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Nos premiers pas vers l’adoption


Publié le 3 avril 2018 par Mme Espoir

Une fois la décision prise d’adopter les événements se sont vite enchaînés. Tellement vite même au début que cela nous a paru assez étrange. Mais j’étais plutôt contente : j’avais envie de foncer après les années de PMA durant lesquelles la lenteur était la norme (« vous voulez refaire tout de suite un essai ? Ah non madame il faut attendre 6 mois parce que le docteur est en vacances en Thaïlande / parce que c’est Noël / parce que 2 mois de repos c’est trop court » ne rayer aucune mention inutile).

Nos réflexions, peurs et choix de départ

Lorsque nous avons commencé à parler sérieusement de l’adoption avec mon mari, certains points ont émergé et marqué le début de nos réflexions.

Nous avons discuté et fait part à l’autre de nos peurs :

  • Il avait peur que je n’ai pas pris conscience qu’on ne pourrait pas pouponner. Nous sommes en effet trop âgés pour adopter un nourrisson. Je le savais déjà et très honnêtement cela ne me dérangeait pas. Au contraire, je trouvais ça tellement naturel d’avoir un enfant déjà âgé de 2 ou 3 ans !
  • Ma plus grande crainte était qu’il n’aime pas vraiment cet enfant adopté. Il adore sa fille et il me paraît presque impossible qu’il aime autant un enfant qui ne serait pas de lui. C’est d’ailleurs ce qui m’a retenu très longtemps de lui parler d’adoption. Il m’a aussitôt rassuré : la relation qu’il aura avec notre enfant adoptif sera bien évidemment différente de celle qu’il a avec Schtroumpfette. Pour autant il n’a aucun doute sur le fait qu’il aimera notre enfant car ce sera notre enfant, celui que nous désirons et attendons depuis longtemps. C’est assez étrange car lui avait la même interrogation : serais-je capable d’aimer un enfant qui n’est pas de mon sang ? Avoir Schtroumpfette dans ma vie me montre depuis des années que ce n’est absolument pas un problème !
  • De son côté, il sait à quel point ne pas avoir d’enfant m’a miné toutes ces années. Si l’adoption ne réussissait pas il était vraiment très inquiet de la manière dont je réagirais. Je ne peux pas le savoir et je lui ai dit honnêtement que ce serait de toute façon un moment très difficile. Nous serions ensemble et savoir qu’il serait à mes côtés m’aiderait à surmonter tout ça.

Crédits photo (Creative Commons) : sebastian2nd / 1 photo

Nos limites sont de suite apparues et nous n’étions pas prêts à les franchir pour que ce projet qui nous tenait à cœur puisse se faire. Cela peut sembler égoïste mais pour nous c’était évident qu’il fallait être clairs :

  • Nous n’adopterions pas de fratrie mais un enfant seul. C’est déjà un pas énorme et s’occuper de deux petits bouts nous semblait trop difficile pour nous.
  • Mon mari était complètement bloqué et hostile à l’idée d’adopter un enfant de plus de 5 ans. J’aurais peut-être poussé plus loin pour ma part mais je comprenais son sentiment. 5 ans âge limite donc (ce qui sera à affiner par la suite : 4 ans et 11 mois ou 5 ans déjà révolus ?)
  • Un agrément dure 5 ans. Si passé ce délai nous n’avions pas adopté, nous n’irions pas plus loin car M. Chéridamour trouvait que nous serions trop vieux. J’étais là encore d’accord avec lui même si en arriver là me briserait le cœur.

L’euphorie des premiers moments

Nous avons envoyé notre lettre au Conseil Départemental pour indiquer notre désir d’adopter. Elle est partie moins de 15 jours après notre mariage. Et à peine 5 jours plus tard nous avions un coup de fil pour nous proposer de participer à la prochaine réunion d’information qui avait lieu… le lundi suivant (on était jeudi !) A mon grand regret le délai était beaucoup trop court pour s’absenter du travail. Nous avons donc assisté à la réunion suivante qui avait lieu un mois après.

Je dois t’avouer que les premiers temps j’ai eu la tête dans les étoiles. La réponse donnée par M. Chéridamour m’a rendue très heureuse et c’est un euphémisme car j’étais euphorique. Je me sentais devenir maman, j’avais l’impression que ce n’était qu’une question de temps. Je lisais des témoignages de rencontres parents adoptant / enfant adopté sur Internet qui me mettaient les larmes aux yeux tellement je trouvais ça beau. J’avais envie de hurler à tous nos amis et nos familles notre décision.

