ai fait pour une amie : oui tu vas peut-être souffrir, mais l’accouchement fera sortir de toi des forces que tu ne soupçonnais même pas.  Je ne pense pas qu’il faille tronquer la réalité ou la rendre plus belle qu’elle ne l’est. Mais si au lieu d’insister sur la douleur post-accouchement, on essayait aussi de parler de l’émotion quand on a vu notre bébé pour la première fois ou de cette sage-femme qui était très amusante !

crédit photo : pexels

L’accouchement n’est pas une compétition de la douleur

Sinon qu’est-ce que ça veut dire ? Qu’une femme qui accouche sans douleur, où tout se passe parfaitement bien, n’est pas légitime ?

C’est d’ailleurs assez révélateur d’une discussion que j’ai eu entre mamans dont une avait eu un accouchement tout à fait normal, sans complications. Et bien elle avait une attitude de retrait, les yeux baissés, rien à dire. Comme si elle était fautive que tout se soit bien passé et qu’elle n’avait pas prit part au cœur du combat.

J’ai eu trois amies qui sont tombées enceinte avant moi. Et bien tout ce que je leur ai souhaité c’était un accouchement parfait. Non je ne leur ai pas souhaité une épisio-boucherie, une mare d’excréments qui met mal à l’aise au moment de la poussée ou une souffrance pendant des heures à arpenter les couloirs de la maternité pour faire avancer le travail.

Ces trois amis étaient primipares. Et bien sûr, elles m’ont demandé en détails comment s’était passé mon accouchement. Je leur ai répondu que ça avait été difficile. Point. Certaines ont préféré ne pas en savoir plus. D’autres oui. Mais dans tous les cas il faut respecter cela.

Bien entendu, je ne suis pas si négative ! Je sais qu’entre mamans c’est parfois rigolo de se raconter les fails d’accouchement, ça permet aussi de dé-mystifier cet événement (à ce sujet je te conseille ce guide fabuleux ). Mais entre s’amuser des petits pépins et situations gênantes et comparer son accouchement à une autre personne ce n’est pas la même chose. Il s’agit surtout de jauger son interlocutrice, c’est évident qu’on ne va pas avoir le même discours à une future maman angoissée qu’à une autre beaucoup plus zen.

Au plus profond de moi, j’espère être un cas particulier et que les femmes qui t’entourent savent faire preuve de bienveillance.

Je ne sais pas pour toi, mais moi je n’ai pas eu de médaille à la sortie de la maternité…

Et toi ? Est-ce que tu as entendu ou reçu des discours culpabilisants sur un accouchement facile ? Est-ce que tu as des conseils pour les futures mamans dans cette situation ? Dis-nous tout !

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Commentaires

39   Commentaires Laisser un commentaire ?

Marjorie

Je ne ressens pas du tout la même chose… Enfin si, il y a ce concours de la plus grosse boucherie, oui c’est vrai. Mais personnellement je fais partie de la catégorie accouchement de rêve (enfin extrêmement facile) et bien que j’aime le raconter (c’est un moment important de ma vie tout de même) j’ai cette impression de me vanter, et on va systématiquement me reprendre en ce sens. C’est pour ça que je ne le fais plus d’ailleurs, évidemment il y a le côté « nan mais toi tu n’as pas vécu l’enfer alors tais toi », mais aussi et surtout « nan mais ça va pas la peine de te vanter c’est cool pour toi pas la peine d’enfoncer les autres ».
Je me demande finalement à quel moment peut on raconter notre accouchement ? Dans un cas comme dans l’autre on aura l’air de se la raconter. Pourquoi toujours voir le mal dans ce récit en particulier ? Ne peut-on croire que les femmes qui ont accouché on simplement vécu quelque chose de dingue et qu’elle ressente l’envie voir le besoin de le raconter ?

le 24/01/2018 à 07h37 | Répondre

Doupiou

Effectivement si on part de ce constat, on peut se demander à quel moment on a le droit de raconter notre accouchement. Personnellement j’essaie de m’adapter à la personne en face de moi : hors de question d’évoquer ma césarienne en catastrophe devant une femme enceinte stressée par son accouchement imminent !