Dès notre choix arrêté, j’en ai parlé à ma psychologue. On a passé une séance à en parler. Elle m’a dit à la fin de celle-ci que pour la première fois elle me sentait apaisée, soulagée presque d’en finir avec la PMA. Avec ce désir d’adoption je laissais pour la première fois parler la maman qui était en moi, preuve que c’était vraiment ce qui nous correspondait.

J’ai été sur mon nuage durant les 3 semaines qui ont précédé la réunion d’information.

Les premiers grains de sable

Une fois passé cette phase « Bisounours » j’ai commencé à me renseigner sérieusement sur le sujet. Sur Internet en premier lieu, via les sites institutionnels comme le site http://www.adoption.gouv.fr/ (voir la tête de M. Fabius présenté comme le ministre des affaires étrangères – ce qu’il n’est plus depuis plus de 3 ans – n’est guère positif et encourageant sur la validité des informations collectées…) puis avec des ouvrages empruntés à la médiathèque.

Ces lectures me confirment dans mon idée que vouloir adopter un nourrisson est illusoire pour nous. Aucune importance je m’y étais faite. Mais là où j’ai un choc, c’est qu’adopter un enfant en bonne santé s’avère également très compliqué. Les enfants proposés à l’adoption internationale sont de plus en plus des enfants « à particularité » à savoir des enfants grands (plus de 6 ans), avec des malformations ou des problèmes de santé allant d’un simple asthme à des handicaps physiques ou psychologiques très lourds.

J’ai alors décidé de laisser poser les choses. J’avais besoin de mûrir tout ça et d’attendre la réunion d’information organisée par le Conseil Départemental. On verrait bien ce qu’il en ressortirait.

—–

Quand tu as décidé d’avoir un enfant, quels ont été tes sentiments ? Crainte ou joie, qu’est-ce qui a dominé ?

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Commentaires

22   Commentaires Laisser un commentaire ?

La Comtesse Bleue (voir son site)

Je trouve dans ton récit cette forme d’apaisement qui ressemble sûrement à ce qu’a décelé ta psychologue. C’est sûrement dû au temps de réflexion que vous avez déjà eu mais il me semble que vous êtes très réalistes et à la fois enthousiastes. C’est tellement beau d’être prêt à accueillir un enfant un peu grand… Encore une fois, je vous souhaite toute le réussisse possible de votre projet !

le 03/04/2018 à 10h07 | Répondre

Mme Espoir

En fait en terme d’âge on est plutôt restrictifs. Un enfant grand en terme d’adoption c’est un enfant qui a plus de 6 ans. Beaucoup sont adoptés après 7 ou 8 ans. Là clairement ce n’est plus le même projet et no mon mari ni moi ne nous en sentons capables…

le 04/04/2018 à 09h14 | Répondre

Folie douce

Encore un article très bien écrit, on comprend bien ce que tu ressens, les questionnements et l’euphorie naissante. Par contre par rapport aux problèmes de santé j’ai une question, qui est peut-être naïve, mais au fond qu’est ce que ça change par rapport à faire un enfant biologique ? J’espère vraiment que ta question ne te heurtera pas et ne te paraitra pas stupide mais quand on fait un bébé on n’a aucune garantie qu’il ne va pas être atteint d’asthme ou d’un handicap/une maladie physique ou psychologique… Devenir parent c’est toujours un saut dans l’inconnu non ?

le 03/04/2018 à 14h29 | Répondre

Mme Figuier

Mme Espoir pourra répondre aussi, mais rapidement, voilà ce que ça change pour moi.

Déjà, un enfant adopté, surtout un peu grand, c’est déjà un challenge et un tas de défis à relever, pour lui comme pour les parents, même quand il est en (relativement) bonne santé. Donc des problèmes de santé qui pourraient être dans l’absolu gérables, viennent potentiellement se rajouter à tout le reste, ce qu’on appelle « la normalité adoptive » : difficultés d’attachement, retards de développement psychomoteur, problèmes scolaires, etc. Il ne faut pas négliger ces aspects, qui peuvent déjà être très chronophages, nécessiter un suivi plus ou moins fréquent et long, une grande disponibilité des parents, etc.
– Avec un enfant adopté, comme avec un enfant biologique, il peut évidemment y avoir des « surprises », des soucis auxquels on ne s’attendait pas, qu’on ne pensait pas devoir gérer, et quand cela survient, et bien on fait face et on avance. Dans ce cas, bien sûr, les parents adoptifs font face comme les autres : un enfant adopté peut se révéler TDAH, dyslexique, autiste, avoir des problèmes de santé qui n’étaient pas détectés au moment de l’adoption (ou qui ont été cachés, mais c’est un autre débat), tomber gravement malade par la suite… tout comme un enfant biologique. La question, c’est plutôt de choisir ce à quoi tu es ouvert dès le départ, et que donc tu SAIS que ton enfant aura. C’est une chose de se dire que si ton enfant naît sourd, ou trisomique, ou avec un bras en moins, tu feras « avec », c’est autre chose de te dire que tu CHOISIS dès le départ d’avoir un enfant avec ce handicap (ce sont des exemples parmi d’autres…).

Je ne sais pas si ce que je dis paraît cohérent ?

le 03/04/2018 à 14h58 | Répondre

Mlle Mora

Je le vois aussi comme Mme Figuier. On peut se dire qu’on acceptera et vivra avec la maladie/le handicap de notre enfant biologie, c’est une possibilité, une hypothèse.
Par contre, pour un enfant adopté, il y a le fait qu’on le sait déjà au moment de l’adopter, la question du choix, ce qui n’a pas tout à fait les mêmes implications, je trouve.
Mais Mme Espoir répondra sans doute clairement à ta question avec son ressenti à elle, qui se trouvera potentiellement dans cette position.

le 03/04/2018 à 15h03 | Répondre

Mme Espoir

Ta question ne me heurte pas du tout. Elle est normale et on se l’est beaucoup posée avec mon mari (ça revient d’ailleurs régulièrement dans nos conversations, j’en reparlerai plus tard).

Mme Figuier et Mlle Mora ont très bien répondu (merci à elles !) Il y a déjà tellement de difficultés à surmonter avec un enfant adopté qu’il faut vraiment savoir à quoi on est ouvert sachant que cela va rajouter des obstacles. Sinon on court à la catastrophe car une situation non désirée au départ sera bien entendue source de souffrance pour l’enfant et les parents.

Je comparerais un peu ça aux échographies et examens lors d’une grossesse pour savoir si le bébé va bien et si des choses sont repérées (trisomie, malformation, problèmes autres). En cas de souci les parents sont en mesure de faire leur choix d’accepter de le mettre au monde ou pas. Et ensuite au cours de la vie si un souci se présente (autisme, handicap…) ils feront bien entendu face.

Avec mon mari nous avons vu un reportage récemment sur l’adoption. Un couple avait adopté un enfant sans connaître son dossier mais pour lequel ils ont eu un attachement immédiat. Quelques mois après leur retour en France le verdict est tombé : retard mental. Ils gèrent maintenant la situation, cela les fait souffrir énormément même si on sent l’amour énorme et inconditionnel qu’ils ont pour cet enfant. Clairement, s’il avaient en toute connaissance de cause choisi d’adopter cet enfant leur ressenti et leur douleur actuelle seraient complètement différent parce qu’ils y auraient été préparés.

le 04/04/2018 à 09h49 | Répondre

Folie douce

J’imagine que la question est vaste et merci de cette réponse (et des 2 autres réponses également). On voit en tout cas que vous réfléchissez beaucoup à tout ça et je vous souhaite que tout se passe bien.

le 04/04/2018 à 20h15 | Répondre

Caro - WonderMumBreizh (voir son site)

c’est une décision qui mérite un temps de réflexion. une décision compliqué à prendre mais nécessaire pour que vous viviez l’adoption en tout sérénité.

Je te souhaite plein de belles courages pour te poser les questions et trouver les réponses qui y sont associées.

a très vite

le 03/04/2018 à 17h21 | Répondre

Mme Espoir

Oui, les réflexions sont importantes. On se met beaucoup de limites ce qui peut mal passer mais c’est important pour nous d’être clairs avec ce qu’on souhaite.

le 04/04/2018 à 10h00 | Répondre

elodie

J’adore lire ton parcours pour devenir maman, si différent et pourtant si fort.
Je vous souhaite une belle adoption très bientôt

le 04/04/2018 à 03h27 | Répondre

Madame Bobette (voir son site)

Je te lis toujours avec autant de plaisir. Suivre votre cheminement est vraiment très intéressant! J’ai hâte de savoir ce que cette réunion d’information a donné 🙂
Et j’espère que l’adoption arrivera aussi vite que possible pour vous!