le 25/01/2018 à 08h51 | Répondre

Miss Chat

Quoi, on recevait pas de médaille ?! Tout ça pour ça pfff ! 😉
Je n’ai pas eu d’accouchement catastrophique mais n’ayant pas eu de péridurale, j’avoue parfois faire des blagues avec mon mari (et uniquement avec lui !) sur le fait que « les autres sont des chochottes ». Ce que je ne pense absolument pas en vrai (c’est juste qu’on a un humour de merde) car comme tu l’as dit : on est toutes différentes et notre vécu sera lui aussi très différent, tout comme notre sensibilité.
Une de mes meilleures amies a eu une césarienne programmée, on a beaucoup échangé sur nos accouchements et « comparé » les sensations et nos ressentis… mais il ne nous serait jamais venu à l’idée de mettre une échelle sur « qui a eu le plus de » ! (d’autant qu’honnêtement, je préfère 1000 fois ne pas avoir eu à subir de césa, simplement parce que ça reste une lourde opération chirurgicale)
Je trouve incroyable que des femmes étant passées par là se permettent de dire tout haut ces choses horribles qu’elles pensent tout bas…

le 24/01/2018 à 07h47 | Répondre

Doupiou

Après je ne suis pas pour la censure ! Mais c’est vrai que j’ai eu l’impression en discutant avec des mamans qu’il fallait à tout prix insister sur le détail gore !

le 25/01/2018 à 08h52 | Répondre

Papaestmilitaire

Alors pour le coup je fais partie des accouchements bien compliqués. Et j’en ai bcp parlé au début avec les copines qui me demandaient, deja parceque je raconte tout le temps ma vie mais aussi je pense parceque j’avais besoin d’en parler, pour évacuer la « tension » / ce qui m’est arrivé, pas pour faire un concours. Maintenant ça va, j’ai pas eu l’accouchement idéal on fera mieux j’espère la prochaine fois !

le 24/01/2018 à 07h52 | Répondre

Doupiou

C’est vrai que la parole évacue beaucoup les tensions ou les regrets liés à un accouchement. J’avais eu la chance d’avoir une sage-femme très dispo qui m’avait expliqué ligne par ligne le compte-rendu d’accouchement !

le 25/01/2018 à 08h59 | Répondre

Banane

J’entends peu de récit d’accouchements faciles et il ne me viendrait pas à l’esprit de culpabiliser qui que ce soit. Au contraire, quand j’entends « j’ai accouché en 2h » (voire moins) je pense « Ouch!! » et j’admire. 🙂
Par contre je reconnais que je suis beaucoup plus tendue face à une maman qui en fait 3 tonnes sur la prématurité de son bébé né à 36+3. Là encore, ça n’est pas un concours, mais après 3 mois de néonat dont 2 mois en réa pour notre aîné, je sais que la prématurité ça n’est pas qu’un chiffre. Je ne râle jamais devant la personne, chacun son ressenti, mais mon mari en prend plein les oreilles. 🙂

le 24/01/2018 à 08h01 | Répondre

Doupiou

Là encore tout dépend de la personne qu’on a en face ! Je suis actuellement en menace d’accouchement prématuré pour mon deuxième et j’en ai raz le bol des gens qui minimisent la peur que j’ai parce qu’ils connaissent quelqu’un qui a accouché à 25 SA…

le 25/01/2018 à 09h02 | Répondre

Banane

Bon courage, j’espère que tout ira bien.
Je le redis : je ne fais jamais de remarque à la personne qui me confie son malheur, ça reste un débat intérieur car je sais que chaque histoire est personnelle.

le 26/01/2018 à 07h53 | Répondre

Melimelanie

Ha ça me rassure que toi non plus tu n’ai pas eu de médaille! Je croyais être la seule a ne pas être partie sous une haie d’honneur de la part du personnel hospitalier, ouf!
Sinon moi j’aime bien raconter mon accouchement mais parce que c’était des moments magiques! La rencontre <3. Après j'avoue que je suis cru et que j'essaie de romancer un peu face à des primipares, parce que l'objectif n'est pas de faire peur.

le 24/01/2018 à 08h37 | Répondre

Doupiou

Heureusement qu’il y a encore des accouchements de rêve ! Mon seul privilège d’accouchement de merde c’était d’avoir une chambre individuelle de 20m2 et une petite infusion préparée tous les jours par les sages-femmes après mon repas !