le 09/04/2018 à 14h19 | Répondre

Lisette

Bonsoir,

C’est une amie qui est maman depuis 1 an qui m’a fait découvrir tes écrits. Comme toi, je suis passée par la PMA qui n’a rien donné, et on s’est lancés dans le projet d’adoption en fin d’année dernière… pour nous rendre compte que notre appartement ne comprenant qu’une chambre était un frein ! que de désillusions ! nous avons par contre vécu la PMA comme un acharnement, car là où nous étions suivis c’était plutôt : tant que vous le voulez et que vous en avez les moyens, fonçons, même si apparemment vous ne suivez plus… Nous espérons pouvoir relancer notre projet d’adoption très bientôt, mais c’est vrai que nous avons peur de nouvelles désillusions… j’ai longtemps hésité avant de lire tes articles, car j’avais peu que ça me touche trop. En effet, tout le monde y va toujours de sa connaissance qui est passée par là et tout le toutim, tout ira bien… alors que chaque parcours est unique. Mais bizarrement, ta façon de raconter est plutôt rassurante. Alors merci.

le 10/07/2018 à 22h08 | Répondre

Mme Espoir

A la fin de la PMA, j’ai eu aussi ce sentiment d’acharnement. C’est entre autres ce qui nous a fait arrêter.

Pour ce qui est de l’adoption, on a également eu peur car notre maison est trop petite pour accueillir un nouvel enfant. Mais on a indiqué lors des entretiens qu’on en est conscients et qu’on va résoudre le problème par un déménagement. Ça a été suffisant (surtout qu’entre temps on a entrepris les démarches en ce sens). Les travailleurs sociaux savent qu’on a quelques années avant d’accueillir un enfant, donc le temps de s’organiser. Et c’est plutôt positif d’avoir un projet pour s’occuper durant l’attente.

Chaque projet est en effet différent. Mais certaines étapes sont vécues par tous les couples. Je ne sais toujours pas s’il y aura une issue positive pour nous, mais même si la désillusion nous attend au bout, j’aurais regretté de ne même pas tenter. En tout cas merci pour ton gentil commentaire !

le 12/07/2018 à 09h49 | Répondre

Lisette

De rien, ton témoignage est vraiment utile ! On avance à tâtons dans le noir, et avoir une idée des démarches à effectuer, se sentir moins seul etc… c’est important!
C’est marrant, on ne nous a pas dit la même chose dans mon département. On nous a dit que l’assistante sociale jugeait l’habitation en l’état, et que si nous n’avions pas de chambre déjà présente pour l’enfant, cela pouvait être problématique… donc on a bien flippé j’avoue et on a peur de relancer la procédure… on doit refaire la réunion d’information comme cela fait plus de 6 mois qu’on avait assisté à la précédente. Certaines choses me semblent parfois légèrement aberrantes… au plaisir de lire la suite de ton parcours et tes astuces dans ce parcours du combattant !

le 12/07/2018 à 09h55 | Répondre

Mme Espoir

Chaque département gère comme il l’entend, c’est dommage qu’il y ait tant de disparités. J’avais échangé avec des parents adoptifs de plusieurs département, et à chaque fois la réponse pour le logement était celle que je t’ai faite…

le 12/07/2018 à 14h52 | Répondre

Lisette

Oui c’est vrai, chaque département gère différemment. Je suis tombée sur une personne peut-être très prudente ? Dans tous les cas, ce n’est peut-être pas plus mal car de là où nous allons partir, nous avions des voisins avec des enfants très bruyants… ^^)
Finalement, vous en êtes donc dans le processus de l’agrément. Vous êtes proches de la décision du conseil de famille ?

le 13/07/2018 à 08h43 | Répondre

Mme Espoir

Oui, on est déjà dans le processus d’agrément, j’ai d’ailleurs raconté nos premiers rdv avec l’assistante sociale. Viendra très bientôt la suite car toutes nos rencontres sont passées.

le 13/07/2018 à 10h03 | Répondre

Lisette

Oui j’ai déjà lu tes articles bien entendu, je me demandais juste à quel point vous étiez proches de la fin de la 1ière étape ! 😉
Hâte de lire la suite alors ! Bon courage et plein de bonnes ondes 🙂

le 13/07/2018 à 10h08 |

Mme Espoir

On est plus que proche de la 1ère étape je dirais 🙂

le 13/07/2018 à 10h12 |

Lisette

Le conseil de famille est bientôt alors ? Vraiment hâte de lire comment se sont passés les autres entretiens alors ! Vous avez continué à aller à l’EFA aussi ?

le 13/07/2018 à 10h23 | Répondre

Mme Espoir

Nous avons assisté à 3 réunions EFA. A chaque fois c’était intéressant. Pour la dernière nous n’étions que 4 et malgré ça c’était vraiment sympathique !

le 13/07/2018 à 14h40 | Répondre

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