le 25/01/2018 à 09h04 | Répondre

Corentine (voir son site)

Je fais partie de celles qui ont eu un accouchement idyllique (si c’est à refaire cet aprem, je signe ^^) ! Et je comprends ce que tu dis. A chaque fois que je dois raconter mon accouchement à plusieurs mamans, je suis celle qui écoute les autres raconter les horreurs qu’elles ont vécues, il y en a toujours une qui a vécu pire que l’autre (peut-être aussi que face à de tels récits je ne voulais pas insister), surtout que moi je suis l’une des rares de mon entourage à avoir accouché par voie basse (je trouve ça dingue). Je trouve ça dommage qu’on ne dise pas plutôt la joie de la rencontre avec le bébé, mais que l’on se concentre sur la douleur. C’est un peu ça, il faut parler de la souffrance pour ensuite être légitime à parler de la maternité.
Du coup, depuis la naissance de ma fille je n’arrête pas de me dire que je n’ai pas assez souffert, et que peut-être je ne sais pas vraiment ce qu’est un vrai accouchement… C’est tordu cette histoire !

le 24/01/2018 à 08h58 | Répondre

Doupiou

Alors surtout ne culpabilise pas d’avoir eu un super accouchement ! Tu n’en ai pas moins légitime dans ton rôle de mère bien entendu ! J’adore écouter les récits d’accouchements où tout se passe bien où la maman et le papa reçoivent cette émotion si particulière !

le 25/01/2018 à 09h06 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

J’ai eu un bel accouchement de mon point de vue et je le raconte si on me demande des détails. Sinon je réponds juste que c’était rapide et que cela s’est bien passé ! Pour le reste, je n’ai jamais eu à subir une sorte de compétition sur le pire accouchement ou le meilleur d’ailleurs et pourtant j’etais la dernière primipare de mon groupe d’amie.
Personnellement j’aime bien savoir où je vais donc je pose souvent des questions sur l’accouchement des autres meme si cela ne s’est pas bien passé. Après je peux comprendre le traumatisme et peut être que certaines personnes ne trouvent que ce moyens pour se rassurer ou faire le deuil de leur accouchement. C’est dommage mais la nature humaine est complexe 😊

le 24/01/2018 à 09h03 | Répondre

Doupiou

Et au final c’est ce qui compte : que ton accouchement soit beau pour TOI !

le 25/01/2018 à 09h07 | Répondre

Marie B

OOOOOOOH MERCI pour cet article!!!
J’ai eu un premier accouchement « compliqué » (césarienne en urgence) mais je l’ai pas trop mal vécu, et les gens ne comprenaient pas que je m’estime chanceuse plutot que de me plaindre!
Deuxième accouchement c’est le pompom : début de rupture utérine, et pourtant je m’estime encore chanceuse!
Alors on m’a sorti « mais tu te rends compte que tu as failli mouriiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiir » euh… TA GUEULE!!

Oui l’accouchement c’est dur pour tout le monde à son niveau, mais bon…. de là à en faire un truc glauque et essayer de le raconter en mode film d’horreur c’est pas mon truc!
Je préfère voir mes accouchements comme le jour où j’ai rencontré mes filles!
Je n’ai jamais autant pleuré que durant ma première césarienne, pas de tristesse, mais de joie quand j’ai entendu ma fille pleurer alors qu’elle n’était même pas encore sortie. C’était un moment magique même si j’avais le ventre ouvert!
Il faut dire que j’ai eu la chance d’avoir des césariennes « de luxe », j’étais debout 2h après, peau à peau durant la période en salle de réveil et surtout je pousse pour faire sortir le bébé…
Donc oui, j’en parlerai toujours positivement… et GNAGNAGNA à celle qui veulent du glauque!!!

PS : http://www.magicmaman.com/la-cesarienne-extraperitoneale-bientot-pour-toutes,3527323.asp voilà ce qui explique pourquoi je l’ai bien vécue!

le 24/01/2018 à 09h13 | Répondre

Doupiou

Oh j’ai vu cet article qui m’a fait beaucoup réfléchir! Il y a un gyneco dans l’hôpital où je suis suivie qui pratique les césariennes comme ça depuis une dizaine d’années maintenant ! Ce n’est pas lui qui fera ma césarienne mais je vais en parler à mon gyneco !

le 25/01/2018 à 09h09 | Répondre

Sarajade

Comme ton article me parle!

J’ai eu une césarienne programmée, et même si mon bébé a aujourd’hui plus d’un an, ça reste une blessure profonde en moi. Pourtant, quand j’essayais de mettre des mots sur mes sentiments à la maternité (j’avais coupé toute communication avec tout mon entourage à partir du moment où la menace de la césarienne à commencé à planer sur nous, je n’avais pas la force d’en parler avec un autre être vivant que mon mari…), d’expliquer aux gens pourquoi, non, je ne trouvais pas ça « génial de ne pas avoir eu de contractions », ou « trop classe de choisir la date de naissance de ton fil », les seuls retours que j’avais étaient limite agressifs, j’étais beaucoup rabrouée, avec les, comme tu as eu « ne te plains pas parce que toi… » et tout ce que tu racontes toi aussi…

Heureusement, nous avons été 4 (famille et amies) à accoucher en 6 mois, et nous avons pu échanger sans compétition, en comparant nos expériences, mais plus en « s’enviant » mutuellement nos côtés positifs, ça nous a vraiment fait du bien à toutes de se remettre bien à l’esprit que chaque accouchement est différent, et surtout qu’il y a à chaque fois du positif et du négatif. Celle qui avait en théorie eu l’accouchement parfait, a en fait des séquelles apparues après, et qui vont l’obliger à se faire opérer quand elle ne voudra plus d’enfants, tout en souffrant pendant ce temps.

L’accouchement n’est pas une guerre, il n’y a pas de héros ni de médaille, juste des corps meurtris, il ne faut pas le nier, et des expériences fortes et riches de belles émotions.

C’est peut être le pourquoi de cette compétition : j’ai remarqué que c’était surtout les personnes plus âgées qui avaient ce comportement, et je sais que dans mon entourage, la douleur de ces personnes la était niée : tu fais un gamin, c’est normal que tu souffres, tais toi et nourris le! (j’exagère, mais pas de beaucoup). Elles ont peut être simplement besoin d’entendre de la bouche de quelqu’un « ce que tu as fait était incroyable, ta douleur était grande, mais tu l’as fait, tu as donné la vie, et ça n’est pas nié ». pour ne plus avoir ce besoin de le revendiquer?

le 24/01/2018 à 10h45 | Répondre

Doupiou

Je te rejoins sur le fait que ce sont souvent les personnes plus âgées qui font ce type de réflexion. Quand j’étais dépitée par l’annonce d’une possible césarienne pour ma fille, j’ai eu beaucoup de réflexions de mes parents et beaux-parents en mode : c’est pas grave, le plus important c’est que le bébé aille bien. Oui peut-être. Mais à l’instant T, je suis déçue et j’ai peur !
Et rebolote pour cet accouchement qui s’annonce peut-être compliqué aussi. Résultat : je m’isole de ce type de personne et répond le moins possible aux message !

le 25/01/2018 à 09h13 | Répondre

Sarajade

C’est fou comme ça me fait écho, j’ai eu les mêmes réflexion, « c’est pas grave », « je connais untelle, elle est super heureuse d’avoir eu une césarienne (sic!) ». Je savais qu’ils voulaient juste être gentils et me rassurer, mais ça me mettait en rage, parce que j’étais juste submergée par mes émotions, et perdue dans ma peur et ma déception.

Je me suis isolée aussi, j’ai demandé à mon mari de faire un mail à tout le monde, en disant que les communications ne passeraient que par lui, et que je m’isolais du monde pour gérer la fin de grossesse du mieux que je pouvais. On ne me l’a pas reproché par la suite, pourtant j’étais sure que ça serait le cas. Je trouve donc que tu fais bien de te protéger, tu as déjà beaucoup à gérer, tu as raison de ne pas perdre de temps et d’énergie à rassurer les autres. Si les gens ne peuvent pas comprendre quelques semaines d’isolement et de silence radio, il y a des questions à se poser…

Je te souhaite, très sincèrement et de tout coeur, que cet accouchement ci se passe le mieux possible pour toi, et bien sûr ton bébé… Plein de bonheur lors de cette rencontre, et prends bien soin de toi!

le 25/01/2018 à 09h56 | Répondre

Sandrine

Merci beaucoup pour ton article!!

Bb1 arrivé avec une césarienne programmée car siège + poids élevé. On a tout essayé avec l’équipe médicale pour éviter la césa (version, accupuncture, radio du bassin) mais la dernière écho à 39 SA a estimé mon bébé à 4kg plus le choix… et post-accouchement la remarque que j’entendais le plus souvent c’était « la chance tu n’as pas connu la douleur des contractions »…. What???? Depuis quand se faire ouvrir le bide est une chance? Je m’estime chanceuse car j’au accouché dans un hôpital où le papa peut être présent au bloc, ma rachi a fonctionné, j’ai vu et entendu le premier cri de mon bébé, j’ai pu faire du peau à peau pendant qu’on me recousait, la tété d’accueil en salle de réveil avec le papa présent alors que beaucoup de césarienne se passe dans l’urgence avec des mamans qui n’ont pas la chance d’avoir ces moments si unique. Cette compétition de l’accouchement le plus glauque ou le plus douloureux n’est pas saine et sortir à une maman qui a eu une césa programmée qu’elle a de la chance est stupide car les risques pour elle et son enfant sont réels et perso je n’étais pas rassurée, mon mari non plus! Le pire c’est une amie qui l’a eu: accouchement par césa d’urgence, on lui a demandé si elle se sentait quand même maman de pas avoir accouché par voie basse… no comment!

le 24/01/2018 à 12h19 | Répondre

Doupiou

Ouch! Je compatis pour ton amie… oui la césarienne est un VRAI accouchement punaise !

le 25/01/2018 à 09h14 | Répondre

la comtesse Bleue (voir son site)

Je crois que tu as résumé la maternité dans sa globalité avec cette phrase : « Je voulais juste qu’on me dise que c’était normal d’être déçue, que ça allait s’estomper avec le temps, que j’avais le droit de ressentir absolument tout ce que je voulais sans culpabiliser. »
Merci <3

le 24/01/2018 à 13h52 | Répondre

Madame Pinpon

Merci pour ton article !
En tant que nullipare, ça me fait penser, de loin, aux remarques qu’on reçoit quelques fois quand on annonce son mariage : les stats de divorces, ça coûte cher, ça sert à rien… Que de bienveillance avant de sauter le pas, ça encourage ces récits catastrophes !
Les filles, ne soyez pas gênées de raconter votre accouchement de rêve si vous en avez eu un, je n’en suis qu’au stade des essais que je flippe déjà de l’accouchement 🙁
Une amie a eu un accouchement catastrophe, elle n’ose pas en parler même 4 ans après. Ça me fait mal pour elle et je ne sais pas quoi lui dire pour la rassurer. Et comme je suis de nature angoissée je retiens plus son expérience à elle que les 3 autres plus joyeuses qu’on m’a aussi racontées…

le 24/01/2018 à 14h35 | Répondre

Doupiou

Complètement d’accord avec toi pour le mariage ! Pourquoi les gens ne peuvent-ils pas simplement être heureux pour les autres ?

le 25/01/2018 à 09h16 | Répondre

Mélinda

Ton article me parle… J’ai l’impression que cet esprit de compétition concerne toutes les phases de la maternité. Lorsqu’on se plaint de désagréments de grossesse, de la fatigue avec son bébé, des difficultés diverses et variées avec ses enfants, on peut rencontrer quelqu’un qui se comparera et aura besoin de dire que ce n’est rien par rapport à ce qu’il/elle a vécu. Or, on a juste besoin d’être écouté et soutenu, pas jugé ou dévalorisé !

le 24/01/2018 à 14h57 | Répondre

Doupiou

Exactement ! Cela fonctionne aussi avec toutes les phases de la maternité : allaitement, maladies infantiles …

le 25/01/2018 à 09h17 | Répondre

Yvanna

Je suis tout à fait d’accord avec cette espèce de compétition omniprésente, ça a failli me coûter une dépression post partum : je ne m’autorisait pas à voir qu’en je n’allais pas bien alors qu’en théorie j’avais tout ou tout pour l’être (grossesse sans souci, accouchement de rêve, bébé qui dormait bien et ne pleurait pas beaucoup). Heureusement que j’ai un super mari qui a su comprendre mon mal être et m’épauler durant c’est mois difficiles!
Un seul conseil a toutes les mamans : écoutez vous, entourez vous de personnes compétentes et ne culpabilisez jamais de vos choix/expériences 😘

le 27/01/2018 à 16h41 | Répondre

Claire (voir son site)

Mince tu n’as pas eu de chance.
Maintenant, j’ai l’impression que d’une manière générale, chaque personne à son mot à dire sur la grossesse, l’accouchement, l’allaitement, le sommeil, la nourriture etc…
En fait les gens projette seulement leur vécu sans forcément prendre en considération ce que vit l’autre. C’est un peu dommage.

le 24/01/2018 à 15h26 | Répondre

Doupiou

Après il y a conseils et jugements. C’est dans cette nuance qu’il est parfois difficile d’écouter les autres !

le 25/01/2018 à 09h18 | Répondre

Madame Bobette (voir son site)

J’ai eu du mal aussi à digérer mon accouchement même si finalement pour une césarienne en urgence, c’était plutôt le rêve avec le recul…
Par contre je n’ai jamais eu ce sentiment de concours. Je ressens là plutôt un partage d’expérience ou personne n’a jugé l’autre. Oui, je rêve peut-être de l’accouchement de ma copine ou je plains l’autre mais finalement, ça reste des expériences bonnes à prendre pour s’y préparer ou digérer le notre, à partir du moment où il n’y a bien sûr pas de jugement…

le 24/01/2018 à 15h46 | Répondre

Doupiou

Justement c’est là où la frontière est parfois difficile : entre le partage d’experience et le jugement.

le 25/01/2018 à 22h47 | Répondre

Étoile (voir son site)

J’ai beaucoup aimé ton article & je suis d’accord que nous sommes toutes différentes. Personnellement je me suis mise des oeillères à ce moment là. Mon accouchement a été très long mais j’en garde un bon souvenir. Dès que je dis la durée, j’ai toujours des remarques du genre « mais comment tu as fait? c’est horrible » et bla-bla… Bref, chaque accouchement est différent et on a toute un état d’esprit différent 🙂

le 25/01/2018 à 12h43 | Répondre

Doupiou

Exactement ! Ce qui sera surmontable pour une femme ne le sera pas pour une autre ! A chacune son ressenti !

le 25/01/2018 à 22h46 | Répondre

Doubi

Merci pour ton article!

Je suis actuellement enceinte du deuxième et mon premier accouchement certes par voie basse à été très compliqué et j’ai mis beaucoup de temps à me l’approprier ( plus les cicatrices qui font office de rappel quand tu n’y penses plus ), alors oui maintenant c’est merveilleux, mon petit garçon est en pleine forme, mais c’est un moment qui a été vraiment très dur pour moi. Et cette nouvelle grossesse fait rejaillir forcément des souvenirs, appréhension, craintes, vis à vis de ce que j’ai vécu, et de ce que je m’apprête à revivre.
Je me rassure en me disant que chaque accouchement est différent.

Je te rejoins sur cette forme de compétition qu’il y a entre femme sur la gestion de l’accouchement, et j’élargirai même à la grossesse en générale.
Globalement je trouve que ce moment donne le droit aux gens de soit tout raconter, d’y aller de son commentaire, ou de sa comparaison… et pour ma part je ne le vis pas très bien.
J’évite donc de trop me frotter aux femmes enceintes, car les comparaison vont vite, et j’essaie le plus possible de me blinder des remarques mais ce n’est pas évident.
Ma seconde grossesse à quelques petites spécificités contraignantes mais pas grave, ce qui donne encore du grain à moudre.

Merci donc de faire appel à la bienveillance, et non à la compétition.
Ca m’a fait du bien de te lire !

le 25/01/2018 à 18h22 | Répondre

Doupiou

Merci pour ton retour !

le 25/01/2018 à 22h45 | Répondre

Marjorie

Après lecture des commentaires, je me demande franchement ce qu’on peut dire sans que ce soit mal pris. Si je soutiens une amie dans sa détresse on va me reprocher d’être négative mais si j’essaye de me positionner sur les bons côté on va me le reprocher aussi. Sérieusement c’est à se prendre la tête.

le 26/01/2018 à 02h08 | Répondre

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